Le Chichois.. CA VA, CA VIENT

 

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Sciences .    

CA VA, CA VIENT.

               Ne devrait on pas apprendre tout ce qu'on sait que l'on ignore encore… les problèmes sans réponse, les questions qui révèlent des lacunes dans le tissu des savoirs ? Pour s'autoriser d'autres questions justement, et laisser toujours une porte ouverte à la contradiction.
Dans les controverses scientifiques il y a rarement - et encore plus rarement en début de la controverse - de fait scientifique définitif qui tranche la question. Prenons quelques exemples : l'effet des faibles et moyennes doses d'irradiation sur la santé, illustré par l'étude des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, les facteurs étiologiques de la maladie de la maladie d'Alzheimer, les effets du dépistage du cancer du sein sur la mortalité des Françaises, le traitement préventif par les vitamines, l'efficacité comparée des différents traitement du " mal de dos " l'évaluation des rendements et des avantages pour l'environnement de l'agriculture biologique, etc… 
Depuis des dizaines d'années on fait des enquêtes sur des cohortes de plusieurs milliers de femmes, enfants, hommes, tous asthmatiques ou cardiaques, cancéreux ou déments ou atteint d'une des centaines de maladies prêtes, à tout instant, à nous sauter dessus; puis on a aussi fait des milliers d'études, sur des milliers de patients, pour étudier des milliers de traitements. 
Et c'est cela même qui était rassurant, cette certitude statistique reposant sur un très grand nombre de cas, qui noyait dans la masse le cas isolé, peut être atypique, dont la guérison pourrait être dû à une cause contingente autre ou à un effet placebo, non, le grand nombre de patients recrutés va remettre à sa place les cas atypique les erreurs diagnostiques. De plus ces enquêtes sont faites en double aveugle ( ni le médecin ni le médecin ne sait si la pillule donnée contient un placebo ou un principe actif.) 
……Et pourtant il y a souvent des retournements surprenants. Ainsi, pour prendre un sujet d'actualité, une étude portant sur 16 6608 femmes ( une moitié ne recevant qu'un placebo, l'autre moitié prenait le traitement hormonal ) et prévue sur plusieurs années a dû être interrompue par le constat d'un effet délétère sur l'état cardio vasculaire ( augmentation de 29%, du risque d'infarctus du myocarde et de 41% d'accidents cérébraux d'origine vasculaire. chiffres donné par le très officiel JAMA, journal Américain publiant les résultats des recherches en médecine ). Il s'agissait du traitement substitutif de la ménopause que l'on croyait protecteur contre les risques cardio vasculaire justement.
Ce traitement a été donné depuis une vingtaine d'année à des millions de femmes particulièrement aux USA. 
Parallèlement, une étude contradictoire a été communiquée au congrès de l'Association Américaine du diabète, elle portait sur 6000 femmes diabétique ménopausées suivies pendant 5 ans. Le résultat fut probant : réduction de 76% des infarctus du myocarde. 
Peut être l'effet protecteur du traitement n'agit que sur les femmes diabétique, mais cela ne correspond pas aux connaissances théorique que l'on a. Peut être s'agissait il du même principe de traitement mais pas exactement de la même molécule.
Toujours est il qu'un doute s'installe sur ce " fait scientifique " théoriquement mesurable : les traitements que l'on donne aux femmes, depuis 30 ans pour les protéger des risques cardio vasculaires est il justifié ou non ? Des études sur l'effet cancérigène sur le sein de ce même traitement apportent aussi le doute. Par contre son effet bénéfique contre la décalcification est avéré. Et à l'encontre des hypothèses soutenues jusque là ce même traitement pourrait être donné avec bénéfice pour protéger de la survenue d'un diabète.

D'autres exemples de problèmes médicaux dont les études de cas en grand nombre montrent que l'on tâtonne encore beaucoup. 

Pour avoir un fait scientifique, donc objectif ; encore faut il le chercher objectivement. Ce qui n'est pas toujours le cas. Ainsi l'agriculture biologique a souvent été remisée dans le placard aux vieilleries car improductif, rétrograde, obscurantiste, c'était là des évidences qu'il n'était point besoin de vérifier. 
Le journal Sciences, très scientifiquement correcte, a publié récemment une étude Suisse, menée par l'institut de recherche de l'agriculture biologique avec l'aide de la station fédérale de recherche en agroécologie et agriculture. Cette étude a commencé en 1978, elle a porté sur quatre modes de culture ( conventionnelle, conventionnelle avec fumure organique, biologique et biodynamique) L'étude se conclu largement à l'avantage des deux méthodes d'agriculture biologique en ce qui concerne la protection de l'environnement, les rendements, les avantages économiques. Ces méthodes préservent mieux la fertilité des sols et peuvent présentes des rendements proches de ceux des cultures conventionnelles, toujours supérieures quant aux rendements énergétiques. Avec des intrants moindre ( nutriments, pesticides, énergie ) la productivité atteint 80% des rendements de agricultures conventionnelles. 
Les rendements pourraient être encore améliorés en choisissant des plantes mieux adaptées à ce mode d'agriculture. 
Cette étude date de 2002, en 2000 toujours dans " Sciences " et en 2001 dans " Nature " ( journal encore plus sélectif de science conventionnelle )deux autres études en arrivaient aux mêmes conclusions.

Là où la polémique devient cocasse c'est lorsque son résultat va influencer des choix de société cardinaux et très sensibles.
La science peut elle être sommée de dire La Vérité qui tranchera dans les polémiques surtout si celles ci recouvrent des choix économique. 
Ainsi dans la revue Fusion - magazine scientiste pro nucléaire - on trouve des affirmations définitives sans doute déduites d'enquêtes statistique, ces affirmations sont des citations d'organismes de recherche scientifique :
Le Rapport de l'US National Council on Radiation Protection conclut " Les données humaines disponibles sur l'exposition à des faibles doses d'iode 131 n'ont pas démontré qu'il soit toxique pour la thyroïde " Il s'agit de la conclusion d'une étude conduite pendant 14 ans sur l'ensemble du territoire des états unis après la centaine d'essai de la bombe A au Névada, Fusion poursuit " le rapport de 97 comparait le nombre dans chaque région avec la quantité de rayonnement et les scientifiques n'ont trouvé aucune preuve permettant d'établir un lien entre le cancer de la thyroïde et ces rayonnements. Ainsi il semble que les 1800 cas en 'excès ' de cancer de la thyroïde, dans le programme de dépistage à Tchernobyl , n'étaient pas causés par des radiations ……… le rapport de l'UNSCEAR 2000 ( portant sur les sources et effets des radiations ionisantes, débattu en septembre 2000 lors de l'assemblé générale des Nations Unies. (L'UNSCEAR est le comité scientifique des Nations Unie pour les effets des irradiations atomiques) " conclut que l'on n'a observé aucune augmentation du nombre de cancer ou de mortalité qui pourrait être attribué aux radiations ionisantes, que le risque de leucémie n'apparaît pas plus élevé, même chez le personnel employé pour le nettoyage du site et qu'il n'y a aucune preuve d'autres troubles non malins qui soient liés au rayonnement. " ! ! 
Si des troubles ont été observés ils ne sont dû qu'à la seule phobie des rayons ! ( C'est la conclusion du rapport.) 
On se demande même pourquoi on fabrique des bombes atomiques si elles sont si inoffensives.. 
Un peu contradictoire, un article parut en mai 2002 dans la revue scientifique de l'académie des sciences Américaine, après expérimentation animale, conclut : " Ces données soulèvent l'important problème d'effets transgénérationnels différés des radiations ionisantes chez l'humain , fournissant, par exemple, une explication plausible au noyau de leucémies apparu près du site nucléaire de Sellafield " Les souris mâles irradiés transmettraient des mutations géniques sur plusieurs générations. 
Le problème est qu'il n'y a accord ni sur le nombre de maladie, ni si on peut les rattacher aux radiations, ni sur quel critère on pourrait établir ce lien, ni sur les normes d'irradiation acceptables, ni même sur les mesures de radioactivité des sols. Il existe des variations dans un rapport de 1 à 1000 selon que les acteurs sont pro ou anti nucléaires, et selon leur nationalité, selon les organismes qui effectuent les mesures, selon le moment historique. 
Les normes sont le fruit - éminemment fluctuant - d'un compromis, si ce n'est d'un consensus, résultant d'un rapport de force entre les acteurs plus que d'une Vérité scientifique. On n'en finit pas de remettre les certitudes en question aussi devrait on être plus modeste dans les verdicts de polémique et ne pas croire que les experts scientifiques peuvent , à chaque moment , dire la Vérité.

Géronime Glasgow

 

 

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