|
..................................
|


Le
CHICHOIS
site hébergé chez

agence internet
de conception et d'hébergement de sites.
|
|
|
Sciences
.
La science et le tiers monde, ou
les OGM et la faim., en hommage à RENE DUMONT, décédé le 18 juin
2001.
Le secrétaire d'État américain à
l'Agriculture, Dan Glickman, notait en 1997 la réticence des opinions
européennes en matière d'OGM et en concluait : " si nous traitons cette
question uniquement sous l'angle commercial, nous aurons beaucoup de mal à faire
changer d'avis les leaders du Parlement européen (…) Si nous considérons la
question en terme de faim dans le monde, de résistance et de fertilité des sols,
je crois que c'est une approche qui nous permet de l'emporter ". Soit : la
résolution des problèmes de faim dans le monde par la biotechnologie devient un
argument de vente des OGM aux pays du nord.
Qu'est ce qui a changé depuis 97
? Les populations du nord sont de plus en plus méfiantes envers les OGM,
même les Américains en tombent malades ( vague d'accidents graves après
ingestion de maïs qui s'était avéré être contaminé par du maïs transgénique
Starlin, légalement destiné au bétail ). L'étiquetage, théoriquement obligatoire
depuis plusieurs années, est toujours pour le moins discret - si ce n'est
totalement absent. Les essais de semis en plein champ se font en douce en place
d'une transparence ( pour le moins information des populations locales) légale .
Les risques de contamination entre plantes courantes et OGM sont mis en
évidence. De plus en plus de chercheurs font part de leurs doutes dans des
livres destinés au grand public. Tout cela augmente la méfiance des
consommateurs et la hargne des ONG. En conséquence les firmes multinationales
ont tendance à brader leur secteur agro - alimentaire mettant plutôt leur
capitaux sur les biotechnologies médicales, sur la prise de multiples brevets
sur l'ADN des plantes ou des animaux ( humains compris) dans l'espoir d'un
médicament révolutionnaire, à venir, toujours. Pour l'agro alimentaire, le nord en crise de
surproduction cherche plutôt des débouchés sur le marché de la qualité, reste le
tiers monde et les arguments " altruistes ". Monsanto ( l'une des principale firme
mondiale à capitaux majoritairement Américain) produit des biotechnologies dans
toutes les directions c'est à dire surtout les médicaments, les tests
diagnostics, l'alimentation, les semences. Est il crédible lorsqu'il parle de
nourrir le tiers monde ? alors qu'on le voit assigner en procès les pays
d'Afrique qui produisent et utilisent des médicaments génériques dans la lutte
contre le Sida, alors qu'il condamne à de lourdes amendes des paysans - sous
contrat - qui osent replanter d'une année sur l'autre les semences de leurs
champs au lieu de les lui racheter - très cher - pour chaque semis.
Qu'en est il des questions de
famine et de malnutrition ? Nous sommes aujourd'hui 6 milliards d'êtres
humains et dans quelques décennies, sans doute 12 ! Les OGM pourront
probablement être un outil entre les autres, pas le seul ni même sans doute le
principal. Mais parlons
d'aujourd'hui, le Nord crève de ses surproductions alors pourquoi mettre toutes
les énergies des pays développés sur l'augmentation des rendements ? Est ce que
produire plus au nord donne au Sud plus de nourriture ? plus de bien de
consommation ? à l'évidence non ! Aujourd'hui la production agricole pourrait
nourrir le monde entier et pourtant près d'un humain sur 6 est malnutrit ou
sous- nutrit ou mort de faim !
Comment augmenter les rendements
aux Sud ? Les méthodes d'agriculture intensive du Nord sont elles adaptées
aux terres, aux ressources techniques et financières du Sud ? Bien évidemment,
non. La mécanisation hyper
sophistiquée est trop chere pour le paysan qui possède au mieux 1 ou 2 dollars
par jour ( la pauvreté à ses divers degré se rencontre surtout dans les
campagnes, elle touche 75% des paysans), il n'a pas l'habitude de l'utiliser et
ne saurait même pas lire la notice ! au total elle ne servirait que les quelques
riches - et rares - paysans qui pratiquent l'agriculture exclusivement pour
l'exportation, et n'améliorerait en rien l'agriculture vivrière. Les terres du
tiers monde, souvent à cause des pratiques agricoles importées mais aussi à
cause du désintérêt des gouvernements pour leur propre agriculture, et aussi à
cause de la surpopulation, sont aujourd'hui érodées, stérilisées, desséchées.
Les plantes à haut rendement mises au point dans les pays riches, et aujourd'hui
les plantes génétiquement modifiées, demandent des soins énormes, elles sont
fragiles et nécessitent beaucoup d'eau, d'engrais, de pesticides. A quoi vont
elles servir sur des terres desséchées et en n'ayant pas la possibilité
financière d'acheter des engrais ? Comment empêcher les contaminations de champs
à champs, comment empêcher les fraudes, comment appliquer le principe de
précaution alors qu'il n'y a même pas de législation réglementant l'usage et les
essais d'ogm !
Les lois du commerce
International et particulièrement les politiques agricoles les lois commerciales
sur ces produits agricoles sont elles équitables ? avantagent elles le Nord
? ou le Sud ? Certains, en
France, entre autres, font semblant de croire que le pays se ruine en aide
financière, technique, alimentaire pour un tiers monde insouciant, belliqueux et
inapte sur le plan intellectuel, mais ce sont les " petits blancs " qui se
bercent de ce genre d'illusions pour ne pas voir que le système les condamne au
même plan que les africains et autre sous développés. C'est la langue de bois de nos démocraties,
leurs mensonges et silences sur leur fonctionnement économique qui engendrent ce
genre de croyances et nous fait passer pour généreux alors que notre train de
vie, l'extrême richesse de certaines firmes doit beaucoup à la manipulation
politique, économique des pays du tiers monde. Nous leur vendons nos
technologies meurtrières pour qu'ils puissent mieux s'entre-tuer. Nous les
obligeons à produire certaines monocultures à destination de nos pays dont nous
contrôlons les prix. Nous
exportons des céréales à des prix artificiellement bas (intervention de l'état
par des primes compensatoires) avec lesquels les productions vivrières locale ne
peuvent lutter. Nous protégeons Nos marchés quand il le faut par un
protectionnisme qui n'est pas réciproque. Enfin nous piratons leurs savoirs sur
les qualités thérapeutique de leurs plantes, nous piratons leur riche patrimoine
biologique ( richesse et diversité de tout le règne vivant qu'ils ont su ne pas
détruire ) et à partir de ce savoir nous allons produire des médicaments que
nous revendrons très cher, nous allons prendre des brevets d'exclusivité sur
l'ADN de leur faune et de leur flore et nous en serons propriétaires, et ils
devront nous payer lorsqu'ils tendront le bras vers une plante pour se faire une
décoction dont ils ont l'habitude pour se soulager de tel ou tel trouble ! Nous
décourageons l'application de mesure de sécurité minimale pour leur travail afin
de faire baisser les prix à l'exportation. Tout cela nous rend méfiant sur les bons
sentiments de Monsanto et autre Novartis .
Existe il d'autres solutions ?
Tout d'abord des solutions politiques pour une meilleure répartition des
richesses, un autre mode de production, une meilleure connaissance de l'écologie
et des ressources locales, ce n'est pas la main d'œuvre qui manque, pas besoin
de mécanisation trop poussée. Il est impossible que le mode de production de
l'occident se généralise au regard des ressources énergétiques limitées, au
manque. E.Pisani, ancien ministre de l'agriculture, développe : Les experts,
les agriculteurs, les industriels, grâce aux biotechnologie seraient capables
effectivement de nourrir douze milliards d'habitants. Il y a 50 ans : 55 ares
cultivés étaient nécessaires pour nourrir un être humain, aujourd'hui seulement
20 ares et grâce au génie génétique, demain, peut être seulement 12. Mais à quel
prix énergétique (même si l'augmentation de productivité diminue la quantité
d'énergie nécessaire par unité)et pour combien de temps? Et l'eau, interroge t
il. De son coté
R.Dumont rélève qu'il faut, pour produire une tonne d'engrais, trois tonnes de
pétrole. Les 10%
d'habitants des pays riches de la planète consomment les 3/4 des ressources
d'énergie et de matière première. " nous nous dirigeons vers une rupture
brutale de notre type de civilisation … Nous privons définitivement les pays
d'économie dominée par des gaspillages qui deviennent de plus en plus
insoutenables, de tout espoir, de toute possibilité de réel développement "
La science ne résoudra pas tout, l'explosion démographique va mettre en évidence
l'insuffisance de toute réponse simpliste, ce n'est pas qu'une question de
technique avancée, ce n'est pas qu'un problème de distribution, ce n'est pas que
le problème du tiers monde, ce n'est pas qu'une question de charité humanitaire,
ce n'est pas qu'une question posée à nos dirigeants. Non cela nous engage tous,
ne serait ce que pour sauver notre peau, car " les pauvres arrivent " comme dit
Dumont, et ils seront bientôt plusieurs milliards à n'avoir strictement rien à
perdre, ils cernent les pays riches. Il faut de plus en plus d'engrais pour
maintenir des rendements qui plafonnent au nord comme au Sud, car partout les
terres s'appauvrissent. Pourquoi éluder le problème, c'est un
nouveau défi lancé au genre humain lequel est capable de le relever s'il regarde
en face la complexité du problème. Ce n'est pas une question de culpabilité,
mais l'occasion d'un changement, l'occasion de devenir plus intelligent
!
Saül Demos

|
PUBLICITE
|
 |
|
|