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Le
CHICHOIS
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Sciences
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un sujet qui nous
concerne tous en tant que citoyen: le développement des sciences et des
techniques, car nous pouvons en attendre de grands bouleversements dans nos vies
d'ici peu de temps. Des changements sans doute irréversibles, et que l'on aura
peut être pas voulu en toute connaissance de cause, on a même l'impression que
l'on va être transformés en cobaye sans notre consentement éclairé, ce qui ne se
fait plus en médecine … alors pourquoi le permet on pour l'environnement et
l'alimentation, qui nous sont commun.
J'ai envie de prendre la parole sur
ce sujet. Les changements
dont il est question ne concerneront pas que notre santé mais notre façon de
vivre, notre être dans son humanité, notre descendance, notre espèce etc… Mais
souvent on se dit que ca sera peut être bien, peut être mal, qu'on ne peut pas
le savoir et qu'il vaut mieux laisser le choix aux experts scientifiques plus
éclairés que nous, et puis que l'on a pas le pouvoir d'intervenir… Que ce sont
peut être des peurs irrationnelles comme on peut en avoir devant tout
changement: c'est ce que disent les optimistes dans ce dilemme où souvent les
positions de chaque camp paraissent très carrées, tranchées à l'emporte pièce -
tout en comportant des zones de contradiction interne comme s'il y avait pour
chacun ( individus ou groupe sociaux) à l'intérieur d'eux même, des zones
d'intérêts et de vérité distinctes qui coexistent. Il est vraiment intéressant
de repérer et la rhétorique et les parts d'inconscient et tous les intérêts
divergents chez une même personne et aussi les rapports de force dans la
société, dans les groupes professionnels, chez les consommateurs, de par la
compétition internationale etc.., et cela afin de ne pas confondre les arguments
qui s'initient dans l'inconscient et ceux qui ont trait à la raison, cela cher
G.G, vous l'avez souligné avec l'argument " Prométhée et Pandore ", on peut
ajouter dans le même registre l'insulte de " Luddite " (dérivé de Ludd , le
meneur des ouvriers qui cassaient les machines au début du 19ème siècle),
autrement dit " ignorant - rétrograde ", dont tous se défendent vivement d'en
être; cependant, si on considère le carnage que tout le 19ème siècle et sa
modernité fera subir aux ouvriers, on peut se demander si Mr. Ludd n'avait pas
raison, du point de vue de son groupe d'appartenance tout du moins ! C'est
encore au nom du progrès irrésistible que l'on va perturber l'environnement,
poursuivre une politique agricole qui mène à la surproduction, et à la mauvaise
qualité de beaucoup de produits. C'est aussi grâce à cette surproduction et à
l'aide à l'exportation que pratiquent les pays riches qu'ils vont concurrencer
la production locale des pays du tiers monde sur leur propre marchés nationaux,
chassant les paysans des cultures vivrières vers les immenses bidonvilles. Ces
pays peu développés (du point de vue de notre économie) ne sont plus qu'une
immense bouche à nourrir, un marché pour nos surproductions. Ils sont, aussi,
devenu le meilleur argument pour que nous continuions dans le même sens:
produire toujours plus, augmenter toujours plus la productivité. En effet
sentant la mauvaise conscience de beaucoup de " civilisés " les leaders
internationaux de l'agro-alimentaire la titille en se présentant comme les
sauveurs de 6 milliards d'humains, et les râleurs ne sont que des égoïstes (
campagne de pub de Montosanto en particulier) . C'est un peu le ton du mot
d'humeur de Pierre Georges dans "Le Monde " du mercredi 8 novembre 2000 : " sans
doute est ce aujourd'hui la caractéristique d'un pays gavé que de s'interroger
constamment avec un effroi plus ou moins fondé, sur la qualité et l'innocuité de
ce qu'il mange. Les pays de famine n'ont pas de ces soucis la !.."
Pourquoi ces arguments reviennent ils alors
qu'il a été démontré que les techniques modernes de l'agriculture ne sont pas
applicables aux structures du tiers monde, ces arguments reviennent sans
complément démonstratif mais seulement en jouant sur les sentiments. Les
sentiments les plus troubles: la mauvaise conscience, l'envie de faire une B.A
pour décharger sa conscience. La charité serait un bon sentiment que les
surpuissants céréaliers ont l'air de cautionner, alors que la peur à l'origine
du principe de précaution est largement conspuée comme vilain principe
d'immobilisme. Les bons et les mauvais sentiments ! pour parler au petit peuple
qui n'entend pas la raison, ou prétexte pour ne pas affronter un vrai débat ? On
pourra dire aussi qu'il s'agit de gros sous, de marchants véreux, et que la
science probe et vertueuse n'a rien à y voir. Et c'est de science dont vous avez
commencé l'épopée. Si la science n'est pas aussi neutre qu'elle le croit, si
elle ne sait pas plus que tout un chacun ce qui est bon pour tous du moins est
elle étonnante, admirable, passionnante et source de plaisir pour l'intelligence
humaine. C'est aussi une merveilleuse aventure, dans le sens de l'étymologie de
ce mot: advienne que pourra ! mais une aventure qui devient collective quand
elle se fait technicienne. La prudence devient alors affaire de tous. Et puis il
ne s'agit pas que de prudence mais surtout de définition du bonheur. Le bonheur
mérite de risquer sa peau, mais il n'y a pas qu'un bonheur pas plus qu'il n'y a
une vérité. Peut être serait il utile de se balader aussi chez ceux qu'on
appelle les peuples premiers qu'on compare souvent à nos société d'abondance
pour ce qui est du revenu ! ce qui est plutôt comique, car bien sûr il n'ont pas
de PBI, pas de revenus individuel annuel mais sans doute ont ils bien d'autres
richesses - et on ne saurait trop recommander la lecture du dernier livre de
J.Malaurie : Hummocks , 1200 page pour chanter la gloire, le plaisir de vivre,
la dignité du peuple esquimau ! lequel, peuple chassé de ses terres, puis "
civilisé " est devenu en quelques dizaine d'années : alcoolique, brutal,
assisté. On peut maintenant le comparer à nous et l'aider à remonter son retard
! mais c'est avant qu'on aurait dû comparer, peut être n'etait il pas en retard
mais avait choisi une autre direction.
Encore une chose qui me paraît
vraiment importante pour nous aujourd'hui... Au sujet des Athéniens dont il a
été question dans les deux premiers numéros du Chichois: On peut penser qu'ils sont passés à
l'abstraction en s'éloignant du mythe, en se décalant un peu, mais somme toute
dire que tout venait d'un élément: le feu, l'air, l'eau ou l'illimité ne faisait
pas forcément avancer les choses. Ce qui a dû être primordial dans l'avancée de
la pensée, c'est la démocratie ! Athènes a été la première vraie démocratie du
monde civilisé. Elle était très égalitaire sans regard sur la richesse de
chacun, elle appartenait à tous les citoyens ( mais les non citoyens, les
métèques, les femmes ni les esclaves n'en faisait pas partie ! ) Se combinant à
la grande liberté de pensée permise par la démocratie il y avait le goût des
Grecques pour la discussion, pour la confrontation physique mais aussi oratoire,
les arguments pouvaient être éprouvés, disséqués, comparés, combattus, librement
et avec délectation. En fait ils ne faisaient que cela et ne devaient s'occuper
que de politique car chacun d'entre eux pouvait être amené à avoir une charge
important dans la vie de la cité. Ils pouvaient aussi être appelés à défendre
Athènes par les armes. c'est pour avoir tout leur temps disponible pour cela
qu'ils devaient ne pas travailler, être des citoyens libres, ne pas avoir un
point de vue corporatiste. La recette serait peut être: un peu de
doute, beaucoup de temps libre, l'amour de la discussion, une ville autonome
d'une quantité suffisante de participants pour avoir un éventail suffisant
d'avis opposé, et aussi le souci du monde tant physique qu'humain et
l'audace. Est ce que l'on
aurait pas, presque, ça à Séte?... Pour donner un nouveau départ au monde
!
Encore un dernier mot, j'aimerais
que G.G ou un autre aille aussi se promener du coté de l'éthique de ses
contradictions, ses fondements, ses insuffisances, son nécessaire renouvellement
pour répondre aux questions d'aujourd'hui. J'entend déjà des petites voix qui se
demandent si on a le droit de parler autant... Bien sur qu'on a raison de
vouloir refaire le monde en commençant par en parler librement, longuement,
c'est la chose la plus passionnante, importante qui soit. La seule activité
vraiment sérieuse. J'espère que beaucoup participeront …… Les sujets de
réflexion ne manquent pas à notre époque !
Saül
Démos 
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