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Sciences
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COMMENT
CA MARCHE UN INCINERATEUR ?
Sète
s’est doté d’un bel incinérateur dans les années
1980 . Depuis quelques années le débat est chaud pour
évaluer ses éventuels effets nocifs sur la santé,
sur l’environnement et pour savoir quels remèdes nous sommes
à même d’administrer.
Le
premier problème est de connaître les toxiques qui
sont libérés dans l’environnement, de savoir leur
mode de dissémination pour juger où les chercher,
et d’avoir une vague idée des doses de toxique que peuvent
supporter la flore et la faune ( y compris l’être humain )
et donc des normes. Le second problème est de faire les dosages
nécessaires et de les rendre publics. Enfin de discuter démocratiquement
des solutions. Avant de
tenter d’aborder un débat contradictoire à propos
de l’incinérateur de Sète, en interrogeant les acteurs
locaux, faisons un état des lieux . Pourquoi et comment se
débarrasser des ordures ménagères ? Quels sont
les principes de l’incinération ? Quels en sont les avantages
et les risques ? Qu’en est il des contrôles et de la législation
? POURQUOI
L’ INCINERATION des ordures ? On a pensé pouvoir réduire
la masse des ordures dites ménagères ( venant des ménages,
entreprises, hôpitaux et cliniques) dans un rapport de 10 à
1, tout en récupérant de l’énergie ( électrique
et thermique ) et des matières de remblaiement des routes ! belle
affaire mais... pas tant que ça !
En
attendant nous en produisons 8 millions de tonnes par an et 250 produits
chimiques sont rejetés par l’incinérateur, produits chimiques
dont nous ne connaissons qu’une infime partie des effets.
Il
reste 3 millions de tonnes de cendres, mais aussi des particules solides
dans les fumées et des matières de dépollution
tout aussi encombrantes et toxiques et 3% de cendres volantes. Ces matières
de dépollution sont de la chaux, de l’ammoniac, du carbone activé
que l’on que l’on mélange aux gaz pour les neutraliser, et qui
se retrouvent, à leur tour,chargées de toxiques. Nous
produisons de plus en plus d’ordures (emballages, plastiques, piles
électriques, peinture, produits chlorés) et elles arrivent
non triées dans l’incinérateur.
QUELS
SONT LES DECHETS DE L ‘INCINERATEUR ? Les principaux, c’est à
dire ceux que l’on a identifié, mesuré et rapporté
à tel ou tel effet, sont : -Les dioxines. On commence à
s’en méfier, mais les enquetes épidémiologiques
- reliant une dose à des effets sont très rares.
Les métaux lourds - on connaît les pathologies et les seuils
de toxicité d’un très petit nombre d’entre eux. Donc on
les dose peu, irrégulièrement et l’on ne sait pas quoi
en dire. Ainsi sur le site internet d’IFREMER, les derniers dosages
rendus publics datent de 1998 - les dosages dans les coquillages, en
divers point de l’étang de Thau ne sont pratiqués que
tous les deux ans !
Chez
l’homme on peut les doser dans le sang, les cheveux, l’urine ou les
fèces mais qu’en fait on puisque pour la plus part d’entre eux
on ignore les seuils toxiques... donc on ne les dose pas...
des gaz nocifs tels : Le monoxide de carbone, l’oxyde d’azote. Selon
la température dans la cheminée ce sera plus ou moins
de ces gaz ou des dioxines qui se retrouveront dans les fumées
et l’atmosphère.
COMMENT
LES DETECTER ? Dans la cheminée des incinérateurs
sont insérés des détecteurs pour 5 ou 6 toxiques
- alors que 250 autres toxiques ont été identifiés
mais ne seront pas prise en compte.
Les
dosages de dioxine - entre autre - ne sont pas notés en continu
mais seulement de temps en temps, et donc des pics de présence,
dans les fumées, peuvent passer inaperçus.
Il
faudrait faire des dosages réguliers de tous les toxiques potentiellement
présents. Mais qui et sur quels critères va déclarer
que c’est toxique ... si une maladie n’est pas encore rattachée
à un corps chimique ?
Que
faire d’un dosage, s’il n’y a pas de norme à laquelle le comparer
? Et pourquoi s’intéresser à un corps que l’on ne peut
mesurer, ni comparer à une norme, ni relier à une pathologie
?
Donc
on ne dose que les corps chimiques que l’on connaît déjà
bien, et même pour ceux là la norme est instable, variant
selon les pays, les expériences au cours du temps et le prix
des différentes solutions. Et donc varient aussi l’appréciation
des mesures à prendre pour l’éliminer ou plutôt
rester en deçà d’un certain seuil.
Il
a fallut plusieurs dizaines d’années pour reconnaître l’implication
de l’amiante ou du plomb dans des pathologies avérées.
OU
LES TROUVER ? dans la terre, l’air, l’eau, les animaux, les humains
(en particulier le lait et donc les bébés !) par l’intermédiaire
des gaz et particules dans les fumées rejetées par l’incinérateur,
des cendres, des machefers, des filtres et autres matières de
dépollution qui tous restent après incinération
et font s’effondrer l’illusion de se débarrasser - écologiquement
- des 9/10èmes des ordures ménagères au sens large
. Il en reste beaucoup plus, ces résidus sont toxiques et sont
disséminés à l'échelle planétaire
( particules légères dans les fumées, « recyclage
» des machefer- riches en métaux lourds et dioxines - dans
les entreprises de travaux publics et polluant les terrains et les eaux,
cendres toxiques mises en décharge ordinaires.)
QUELS
SONT LES SYMTOMES ? Encore une fois les enquêtes épidémiologiques
sur la nocivité des produits rejetés par l’incinérateur
sont rarissimes. Il faut noter qu’elles sont difficiles à interpréter
car la circulation automobile - en ville - ou les pesticides - à
la campagne - donnent des symptômes proches.
L’une
de ces enquetes a été menée, en 94 ; par des chercheurs
de l’Inserm U 435 de Rennes, de l’ institut Européen des génomutations
de Lyon, et de l’Afssap, sur les effets tératogènes repérables
sur les nouveaux nés : Ils constatent " un risque élevé
et significatif (...) pour les fentes orales, les dysplasies rénales,
les mégacolons et les anomalies urinaires ". Il s'agit, entre
autres, de malformations faciales, sexuelles, des reins, etc. Sur la
période considérée, les incinérateurs de
déchets auraient ainsi provoqué la naissance de nombre
d'enfants malformés, par anomalies chromosomique ou par «
autre malformations majeure ».
Une
augmentation significative du nombre de cancers et une baisse de fertilité
masculine ont aussi notées dans d’autres études.
QUELLES
SOLUTIONS ? Certaines des substances toxiques sont connues avec
une certaine précision, mais pas leur seuil de nocivité,
ni le rapport dose/effet, ni leur effet cumulé avec d’autres
sources de pollution.
Il
nous faut réduire notre production - la plus part du temps inutile
- de cocktail chimique que nous libérons dans l’environnement,
la réduire à la source et perfectionner le fonctionnement
des incinérateurs, améliorer le tri, réfléchir
à d’autres solutions .......... Si nous ne voulons pas mourir
engloutis sous nos propres déchets. Géronime
Glasgow

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