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Sciences
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" DARWIN ET LA
REVUE DE PRESSE SCIENTIFIQUE
La théorie Darwinienne -
découvrant la " sélection du plus apte ", du moins est ce ainsi qu'elle était le
plus souvent exprimée à sa naissance au 19ème siècle - justifiait l'ordre
bourgeois et le massacre de la classe ouvrière du début de l'industrialisation.
Aujourd'hui cette théorie a un peu changer sa formulation jusqu'à arriver à une
tautologie du genre : " les plus nombreux sont ceux qui se reproduisent le plus
" ! Sinon comment expliquer la croissance démographique " explosive " du tiers
monde, les habitants des bidonvilles seraient ils les plus aptes ? Pourquoi pas
! et ce sera à nous de nous adapter, comment vivre avec moins d'un dollar par
jour - puisque c'est le critère de grande pauvreté, qui ne traduit pas cependant
l'équilibre de vie des Inuits ou des Papous puisque eux n'avaient pas même le
fameux dollar goulot d'étranglement de la voie vers la misère des postulants au
développement.
Alors on raconte que c'est grâce à
la technique, à la médecine occidentale que ces populations " primitives " ont
vaincu les maladies propres à leur environnement, donc se sont développées,
abominablement ! Cependant
dans " Usine Nouvelle " du mois de février on trouve ces chiffres : 80% de la
population mondiale n'a jamais accès aux médicaments ! si on ajoute qu'une
grande partie vivent dans les bidonvilles, que conclure sur les facteurs qui
favorisent la survie ? ( Usine nouvelle n'est pas un journal marginal mais
plutôt pro industriel comme son nom l'indique) Il est certain que le plus grand mérite de
la médecine occidentale s'est révèlé dans la diminution de mortalité durant
l'accouchement pour les femmes, et au long des toutes premières années de vie de
l'enfant.. Mais la surpopulation est due - en grande partie - à la
déstructuration des sociétés indigènes, à la rupture des systèmes d'auto
régulation, plus encore qu'au progrès technique. Celui ci a causé autant ou plus
d'effets mauvais que bénéfiques. Dans des pays très pauvres l' espérance de
vie est plus grande qu'aux USA qui n'arrive qu'au 7ème rang , ces pays les plus
pauvres ne bénéficient pas ou peu du matériel de la médecine moderne., les
médicaments et les moyens diagnostiques modernes ne seraient ils pas si
indispensables que ça?
Pour ce qui est de l'agriculture on
ne peut nier l'apport de la technique à court terme. Cette semaine dans le
mensuel " la Recherche " - que l'on ne peut accuser de marginalité scientifique,
on peut lire une interview du généticien M.S.Swaminathan, scientifique indien
directeur d'institut de recherche pour l'agriculture. Il est interrogé sur la
révolution verte qui a sorti l'Inde des cycles de famine. La révolution verte
s'est faite grâce aux méthodes de l'agriculture intensive, qui en une dizaine
d'années ont permis à l'Inde de devenir autosuffisante pour son alimentation
puis de devenir la 4ème grande puissance agricole mondiale. Des plantes à très
haut rendement ont permis de multiplier, en cinquante ans, la production à
l'hectare par 10 ! et cela pour le blé, le riz , le lait , les œufs…Mais l'Inde
en est aujourd'hui à l'heure des bilans. Les plantes à haut rendement sont aussi
les plus voraces en eau, et les plus fragiles face aux nuisants: parasites et
insectes., et ont nécessité l'emploi massif d'engrais ( multiplié par 10 aussi )
, d'insecticides, de pesticides. Le prix de la production par hectare a été
multiplié par 3 dans les dix dernières années. " alors que le rendement moyen
des cultures n'augmente plus assez pour compenser ce surcoût.." Le bilan,
comme en Europe et USA , se solde par un excès de culture de céréales à haut
rendement au détriment des légumineuses - " pourtant essentielles à la
conservation des sols et à l'équilibre alimentaire … Le niveau des nappes
phréatiques diminue de façon inquiétante. Au Pundjab, le grenier à blé de
l'Inde, il a baissé de 4 mètres !… Les sols deviennent de plus en plus alcalins
et salins" . Autre point important : La révolution verte a surtout profité aux
grandes exploitations et aux paysans pouvant investir pour se
moderniser. La révolution
verte a peu touché 65% des terres cultivées : celles des régions arides et
semi-arides. M.S.Swaminathan conclut " D'une approche centrée sur les
matières premières, le profit immédiat, il faut se diriger vers un système
d'agriculture intégrée qui tire le maximum de toutes les ressources disponibles
dans une région donnée ( eau, terre, engrais naturels, animaux ) tout en
protégeant les fondations " prônant l'écotechnologie " mariage des
biotechnologies et de l'écologie en agriculture, et ce que l'on peut appeler
l'écologie sociale. Il
n'exclut pas l'usage des OGM de nouveau parés de tous les avantages dans la
tradition de l'agriculture moderne , une façon de dire : on continue dans la
même direction en plus fort, les OGM auront réponse à tout, on va créer des:
variétés à haut rendement, ne nécessitant que peu d'engrais, résistant à la
sécheresse et aux maladies, tolérantes au sel ! ! c'est le même paradis qui nous
est promis ! La première
différence envisagée par MS Swaminathan est qu'il faudra faire attention à ce
que les profits soient répartis entre tous ; les petits paysans seront chargés
de préserver la biodiversité " dans leur propre banque de gènes ". Le projet
social inclut la participation de tous les paysans leur redonnant l'autonomie de
production alimentaire. De nombreuses micro entreprises ont déjà vue le
jour. Secondairement les
méthodes d'agriculture intégrée ( mélange de biotechnologie et d'utilisation de
biopesticides, de compost) seront progressivement mises en place, elles ont déjà
permis d'augmenter la production de riz de 5 à 20% en 5 ans. "
Nature ", le journal Anglo-saxon
très spécialisé en sciences, dans lequel ne sont publiés que des articles
conforme à l'orthodoxie scientifique , après vérification des données, publia en
août dernier ( cité en février par le " Courrier de l'UNESCO) les résultats
d'une équipe de chercheurs chinois qui ont comparé les résultats obtenus dans
les plantations d'une unique variété de riz (culture moderne) et ceux de
plusieurs variété cultivées cote à cote dans une même rizière, cette dernière
méthode donnait lieu à une amélioration " spectaculaire " par rapport à la
première méthode qui est le plus souvent employée en Chine.. La " présence d'une
moisissure provoquant des ravages dans les rizières - et dont l' élimination
nécessite en général plusieurs applications de pesticide - avait diminué de
94%….Tout en obtenant un rendement à l'hectare supérieur de 18% à leur récolte
précédente … En Grande
Bretagne des essais ont montré que le blé cultivé avec du fumier a donné un
meilleur rendement que celui cultivé avec des engrais artificiels.. La suite de
l'article de " Nature "donne des résultats obtenus en Inde, au Kenya, Guatemala,
Honduras, USA, Cuba, . qui se montrent très en faveur des techniques biologiques
ou semi-biologiques.
Il ne s'agit pas de taper
systématiquement sur la science moderne, mais d'ouvrir la discussion. A.Koyré ,
un célèbre philosophe des sciences, moderne, écrit que ce qui différencie en
propre la science, par rapport aux para ou pata-sciences telles l'astrologie ,
les dogmes des sectes ou la psychanalyse ( !), c'est sa possibilité de se mettre
en échec et de modifier la théorie en fonction de faits contradictoires - alors
que les pata sciences retombent toujours sur leurs pattes faisant l'économie de
toute remise en question . Le dogme de la science moderne est que la physique et
la chimie sont les mêmes dans le domaine organique et inorganique (domaine du
vivant ou non). C'est là un vieux débat : y a t il une spécificité du vivant ?
La question s'est enrichie de : y a t il une spécificité des règnes minéraux,
végétaux et animaux, et dans le règne du vivant( (plantes et animaux) y a t il
une spécificité d'espèce ? Il s'est avéré depuis quelques années que la théorie
de A.Koyré était loin d'être la loi générale, la science défendant ses théories,
surtout lorsque celle ci sont nouvelles, contre les faits eux mêmes.
Selon la science il n'y a, donc,
pas de différences chimiques entre des protéines végétales ou animales, donc on
peut donner de la viande aux vaches, et c'est une pure coïncidence si la maladie
de la vache folle est apparue. Peut être. .. n'y a t il pas là de quoi remettre
en question le dogme. De
même qu'il est peut être sans conséquence d'insérer des bouts d'ADN de phoque,
dans des fraises pour qu'elles supportent le froid - puisque tous les êtres
vivants ont des molécules semblables d'ADN. Un des problèmes ou des surprises de
cette méthode est que l'insertion se fait au hasard, et souvent ça semble aller
au bon endroit, à croire que la nature a partie liée avec la science
!
Mais pour ce qui est des thérapies
géniques qui fonctionnent sur le même raisonnement ça a l'air plus délicat . Le
génome du virus du Sida a été très rapidement élucidé, de même que l'on connaît
le gène en cause dans la mucovisidose et la maladie de Duchenne sans pour autant
avoir de remède, peut être n'y en aura t il jamais. Des scientifiques disent eux
mêmes qu'il y a inflation d'espoirs portée par ces thérapies géniques et cela
afin de capter les crédits de recherches et les directions de recherche qui
prédisent des retombées financières par la fabrication de nouveaux médicaments
seront choisies. Mais s'il
y a incertitude et peut être danger dans une direction pourquoi continuer à
privilégier cette direction? Il est actuellement des raisonnements
étranges qui ramènent tout aux gènes et aux espoirs de miracle que font naître
leur manipulation , par exemple on constate une " épidémie " d'obésité qui serait génétique
- raisonnement bizarre - et pour laquelle la thérapie génique est LA
solution.
Pour revenir à Darwin et à la
survie du plus fort, il serait étrange que les survivants des épidémies
actuelles soient en premier les rebelles, les marginaux de tout poil, depuis les
témoins de Jéhovah qui refusent les transfusions de sang , les végétariens, les
très pauvres qui n'arriveront jamais à être obèses…
Un autre dogme implicite des
sociétés modernes est qu'il faut produire, et plus les marchés sont saturés plus
il faut produire pour être moins cher que les concurrents ! La Commission Européenne estime que fin 2001
il y aura 1 million de tonnes de bœuf en trop dans les stocks de la communauté
Européenne ! ! L'affaire est telle que des mesures vont être prises au niveau
Européen pour tenter de diminuer la production :L'abattage des bovins de plus de
30 mois serait une solution moins coûteuse que les achats publics d'intervention
obligatoires lorsque les cours dégringolent au dessous d'un seuil
minimal. Les quinzes ont
admis fin janvier 2001 qu'il faudra arriver à réduire la production. Ils sont
prêt à en passer par des mesures dures à digérer surtout par des syndicats qui
défendent les acquis de la PAC ( politique agricole commune) : Suspension
temporaire de la prime à la vache allaitante, réduction du nombre de bovins à
l'hectare etc.. ( le 31 1 01 journal " le monde ").
L'espoir profond des scientifiques
porté par la génétique est que l'homme va diriger son évolution. Cela appelle
quelques questions. D'abord c'est tout à fait contraire à la
théorie fétiche des sciences de la vie : la théorie de Darwin , selon laquelle
les mutations se font totalement au hasard, sans finalité aucune. On n'est pas
chez Teilhart de Chardin que diable ! La sélection du plus apte vient après les
mutations . Donc Darwin et le pur hasard règle la pensée scientifique qui
traduit l'évolution des espèces. La justification de la génétique le plus
souvent présentée est qu'elle ne fait rien d'autre que ce que fait la nature et
que ce qu'ont fait les hommes par la sélection dans l'élevage. On a vu qu'il y a
déjà là contradiction puisque quelque chose, quelqu'un - l'homme en l'occurrence
- va donner une direction, une finalité à l'évolution, et on peut être inquiet
s'il dirige l'évolution humaine comme l'évolution animale. La variété des
animaux domestiques est en chute libre comme les espèces végétales
.
Pour peu que le productivisme s'y
mêle, imaginons qu'on nous apprenne qu'il y a 1 million de tonnes de Barbies et
d'Einstein à mettre en stock ou à faire brûler !

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