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Sciences
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Alexandrium
Cette
algue est
apparue en Bretagne nord en 1988, elle n'est toxique qu'à forte dose.
Alexandrium et Pyrodinium (espèces très proches) sont actuellement parmi les
pires fléaux issus du monde marin. ils possèdent des neurotoxines puissantes qui
s’accumulent dans les bivalves et agissent sur l’homme en bloquant le transfert
du sodium, ce qui provoque des paralysies. Ils sont donc préjudiciables à tout
commerce de coquillages comme c'est actuellement le cas dans notre région.
Alexandrium a la particularité de former des kystes de résistance
dès que les conditions environnementales ne lui conviennent plus, ces kystes
tombent dans la vase, et leur répartition suit celle des particules
sédimentaires fines. Le désenkystement lorsque les conditions deviennent
favorables (réchauffement) provoquent leur développement rapide. Ces algues
pourraient, d'après les chercheurs de l'IFREMER, provenir de l'eau des ballasts
des navires. Lorsque l'eau est rejetée, une algue provenant d'autres régions du
monde peut trouver des conditions favorables et dans ce cas elle se développe si
vite qu'on dit qu'elle explose! Ce phénomène est maintes fois observé pour
différentes espèces animales ou végétales.
De nos
jours, l’architecture des bateaux ne leur permet pas de naviguer à vide. Pour
cette raison, le lestage des navires se fait à l’eau de mer, avec un système de
ballast. Les rejets d’eaux de ballast augmentent dans le plupart des ports du
monde. Compte tenu des volumes considérables qu’ils représentent parfois ainsi
que du temps de transit raccourci des navires, la probabilité d’une introduction
réussie d’espèces animales ou végétales exotiques indésirables a toutes les
chances d’augmenter. Les navires sont maintenant reconnus comme principaux
responsables dans l’introduction d’organismes non indigènes d’une région du
monde à une autre.
En général
le ballastage ( remplissage en eau des ballasts) s'effectue pour les petits
vraquiers en pompant de l’eau dans des ports peu profonds et cette eau est
chargée en sédiments. Par contre les gros vraquiers s’alimentent dans des ports
plus profonds. Le sédiment accumulé dans les ballasts -- on trouve entre 5 et 10
cm d’épaisseur de sédiment, dans les ballasts de fond principalement, sont une
des occasions de transport vers d’autres pays ou continents d’organismes
vivantes (animaux : vers, mollusques, crustacés, poissons. Végétaux :
macroalgues, phytoplancton, Bactéries, virus) dont certains sont indésirables,
toxiques ou pathogènes -- Alexandrium catenella, Alexandrium. minutum,
Alexandrium. tamarense.
Les
risques liés au déballastage ( vidage des ballast) dans les ports.
C’est
lorsqu’un organisme se trouve dans les eaux d’un port en formant un “bloom”
qu’il peut éventuellement s’enkyster. Alexandrium croît relativement
vite, il lui faut au minimum deux jours dans les meilleures conditions pour se
diviser ou pour se désenkyster, Alexandrium maintient sa présence sous forme de
kystes dans les sédiments. Ces kystes peuvent être entraînés vers de nouvelles
eaux et germer quand les conditions du milieu sont de nouveau favorables. Cet
épisode est important puisqu’il permet que cette algue contamine d’autres eaux
ou bien sédimente en partie dans une zone qui, par la suite, est considérée
comme zone à risque. Les kystes d’Alexandrium, Gymnodinium catenatum et
Pyrodinium bahamense peuvent rester viables pendant 10 à 20 ans . Le problème
réside également dans le fait que les kystes pourraient être plus toxiques que
les cellules végétatives. Ainsi, les chercheurs américains ont découvert que les
kystes d’Alexandrium tamarense étaient dix fois plus toxiques que les cellules
libres.
Une
technique, à priori peu coûteuse, de désinfection des ballast serait mise en
oeuvre durant les trajets, puisque l’on utiliserait l’excédent de chaleur
produit par les moteurs du navire. L’expérience effectuée par les australiens
sur le vraquier Iron Whyalla a montré que la meilleure manière d’utiliser cette
chaleur excédentaire serait de chasser l’eau chauffée à 450C à travers les
ballasts tout en laissant repartir le trop-plein. Le résultat semble prometteur
quant à la disparition de nombreux dinoflagellés et leurs kystes. Les navires
nouvellement construits pourraient ainsi être équipés d’échangeurs de chaleur.
Devant la
complexité des contaminations suspectées, une attention accrue devra être
accordée à cette algue. En effet la tendance est à l’extension des
apparitions. 
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