Le CHICHOIS
N°21
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Le Journal
d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net.
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23 / 07/ 2001<> (Prochaine parution le : 03 / 09 / 2001 )
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EDITORIAL
La rédaction du chichois a beau eu menacer, sévir et prier, rien n'y a fait ! L'équipe des journalistes s'est lachement éparpillée sur les plages et sous les chênes verts de l'arrière pays.
Votre Chichois fermera donc ses rotatives virtuelles pour l'été. La prochaine édition de ce journal paraîtra début septembre pour la rentrée, le 3 Septembre exactement.
Afin que vous ayez de la lecture saine pour cet été, ce Chichois numéro 21 vous a compilé une selection des plus agréables articles sortis dans ce journal depuis sa création. A noter cependant que la rubrique "Balade" vous propose une visite de l'abime de bramabiau inédite.
Soutien toujours présent aux marins abandonnées du bateau le "florentz" . Attac, rendu célèbre par ses propositions sur l'imposition des capitaux spéculatifs circulant de pays à pays (dite :"la taxe tobin" ), apporte depuis plusieurs mois un soutien sans faille à l'équipage du cargo.
Photothèque. Une version allégée de la future photothèque en ligne d'images de Sète et du Bassin de Thau est accessible depuis peu sur Internet. Adresse : http://www.opisline.com/photo/
Une information pour les non-internautes : un exemplaire du CHICHOIS sous sa forme papier sera disponible à la médiathèque de Sète. En principe, il sera disponible des le lendemain de sa parution et consultable sur place (vous ne pourrez pas l'emprunter et le lire au coin du feu).
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ECHOS
Il est né... le divin .........Chichois !
D'où provient le mot CHICHOIS ? -- CHICHOIS en Baraquette et autres CHICHOIS...On va pas Chichoiser sur ce qui est Sétois, non ? Et pourtant ...! Suivons alors l'enquète effectuée avec l'aimable participation de l'académie de Marseille et d'une troupe de théâtre de Nîmes nommée ." CHICHOIS"
CHICHOIS, surnom parfois usité de François, de Toulon à Marseille, fut le personnage central de l'oeuvre de Georges BENEDIT, modeste écrivain provençal, relatant les aventures truculentes d'un certain « Chichois », petit voyou de Marseille, devant le tribunal.
BENEDIT, né à Marseille en 1802, mort en 1870. De commerçant, il devint professeur de chant et de déclamation au Conservatoire. Il eut un jour maille à partir avec des nervis, noms donnés aux voyous marseillais il fut donc cité comme témoin devant le tribunal de cette ville Le côté comique des débats fut mis en vers par Bénédit, joué au « Théâtre du Gymnase » en 1852 par la troupe de Jean Baptiste DRAY sous le titre de « La police correctionnelle », dont le héros était ce fameux « Chichois », sorte de Sganarelle local.
Le langage provençal et populaire apportait un élément comique essentiel aux adaptations de plus en plus francisées qui suivirent, grâce au théâtre ambulant de comédiens de J.B. DRAY, ciseleur de corail à l'origine, qui à partir de 1844 jouait aussi des « passions » et des mélodrames, entre Marseille et Avignon et de Aix à Béziers.
Ce nom de CHICHOIS devint synonyme de théâtre de rues, de cafés et de salles de fêtes. Quatre générations de la famille DRAY se produisirent dans de nombreuses villes du Midi, engendrant de nombreux émules à qui le public donnait aussi le nom de THEATRE CHICHOIS ou « Chichois » tout court. Ainsi que de nombreux théâtres de marionnettes s'appellent GUIGNOL sans rapport avec Laurent MOURGUET, il y eut ainsi dix ou douze « Chichois », plus ou moins durables, parfois simultanés, implantés dans des villes du Midi de la France entre 1850 et 1950.
Des « chichois », aussi, blagaïres (conteurs de blagues), animaient noces et banquets. La mémoire garde la trace de ce théâtre ambulant. Le mot même de chichois fut longtemps proverbial et les expressions : « habillé comme un chichois » (mal fagoté) ou encore : « Arrête ! de faire le chichois » (faire le clown) résonnent encore à nos oreilles. Un des « théâtres Chichois » nîmois, celui de Marius AUTARD (1888-1949), montrait aussi des spectacles de marionnettes, qu'enfant j'ai apprécié. Des anciens nous ont raconté les séances de rires et d'émotions devant les tréteaux du Chichois où se jouaient des mélodrames de Xavier de Montépin, des « Passions », mais aussi Molière, Shakespeare sur le Bd Jean Jaurès, à la Fontaine, sur l'Esplanade ou la place de la Révolution, derrière l'église des Carmes. jusqu'à la guerre 39-45.
A propos des théâtres CHICHOIS
Très souvent les troupes des théatres Chichois étaient composées des membres d'une même famille. Les tréteaux étaient plantés dans les rues et la scène était défendue par de lourds rideaux et agrémentée par des décors latéraux et multiples en profondeur qui donnait du relief. De gros banc de bois s'alignaient devant la scène afin que les spectateurs puissent s'y installer. Les acteurs passaient ensuite dans les rangs avec leur chapeau en main pour une quète facultative et libérale.
Il n'y avait pas de programme, mais simplement un drand panneau de bois sur lequel était inscrit la pièce qui allait se jouer le soir. On y jouait différentes pieces comme : " La porteuse de pain" , " Les cinq sous de Lavarède" , "Le Cid" , " L'aiglon". D'autres pieces plus improvisées, bouffonnes, servaient de bases à des critiques de moeurs ou de gens en place.
Le théâtre CHICHOIS aujourd'huiLe « Théâtre chichois de marionnettes », à Nîmes depuis 1981, propose un retour vers un théâtre de notre temps, pour les adultes principalement ainsi que tout public, loin des spectacles programmés par tour-opérateurs ou « décideurs » locaux parfois plus soucieux de grosses têtes d’affiches médiatisées que d’échanges, ou de proximité culturelle permanente, au long des saisons théâtrales ou lors de festivités régulières.
Le "CHICHOIS" dispose de deux ateliers, quelques moyens techniques, lumières, sono castelets, marionnettes, un grand jardin, permettant la mise en chantier, plein air ou en salle, de diverses formes d'expression, par des comédiens-marionnettistes et metteurs en scène, au-delà du maniérisme ou du fétichisme de la marionnettes pour elle-même.
L’écriture de ce théâtre doit faire place aux auteurs-praticiens ignorés des académismes, mais proches de l'oralité et l'improvisation originelle vivante régénératrices d’une dramaturgie moribonde, qui, dans l’imaginaire dominant, s’est arrêtée depuis longtemps aux « guignols de squares » de nos grands parents, ses guimauves et ses coups de bâtons.
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BALLADE
BALADE FRAICHEUR. AU BONHEUR DE BRAMABIAU
Avec le plein été et ses routes encombrées, nous vous proposons de vous rendre au pied du Mont-Aigoual pour visiter l'abime de Bramabiau, un monde souterrain qui ne ressemble à aucun autre.C'est le ruisseau "Le Bonheur" qui l'a créé en traversant la montagne.
L'ACCES Aller à Lodève par Clermont-l'Hérault, rouler sur l'A75 pendant 3 km, sortir au Caylar direction La Couvertoirade, puis Nant, Cantobre et Trèves, dernier village avant Bramabiau. Au total, c'est à 115 km de Sète et donc à 2 heures de route environ à travers des paysages remarquables. Au retour, on peut varier en passant par l'Espérou, Le Vigan, Ganges et Montpellier.
L'HISTOIRE En 1888, le créateur de la spéléologie, E.A Martel, ouvre l'ère des grandes expéditions souterraines en traversant de part en part le mystérieux abîme creusé par le ruisseau du Bonheur. De son aventure, il écrira : " Bramabiau est une de ces oeuvres grandioses que la nature exécute à coups de siècles et qui confondent l'esprit humain".
LA VISITE Dès que vous approcherez du site, vous percevrez un fort bruit étrange : ce vacarme est engendré par la chute de la cascade que fait le ruisseau en émergeant de la caverne. Les paysans l'avaient baptisé "le boeuf qui brame", brama-biou en occitan.
D'avril à octobre (ensuite, les eaux sont trop fortes), les visites guidées ont lieu de 9 à 19 h. La visite démarre au sympathique Café des Guides. Puis, en dix minutes, vous atteindrez la grande salle d'où vous surplomberez la spectaculaire cascade. Des découvertes préhistoriques jalonnent la promenade. Tout porte à croire que Bramabiau fut un temple pour les hommes préhistoriques.
On verra aussi les étranges peintures de Jean Truel, peintre contemporain surnommé le peintre des abîmes.
Même si vous connaissez la plupart des merveilles souterraines de notre région, et l'on sait qu'elles sont nombreuses, vous n'aurez pas ici une impression de déjà vu . Bramabiau, c'est unique !
B.Barraillé
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SCIENCES
LES ZOONOSES
Depuis que l'homme côtoie les animaux , donc depuis toujours, il en est malade !
Soit
les parasites, virus ou bactéries font leur nid dans sa chair, son
sang ou sa lymphe pour s'y reproduire ou s'y métamorphoser directement
, soit des microbes - dans le rôle du méchant font intervenir
un traître ou une ruse du genre cheval de Troie : un autre animal qui
va jouer les intermédiaires. Celui - ci pouvant être touché
par la malade ou être un " porteur sain " ( ayant le microbe en son
sein sans en être malade mais le disséminant parmi ses congénères
ou à d'autres espèces.).
Cet animal intermédiaire
est parfois indispensable pour la croissance du microbe- parasite. Celui ci
se développe sous forme larvaire dans un premier hôte, toujours
d' une espèce précise, puis inoculé dans un deuxième
hôte, d'espèce obligatoirement différente du premier,
il va continuer sa vie adulte et pondre ses œufs à l'intérieur
de ce deuxième hôte ( l'homme par exemple). C'est à ce
modèle que correspond le paludisme où le moustique est le premier
hote..
Certaines
petites bêtes sont moins raffinées et peuvent se développer
indifféremment à l'intérieur de plusieurs espèces
( tuberculose, syphilis, grippe, rage, peste, sida, Brucellose…). Elles sont
parfois capricieuses ou poussées par des changements écologiques,
et vont changer de stratégies et envahir de nouvelles espèces
( Sida,ESB).
Ces différentes formes de
maladies mettant en jeu des passages entre animaux ( vertébrés)
et l'homme s'appellent des zoonoses. Pasteur et ses élèves
ont rendus visibles, par un détour sous le microscope des laboratoires,
les agents infectieux, ces êtres minuscules qui transitent dans le corps
des gros animaux dont nous même.
D'autres scénarios faisant intervenir des plantes sont encore plus complexes, nous en avons eu un exemple dans l'étang de Thau : une minuscule algue produit à certaine époque une toxine dans l'eau, celle ci est absorbée et filtrée par les coquillages sans qu'ils en souffrent, mais si l'homme mange ces coquillages il peut être malade - troubles neurologiques ou digestifs par exemple.
Les animaux entre eux aussi se mangent, se parasitent et se font des pièges à l'aide de toxines. Lorsque l'homme n'est pas concerné; on appelle cela des épizooties.
Les
grandes épidémies sont toujours favorisées par les grandes
concentrations urbaines, l'insalubrité des conditions de vie des hommes
ou des animaux.
Elles sont inhérentes à
la vie sédentaire, à l'élevage, aux voyages ( qui vont
introduire de nouveaux acteurs dans des sites écologiques et ainsi
modifier leur équilibre). Pour résumer; la promiscuité,
la surpopulation et les changements brutaux(écologique) sont
nocifs.
Que faire ?... puisque l'homme vit
de plus en plus dans d'immenses agglomérations, voyage de plus en plus
- et par son intermédiaire, les plantes et les animaux. Combattre
les virus , comme avant on combattait les mammouths ?... avec comme arme la
médecine moderne ?
Il est Intéressant de constater
que la nature amène toujours l'homme à franchir ses limites.
Lorsque il maîtrise - en tout cas en comprend le mécanisme -
les épidémies causées par des virus ou bactéries,
la nature lui propose des agents " non conventionnels " de propagation des
maladies, par exemple les prions dont il ignore le mécanisme. Est ce
pour l'amener plus loin dans la découverte des mystères du monde
?
Le combat est toujours à
recommencer car bactéries, virus sont de très vieux habitants
de la terre, des centaines de millions de fois plus vieux que nous, ils ont
appris à survivre à beaucoup de modifications de leur environnement.
C'est pourquoi les antibiotiques ne leur font pas peur très longtemps.
On ne croit plus, aujourd'hui, arriver
à faire disparaître toutes les maladies en particulier les maladies
infectieuses comme on le pensait il y a seulement quelques dizaines d'années.
Mais on caresse le même genre d'espoir par un autre biais avec la génétique,
on cherche le gène de la longévité, celui de la résistance
à telle ou telle maladie, le gène de l'immortalité !
Certains proclament, maintenant, que mourir ne serait pas une fatalité.
Cet espoir n'est pas nouveau puisque
dans les temps anciens en Egypte , en Chine, entre autres, on coupait
les mains ou la tête des médecins qui avaient échoué
à guérir un malade de haut rang, comme si il était
toujours possible de vaincre la maladie et la mort.
Au " que faire " ? Quelles autres
réponses y a t il eu, ou peut il y avoir ?
Rien faire, tout d'abord, laisser
à Dieu toute l'initiative.
Trouver un bouc émissaire,
un sorcier mauvais.
Que dit la logique à l'œuvre
dans l'agriculture bio appliquée à la médecine ?
Nous avions vu, dans un précédent
Chichois que les stratégies d'action face aux " nuisibles ", aux maladies,
les parasitages et destructions des végétaux, aux luttes compétitives
( mauvaises herbes) sont en quelque sorte négociées avec ces
indésirables, avec la nature.
C'est la recherche d'un optimum
plus que d'un maximum.
Négocier avec les nuisibles
- animaux et végétaux - c'est leur laisser leur part de butin
en l'occurrence de choux , carottes et autres.
Mais sommes nous prêts - mêmes
ceux qui défendent ces thèses - à ne pas rêver
d'un maximum d'années de survie, de laisser la nature choisir
ses équilibres ?
Pourtant
il semble qu'il faudra tout de même faire des concessions à un
équilibre global.
Géronime Glasgow
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SCOOP
Isabelle. 28 ans. 2nd capitaine
Qui ne s'est pas promené sur le môle un dimanche après-midi ?
Les voiliers font rêver, les barques sont colorées, les chalutiers sont " endormis " prêts à attaquer la prochaine " marée ".
Mais que se passe-t-il derrière les lourdes grilles du port de commerce ? Que se passe-t-il sur ces gros bateaux que l'on aperçoit du phare ?
A bord, ce n'est pas dimanche, c'est un jour comme les autres pour la vingtaine de membres d'équipage de nationalités diverses. Le travail a commencé ce matin à 3 heures quand le bateau s'est présenté à la station de pilotage, à 1 mille des jetés du port. Le lieutenant de quart a réveillé tout l'équipage : " aux postes de manœuvre ! ". Tout le monde s'affère, y compris ceux qui ont terminé leur quart à minuit. Aujourd'hui ce sont les plus malchanceux, ils n'auront dormi que 2h30 cette nuit…..
Le pilote monte à bord et une heure plus tard la dernière amarre est à terre. Le bateau est au poste 5, prêt à attaquer la dure journée qui s'annonce.
En escale, pas une minute à perdre. Les mécaniciens stoppent les moteurs de propulsion et en profitent pour faire des réparations ou de la maintenance sur ce qui est urgent ou stoppé. Ce matin, il faut refaire la segmentation du piston n°5 du moteur principal.Tous les mécaniciens doivent être présents car le temps est compté et les pièces sont lourdes et difficiles à manipuler.
Côté " pont ", tout le monde est en alerte également pour que le bateau soit prêt à charger le plus rapidement possible. Les grues sont mises au poste de travail, les panneaux de cale sont ouverts et ouf ! Pas d'avarie aujourd'hui, les tuyaux hydrauliques ont tenu le coup. Un tuyau qui rend l'âme, c'est courant, il faut arrêter les centrales hydrauliques immédiatement, faire face à la propagation de l'huile sur le pont et surtout ne pas faire tomber une seule goutte d'huile dans le port ! Pas facile quand elle est projetée à 350 bars… la pollution peut même faire risquer la prison au commandant…
Le bateau est prêt, il n'y a plus qu'à attendre l'arrivée des dockers. Enfin 5 minutes pour aller petit-déjeuner. N'oublions pas que c'est dimanche et que ce matin, le cuistot a quand même fait ses croissants malgré la manœuvre !
Les quarts s'organisent : sur le pont, les deux lieutenants se partagent le service en deux, chacun doit veiller 12 heures dans la journée pour surveiller les opérations commerciales, rendre compte de tout problème au 2nd capitaine qui lui, les supervise de manière générale. Toutes les séquences de chargement, les opérations de ballastage/déballastage ont été étudiées en mer et présentées au chef des dockers à l'accostage du bateau. Les lieutenants de quarts sont assistés d'un matelot qui lui, fait ses 2 x 4 heures de quart comme en mer. Les 24 heures journalières sont donc divisées en 3 matelots. Ceux qui ne sont pas de quart ont la chance de pouvoir sortir quelques heures, dans un port comme Sète c'est l'idéal car le centre ville est à 10 minutes du bord. A Rotterdam par exemple, la ville se trouve à 80 km, les sorties sont donc immédiatement reportées au port suivant.
Il est midi, le piston est en cours de remontage et le bateau a embarqué la moitié de son chargement. Le rituel de l'apéro du dimanche midi va commencer. A la machine, c'est " la messe". Au pont, ça se passe à tour de rôle dans une cabine.
Le repas est amélioré, le cuistot qu'il soit philippin, roumain ou indien a tant bien que mal appris quelques recettes françaises pour les 4 french officer qui ne peuvent pas se passer de leur magret de canard sauce au vin ou du steak frite dominical. Mais n'oublions surtout pas le vin fin offert généreusement par la compagnie…
Arrive maintenant l'heure de la sieste…vous voulez rire ? Et le chargement ? Et le piston ? Ca ne se fait pas tout seul ça ! Le pilote est commandé pour 18h, il faut que le bateau soit paré à 17h30, ordre du commandant ! "Un petit coup de fil, un seul petit coup de fil histoire d'entendre sa voix, pouvoir me rassurer que tout se passe bien à terre pendant mon absence, savoir si le petit dernier a fait ses premiers pas…encore deux mois de bord, finalement ce n'est rien par rapport aux indiens et aux roumains qui ont des contrats de 7 mois, ou aux philippins qui eux, restent 10 mois pleins à bord... " Il est 17h00, l'après-midi s'est passée très vite, le dernier colis a été embarqué, plus qu'une demi-heure pour préparer le départ, c'est râpé pour le coup de fil, de toute façon, je serais tombé sur le répondeur, qui va s'amuser à rester chez soi un dimanche après-midi alors que le soleil brille ?
Le pilote monte à bord, la machine fait ses essais, le moteur est lancé et la routine va de nouveau s'installer pour trois semaines de traversée. Prochaine escale : Cape Town. Les plus optimistes parlent déjà des vertus du vin sud-africain, les plus romantiques cherchent de la doc sur le téléphérique de la montagne de la table et les plus grincheux espèrent ne pas avoir une houle trop grosse à l'arrivée des côtes sud-africaines. Il n'y a que l'élève qui vient d'embarquer il y a quelques heures, dont les yeux brillent, qui se demande vers quel horizon il part, quelles merveilles il va rencontrer dans ces pays lointains pleins de promesses, de mystères et de choses inconnues. Il regarde son appareil photo qu'on lui a offert avant de partir et il se dit que c'est vraiment le plus beau métier du monde ! A quand la première tempête ?
Fini le rêve, la manœuvre commence, il faut être sérieux maintenant. Une fois le pilote débarqué, les aussières bien amarrées au poste de mer, les quarts vont se succéder sans interruption et de façon monotone. Seuls les mécaniciens travaillent à la journée car le bateau est automatisé. Les officiers mécaniciens organisent un roulement pour prendre le report des alarmes la nuit dans leur cabine. Les 2 lieutenants et le 2nd capitaine se partagent, eux, les quarts à la passerelle. Quant aux matelots, ils travaillent 4 heures de jour pour effectuer la maintenance du pont, ce qui se résume essentiellement à piquer la rouille et à peindre quand le temps le permet, et 4 heures la nuit pour doubler la veille visuelle du chef de quart.
" Et le coup de fil, au fait ? Je peux toujours le faire du bord, mais bon, c'est 25f la minute au mieux, et encore, il faut choisir la bonne station ! alors tant pis, ce sera pour plus tard… "
Isabelle. 28 ans. 2nd capitaine. Cet élève c'était moi il y a dix ans, mais j'ai toujours les yeux qui brillent et je navigue encore avec plaisir.
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LE COURRIER DES CHICHOINAUTES
lectrices, lecteurs et internautes de tous horizons...
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FLASH
Ce texte nous a été aimablement prêté par M Jacques Lavesque. Il figurait parmi les scénarios proposés lors du concours lancé par la Municipalité pour la réalisation d'un court-métrage sur Sète. Sétois... à vos saveurs...
LES GARS DE LA MARINE
Le soleil déclinait lentement sur le quai de la marine, déversant ça et là quelques copeaux d'or pur. Le canal paresseux clapotait et frémissait, donnant aux coques blanches qui l'habitaient un léger tangage qui les faisait se dandiner telles des canards vaniteux.
Cette flotille faisait l'orgueil des Sétois, fiers de leur titre de premier port de pêche de Méditerranée. Ici, c'était le coeur de l'activité de SETE. A quelques mètres de là, il y avait foule à la criée, centre nerveux, véritable poumon de la pêche, ventre rempli de poissons qui partaient rejoindre les étals aux quatre coins du pays. D'ailleurs, les camions frigorifiques et isothermes faisaient ronfler leur moteur dans l'attente du départ vers une destination hexagonale et pourquoi pas à Rungis, le ventre de Paris.
Alignés les uns derrière les autres, en rang d'oignon, les restaurants offraient aux passants toutes les spécialités sétoises plus succulentes les unes que les autres. De la rouille à la bourride, des moules farcies à la bouillabaisse, de la tielle à la soupe de poissons, c'était là que se déployait toute la gastronomie de cette île ô combien singulière. Car, manger à SETE, c'est découvrir un monde plein de saveurs épicées qui réjouissent le corps et le coeur. Ce coin de France tire sa singularité autant de ses canaux quasi vénitiens que de sa cuisine aux mille goûts toujours renouvelés.
C'était le moment qu'avait choisi Jeannot FERNELIN pour rejoindre ses fourneaux. Il marchait lentement vers son établissement, situé à quelques pas de la criée, un des plus haut en couleur de la Marine. Il venait de s'engager sur le quai quand son ami, le propriétaire du bazar cadeaux-souvenirs, l'accosta bruyamment :
- Oh Jeannot ! Tu es pas pressé d'aller travailler, hè?
- Oh Gilbert? et tu veux que j'attrape une hernie?
- Dis, tu connais la dernière? Tu sais, Honorine la poissonnière, celle qu'il lui faut un fauteuil deux places pour s'asseoir, et bè, son mari m'a dit qu'il ne pouvait plus regarder la télé le soir. Elle choisit le programme, s'allonge sur le canapé, s'endort au bout de dix minutes, et prend tellement de la place qu'on dirait le coin d'Elisabeth.
- Et qu'est-ce c'est le coin d'Elisabeth ?
- Et bè! c'est un bateau: le Queen Elisabeth...
- Ah! et bè, je suis content de l'apprendre. Ecoute, je te quitte parce que j'ai la bourgeoise qui va m'allumer si je rentre trop tard.
Il sortit du bazar et s'éloigna sur le quai en direction de son restaurant. Arrivé à hauteur de la Plagette, un établissement concurrent, il fut pris à partie à nouveau par un personnage surprenant. Imaginez une tête ronde sur un corps rond avec de grosses lunettes rondes et une paire de moustaches à rendre jaloux Salvador Dali lui-même.
- Oh Jeannot! où tu vas si vite? Prends ton temps, tè! viens boire un pastis. Tu me raconteras tes vacances que toute la Marine en parle et que moi je suis même pas au courant. Alors, il parait que tu es allé en Espagne? Jeannot, entrant dans le restaurant:
- Eh bè oui! J'ai fait toute la côte méditerranéenne du Perthus jusqu'à Gilbraltar. On a passé quinze jours, on s'est régalé.
- Eh alors, tu l'as vu?
- Qui? - le grand Calos.
- Mais qui c'est ça le grand Calos?
- Et bè alors! tu le sais pas? C'est le roi d'Espagne.
- Ah Juan Carlos! Et bè dis-dons, toi pour estropier les noms tu vas bien. Pardine que je l'ai vu: à la télé... Bon dis, tu me fais parler, tu me fais parler, et il faut que j'aille allumer mes fourneaux. Merci pour le pastis, allez adissias.
Jeannot sortit de l'établissement et pressa le pas. Il passa devant plusieurs estaminets et chaque fois il était arrêté. Le petit peuple de la Marine semblait s'être donné le mot pour empêcher Jeannot de rejoindre son restaurant où l'attendait de pied ferme son épouse Betty, une maîtresse femme que la plaisanterie laissait froide et qui menait son affaire avec une poigne de fer.
Arrivé devant le restaurant A La Bonne Bouillabaisse, il fut accosté par le patron qui traînait devant sa porte. Celui-ci lui lança:
- Dis Jeannot, j'ai quelque chose à te dire.
- Oh Antoine, qu'est-ce que tu me veux? Tu as l'air bien mystérieux!
- Hé bè, c'est un peu confidentiel, mais je te le demande quand même. L'autre jour, en passant devant chez toi, j'ai vu que tu faisais la bouillabaisse à cent vingt francs, moi je la fais à cinquante. Comment tu peux expliquer cette différence de prix?
- Hé bè moi, j'y mets une rascasse, un loup, une vive, et de la baudroie, enfin tous les poissons qu'il faut dans une bonne bouille, et toi?
- Moi! Oh peuchère, les poissons que je mets! même Couteau s'il plongeait dans ma bouillabaisse, il ne les reconnaîtrait pas.
- Eh bè voilà, tu as trouvé tout seul la réponse à ta question. Allez! à la prochaine.
Il sortit et se dépêcha de presser le pas vers son restaurant. Arrivé devant le bar Le Grand Large (c'était le dernier établissement avant le sien), il fut attrapé par le bras, il se retourna, c'était Robert le barman.
- Alors Jeannot, c'est à cette heure que tu arrives? Tu vas voir la patronne! allez vai, viens boire un coup, ce sera toujours ça de pris. Dis, à propos, tu as lu le Midi Libre? Tu as vu le titre? Liberti - Martinez: joutes oratoires sur le canal hertzien. Et où il est ce canal? Je le trouve pas sur le plan. A moins qu'ils nous en aient débaptisé un sans qu'on le sache. Quand même, ils auraient pu trouver un autre nom qu'un nom allemand!
- Mais bougre d'imbécile! le canal hertzien, c'est la radio qu'on appelle comme ça: un canal radiophonique. Hertzien, c'est les ondes...
- Ah...! Et bè dis-donc, ils sont forts sur le Midi Libre! Moi, je croyais que Liberti et Martinez, ils avaient jouté sur un canal.
- Bon ,Robert, je te laisse parce que je sens que Betty, elle va me chanter Manon et que je risque d'entendre toutes les cloches de Saint Louis.
Jeannot sortit du Grand Large et rentra précipitamment dans son restaurant. C'était une belle bâtisse couronnée de bleu avec une large terrasse et au fronton de laquelle s'étalait en lettres d'or l'enseigne: le Neptune. Une grande femme blonde, les cheveux courts et vêtue d'un jean et d'un tee-shirt, attendait derrière le comptoir. Dès qu'elle aperçut son mari, elle l'apostropha:
- Et alors? Gros fainéant! C'est maintenant que tu rentres? Et tu crois que les fourneaux ils vont s'allumer tout seul? Et les clients? Tu vas leur servir une bouillabaisse qui n'aura pas bouilli parce que môssieu n'aura pas suffisamment chauffer ses marmites? Allez, au boulot!
- Et bè, tu sais, je ne me suis pas arrêté, mais c'est les autres sur le quai, ils avaient tous quelque chose à me dire.
- Et alors bourrique, les autres ils étaient à leurs gamelles dans leur boutique, alors que toi tu traînais, comme d'habitude. Tu as juste le temps de préparer, le commis de cuisine t'attend, et j'ai été obligée de renvoyer le premier client en lui faisant croire qu'il était venu trop tôt. Et tout ce petit monde se mit à vivre comme tous les soirs, chacun récupérant sa part de clientèle pour la régaler de mets délicieux et lui réjouir l'âme de quelques éclats de rire.
M Jacques Lavesque
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DE QUOI J'E-MEL
Nous avons reçu au Chichois un projet d'association sous le titre : CO - LO - SO .
L'intitulé est clair, il s'agit de se regrouper pour lutter " contre la lobotomie sonore " ! On peut supposer qu'il existe, à Sète, d'autres groupements de fâcheux qu'indispose le bruit incessant, et particulièrement l'odieuse, l'abominable, la débilitante, la décervelante muzique zique zique, celle qui est censée donner du cœur aux zombies, aider à rythmer une vie lourde et vide à la fois, peupler de dégoulinures émotionnelles des êtres désertés, conformiser puis agglomérer par et pour la grande consommation des individus atomisés .Car certains font la fine bouche, n'en veulent plus, et surtout pas 16 heures par jour, et 5 mois par an !
Ah qu'il est loin le temps où un chef Sioux, quelque part aux Amériques, rebelle aux magnificences du progrès et de la surabondance, pouvait se demander : " Que vaut la vie d'un homme s'il ne peut voir le vol de l'engoulevent et entendre le coassement des grenouilles " Nous, on a le goéland et la mouette qui valent bien, sans doute, l'engoulevent, et il y a - seulement - quelques années on pouvait entendre dans la douceur du soir quand les autos avaient rejoint leurs niches, autour du jardin du château d'eau, le rythme archaïque des grenouilles... Mais bien vite il fut remplacé par les rythmes môdernes des soirées nostalgie- Beatles ou des concours disco...Le son à fond, bien sur, car faut penser aux mal entendants !… on passera sur les soirées folkloriques, plutôt ringardes.
Et que dire des leitmotivs incessants des hauts parleurs délayant à longueur d'été les promos, les pubs zé les tubes. On a plus qu'à vivre, l'été, toutes doubles fenêtres fermées si on veut un instant penser à autre chose. Autant vivre à Roubaix
Si vous voulez, avec le COLOSO, vous questionner sur le pourquoi et le comment du désir de lobotomie du bon peuple des vacanciers. sur le pousse à l'achat, le pousse à survivre - sans rien changer - que distille la musique et les commentaires faussement joyeux et youp la boum des speakers. Si vous préférez le bruit anarchique de votre cœur au boum boum uniformisé de la techno qui fait vibrer les vitres. Si vous êtes contre le viol par voie auriculaire, contre la maltraitance cérébrale écrivez nous au Chichois pour le COLOSO.
Bien sur vous pouvez aussi défendre l'acharnement décibéliqueux, la venue de Big Brother en fanfare, l'achat en gros - avec remise - de boules Quiès pour les récalcitrants. Alors à vos claviers ... Pour l'incommensurable plaisir de discuter des goûts et des sons, après avoir poser les limites de l'intolérable pour chacun.
Géronime GLASGOW
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VIE ACTUELLE
Nouveau sétois,
Ursule nous livre ses réflexions sur l'Ile singulière
Coucou, je suis Ursule. Originaire de la capitale des Gaules, autrement dit Lyon, Habitant Sète depuis peu, je découvre la ville, l'arpentant en long, en large, en carré, en travers.
Chien, quelle est belle ma nouvelle ville! Pas aussi vaste que Lyon, je l'accorde mais tout de même: elle est vivante, agréable, avec ses habitants discutant haut et fort, avec un drôle d'accent, tout en gesticulant. C'est comme çà dans le midi paraît-il. Je trouve çà assez sympa. Et puis, il y la mer. C'est la première fois que je la vois. Mais, nom d'un chien, que cette jolie ville est sale! Il faut continuellement faire attention où poser les pattes, mes congénères se soulageant vraiment n'importe où! J'ai ouïe dire: "c'est la faute de la mairie". N'importe quoi! Seul l'incivisme des bipèdes, des habitants, quoi, est en cause. Un bataillon d'hommes "fluo" balaient rues et caniveaux à tous va. Deux secondes après leur passage, je vois jeunes et vieux- si si, eux aussi - à nouveau jeter papiers ou mégots, mouchoirs en papiers ou emballage divers.
J'ai ouïe dire également qu'à Sète, les chiens sont malpropres. Effectivement, j'en remarque de nombreux livrés à eux-mêmes, s'acoquinant avec n'importe qui. Alors, pour tuer le temps, ils aboient, se querellent, se font une bouffe entre amis au pied des poubelles, pissent sur les vitrines, les tables et chaises des terrasses de café, les téléviseurs, radiateurs ou autres objets d'exposition devant les magasins, déjectent sur les trottoirs, dans les jardins d'enfants, etc. Tous deviennent plus ou moins loubards. Bref, il y a beaucoup à dire et… peut-être à faire. Et j'imagine que, parmi les canidés touristes, il y aussi des sales de tous poils.
Modestement, je préconise une idée: On recense les humains. Recensons donc les chiens et faisons payer une taxe à leurs propriétaires. Laquelle servira à la municipalité à financer moto-crottes, "panier à chien" pour la fourrière comme le "panier à salade" des policiers, le personnel d'entretien. Parce qu'en plus, çà créera des emplois, problème d'actualité dans la gent humaine. En cogitant quelque peu, ça ne doit pas être si compliqué que cela à mettre en œuvre. Et puis, quel bonheur de pouvoir se balader les coussinets et les chaussures au propre, mu-sarder la truffe en l'air pour admirer les immeubles cossus, le ciel à la couleur toute méditerranéenne, le ballet incessant des goélands, les bateaux de pêche ou de plaisance, dire un petit bonjour aux enfants, aux gens sans…puer.
J'entends déjà des humains râler mais c'est uniquement leur faute. Que les bipèdes gardent donc leur bête chez eux. Je sais, c'est contraignant mais, nous les chiens, ne demandons pas à être dans tel ou tel foyer. Certains n'éduquent même plus leurs enfants, alors, pensez donc, leurs animaux, ils s'en foutent carrément. Ouste tout le monde dehors! Pour ne pas salir le chez soi du pauvre humanoïde, lui permettre de "souffler", des-tresser, se reposer un brin, lui épargner du travail. De plus, la bêtise humaine étant sans limite, certains adoptent un chien sans réfléchir: pour se hisser dans l'échelle sociale, s'imposer, avoir une arme par détermination… Ainsi, des bergers allemands et autres molosses se retrouvent en immeubles collectifs dans un minus-cule F3 quand ce n'est pas un studio! Imaginez donc les problèmes de cohabita-tion, de voisinage. Dans le journal, j'ai "lu" que l'automne dernier, dans un quartier sétois, deux pitbulls avaient mordu des enfants. Le même ou son cousin, peu importe… Le résultat, c'est qu'ils ont mordu, à l'instar de ceux qui ont dévoré, dans une autre co-mune, une mémé se promenant sur la route passant devant chez eux. A Sète, le député-maire aurait porté plainte. C'est bien. Le mieux serait que les policiers ou gendarmes aient le droit d'abattre immédiatement le "bouffeur". D'autant qu'il est désormais possible, post mortem, de savoir si la bête est enragée ou pas. Les âmes sensibles, de la SPA ou non, ne pensant nullement aux victimes, vont crier au scandale. Si une telle chose leur arrive, ou à un de leur proche, voir s'ils seront aussi scandalisés!
Bientôt Noël. Ainsi, de nombreux chiens vont être achetés pour "amuser" les enfants. C'est vrai, enfants et chiens s'adorent, partageant jeux et gâteries, con-fidences et bisous. Pour autant, le volet pédagogique doit être abordé. Le chien est là pour responsabiliser le bambin et non pas lui servir de souffre douleur. Combien de chiots - si mignons et attendrissants - vont faire craquer les adultes voulant faire plaisir à leur progéniture. Oui mais, dans le lot, des chiens vont grandir et devenir… envahissant. L'issue: la rue, la "perte", la SPA. Discutant avec des amis, je jappe haut et fort que beaucoup pensent comme moi. Chien merci, j'ai la chance, comme beaucoup, d'être né dans une famille où l'éducation est à l'honneur, où je ne dois pas sortir seul. Ce n'est pas toujours marrant: on rencontre de si jolies "minettes". Ouaf! On s'y fait. Mais je puis vous assurer, qu'une bonne éducation est fort appréciée. C'est ce que la journaliste a aimé chez moi, avec, en plus, mon côté "vrai" chien. Comme elle, je me moque du chien-chien à sa mémère ou toutou à son pépére. Là encore, la faute à qui? Ca va, le ridicule ne tue pas. Mais, malgré tout, j'aime ma nouvelle ville.
Propos recueillis par Kathy GOSSELIN.
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LA PLUME
LE REVE DU POULPE *
Lorsque descend la nuit, que
meurt le crépuscule,
Le poulpe sur la place, avec son
oeil hagard,
Erre sur son rocher, dresse son
tentacule
Et toise les passants de son mâle
regard.
A quoi songe-t-il donc ce fringant
octopode ?
Rêve-t-il, dans son eau
du monde sous-marin ?
Ou bien, les yeux fendus, compose-t-il
une ode
Au soleil chaleureux perdu jusqu'au
matin ?
Je l'observe parfois, devine
ses délires,
L'insondable secret de ce noble
animal,
Monstre des profondeurs, naufrageur
de navires,
Dont l'aspect agressif ne nourrit
aucun mal.
Sur son rocher tapi, je le vois
en partance,
Et je comprends alors son vieux
désir amer...
Cet ami des enfants, mon compagnon
d'errance,
J'aimerai bien l'aider à
rejoindre la mer.
Barnabé.
*Sculpture monumentale en bronze, exécutée par un artiste sétois, d'une pieuvre servant de fontaine sur la place de la Mairie de Sète, et communément appelée : "le pouffre" !
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CONSEIL D'UN SETOIS HYPOCRITE A MA PETITE DORADE
Dans
notre golfe du lion
On te
voit sirène et poisson
Tu portes
la robe de faille
D'un
grand faiseur, orné d'écailles.
Ton
maquillage a tant de goût,
Juste
un peu de rose à ta joue.
Or,
tu fréquentes des arènes
Où
l'on met à mort les sirènes.
Voyageuse
en visite au port,
Je t'y
trouve en danger de mort !
Ne flâne
plus vers la marine :
Folle
qui se fie à sa mine.
A la
marine, ma chérie
La semaine
a sept vendredis.
Ces
lieux païens ont service
Où
l'on t'y sert en sacrifice.
On t'y
fait griller les pinceaux
Et même
la peau de ton dos,
Et le
Picpoul qui t'accompagne
Arrive
de notre campagne.
Fuis
notre port tant qu'il est temps,
L'hypocrisie
des habitants !
Oui
! De tristes gens te pourchassent,
Nommés
pêcheurs ! Maudite race !
Semant
partout leurs hameçons
En véritable
piège à C.. !
" Dans
un poème de Sétois
Les
mots grossiers sont hors la loi ! "
Et toi,
ma petite Dorade
Qui
veut traverser notre rade
Pour
rejoindre l'étang de Thau
Traverse
Sète au fil de l'eau.
Entre
deux eaux, bien qu'on te guette
Tu passeras
comme une Ablette,
Tu verras
jeter cinq cents plombs
Des
chevrotines pour canons.
Mais
dans l'étang, pêcheurs et nasses
T'attendent
comme des rapaces !
Suis
mon conseil, va vers les parcs
Croque
leurs Moules…et repart !
Hélas,
m'a dit notre déesse,
Mon
cœur est gros, plein de tendresse
Pour
mes petits, car au printemps
Je les
envoie dans votre étang !
J'y
viens passer quelques vacances
Avec
les bateaux de plaisance.
( Et
c'est ainsi, que chaque automne,
Applaudi
par cinq cents personnes
Ce poisson
perd son univers
A la
plagette….Pour un ver !)
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Pour tous ceux qui n'arriveraient pas à se procurer les ouvrages que nous présentons, n'hésitez pas à nous adresser un E-Mail. Le chichois se fera un plaisir de vous conseiller ou de vous trouver une solution pour vous le procurer. : Bernard Stéphan / Maison de la Presse 1 rue général de Gaulle
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INTERVIEW
Aujourd'hui nous avons interviewé Naïk.FAUCON, docteur en science de l'eau, basée à la station Méditerranéenne de l'environnement littoral à la plagette ( annexe de l'Université Montpellier II )
Elle revient d'une série de missions qui l'ont amené dans six pays du bassin Méditerranéen - Tunisie, Maroc, Albanie, Autorité Palestinienne, Liban , Egypte. Le but de ces missions était d'analyser, en étroite collaboration avec les partenaires nationaux, les besoins en formation des publics visés par le projet Med Wet Coast (MWC) de conservation des zones humides et des écosystèmes littoraux. Les ministères de l'environnement de ces six pays/autorités participent ( depuis septembre 99 et pour une durée de cinq ans) à ce programme international.
Le Chichois : Qu'appelle t- on les " zones humides " ?
Naik Faucon : Ce sont les marais, les étangs, les lagunes, les mares, les prairies humides, les estuaires, les deltas etc. … Il s'agit de milieux naturels très productifs et riches en biodiversité, ils arrivent en seconde position - juste après les forets tropicales - pour la biodiversité. Ces zones représentent un habitat privilégié pour de multiples espèces de poissons et d'oiseaux migrateurs. Elles ont de plus un rôle de régulation des intrusions marines et des crues du bassin versant - c'est à dire qu'elle font tampon lorsque les eaux montent en amont ; Leur pouvoir épurateur de diverses pollutions est incontestable. Les étangs littoraux du Languedoc Roussillon en sont un très bon exemple, leur protection a été étudiée et un programme de gestion mis sur pied par le projet Européen " Life " entre 95 et 97.
Le Chichois: Qu'est ce qui menace ces zones ?
Naik Faucon : Ce sont des zones qui sont assez négligées, elles servent souvent de décharge. Très sensibles, ce sont aussi des zones qui bougent . Ces écosystèmes en constante évolution, se transforment vite naturellement - par comblement , érosion , piégeage des sédiments - et encore plus vite quand la main de l'homme s'y met - construction sur le littoral, assèchement, surexploitation de la pêche , des ressources halieutiques, démoustication " artisanale ", agriculture intensive etc. Souvent pollués et surexploités, il est indispensable que ces milieux retrouvent ou conservent un minimum d'équilibre pour continuer à tenir leur rôle irremplaçable dans de multiples activités humaines, qui sont parfois contradictoires dans leurs effets et dont la gestion conjointe est justement notre sujet de réflexion. Une des conséquences de la mauvaise gestion de ces zones est la " malaïgue ". Il s'agit d'une prolifération d'algues due à un enrichissement des eaux lagunaires en matière organique et minérale, la prolifération peut être telle qu'elle gène la circulation de l'eau, des bateaux et empêche la lumière de pénétrer en profondeur., puis les algues pourrissent, les bactéries se développent et consomment tout l'oxygène, tout en produisant des gaz toxiques , la faune et la flore aquatique peuvent en mourir.
Le Chichois: : D'où vient cette pollution ? Des déchets industriels ?
Naik Faucon : Surtout des eaux usées domestiques lorsque les stations d'épuration sont insuffisantes et le tourisme en plein développement.
Le Chichois: : Quels étaient vos partenaires, et les sources de financement lors de vos dernières missions ?
Naik Faucon : La tour du Valat, le conservatoire du littoral, l'Atelier technique des espaces naturels ont participé au programme MWC. Les différentes ONG, sur le terrain, ont aussi un rôle important à jouer, bien sûr nous agissons de concert avec les associations professionnelles ( pecheurs, agriculteurs), les élus locaux, les ministères de l'environnement des pays concernés. Les fonds venaient surtout des programmes environnement des Nations Unies.
Le Chichois: Quel est le statut de la " tour du Valat " ?
Naik Faucon : C'est un groupe privé, on l'appelle aussi Fondation Sansouir, à sa tête est un industriel Suisse, ornithologue qui a acheté une partie de la camargue pour y faire une réserve naturelle dans les années 60. La camargue est aujourd'hui un modèle d'aménagement des zones humides, entre autre l'extinction des flamants rose y a été évitée.
Le Chichois: Et le conservatoire du littoral ?
Naik Faucon : Le conservatoire du littoral protège le littoral contre une urbanisation excessive du littoral et des zone humides, il étudie l'impact du développement sur les divers littoraux.
Le Chichois: Ce travail avec les pays méditerranéens en est à ses débuts, quelles sont vos impressions après cette première prise de contact ?
Naik Faucon : Je me suis donc occupée de reconnaître les besoins en formation de ces pays, formation nécessaire pour accompagner la réalisation du programme . Rappelons que le plan de gestion retenu devra tenir compte du développement économique des différents pays.
Le diagnostic du site ( choisir un site, en fonction des formes de vie qu'il abrite, de ses caractéristiques physico-chimique, de la nature de son environnement) est préalable à mon intervention. Les conditions des sites et les motivations des partenaires sont différents dans chaque pays.
Par exemple sur la bande de GAZA il y a un site qui occupe une dizaine de kilomètres du territoire. Il est situé au sud de la ville de Gaza. S'il n'est pas protégé il sera comblé très rapidement par les détritus venant des nombreux chantiers de construction alentour - très anarchiques. Il n'y a pas de station d'épuration. Pour se débarrasser des moustiques les gens déversent de l'huile de vidange sur le site et tout le monde compte sur les crues pour se débarrasser des pollutions diverses. Les acteurs locaux, la population veulent protéger le site pour laisser à leurs enfants un lieu agréable pour jouer, se promener.
En Albanie Il y a déjà une volonté organisée de faire participer les acteurs locaux au programme MWC. Trois sites ont été retenus, tous dans la région de Vlora. Les menaces sont la pêche à la dynamite et l'extraction industrielle du sel . Ces activités entraînent des modifications hydrauliques. Les albanais réclament des formations pour accompagner le projet.
En Egypte le danger est la surexploitation des ressources de pêche., l'emploi excessif et anarchique de pesticides Il y a trois sites dont deux sur le delta du Nil. Il n'y a pas de station d'épuration. Actuellement se développent des plantes aquatiques qui gênent la navigation des bateaux de pèche. L'aquaculture est totalement anarchique.
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MOMENTO FINIS <> Suite du numéro 17
Indisponible. A suivre dans notre prochain numéro !
de Alexandre Denjean / A suivre dans le numéro 22
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A TABLE
Deux recettes d' accompagnements délicats qui seront servis avec un plat de viande (de préférence du porc).
Ingrédients : 800 gr de pommes de terre, 60 gr de gruyere, 3 oeufs, 100 gr de mortadelle, 200 gr de mozarella, 100 gr de chapelure blanche, sel, poivre, noix de muscade.
<> Lavez les pommes de terre, ne les pelez pas. Mettez les dans une grande marmite et couvrez les d'eau froide. Portez à ébullition. salez. Laissez cuire à petits bouillons 30 m environ, jusqu'à ce que la lame d'un couteau les pénètre facilement. egouttez-les, laissez- les tiédir et pelez les. Passez au moulin à légumes, grille fine.
<> Coupez la mortadelle en lamelles et la mozarella en dès d'environ 2 cm de coté.
<> Mettez la purée dans une terrine. Ajoutez les oeufs et le gruyere rapé. Salez, poivrez, muscadez et mélangez bien le tout. Formez des croquettes grosses comme un petit oeuf, faites un creux et metez y un peu de mortadelle et de mozarella. refermez et passez- les dans la chapelure.
<> Faites chauffer l'huile dans une friteuse et faites dorer les croquettes. Servez chaud.
Ingrédients : 1 kg de petits oignons nouveaux, 60 gr de beuure, 3 cuillerée à soupe d'huile, 3 cuillerée à soupe de vinaigre, 1 cuillerée à soupe de sucre, 2 dl d'eau, sel.
<> Coupez la queue des oignons, pelez les, lavez les et égouttez les. Faites chauffer l'huile dans une grande sauteuse, mettez-y le beurre et faites dorer les oignons. Salez. Poudrez de sucre. faites les carameliser, puis arroser-les de vinaigre et d'eau.
<> Couvrez et faites cuire 1 h à tout petit feu, en retournant les oignons de temps en temps. Au bout de ce temps, il ne doit presque plus rester de liquide dans la sauteuse. S'il en reste faites le réduire au maximum à découvert et à feu vif.
<> Servez ces délicieux oignons en accompagnement
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Brèves
de comptoir.
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