Le CHICHOIS N°19 . VERSION PAPIER . www.opisline.com
Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net.
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25 / 06/ 2001<> (Prochaine parution le : 09 / 07 / 2001 )
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ECHOS

Les sétois ont voté pour l'affiche de la saint-Louis Le vainqueur est une sétoise, Roselyne Jousseaume, qui a obtenu 103 suffrages sur 869 votes exprimés.

Allo ? Les services de courrier électronique ( communément nommé : E-Mail ) de la Mairie fonctionnent-ils ? C'est une question que nous vous posons; lecteurs qui auriez déjà eu l'occasion de communiquer par ce moyen. Personnellement, nous n'en sommes pas certain. Nous avons envoyé un message à la Mairie qui est resté sans réponse et un second à l'office du tourisme qui ne nous à pas répondu non plus. Déjà, que le sommaire des rubriques ( le menu) dans leur site ne fonctionne pas sous Nescape (50% des internautes l'utilisent), alors ....!

Art thérapie.

Une exposition originale et enrichissante qui interroge le passant et pose cette éternelle question : qu'est-ce que la création ? Comment se manifeste-elle ? Quelles relations existent entre le monde sensible et les différentes strates du créateur (ça, moi, surmoi, et j'en oublie).

L'atelier d'art thérapie du service médico-psychologique de l'hôpital de Sète expose certaines réalisations à l'Espace Formation (bâtiment situé derrière l'école d'infirmières) du 18 juin au 18 juillet de 8h à 18h. Tous les travaux présents ici appartiennent en premier lieu à un domaine secret, celui de la psychothérapie. Issus de séances individuelles ou groupale, ils constituent souvent une source ou un appui à des verbalisations difficiles pour chacun, sur son histoire et sa relation avec les autres. Ils n'ont donc pas, comme sens premier, d'être exposés.

Leurs auteurs ont décidé de leur faire voir le jour pour témoigner de ce qui s'opère en coulisses, et pour suivre la voie normale de toute manifestation utilisant le langage artistique. Le résultat peut être surprenant de beauté et ne laisse jamais indifférent. Le Chichois vous recommande d'y faire un petit tour, vous en sortirez différent.

B.Stéphan / L.Ernesto

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BALLADE

LES BALADES-FRAICHEUR AU BORD DE L'HÉRAULT ( 2 )-

Depuis le précédent Chichois, nous vous invitons à vous baigner dans les gorges de l'Hérault. Nous vous avons conduits jusqu'à l'endroit où la route qui vient de Saint-Guilhem-le-Désert cesse de suivre le fleuve pour grimper dans la garrigue.

Vous êtes au barrage de la Combe du Cor, lieu idéal de baignades familiales. Au bas du barrage, un loueur de canoës, Kayapuna, s'est installé. C'est une des deux bonnes adresses des gorges si vous voulez les visiter en bateau . Il vaut toujours mieux choisir un loueur chez qui vous laissez votre auto en sécurité et qui vous amène au départ de la descente. Ainsi, vous ramenerez votre canoé à l'heure qui vous plaira sans ètre esclave du rendez-vous du loueur installé au départ. Au dessus du barrage, il est possible de visiter les gorges à pied, sans fatigue, le terrain étant plat. Vous ne quitterez jamais les eaux de l'Hérault même si parfois le large chemin le surplombe d'assez haut.

Pour démarrer la balade, éloignez-vous sur la gauche pour trouver le départ de ce chemin, barré parfois pour empêcher motos et autos de venir gâcher le silence des lieux que seul trouble le murmure des eaux. Bientôt, le chemin va longer des prairies, propices au pique-nique, des petites grottes qui servent d'abris en temps de pluie. Tout autour, se sont formées des plages accueillantes d'où l'on peut se baigner dans des eaux calmes . Le chemin continue toujours sur la rive droite. Mais vous pouvez jouer à Indiana Jones et prendre un sentier sauvage qui remonte la rivière par la rive gauche. Les spéléologues chevronnés l'empruntent pour se rendre à la rivière souterraine des Fontanilles. Mais si vous êtes en promenade familiale, restez rive droite et continuez à longer l'Hérault qui va vite devenir plus torrentueux. Une demi-heure après, vous rejoindrez la rivière qui, après un virage à angle droit, vient buter contre un énorme roc appelé le Rocher Troué. L'été, c'est le spectacle assuré car les canoéistes maladroits se retrouvent systématiquement dans l'eau...

Sur votre rive, en continuant, vous trouverez des petits ruisseaux d'une eau très fraîche. Ce sont de multiples sources qui sortent de la Grotte des Cents Fonts (les cent fontaines) visible au bas de la falaise. Vous pouvez aussi traverser la rivière et vous installer sur une belle plage de galets bordée d'un petit bois et de larges prairies. A une heure de votre voiture, le dépaysement est total. (A suivre)

B. Barraillé

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SCIENCES

La science et le tiers monde, ou les OGM et la faim., en hommage à RENE DUMONT, décédé le 18 juin 2001.

Le secrétaire d'État américain à l'Agriculture, Dan Glickman, notait en 1997 la réticence des opinions européennes en matière d'OGM et en concluait : " si nous traitons cette question uniquement sous l'angle commercial, nous aurons beaucoup de mal à faire changer d'avis les leaders du Parlement européen (…) Si nous considérons la question en terme de faim dans le monde, de résistance et de fertilité des sols, je crois que c'est une approche qui nous permet de l'emporter ". Soit : la résolution des problèmes de faim dans le monde par la biotechnologie devient un argument de vente des OGM aux pays du nord. 

Qu'est ce qui a changé depuis 97 ? Les populations du nord sont de plus en plus méfiantes envers les OGM, même les Américains en tombent malades ( vague d'accidents graves après ingestion de maïs qui s'était avéré être contaminé par du maïs transgénique Starlin, légalement destiné au bétail ). L'étiquetage, théoriquement obligatoire depuis plusieurs années, est toujours pour le moins discret - si ce n'est totalement absent. Les essais de semis en plein champ se font en douce en place d'une transparence ( pour le moins information des populations locales) légale . Les risques de contamination entre plantes courantes et OGM sont mis en évidence. De plus en plus de chercheurs font part de leurs doutes dans des livres destinés au grand public. Tout cela augmente la méfiance des consommateurs et la hargne des ONG. En conséquence les firmes multinationales ont tendance à brader leur secteur agro - alimentaire mettant plutôt leur capitaux sur les biotechnologies médicales, sur la prise de multiples brevets sur l'ADN des plantes ou des animaux ( humains compris) dans l'espoir d'un médicament révolutionnaire, à venir, toujours.
Pour l'agro alimentaire, le nord en crise de surproduction cherche plutôt des débouchés sur le marché de la qualité, reste le tiers monde et les arguments " altruistes ". 
Monsanto ( l'une des principale firme mondiale à capitaux majoritairement Américain) produit des biotechnologies dans toutes les directions c'est à dire surtout les médicaments, les tests diagnostics, l'alimentation, les semences. Est il crédible lorsqu'il parle de nourrir le tiers monde ? alors qu'on le voit assigner en procès les pays d'Afrique qui produisent et utilisent des médicaments génériques dans la lutte contre le Sida, alors qu'il condamne à de lourdes amendes des paysans - sous contrat - qui osent replanter d'une année sur l'autre les semences de leurs champs au lieu de les lui racheter - très cher - pour chaque semis.

Qu'en est il des questions de famine et de malnutrition ? Nous sommes aujourd'hui 6 milliards d'êtres humains et dans quelques décennies, sans doute 12 ! Les OGM pourront probablement être un outil entre les autres, pas le seul ni même sans doute le principal. 
Mais parlons d'aujourd'hui, le Nord crève de ses surproductions alors pourquoi mettre toutes les énergies des pays développés sur l'augmentation des rendements ? Est ce que produire plus au nord donne au Sud plus de nourriture ? plus de bien de consommation ? à l'évidence non ! Aujourd'hui la production agricole pourrait nourrir le monde entier et pourtant près d'un humain sur 6 est malnutrit ou sous- nutrit ou mort de faim ! 

Comment augmenter les rendements aux Sud ? Les méthodes d'agriculture intensive du Nord sont elles adaptées aux terres, aux ressources techniques et financières du Sud ? Bien évidemment, non. 
La mécanisation hyper sophistiquée est trop chere pour le paysan qui possède au mieux 1 ou 2 dollars par jour ( la pauvreté à ses divers degré se rencontre surtout dans les campagnes, elle touche 75% des paysans), il n'a pas l'habitude de l'utiliser et ne saurait même pas lire la notice ! au total elle ne servirait que les quelques riches - et rares - paysans qui pratiquent l'agriculture exclusivement pour l'exportation, et n'améliorerait en rien l'agriculture vivrière. Les terres du tiers monde, souvent à cause des pratiques agricoles importées mais aussi à cause du désintérêt des gouvernements pour leur propre agriculture, et aussi à cause de la surpopulation, sont aujourd'hui érodées, stérilisées, desséchées. Les plantes à haut rendement mises au point dans les pays riches, et aujourd'hui les plantes génétiquement modifiées, demandent des soins énormes, elles sont fragiles et nécessitent beaucoup d'eau, d'engrais, de pesticides. A quoi vont elles servir sur des terres desséchées et en n'ayant pas la possibilité financière d'acheter des engrais ? Comment empêcher les contaminations de champs à champs, comment empêcher les fraudes, comment appliquer le principe de précaution alors qu'il n'y a même pas de législation réglementant l'usage et les essais d'ogm ! 

Les lois du commerce International et particulièrement les politiques agricoles les lois commerciales sur ces produits agricoles sont elles équitables ? avantagent elles le Nord ? ou le Sud ? 
Certains, en France, entre autres, font semblant de croire que le pays se ruine en aide financière, technique, alimentaire pour un tiers monde insouciant, belliqueux et inapte sur le plan intellectuel, mais ce sont les " petits blancs " qui se bercent de ce genre d'illusions pour ne pas voir que le système les condamne au même plan que les africains et autre sous développés. 
C'est la langue de bois de nos démocraties, leurs mensonges et silences sur leur fonctionnement économique qui engendrent ce genre de croyances et nous fait passer pour généreux alors que notre train de vie, l'extrême richesse de certaines firmes doit beaucoup à la manipulation politique, économique des pays du tiers monde. Nous leur vendons nos technologies meurtrières pour qu'ils puissent mieux s'entre-tuer. Nous les obligeons à produire certaines monocultures à destination de nos pays dont nous contrôlons les prix. 
Nous exportons des céréales à des prix artificiellement bas (intervention de l'état par des primes compensatoires) avec lesquels les productions vivrières locale ne peuvent lutter. Nous protégeons Nos marchés quand il le faut par un protectionnisme qui n'est pas réciproque. Enfin nous piratons leurs savoirs sur les qualités thérapeutique de leurs plantes, nous piratons leur riche patrimoine biologique ( richesse et diversité de tout le règne vivant qu'ils ont su ne pas détruire ) et à partir de ce savoir nous allons produire des médicaments que nous revendrons très cher, nous allons prendre des brevets d'exclusivité sur l'ADN de leur faune et de leur flore et nous en serons propriétaires, et ils devront nous payer lorsqu'ils tendront le bras vers une plante pour se faire une décoction dont ils ont l'habitude pour se soulager de tel ou tel trouble ! Nous décourageons l'application de mesure de sécurité minimale pour leur travail afin de faire baisser les prix à l'exportation. 
Tout cela nous rend méfiant sur les bons sentiments de Monsanto et autre Novartis .

Existe il d'autres solutions ? Tout d'abord des solutions politiques pour une meilleure répartition des richesses, un autre mode de production, une meilleure connaissance de l'écologie et des ressources locales, ce n'est pas la main d'œuvre qui manque, pas besoin de mécanisation trop poussée. Il est impossible que le mode de production de l'occident se généralise au regard des ressources énergétiques limitées, au manque. E.Pisani, ancien ministre de l'agriculture,  développe : Les experts, les agriculteurs, les industriels, grâce aux biotechnologie seraient capables effectivement de nourrir douze milliards d'habitants. Il y a 50 ans : 55 ares cultivés étaient nécessaires pour nourrir un être humain, aujourd'hui seulement 20 ares et grâce au génie génétique, demain, peut être seulement 12. Mais à quel prix énergétique (même si l'augmentation de productivité diminue la quantité d'énergie nécessaire par unité)et pour combien de temps? Et l'eau, interroge t il.
De son coté R.Dumont rélève qu'il faut, pour produire une tonne d'engrais, trois tonnes de pétrole.
Les 10% d'habitants des pays riches de la planète consomment les 3/4 des ressources d'énergie et de matière première. " nous nous dirigeons vers une rupture brutale de notre type de civilisation … Nous privons définitivement les pays d'économie dominée par des gaspillages qui deviennent de plus en plus insoutenables, de tout espoir, de toute possibilité de réel développement " La science ne résoudra pas tout, l'explosion démographique va mettre en évidence l'insuffisance de toute réponse simpliste, ce n'est pas qu'une question de technique avancée, ce n'est pas qu'un problème de distribution, ce n'est pas que le problème du tiers monde, ce n'est pas qu'une question de charité humanitaire, ce n'est pas qu'une question posée à nos dirigeants. Non cela nous engage tous, ne serait ce que pour sauver notre peau, car " les pauvres arrivent " comme dit Dumont, et ils seront bientôt plusieurs milliards à n'avoir strictement rien à perdre, ils cernent les pays riches. Il faut de plus en plus d'engrais pour maintenir des rendements qui plafonnent au nord comme au Sud, car partout les terres s'appauvrissent. 
Pourquoi éluder le problème, c'est un nouveau défi lancé au genre humain lequel est capable de le relever s'il regarde en face la complexité du problème. Ce n'est pas une question de culpabilité, mais l'occasion d'un changement, l'occasion de devenir plus intelligent ! 

  Saül Demos

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EDITORIAL

Roger Therond n'est plus

Ce sétois était "monté" à Paris en 1945 apres avoir découvert le journalisme à Montpellier. Après "L'écran français", il avait intégré "Paris-Match" dont il devint successivement rédacteur en chef, puis directeur. Il créa de nombreux magazines dont "Photo" car la photographie était sa passion au point de devenir le plus grand collectionneur de photo au monde.

Sa dernière acquisition avait été récemment "Grande vague à Sète" de Gustave Le Gray (1857).

Il est décédé samedi 23 juin dans sa propriété d'Uzès et sera inhumé, selon sa dernière volonté, dans le caveau de famille au Cimetière Marin.

Berbard Baraillé

Une information pour les non-internautes : un exemplaire du CHICHOIS sous sa forme papier sera disponible à la médiathèque de Sète. En principe, il sera disponible des le lendemain de sa parution et consultable sur place (vous ne pourrez pas l'emprunter et le lire au coin du feu).

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SCOOP

Stockage discret des OGM à Frontignan.

L'enquête publique s'est close le 15 juin, donc rien à faire. Pourtant il y avait des choses bizarres dans cette enquête ! Les données prises en compte, sur la communauté urbaine Frontignan - La Peyrade datent de 1962. L'étendue des parcelles agricoles aussi, et les données météo de 85 !

Dans une proximité risquée seront stockés les produits alimentaires de Céréol trituration, sans OGM, et ceux réservés à l'alimentation pour le bétail d'une autre société, avec OGM. Comment être certain qu'il n'y aura pas contamination de l'un par l'autre ? Comment être certain d'une non dispersion des OGM dans la nature - dont les parcelles agricoles proches.

SETE ELLE

Les Féministes Sétoises, la semaine dernière, ont organisé avec l'aide du conseil régional, une réunion - exposition pour soutenir les femmes Afghanes. Elles ont recueilli des Fonds pour une école pour les filles.

Cette semaine " Sète Elle " proposait une conférence - débat sur la mixité et l'égalité des chances pour les filles dans notre système éducatif. Est ce par hasard que l'âge moyen des participante dépassait nettement les 50 ans ? Est ce dû à un reflux, un désintéressement des jeunes générations envers le féminisme ? Ou à une avancée du machisme ( voire la pub, les violences dans les banlieues ) qui cloue le bec aux femmes ? Ne serait ce pas plutôt que le problème se pose différemment pour les jeunes femmes d'aujourd'hui ? Peut être encore, est ce cette façon de chercher l'égalité comme une interchangeabilité homme femme. Les femmes veulent -elles être simplement de bon petit soldats d'un système auquel elles croient encore moins que les hommes ? N'ont elles pas aussi une spécificité à défendre, et une critique de notre société, spécifique aussi ?

Si ces questions vous intéressent, un dernier repas - où l'on cause - est prévu au Manu reva Lundi à 20 heure 30., avant le break des vacances d'été.

M.M

Fête de la Musique 2001

Chaud, très chaud ce soir du 21 Juin. Est-ce une des raisons pour laquelle quasiment toute la population Sétoises étaient dans les rues ? Par contre ceux qui ne sont pas venus sont les musiciens. Dans tout le centre ville, exeptés l'harmonie Sétoise au Kiosque qui reprenait de vieilles, mais vieilles ...!, compositions musicales populaires et quelques trombonistes affalés et heureux à une terrasse de bar, point de boeuf, ni de jam, ni de passionnés d'aucune sortes. Les milliers de passants, tout de même assez content d'être dehors s'aglutinaient autour de haut parleur ou la musique se déversait .... mais sans musicien. Presque uniquement de la diffusion pré-enregistrée.

Une autre exception, quand même, au bistrot du marché : l'ambiance habituelle avec de la musique et des grillades.

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LE COURRIER DES CHICHOINAUTES

Deux nouveaux textes de nos chichoinautes vous sont proposés aujourd'hui.

LE JARDIN DU GRAND-PERE

Il l'avait découvert tout au bout d'un chemin de terre, longé par une rivière. De loin il avait suivi du regard la rangée de peupliers alignés droits dans le ciel, épousant les courbes du petit fleuve tranquille qui s'étirait en contre-bas. Une vigne en friche abandonnée avait fait la décision. Durant de longues années il avait avec passion aménagé cette grande parcelle aride en un magnifique jardin. Seul son instinct l'avait guidé dans le choix d'une végétation intemporelle, haies, arbres et massifs se substituant aux saisons, glissant sans mélancolie du printemps à l'hiver. Un matin d'automne, sa tâche accomplie il s'en est allé, bêtement surpris entre deux voitures, rejoindre les "jardiniers du Ciel". Ce paradis existe encore. J'y entretiens avec nostalgie les massifs de roses. Un haut "Mas de Vigne" entouré de cyprès le désigne de loin aux touristes pressés. Parfois, en été, sur ce chemin certains s'y aventurent à la recherche de la fraîcheur de la rivière proche. Ils se heurtent au panneau dissuasif : Voie sans issue. Le poète jardinier a déserté les lieux. Les grands cèdres bleus témoignent du temps qui s'est écoulé depuis, démesurément grands, imposants, ployant sous la force du vent les jours de tramontane. La longue table de céramique bleue scellée près du "barbecue" se souvient des insouciantes et joyeuses tablées qui si souvent réunissaient petits enfants, parents et amis. Tous dans ce lieu dit son absence. Ce matin, j'ai cueilli les premières roses d'une simplicité absolue. Elles iront ces quelques jours embaumer l'image du père, rejoint depuis par le fils, durant ces heureuses années ils les avaient si souvent respirées.

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La lettre de la bien aimée.

Lundi, le pensionnat reprend ses droits lorsqu'on franchit les lourdes portes du lycée sous l'oeil vigilant du Surveillant Général, cerbère terrible dans son imper gris. On a encore dans la tête toutes les douceurs du dimanche : les sourires échangés, les silences d'une longue promenade, la promesse qu'on s'est faite d'oser lui prendre la main, l'ivresse d'un baiser où les mains restent sages et les yeux s'enflamment d'une passion profonde. "Promis, tu m'écriras ?"... Il n'en faut pas plus pour accepter la séparation de cette fin de week-end. De cette promesse sussurée plus que prononçée nait le plaisir de l'attente de la lettre de la bien-aimée. Lundi midi, on n'y croit pas mais on va malgré tout voir le courrier... rien... Il n'y a pas de déception, lundi c'est trop tôt. Mais un début d'angoisse : m'écrira-t-elle ? La journée se traîne... et le soir, à l'étude, avant même d'ouvrir ses cahiers, comme pour exorciser le doute, on lui écrit une longue lettre. La feuille de papier devient une confidente discrète et complète. A-t-on vraiment conscience que la lettre sera lue, ou n'est-ce pas plutôt à soi-même que l'on écrit ? Les timidités s'évanouissent sous la plume, l'amour s'épanche en grandes tirades poétiques, le verbe devient sourire et l'amour s'écrit avec un grand A. Mardi, 10 heures, la récré... on se précipite vers le courrier. Rien... rien que le spleen. On se console en se disant qu'elle a certainement écrit la veille, que sa lettre est postée aujourd'hui et que demain ! Oui, demain il y aura certainement une enveloppe dans la boîte, une lettre, une longue lettre. Pas une carte postale offerte aux yeux de tous. Non, la carte est trop réductrice, l'amour qui nous enflamme ne peut pas connaître l'avarice des mots et nos doux aveux ont besoin de cette fine protection qu'est l'enveloppe, ultime rempart de nos confidences. Le soir, on s'endort au milieu de la chambrée en songeant à cette lettre qui viendra, à ces retrouvailles de milieu de semaine. On imagine les trésors d'affection contenus dans l'ultime phrase avant sa signature... du baiser envoyé par voie postale. Peut-être aura-t-elle posé ses lèvres avant de refermer la lettre ? Mercredi, la récré se fait attendre, les cours s'étendent en longueur et la sirène tarde à se faire entendre dans le lycée. Son cri strident retentit enfin... on se précipite, mais pas trop vite pour donner le change aux copains, seul l'ami, celui avec qui on partage sa petite vie intérieure, sait que la lettre est attendue avec fièvre. On y va ensemble, pour le plaisir de partager ce moment de joie. Rien... un instant de déception terrible. L'ami, le copain de toutes les fortunes et infortunes, vous regarde, regarde la boîte et s'exclame : "le facteur n'est pas passé ! Regarde, personne n'a de courrier". L'espoir renaît, l'attente de midi devient un plaisir que l'on savoure en secret. On se résigne à retourner en cours, mais le Prof de Maths a beau faire de son mieux, on n'a pas la tête à s'émerveiller devant l'étude d'une fonction du deuxième degré. Le monde s'articule sur une seule certitude... manuscrite, enveloppée et timbrée d'une petite Marianne républicaine. Une certitude qui veut masquer le doute, l'affreuse vérité que l'on écarte aussitôt qu'elle tente de s'immiscer : "Et si elle ne m'écrivait pas ?". Midi... la lettre est là !!! Avant même de le savoir, on avait vu la boite à courrier pleine, débordante de lettres de tous formats, de toutes couleurs. Une corne d'abondance pour les centaines de pensionnaires. Et au milieu de ce foissonnement, on a reconnu de suite son écriture. Sa lettre est là, elle m'a écrit. On prend l'enveloppe et on s'écarte de suite. Quelques pas suffisent pour passer du public au privé, l'intimité se mesure en mètres. On relit l'adresse comme pour s'assurer que ce n'est pas un rêve, on la retourne, on sourit aux petits signes cabalistiques tracés dans chaque coin de l'enveloppe F P M B, au message laissé au facteur pour qu'il hâte sa distribution. On imagine que le préposé des PTT a recueilli ce pli des mains de la bien-aimée comme le faisaient autrefois les messagers des princesses. On aimerait le remercier ce brave facteur qui a su porter avec complicité les mots secrets de l'élue de notre coeur. Délicatement, pour ne rien abimer de cette fragile construction de papier, on la range dans sa poche de blouse d'écolier, la poche intérieure, celle qui se trouve près du coeur... et loin des yeux indiscrets. On la range sans l'ouvrir, se réservant le plaisir de la lire plus tard. Le lycée continue sa vie recluse. On part à la cantine, on partage la table de huit avec les copains et aucun ne soupçonne que ce jour-là, une invitée s'est glissée parmi la joyeuse compagnie. De temps en temps, on palpe furtivement l'enveloppe en songeant au bonheur qui nous attend, plus tard, dans la solitude d'un parc ou la chaleur d'un bistrot du centre ville. Cet instant de partage avec l'élue du coeur, on ne veut pas le faire n'importe comment, n'importe où ni trop rapidement. Il y a une alchimie du plaisir dans l'attente de la lecture qui procure une telle joie qu'on fait tout pour la retarder le plus possible. L'après-midi est libre, on s'éloigne du lycée, en petits groupes, pour vivre intensément ces heures de liberté. Cinémas, disquaires, librairies, cafés... nos pas nous entraînent toujours vers les mêmes lieux. Mais ce jour là, un rituel se met en place... on sait que cet après-midi, quand on aura repassé en mémoire tous les souvenirs du dernier dimanche, on s'éloignera discrétement pour une longue promenade silencieuse dans les rues de la ville. Après des sourires échangés avec l'enveloppe, et parce qu'on s'est promis de la prendre avec douceur, on trouvera refuge sur un banc d'un jardin public, un peu à l'écart, et délicatement, on osera enfin découvrir le trésor de tendresse que la bien-aimée a caché dans une enveloppe blanche fermée par mille baisers. Même si l'on sait que c'est à ce moment précis que le plaisir va prendre fin en attendant la promesse d'une autre lettre.

Bernard STEPHAN

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FLASH

A défaut de daurade, notre sétois exilé taquinait le requin

Alain qui, rappelons-le, revient d'Australie, a bien voulu confier au Chichois ses souvenirs de pêche extra-antipodiques. A défaut de daurade, notre sétois exilé taquinait le requin. Voici son récit :

"La pêche aux (petits) requins à l'australienne" "Dans mon dernier mot, je disais que le Sétois est un Australien qui s'ignore !! Dans la même veine, je peux dire aussi que la pêche aux requins en Australie (du côté de Brisbane), est la même qu'ici, à une toute petite nuance près; là-bas le requin que l'on attrape entre octobre et mai (période estivale) est dans la mer. A Sète, Hè-bè ! Le requin, allez!, il est quelque fois sur le quai !!

A l'inverse de la chanson de Fernandel, "Pour faire une bonne pêche aux requins, il ne faut pas se lever de bon matin". Au contraire, la pêche qui se pratique depuis l'estacade longue de 750 mètres et plus, (dans les baies de Redcliffe ou Sandgate, ou Shorncliffe, ou autres), commence à 9 ou 10 heures le soir. Il fait dans les 28 à 32°, avec une brise du sud/sud-est venant de l'Antarctique. L'été austral... magnifique et délicieux. Mais la brise est importante, c'est elle qui va nous aider.

Monté sur canne courte, (appelée vulgairement "stand-up"), un moulinet de haute-pêche (genre marlin et/ou thon, pour les connaisseurs), une ligne de 80 centièmes très longue et un bas de ligne en acier. Ces petites bébêtes ont de belles dents renouvelables capables de vous cisailler un doigt, une main et entamer un bras, même si les bébêtes ne font QUE 1,2O mètre à 2 mètres et ne pèsent que 40 à 80 ou 100 kg.

L'amorce est toute simple : un maquereau frais de bonne taille (30 à 40 cm), noyé dans un hameçon de 30 cm (un boucher dirait presque un croc), le tout bien agrafé avec des serre-clips. Le but étant que l'appât ne doit pas être entamé par des "plus petits", il nous faut "LE" requin.

Avec un bas de ligne acier de 50 cm, on ajoute un autre bas de ligne nylon de 1,20 m à 1,80 m (pas d'émerillon s'il vous plait, ça casse... car 60 kg et plus, ça tire). Au bout de cet assemblage et entre la longue ligne nylon proprement dite, on attache un ballon. Oui, une baudruche, un ballon d'enfant que l'on gonfle... c'est le flotteur, le bouchon, quoi !

On jette donc l'appât, le ballon et la ligne; et le vent pousse le ballon; ça dérive dans le vent sur 300 à 800 mètres et plus. Ca prend au moins une bonne demi-heure, les eaux sont troubles, nous sommes à l'embouchure de la Brisbane River (celle-çi fait 2 à 3 km de large).

Et comme tout bon pêcheur... on grille une ou plusieurs cigarettes, on refait le monde avec les copains... et on attend.

D'abord la ligne siffle. ZZZZIIIOU !! Pas de panique, IL -est accroché (vrai sens du teme de croc), il peut filer, pas besoin de ferrer. Le requin se ferre de lui-même en se débattant, puisqu'il doit déchiqueter sa proie avant de la manger. Les préparatifs pour le pêcheur commencent. D'abord, éteindre sa cigarette, ensuite mettre une ceinture spéciale pour reposer la canne mais également pour envelopper le dos et surtout les reins car ça va tirer !!! Ensuite, on pousse les copains; il faut de la place ! On est à son oeuvre et l'on a le sentiment que l'on est fort. On va gagner !

La rambarde de l'estacade va aider, mais la bête avec laquelle on va batailler pendant 1/2 heure à 1 heure (et plus quelquefois quand il est vraiment gros) donne du fil à retordre cart il faut vraiment ramener ces 600 mètres de fil et ces quelques 80 kg se débattant. En fait, pour le pescadou australien, c'est la partie la plus intéressante : celle de l'homme de guerre (qui existe toujours en nous), celle du conquérant, celle du vainqueur.

Le poisson ramené, il faut faire vite pour ne pas se faire mordre ou se faire cogner par la queue, c'est là qu'interviennent la vitesse, les copains et le couteau bien affûté et pointu... un coup derrière la tête pour tuer.

Le requin est un poisson que l'on mange... à l'australienne : bouilli, deux fois plutôt qu'une, ou en barbecue, là aussi recuit deux fois plutôt qu'une, avec du Ketchup et surtout de la bière (les Australiens sont les troisièmes buveurs de bière au monde, après les Allemands et les Canadiens).

D'une manière générale, le requin n'est pas un poisson prisé, il y a bien meilleur (Baramundi, Yellow-Tail et autre Tazar) et pour moins de sueur. Mais quelle bagarre !

On dort très bien, après..."

Propos recueuillis par Bernard Stéphan

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DE QUOI J'E-MEL

Main dans la main ..

Des amis désirant sortir le soir en toute tranquilité nous ont laissé leurs enfants pour la soirée. Deux petites filles. S'étant endormies avant la retour des parents, nous avons décidé de les laissez dormir, nos amis viendraient les chercher le lendemain matin.

Comme l'une des 2 petites est agée de 4ans et demi, notre réveil le lendemain matin eut lieu à 6 heures. Aussi je me suis levé, et proposé à cette pitchoune de m'accompagner chercher du pain.

Petite main dans ma grande paluche, nous occupions plus d'espace que le trottoir nous le permettait. Impossible de marcher cote à cote !! Mesuration effectuée, plus tard et par curiosité scientifique : environ 80 cm entre les murs des maisons et les poteaux - anti - stationnement plantés le long des trottoirs.

80 cm doit être donc l'espace normalisé et réservé aux êtres humains se déplaçant sans véhicule. Bien entendu il ne faut pas se déplacer les bras trop écarté du corps, sinon soit on se racle les mains sur les murs ou on se cogne les bras sur les poteaux déjà cités. Quant à porter des paquets ou se promener avec son enfant main dans la main il ne faut pas y compter !

Cela me rappelle une histoire humoristique et vraie que me contait un ancien collègue de travail. Lui aussi avait un enfant et un jour que son véhicule était en panne il dû l'accompagner à l'école à pied. " Quelle puanteur et étouffement ! me disait-il à propos des nombreux véhicules qui circulaient partout " et tu n'avais jamais remarqué cela avant ? lui ai -je rétorqué. " Eh bé non ! car d'habitude j'ai la voiture .....et je laisse les vitres fermées ".

Evidemment, on pourrait aussi décidé d'interdire les piétons dans les villes.

L.Ernesto

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VIE ACTUELLE

Nous vous avions annoncé, il y a quelque temps déjà, l'exposition de Raymond Attanasio à Lodève et nous vous avions promis de rencontrer l'artiste pour vous en parler plus en profondeur. Chose promise...

Raymond fait partie des artistes discrets, pudiques même mais dont l'authenticité de la démarche est remarquable et au moins aussi admirable que ses tableaux.

Posons le personnage... Raymond Attanasio est né à Alger en 1954. Sa famille s'installe en Haute-Garonne en 62 avant de rejoindre Sète en 65. Le petit Raymond a alors 11 ans, il passe toute sa scolarité dans notre bonne ville et déjà l'envie de peindre le tenaille. Une fois quitté les bancs de Paul Valéry, il devient imprimeur dans l'entreprise familiale crée par son père. Il mettra ensuite ses compétences au service de la ville de Frontignan pour créer et développer le service imprimerie. En parallèle de ses activités professionnelles, Raymond rejoint un petit groupe d'artistes, amateurs comme lui, qui suivent avec assiduité les cours d'art plastique dirigés par Joël Flowkorsky à la MJC.

Marié, père de trois enfants... l'histoire pourrait s'arrêter là et la peinture n'être, dans la vie de Raymond, qu'un passe-temps anodin s'il n'y avait eu "Karstique". "Karstique" est "la" toile, celle qui a permis à Raymond de prendre conscience d'un don qu'il ignorait jusque là. Pour Raymond, ce fut comme une naissance. Après cette toile, sa vie a changé : ce fut le passage initiatique de l'artiste, la révélation d'une quête de lui-même et des autres.

Ce fut le début d'un travail énorme. Travail sur soi-même pour essayer de comprendre les mécanismes qui s'opèrent en lui au moment de la création mais également pour essayer de maintenir cet instant fugitif que ressent l'artiste dans cette sublimation. Raymond nous explique que cette "sensation" ne durait que quelques minutes au début et qu'à force de travail, il arrive aujourd'hui à la maintenir près d'une heure.

Le long voyage qu'a entrepris Raymond depuis sa "renaissance" le pousse également vers la rencontre des autres. Comme si le monde entier devenait un vaste sujet d'étude et d'enrichissement. Sa réflexion s'ouvre non seulement à la peinture, ses techniques et son histoire, mais également vers d'autres formes d'expressions artistiques ou philosophiques.

Aujourd'hui, mais rien n'est figé, Raymond considère que la toile est un vecteur... un déclencheur d'émotion. Le spectateur ne doit pas rechercher l'artiste mais se retrouver lui-même, se reconnaître à travers un ensemble complexe de sensations.

Quid de la technique ? Raymond travaille à l'huile en ajoutant également une matière complémentaire dont il a mis au point la formule. Cette alchimie opérant pour créer par la lumière et la matière une profondeur plus spirituelle. Et s'il continue d'apprendre la technique, c'est pour essayer d'épurer, d'éliminer les parasites pour arriver à fixer sur la toile l'essentiel : l'émotion. C'est d'ailleurs dans cet esprit qu'il se refuse désormais de donner un nom à ses oeuvres ou de les signer (sa signature figure à l'arrière de la toile pour ne pas perturber le spectateur).

Son travail commence à être reconnu. D'abord dans les nombreuses expositions auxquelles il a participé et pour lesquelles il est sollicité. Que ce soit dans la Région (Balaruc le Vieux, Frontignan, Villeneuve lès Maguelonne, Lodève, Lattes) ou bien au-delà (Paris, Langres et bientôt St Tropez), son passage ne laisse pas indifférent et la presse le salue à chaque fois.

Le Chichois, en toute humilité, tire une certaine fierté de vous avoir présenté ce peintre... et dans quelques années, quand la reconnaissance de son art aura placé Raymond un peu plus haut sur l'échelle des talents reconnus, vous pourrez dire : "je me souviens, je l'avais vu dans le Chichois".

Nous vous laissons découvrir quelques reproductions... mais nous invitons à aller contempler ses toiles car même le meilleur graphiste sur Internet ne pourra jamais reproduire avec suffisamment de réalisme toute la profondeur du travail de Raymond.

Vous pouvez admirer la toile "Karstique" au Musée de Frontignan la Peyrade.

Bernard Stéphan

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LA PLUME

L'ARGENT QUI DORT….

Ce matin, je crois que c 'est mon jour de chance ! Il y a des jours comme ça, où tout marche comme sur des roulettes... Je suis passé lire la Presse à la Médiathèque, et devinez ce qui me tombe sous la main ? Un avis de concours d’écriture de Nouvelles, avec pour sujet, tout ce qui touche au spectacle, cinéma, artistes, scénarios... Mon rêve ! figurez-vous que j’adore l’écriture, et comme tous les grands timides, les timorés, j’ai l’impression en écrivant de renaître dans les personnages qui m’inspirent, et que je tente de faire vivre dans des aventures rocambolesques !! ..... Je suis en vacances, le moral est au beau fixe, et tout en flânant dans les rues piétonnes, je construis mentalement un scénario qui à première vue, devrait tenir la route... voyez un peu ce que je mijote :

Un petit cirque est installé au Foirail - un numéro de trapèze volant avec Bernard Giraudeau qui se balance tout là-haut, et qui n’a d’yeux que pour une jeune femme qui passe dans les gradins, vendant des esquimaux, boissons fraîches, programmes, photos, et c’est la charmante Arielle Dombasle qui hérite de ce rôle ! Au centre de la piste, une cage avec trois ou quatre lions, qui pour le moment obéissent au doigt et à l’oeil à leur dompteur qui pousse des commandements des plus sonores, tout en faisant claquer son fouet toutes les deux secondes ! J’ai confié ce rôle à Jacques Villeret qui se prend de temps en temps les pieds avec la lanière de son fouet, car notre garçon ne quitte pas des yeux la belle Arielle, dont il est un amoureux transi, celle-ci ayant donné son coeur au beau trapéziste... Résultat des courses : monsieur Giraudeau des plus distrait par sa belle, loupe régulièrement ses partenaires qui viennent tomber comme des fruits mûrs dans un grand filet, et hélas, rebondissent, pour atterrir parmi les fauves !! Monsieur Villeret, qui ne quitte pas des yeux la séduisante Arielle , ne fait pas dans le détail, puisqu’il administre généreusement quelques coups de fouet, aux trapézistes comme à ses fauves, et il ne se rend pas du tout compte qu’un des lions vient de filer à l’anglaise, et se promène maintenant au milieu des gradins !! Je vais tenter de décrire cette énorme bousculade qui s’ensuit parmi les spectateurs horrifiés, tandis que nos trois héros continuent leur travail sans remarquer un seul instant cette véritable catastrophe !! J’éclate de rire, en pleine rue, comme un simplet, en imaginant la suite du scénario : Notre dompteur, prenant les cris d’horreur des spectateurs paniqués, pour des ovations qui lui sont naturellement destinées, commence à sautiller dans sa cage, en faisant de grands gestes vers le public, tout en retenant avec peine son pantalon qui a tendance à glisser sur ses genoux !

Mais... mais qu’est-ce qu’il m’arrive ? la journée commençait si bien ; tout à mon scénario, j’ai complètement déconnecté de la réalité, et me voila figé sur le bord du trottoir, les bras ballants... mais bon sang !! c’est quoi cette histoire ? Ecoutez, je ne sais plus du tout où j'en suis... si j'avais le coeur à rire , je vous dirais plutôt : où j'habite !! Oui, voilà le noeud du problème : l'habitation... je suis dans une drôle de mélasse croyez- moi... Excusez moi, je ne me suis pas encore présenté : Roger DUPRE, 29 ans, étudiant à vie..... Nous sommes début juillet, et je suis venu passer de longues vacances au domicile familial. Autant être clair avec vous ; mes parents ont divorcé alors que j'étais tout gamin, mon père est décédé quelques années après, et maman a épousé un collègue , enseignant tout comme elle, ce qui fait qu'elle s'appelle maintenant madame DUBAU. Le beau-père, Serge de son prénom, est un gars très cool - entre lui et moi, le courant est bien passé, et je mène à Paris, depuis mon plus jeune âge, une vie d'étudiant des plus convenable. Je ne suis pas des plus brillants, d'où ma petite pique de tout à l'heure, me gratifiant d'étudiant à vie !... Comme Cyrano, je préfère prendre les devants.... Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé, mais tout c'est déroulé en apparence très normalement, pour se transformer rapidement en cauchemar!! Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps, autant vous expliquer la situation , dans laquelle je me trouve sans trop savoir pourquoi !

Voilà, mes Parents sont partis vers midi , pour leurs habituelles vacances estivales - on s'est donné rendez-vous fin août, et comme tous les ans j'ai promis de bien arroser les plantes, et de veiller à ce que Oscar, le poisson rouge, ne manque de rien..... Je viens de me rendre compte que je n'ai plus de tabac, et après avoir prélevé un billet de cinquante francs dans mon portefeuille, je retrouve Maman et Serge, s'appliquant à ranger avec beaucoup de méthode leurs bagages, dans leur vieille 205. Chez " René " , le café-Tabac au coin de l'avenue, il y a affluence... ce brave René ne sait plus ou donner de la tête ! Il y a, à ce qu'il paraît une super cagnotte de 30 millions, au tirage de ce soir, et j'ai l'impression que tout le quartier rêve en même temps de devenir millionnaire!!... Mon tour arrive enfin, et avec les cigarettes, je décide de tenter ma chance, et demande machinalement un " flash " à huit francs, que je garde à la main. Je viens de réaliser à cet instant précis, que je n'ai pas pris mon habituelle sacoche, ou se trouve " l'indispensable " pour tout homme civilisé.... Je pique un sprint sur l'avenue, mais je constate très rapidement que la famille a largué les amarres... plus de voiture... Bon ! Surtout pas de panique, je suis anxieux de nature, alors autant prendre les choses calmement dès le départ... Je monte tout de même quatre à quatre, les deux étages, et je sonne bêtement à la porte.... naturellement, rien ne se produit. Me revoici l'instant d'après, au bar " chez René " ... il y a toujours autant de monde, mais mon tour arrive enfin . Je lui explique mon problème, et lui demande avec mon plus beau sourire, de m'avancer une carte téléphonique, que je lui réglerai dans les deux minutes... c'est simplement pour téléphoner, demander de l'aide quoi ! Un copain de Fac doit bien traîner dans les parages, et j'ai une bonne douzaine de numéros en mémoire.... René m'accorde un rapide regard, et me montre du doigt une pancarte soigneusement encadrée, indiquant : Afin de conserver ses amis - la maison ne fait pas crédit. Bon ! ça va, j'ai compris, ce n'est pas la peine d'insister... Je me retrouve à la case départ : deuxième étage - je sonne machinalement.... bien entendu, il n'y a pas de miracle.... Tiens !! Si je sonnais chez nos voisins, les BRUNET, ils m'ont connu au berceau.. La porte s'ouvre, et un grand gaillard me regarde sourcils froncés - dans son dos, j'entends un vacarme épouvantable... ça y est , j'ai saisi, il regarde un match de football à la télé. En deux mots, j'apprends que les BRUNET ont déménagé, qu'il est le nouveau locataire, et que je l'empêche de voir son match... Avec l'énergie du désespoir, je m'accroche, m'incruste, insiste, implore... juste un coup de téléphone à un serrurier, et je lui rembourserai sa communication à la seconde où ma porte sera ouverte .. Il consent enfin à me laisser entrer, et en maugréant il me désigne un téléphone mural. Il se précipite dans son séjour pour suivre son match... moi j'essaie en vain de mettre la main sur un annuaire, un Minitel... rien.. rien de rien !! Je me décide à affronter l'autre phénomène, et lui demande d'une voix chevrotante , où se trouve son annuaire ? Je vois son visage s'empourprer !! il se précipite dans la pièce à côté, et me lance en plein visage l'annuaire téléphonique, en hurlant : cette fois, j'espère que ce sera tout ?? Deux minutes après, j'ai par chance, un serrurier au bout du fil... j'ai choisi à dessein, un artisan du quartier, afin de limiter son dérangement, et mon interlocuteur consent à passer au domicile, en fin de soirée.. Je pose l'annuaire sur une tablette, et me retire sur la pointe des pieds, de chez mon irrascible voisin.. Bon, je n'ai plus qu'à attendre mon " sauveur " avec patience, car il m'a semblé entendre au téléphone, le commentaire d'un certain match de foot !!... Décidément, je suis le seul dans le quartier à ne pas m'intéresser au ballon.

Il va être 19 heures, quand une camionnette vient se garer devant l'immeuble. Un ouvrier en tenue de travail, une mallette métallique à la main, en descend, et je vais aussitôt à sa rencontre. Je suis soulagé, heureux, Ouf ! Enfin je vais être débarrassé de ce gros problème - J'ai presque envie de le remercier d'avoir fait diligence, mais il pourrait prendre mes propos, pour des sarcasmes ... Je me contente de grimper les deux étages à sa suite , et le voilà enfin à pied d'oeuvre. Je me poste devant l'interrupteur, et lui signale que je veille désormais à ce qu'il ait un éclairage permanent. Il examine la serrure avec soin, puis porte ses yeux sur la plaque portant le nom de l'occupant, et là, c'est la catastrophe !! Oui, je vois tout de suite que de gros nuages noirs s'amoncellent à l'horizon... nuages qui viennent subitement assombrir son regard. L'air mauvais, le voilà qui m'apostrophe : Dites donc vous !! C'est bien DUPRE votre nom ?? Vous me l'avez indiqué tout à l'heure au téléphone !! Là, sur cette plaque, je vois inscrit DUBAU !! Vous me prenez pour un con ou quoi ? Ecoutez monsieur, monsieur... je vais vous expliquer... Je n'écoute rien !! votre nom c'est DUPRE, et vous voulez rentrer chez DUBAU !!... il poursuit : Vous avez du pot que j'ai autre chose à faire, sinon , je .. .. La porte d'à côté s'ouvre à la volée, et la trogne de mon aimable voisin apparaît ; En me voyant, il déverse un torrent d'injures, et conclut : Il n'a pas fini de nous emmerder ce gugus, et il claque sa porte !! Le serrurier me fusille du regard, et tourne les talons en maugréant entre ses dents des paroles que je ne puis saisir, mais qui sont tout, sauf des amabilités.....

Me voilà bien ! Mon Dieu, c'est inimaginable de se trouver dans une histoire pareille. J'essaye de réfléchir, mais tout est bloqué en moi ; je suis incapable d'avoir un commencement d'idée... Sans même m'en rendre compte, je me suis dirigé comme un automate jusqu'au commissariat de Police. C'est la première fois que je rentre dans ce lieu qui m'a toujours impressionné... attendez, qu'est-ce que je raconte .. je ne suis pas prêt à rentrer, puisqu'une solide grille en interdit l'accès. Une sonnette de nuit... une sonnerie stridente, et l'instant d'après, un fonctionnaire de police apparaît, mais il ne fait pas mine d'ouvrir, mais alors pas du tout... d'une voix peu amène, il m'interpelle : c'est pour quoi ? Le plus calmement possible, je lui expose ma situation ... il m'interrompt brutalement ! Ecoutez pour les démarches administratives : cartes grises, cartes d'identité, permis, passeport, la Préfecture ouvre ses guichets le lundi à huit heures trente, moi, je n'ai rien à voir avec vos petits soucis !! Il poursuit : Il n'y a pas d'agression, pas de vol, pas de plainte à déposer, alors où est le problème ?? Il tourne les talons, et ferme brutalement la porte du commissariat. Tristement je fais demi - tour, et me trouve nez à nez, avec un jeune policier. Il est du genre sympa au premier abord, puisqu'il s'adresse à moi en souriant, et me dit : Il n' est pas commode l'ancien ! Pas vrai ? ... et il continue sur sa lancée : Moi, je fais mon service militaire dans la maison, et croyez moi, c'est pas tous les jours fête !! Il sort de sa poche un paquet de cigarettes, m'en offre une ; Prenant mon courage à deux mains, je lui demande dans un souffle : Monsieur, pourriez vous m'avancer cent francs pour m'aider à faire des démarches.... il fronce immédiatement les sourcils.... je rabaisse aussitôt mes prétentions... cinquante francs monsieur, cinquante francs, le prix d'une carte té... Je n'ai pas fini ma phrase, il est parti, il est déjà au bout de la rue et il s'éloigne faire sa ronde, en compagnie d'un autre policier venu le rejoindre.

Je commence à avoir froid.. Nous sommes en juillet, mais la nuit est là, et je sens la fraîcheur tomber sur mes épaules. Que faire ? Je me dirige sans même en être conscient, vers l'Hopital Général. Un veilleur de nuit est à l'accueil, et me déclare avant même que je n'ai pu placer un mot : l'heure des visites est passé, revenez demain matin, après les soins... Je crois rêver... j'ai encore la force d'articuler : monsieur ! Par pitié, écoutez-moi, j'ai froid, j'ai faim, j'ai soif, je vais crever..... Puis je disjoncte d'un coup... mes nerfs lâchent et je m'entends hurler comme une bête : Je vais crever, merde !! Je vais crever ! Je vais... Des portes qui claquent, une galopade dans le couloir, et je suis happé par une demi-douzaine de bras. L'instant d'après, je me retrouve sur une civière, je sens un picotement très bref.. ça y est, j'ai eu droit à une piqûre, puisque rapidement une douce somnolence m'envahit, et me voilà au pays des songes. Je ne sais pas combien de temps je suis resté allongé - une minute, une heure ? Je ne le saurai jamais. J'apprends que je me trouve actuellement au service accueil, diagnostic et orientation . J'ai été accueilli puisque je me trouve sur cette civière, piqué de telle façon, que je n'ai pas la force de parler et encore moins de penser ! ... l'orientation : je suis invité à quitter les lieux puisque je ne suis pas malade ! j'essaye de lutter, de quémander un peu de nourriture, mais je n'arrive pas à formuler clairement mon souhait... saloperie de piqûre !! On consent tout de même a m'offrir un café froid, sans sucre, et devant ma grimace, dès la première gorgée, un infirmier, à l'oeil rigolard, me tend un gobelet d'eau qu'il a été chercher au distributeur mural. Tenez, buvez un bon coup, ça vous fera du bien ... à défaut de nourriture solide, je me remplis de liquide, puisque je bois un second verre, puis un troisième...

Me voilà dehors... l'Avenue est déserte.... de la lumière tout au bout de la rue.... je suis pour la troisième fois de la journée devant le café "Chez René " . L'animal est physionomiste, car j'ai à peine franchi le seuil, qu'il se met à hurler : Eh ! toi, l'ahuri, dégage, on ne fait pas la manche chez moi... Si tu n'as pas un rond pour téléphoner, tu n'as qu'à bosser, mon salaud... ( à son haleine, j'ai l'impression que monsieur René, est de loin, son meilleur client !.. ) Il me prend brutalement par le bras, ouvre grand la porte, et m'éjecte sur le trottoir, où je me retrouve affalé, car cette piqûre de tout à l'heure, m'a complètement vidée de mes forces. Je me lève péniblement, et je vois soigneusement garée le long du trottoir, la voiture de ronde de ces messieurs de la Police. Je reconnais le jeune gars qui m'avait offert une cigarette, et lui demande d' avoir pitié de moi, je renouvelle ma litanie : j'ai faim, j'ai froid, faites quelque chose... J'entends la voix de son collègue : Alors comme çà , tu as des relations avec les clodos maintenant ? .. et il en remet une louche : Toi, tu es fait pour être flic, comme ma soeur, pour être religieuse, et il part d'un énorme éclat de rire !! Il arrête net son rire quand il se rend compte, qu'au comble du désespoir, j'ai décidé d'uriner sur la portière arrière de leur véhicule !! La seconde d'après, je reçois une énorme beigne sur l'oreille, qui m'expédie à terre, complètement sonné ! Je sens mes poignets pris en étau par de solides menottes, et sans ménagement, je me retrouve balancé sur la banquette arrière de leur véhicule. Le voyage est de courte durée... je suis brutalement saisi sous les bras, mes pieds ne touchent pas terre, et quelques secondes après, je me trouve dans une cellule toute vitrée, et voyant une banquette, je m'allonge aussitôt.. A défaut de nourriture, je vais pouvoir dormir au chaud dans cette cellule.

Six heures du matin, c'est l'heure de la relève, et l'agitation qui règne dans ce commissariat, vient me tirer de mes rêves cauchemardesques.. Une heure, puis deux, viennent à passer... Je cogne de la main sur une épaisse vitre blindée, essayant d'attirer l'attention de ces messieurs. Au bout d'un long moment, on daigne enfin s'intéresser à moi - l'inspecteur qui me prend en charge, est complètement dépassé par mon problème !... et pour cause ! Je n'ai pas de papiers, pas d'argent, aucun justificatif de rien du tout, personne qui puisse venir certifier la véracité de mes dires... c'est une histoire complètement dingue !! L' officier de Police a pitié de moi, puisqu'il me fait aussitôt apporter du café chaud, du pain, et il y a même une petite plaquette de beurre.... Je me restaure comme il faut, et me voici un moment après, dans la rue, libre de mes mouvements, avec un seul impératif : me présenter lundi 8 heures précises, muni de mes papiers d'identité, au commissariat de Police, pour recevoir une contravention !!... Si tous les quidams se mettent à uriner sur les véhicules de Police, en toute impunité, où allons-nous !!

C'est Dimanche, et il est un peu plus de onze heures du matin - je crois que la journée ne va pas être gaie... comme pour me donner raison, la pluie se met à tomber. Je crois que nous allons encore avoir droit, à un été pourri ! Habituellement, c'est le dernier de mes soucis, mais dans ma situation actuelle, la météo, pour moi, est primordiale ! Je dois éviter de me mouiller, car je n'ai pour tout vêtement , qu'un tee-shirt sur la peau.... je reste à l'abri sous un store qui est le bienvenu. Je vois tout à coup le store remonter, et je me rends compte que mes pas m'ont conduit jusque " Chez René " ... En quelques secondes je suis trempé jusqu'aux os, et j'ai la très mauvaise idée de vouloir me mettre un instant à l'abri, dans ce maudit café !! A peine à l'intérieur, je me trouve nez à nez avec monsieur René, qui comme tous les ivrognes, a de la suite dans les idées, puisque je reçois une énorme claque , la seconde en quelques heures, et pile, au même endroit !! Ecoutez, je veux bien me laisser cogner par un flic, qui avait d'ailleurs une excellente raison pour le faire, mais René, non !! Je lui administre un coup de pied dans le bas ventre, et alors là, c'est la curée !! Toute sa smalah rapplique, et je suis roué de coups, ça tombe de tous les côtés, je saigne de partout, et je me sens comme la veille, catapulté sur la chaussée.

Je n'ai pas la force de me relever, je suis à bout, je ne comprends pas ce qu'il m'arrive... en quelques heures, passer du statut de fils de famille , à celui d'épave, il y a de quoi devenir fou !! Fou ? C'est quoi la folie ? le refus de la réalité ?? Alors moi je n'ai plus la force de refuser quoi que ce soit. Je me traîne lamentablement, arrive après un effort épuisant, à me mettre sur mes jambes, j'ai cent ans, j'ai mille ans... mieux vaut en finir. Je n'avais jamais eu autant de mal depuis que je me connais, à aller au bout de cette Avenue..... après un long calvaire, je suis enfin arrivé à destination : le pont du chemin de fer. Je regarde une dernière fois l'avenue, où j'aperçois tout au bout ce sinistre Bar-Tabac, et je devine, quelques centaines de mètres avant, le domicile, la maison où j'ai vu le jour... Toute mon enfance s'est déroulée dans cette avenue, et personne n'est là pour me tendre la main. Je vais vous dire : Vous êtes... vous êtes... Adieu !! Allez tous au diable !!

Roger, le lendemain, fut enterré dans le cimetière du quartier. Il a eu droit à la fosse commune - c'est un mort anonyme, car il n'avait sur lui aucun papier.... à l'exception d'un billet de loto.... Un certain billet de loto, qui a raflé la veille, les six bons numéros, fait que désormais, et pour l'éternité, Roger sera le jeune homme le plus riche du cimetière....

R.lopez

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INTERVIEW

Letitia Delgado, Une mère d'enfants scolarisés à l'école CALANDRETA 

Chichois Tu as mis tes deux filles ( 4 et 9 ans) à l'école Calandreta, pourquoi là ? 
L.Delgado. En 95 avant de mettre à l'école la plus grande, Canela, je m'étais intéressée à cette école pour ses méthodes pédagogiques proches de " l'éducation libérée " de Paulo FREIRE. Ces méthodes permettent la participation de ceux qui sont éduqués à leur propre éducation. Ca me plaît aussi qu'elles connaissent aussi la langue d'origine de la région où elles sont nées. 

Chichois Quel est le statut de la Calandrete relativement aux autres écoles? 
L.Delgado. C'est une association 190, les parents participent financièrement, et surtout ils participent activement à la gestion de l'école, mais le salaire des instituteurs est versé par l'éducation nationale.. La Calandrete est une école libre sous contrat de l'éducation nationale. 

Chichois Financièrement quelle est la participation des parents 
L.Delgado 600 francs pour l'année, par enfant. Le problème s'est déjà posé de parents qui ne peuvent payer, il a été décidé que ca ne doit pas empêcher l'inscription de l'enfant, les parents participeront plus autrement, des heures d'art plastique ou de musique aux enfants de l'école par exemple. Il peut y avoir une aide financière de la fédération. 

Chichois. Il y a d'autres Calandreta ? comment fonctionnent elles ensemble ? 
L.Delgado Il y a des Calandretes dans l'Hérault, le Gard, l'Aude. .Celle de Sète est petite et récente (6 ans ), je connais un peu celle de Clappas qui est nettement plus grande. Une fois par an elles se réunissent. Dans le département il en existe à Bézier, Gigean, Mèze … C'est donc une fédération au niveau de la région. 

Chichois Qui sont les instituteurs, comment sont ils formés ?
L.Delgado Ce sont avant tout des instituteurs en titre, ils ont en plus une formation de 2 ans, à Bézier pour la pédagogie, et ils parlent occitan, Les cours sont donnés en occitan et le Français est appris comme une langue. 

Chichois Les enfants ne risquent ils pas de prendre du retard sur ceux de l'école classique ?
L.Delgado C'est un peu la peur de certains parents. Effectivement en début de scolarité ils prennent un peu de retard , ils parlent occitan plus que Français. Mais après ils rattrapent le niveau et ils ont gagné une plus grande agilité d'esprit.

Chichois  Parle tu occitan ? 
L.Delgado Je m'y suis mise pour aider Canela dans ses devoirs. 

Chichois  On a accusé ce genre d'école d'enfermer l'enfant dans un ghetto ? Surtout à cause de la langue qui est peu parlée au dehors alors qu'elle est prédominante dans l'école.
L.Delgado Je crois plutôt que c'est signe d'ouverture sur le monde qui nous entoure, elles comprendront mieux la culture locale. Plus tard dans leur scolarité en Calandreta les enfants apprennent les langues latines du bassin méditerranéen. Espagnol, Italien , portugais ce sont des langues de même famille que l'occitan qui est, aussi, relativement proche du Catalan. 

Chichois Quel est le bilan éducatif après quatre ans de calandrete ?
L.Delgado Je suis très satisfaite. J'aime que l'enseignement qu'elles reçoivent ne soit pas trop livresque, au contraire dans cette école l'enseignement est très en lien avec ce que vivent les enfants à la maison, ou lors de sorties à la campagne ou dans la ville. L'enseignement se fait à partir de leurs expériences. Je trouve, aussi, très intéressant le développement de l'autonomie des enfants. 

Chichois  Peux tu donner des exemples ?
L.Delgado Ils n'ont pas de notes, de classement, mais des ceintures de couleur, et ce sont eux même qui prennent l'initiative de changer de couleur, lorsqu'ils sont prêts ils prennent le risque de demander à la maîtresse d'estimer leur connaissances, s'ils échouent ils peuvent recommencer 15 jours plus tard. Ils ont aussi des couleurs pour le comportement, ce sont les autres enfants et la maîtresse qui donne leurs avis, accord ou critique. 

Merci Letitia, cela donne matière à réflexion .

 

Propos recueuillis par Géronime Glasgow

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MOMENTO FINIS <> Suite du numéro 17

Indisponible. A suivre dans notre prochain numéro !

de Alexandre Denjean / A suivre dans le numéro 20

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A TABLE

C'est l'été, ou presque, mais en tout cas les chaleurs commencent à se faire sentir. Aussi un plat frais et rafraichissant serait le bienvenue :

Le GASPACHO

Ingrédients : 5 à 6 tomates bien mûres, 2 gousses d'ail, un concombre, un petit poivron, un oignon nouveau, du vinaigre de vin rouge, huile d'olive, 5 tranches de pain dont on utilisera que la mie..

Servir avec un St Chinian (Bio) --Chateau Bousquette-- Rouge fût 96 en vente sur le site Internet

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Brèves de comptoir.

On ne rit pas dans ce numéro .... Envoyez nous vos histoires !

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