Ya des Steewy partout On se doutait pas qu'il y avait tant de blondinets à Sète. Loft Story a frappé et nos rues ont changé: moins de jeunes méridionaux mais plein de faux suédois.
Sous-préfecture C'est une vieille revendication des notables sétois. A l'époque de la splendeur du port, ils enrageaient de devoir aller à Montpellier pour la moindre démarche administrative. Le second port de commerce et le premier port de pêche de la Méditerranée n'était même pas une sous-préfecture. Depuis un siècle, rien n'y fit. Même Jules Moch, député de Sète et ministre influent n'y put rien. Et voila , alors que la revendication était désactivée, que l'État va installer un sous-préfet à Sète dès le 2 juillet. Il s'appelle Noël Fournier et s'installera quai du Maroc. Bienvenue. Les sétois iront moins souvent à Montpellier.
Escales Voila les navires à passagers qui feront escale au quai d'Alger:
B.Baraillé
BALLADE
LES BALADES-FRAICHEUR AU BORD DE L'HÉRAULT -
Si vous êtes fatigués de la plage, de ses encombrements, de l'eau de mer trop fraîche et du sable trop brûlant, si, plus simplement, vous avez envie de changer de cadre et d'éviter la monotonie quotidienne, pourquoi ne pas, de temps en temps, préférer l'eau douce à l'eau salée... L'arrière-pays héraultais ne manque pas de rivières et de ruisseaux propices à la baignade et au pique-nique. Mais attention : plus qu'à la mer, très surveillée parque plus fréquentée, les risques de pollution existent car l'épuration des eaux usées des villages restent encore à l'état de projets. Il ne faut donc pas, dans le choix des lieux de baignade, vous fier à la clarté des eaux. Dans nos pays calcaires, les eaux ne sont pas naturellement filtrées par le sol et peuvent être polluées tout en paraissant claires et inoffensives. Suivez-donc les conseils que Le Chichois va vous donner en ce début d'été. Premier rendez-vous : l'Hérault !
EN AMONT DE SAINT-GUILHEM Le plus long et le plus beau fleuve du département qui naît au pied de l'Aigoual et rejoint la mer à Agde pourrait fort bien offrir des dizaines de jolis lieux de baignade dans sa basse-vallée, tout prés de Sète. Hélas, la qualité des eaux nous incitera à aller beaucoup plus haut, en amont de Saint-Guilhem-le-Désert. Au dessous de ce beau village moyenâgeux, les baignades sont parfois interdites, parfois tolérées, mais autant aller plus haut où les eaux du fleuve sont parfaites et vierges de toute pollution puisqu'aucun village ne borde l'Hérault entre Saint-Guilhem et Saint -Bauzille-de-Putois, 35 km plus haut ...
Évitez surtout les alentours du Pont du Diable où s'achèvent les gorges de l'Hérault et où barbotent pourtant des centaines de nageurs. Évitez encore plus la partie des gorges entre ce Pont et Saint-Guilhem où l'eau est très polluée.
LA COMBE DU COR Vous venez de sortir de Saint-Guilhem et vous suivez la route qui longe l'Hérault. Sauvage il y a seulement cinq ans, la rivière a été domptée et assagi par la remise en service d'un barrage hydroélectrique qui a noyé la vallée, fait le désespoir des pécheurs de truites et le bonheur des nageurs. Ce sont des dizaines de lieux propices qui vous attendent non loin de parkings aménagés coté rivière. Vous n'aurez que l'embarras du choix selon que vous préférerez les plages de galets ou les frondaisons des arbres. Si vous n'arrivez pas à vous décider, la route vous amènera au barrage de la Combe du Cor. Que ce soit au dessus ou au dessous du barrage, les lieux de baignade sont nombreux et bucoliques. Vous ne pourrez pas le manquer car c'est là que la route abandonne le fleuve et s'enfonce à angle droit dans la montagne.B. Barraillé
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SCIENCES
QUELS SONT LES ETRES LES PLUS DANGEREUX POUR L' HOMME ? Et on pourrait sous titrer : Nous sommes fait de nos ennemis…
Dans le dernier Chichois nous avions aborder les problèmes posés par notre cohabitation avec les micro - organismes. Voulant en savoir un peu plus nous sommes allés poser des questions à un médecin du bassin de Thau, que nous ne nommerons pas - puisqu'il ne peut se faire de pub - appelons le Paul, par exemple.
Le CHICHOIS
- Il semble plus facile de lutter contre les reptiles, les félins et
autres mastodontes tels les éléphants aujourd'hui ou contre
les serpents que contre les micro organismes, si micros justement que nous
ne devrions en faire qu'une bouchée, pourquoi ? D'où viennent
ils ?
Paul - Ils sont à
la fois très récents et très anciens ! Très récents
puisqu'ils ont été découverts - ou inventés -
au 19ème siècle, avec l'aide du microscope. Je dis "inventé"
parce que c'est à travers une construction humaine, le microscope,
qu'on a pu les mettre en évidence, puis on les a caractérisés
par une série de tests qu'on leur a fait subir pour voir comment ils
réagissaient : on les a fait croître sur divers milieux, puis
on les a inondés dans des acides ou des colorants, on les a chauffés
puis refroidis etc … De là on a conclut à différents
objets : Virus, bactérie de familles différentes, levure, protozoaire
…
Les microscopes se sont perfectionnés
on a vu - ou pas - des noyaux et d'autres structures cytoplasmiques jusqu'à
voir la structure moléculaire, l'ADN, les protéines.
Avant cette période on avait
bien soupçonné le phénomène de la contagion, les
miasmes disait on, mais on ne savait pas très bien par où elle
passait. Et pourtant les épidémies disparaissaient , telles
les pestes qui durèrent d'abord 2 siècles du 6ème au
8ème siècle puis à nouveau 4 siècles - du 14ème
au 18ème siècle. Donc il y eu, en occident, des siècles
avec peste puis de longues rémissions ; bien sûr dans les longues
périodes d'épidémies il y avait aussi des alternances
d'épidémies et leur disparitions spontanées selon des
cycles plus ou moins réguliers et plus ou moins longs (allant d'une
épidémie tous les ans à tous les douze ans) . Le germe
de la peste et son mode d'extension, de contamination n'a été
connu - par les moyens modernes - qu'à la fin du 19ème siècle.
Donc l'épidémie s'est arrêtée sans que nous ne
comprenions, même aujourd'hui, pourquoi. Peut être que les moyens
de lutte empirique ont été tout de même efficaces, peut
être n'est ce qu'une rémission et reviendra t elle ?
Peut être aussi y a
t il eu sélection des humains, seuls ceux dont les gènes prédisposaient
à résister à la maladie, à la contagion sont restés
en vie et ainsi il n'y eut plus de réservoir à virus ? ( on
suppose que c'est ce qui va se passer en Afrique).
Ou est ce une histoire d'équilibre
avec d'autres germes, ou des conditions climatiques etc. Cela fait partie
des inconnues de la science, n'oublions pas que dans la deuxième partie
du 19ème a eu lieu -entre Pasteur et Pouchet la dernière controverse
sur la génération spontanée !
Le CHICHOIS
- Et très ancienne ?
Paul - Actuellement nous
estimons que l'origine de la vie remonte à plus de 3 milliards d'années,
Les micro organismes, unicellulaires et sans noyaux individualisés,
étaient déjà là et ils y sont toujours ! Et ce
qui est le plus étonnant c'est que nous ne sommes , sans doute et comme
tous les organismes multicellulaires, qu'un agrégat de micro organismes
. Ils sont donc très stables dans leur identité mais aussi ils
s'adaptent à tous les milieux, ils sont très plastics, ils peuvent
s'ajouter des fonctions en ayant accès à n'importe quel moment
à d'autres génomes, en découpant chez d'autres des morceaux
d'ADN, lesquels seront ou bien, définitivement intégrés
dans leur chromosomes ou bien seront rejetés - entre autre dans le
matériel génétique des cellules eucaryottes ( cellules
avec noyau) par exemple les cellules humaines. On appelle cette opération
le transfert horizontal de matériel génétique. Une autre
façon d'évoluer pour les micro organismes est de muter très
rapidement, ces mutations devront passer l'épreuve de la sélection
naturelle et ne seront gardées que les mutations utiles pour l'adaptation
ou les mutations indifférentes (ni utiles ni inutiles).
Par ces deux moyens les procaryottes
évoluent des millions de fois plus vite que les eucaryottes. Une troisième
façon de se transformer est la symbiose . Des micro organismes ayant
des fonctions différentes s'associent, l'exemple le plus connu est
celui des mitochondries - petits organites intra cytoplasmiques existants
dans toutes les cellules - elles ont leur propre ADN, se reproduisent à
un autre moment que le noyau, sont indispensables pour utiliser l'oxygène.
Les
micro organismes sont à la fois très stables et très
changeants.
L'état du monde, de la planète
leur doit beaucoup, ils ont inventé la fermentation, la photosynthèse,
la respiration, la diminution de l'azote dans l'air, l'apparition de l'oxygène
en quantité importante dans l'atmosphère, donc les premières
crises de l'environnement !
Le CHICHOIS
y a t il d'autres fonctions venant des êtres uni cellulaires, autres
que celles des mitochondries ?
Paul - On peut dire que toutes
les fonctions des divers organismes, dont les organes et leurs cellules spécialisées,
sont des êtres unicellulaires devenus hyper spécialisés
ne pouvant, plus vivre séparément mais seulement en symbiose.
Le CHICHOIS-
Apparemment on connaît beaucoup de choses sur les virus et pourtant
ils mettent la médecine en échec. Le SIDA, pour l'Afrique en
tout cas, est aussi dévastateur que la peste, et en occident nous ne
pouvons qu'atténuer ses effets sans le vaincre totalement. Depuis 20
ans le virus a été identifié mais il nous nargue toujours,
que peut on en dire ?
Paul - On connaît
sa structure de plus en plus fine, au niveau moléculaire et atomique,
mais est ce là forcément comprendre ses modes d'action ? Est
ce que décrire une chose inconnue est comprendre son mécanisme
? Même si la description plonge de plus en plus loin dans l' infiniment
petit ? Les hypothèses qui soutiennent ces descriptions ne sont sans
doute pas les bonnes.
On trouve souvent ce que l'on cherche,
dans un premier temps tout du moins, dans le cas du SIDA on a cherché
des gènes régulateurs, accélérateurs ou inhibiteurs
de la croissance du virus, et on les a décrit dans les cellules ! On
leur a même donner des noms savants : " nef " ou " tat " mais correspondent
ils à quelque chose ? Les avis sont partagés, faut il continuer
dans cette voie et décrire un réseau, une accumulation,
de plus en plus complexe de superpositions, d'intrications de gènes
humains et viraux - cela fait penser à la complexification sans fin
des sphères de Ptolémé qui furent remplacés par
la théorie héliocentrique beaucoup plus simple - ou changer
de paradigme ?
Certains scientifiques, en particulier
P.Sonigo et JJ. Kupiec coauteurs d'un livre paru récemment : " Ni Dieu,
ni gènes ", proposent d'autres hypothèses que ce qu'ils nomment
le dogme génétique. Ils font l'économie d ' hypothétiques
signaux " contenant virtuellement le résultat de leur action " en contradiction
avec les mécanismes Darwinien., leurs hypothèses est que cellules
hôtes et virus sont en compétition comme n'importe quels animaux
dans la nature. Nous verrons si ces directions de recherche sont plus fécondes.
Discuter cette nouvelle interprétation
du mystère de la vie nécessiterait qu'on se revoit car elle
pose d'autres questions et d'autres réserves.
En tout cas ne dénigrons
pas les thérapies actuelles.
Propos recueillis par Géronime
Glasgow
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EDITORIAL
Mercredi soir en déambulant le long du quai de la Marine, là ou sont garés les poids lourds qui prendront le départ vers l'Afrique j'ai été attiré par des odeurs de grillades que le Mistral, fort à décoiffer les chauves, me flanquait à plein naseaux.. J'ai donc remonté la source des effluves pour recontrer un groupe d'une soixantaine de personnes effectivement occupé à deviser et manger des grillades ..et tout cela en plein vent.
Entouré de vieux batiments plus ou moins désaffectés, et ne déparant pas dans le paysage un grand cargo rouillé mais cependant éclairé de plusieurs feux reposait le long du quai. Le Florenz. Le Florenz et ses marins abandonnés et non payés par leur armateur que plusieurs groupes officiels et associatifs défendent et soutiennent.
C'est d'ailleurs un de ces groupes associatifs qui étaient là, présent ce soir là, enveloppé de fumée de merguez et discutant et riant. Le groupe ATTAC et ses sympatisants et les amis et amies des sympatisants et les marins aussi enchantés, tous réunis autour d'assiettes en carton garnies de saucisses et de salades afin de réunir quelque argent pour que ce microscome de toutes nationalités habitant provisoirement sur leur navire/lieu de travail abandonné puisse continuer un peu de temps à se nourrir et aussi à ne pas se sentir trop exclu, trop seul. Car évidemment à Sète il y a les touristes sur les quai de la Marine et les marins seuls sur les quais Maritimes.
CD
Une information pour les non-internautes : un exemplaire du CHICHOIS sous sa forme papier sera disponible à la médiathèque de Sète. En principe, il sera disponible des le lendemain de sa parution et consultable sur place (vous ne pourrez pas l'emprunter et le lire au coin du feu).
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SCOOP
Vivons nous en toute sécurité à sète ?
Nous allons nous efforcer d'étudier, et cela en plusieurs morceaux, les différents points noirs que constituent l'environnement industriel qui entoure la ville de Sète.
Nous avons pour l'instant retenu : --- L'usine d'oléagineux (anciennement Vamo mills) et ses cuves d'hexane ( produit hautement explosif au contact de l'eau )).--- Les cuves de la Mobil du quai Orsetti. L'usine Kali-chemie-akzo aux eaux blanches ( gaz explosif au contact de l'air ).
Sud fertilisant avec ses cuves d'ammoniac dont nous parlons aujourd'hui.
Qu'est ce que l'Ammoniac ? L'ammoniac Synonymes: Ammonia Ammoniac gazeux Ammoniac anhydre Anhydrous ammonia UN1005* *numéro d'identification du produit du Transport des matières dangereuses. Utilisation : Il est utilisé principalement dans la fabrication d'engrais et de nombreux produits touchant une très grande variété de domaines, il est utilisé comme gaz réfrigérant dans l'industrie de la réfrigération industrielle.
L'ammoniac sous forme de gaz est irritant pour les yeux et les voies respiratoires supérieures (nez et gorge). Les premiers signes d'une exposition sont un inconfort, un assèchement du nez, des larmoiements et une sensation de brûlure aux yeux. L'exposition à de fortes concentrations peut entraîner une irritation de la peau, des dommages à la cornée, de la toux, des douleurs à la poitrine, des difficultés respiratoires et une suffocation. Dans les cas graves, les symptômes peuvent évoluer vers l'oedème pulmonaire (accumulation de liquide dans les poumons) et la mort par asphyxie. Des concentrations très élevées peuvent conduire à une corrosion de la peau, des yeux et des voies respiratoires supérieures. Un contact avec le gaz liquéfié peut causer des gelures. Ce gaz attaque les muqueuses du corps, donc le nez, la gorge, le système respiratoire... Les voies respiratoires deviennent tellement enflées que les victimes étouffent. Leurs poumons se désagrègent. Mais le pire, ce sont les yeux. Au bout de 40 secondes, l'ammoniac aura pénétré à l'intérieur...
Sud fertilisant, et très certainement L'usine d'oléagineux ( d'huile, anciennement Vamo mills) et même peut-être à d'autres endroits du parc industriel de Sète, possède pour leur fabrication d'engrais deux cuves de plusieurs milliers de metres cubes d'ammoniac à une concentration de 100 % nous a t-on dit ( nous pensions que la concentration était de 97 %). Etant sous pression il est à l'état liquide dans les cuves mais se vaporise s'il vient à être au contact de l'air.
L'équipe du Chichois a interrogé la DRIRE ( Direction régionale industrie recherche et environnement) et la direction de l'usine Sud fertilisant. sur les dangers que peut représenter ce produit hautement nocif aux abords de Sète.
La DRIRE suit le dossier de l'usine Sud Fertilisant de très près nous a t-elle confirmée. Elle a procédée à une opération de changement des normes en ce qui concernait l'ancienne installation d'une cuve sphérique unique en la remplaçant par deux cuves de moindre contenance et par des tuyauteries de diamètres inférieures à ce qui existait auparavant. Cela afin de limiter l'importance des dangers en cas de fuites localisées.
Nous avons donc aussi questionné Sud fertilisant, avec à l'esprit un scénario catastrophe telle qu'une explosion, ou un éclatement d'une cuve d'ammoniac.
Non c'est impossible ! fut la première réponse. Les cuves ne peuvent ni explosées, ni se fendre à moins que l'on y dire dessus avec une roquette... Mais, insistons nous, mettons que tout de même pour une raison ou une autre une cuve déverse les milliers de mètres cubes d'ammoniac qu'elle contient, quelles sont les actions que vous prévoyez de prendre dans ce cas avant qu'un nuage très corrosif survole la ville de Sète ?
Un des responsables de la sécurité nous énumère alors les plans d'action prévus en coordination avec la DRIRE. " 1/ Alerte à la population, par sirène d'alarme et voiture haut-parleur de la ville. 2/ Concertation et action immédiate des casernes de pompiers 3/ Aspersion d'eau du liquide répandu ayant pour effet de neutraliser l'ammoniac. " De plus ajoute-il " les cuves d'ammoniac comportent chacune un bassin de rétention qui empêche le liquide de s'étendre et des capteurs de détection sont installés afin de prévenir de possibles fuites. "
Aussi en espérant qu'il n'y aura pas une coupure d'eau conjugué à une fuite improbable d'une cuve nous ne devrions pas avoir d'inquiétude particulière, enfin nous le souhaitons. Mais dans ce cas de ces cuves d'ammoniac comme dans de trop nombreux autres cas ici ou ailleurs pourquoi les sécurités, bien que réelles et controlées, ne soient pas doublées, voire triplées ? Confiance en soi et en sa technologie ? Manque de temps ? Economie ?
Dieu joue t-il aux dés ?
Cathy Delancourt
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LE COURRIER DES CHICHOINAUTES
Les trois textes que nous vous proposons aujourd'hui ont été écrit par Michèle CAILLOL.et Augustin Di Martino.
Musique estivale.
On l'a quittée depuis longtemps, la maison de notre enfance.Elle est bien loin, la villa "les Cigales", dressée sur la colline, bravant le fort mistral mais chaque année, dès le premier chant des cigales, son souvenir nous obsède et nous enchante.On se revoit allongée sous le cerisier dans un état de somnolence bourdonnante. Le passé si présent est presque parfait.
L'été, alors, pend la crémaillère. Le corps enveloppé d'un souffle d'air brûlant on recherche les ombres, on paresse, on somnole qui sur une balancelle, qui sur une chaise longue. Le chat, sous l'olivier, coule une sieste ronde.
Les premiers cris nous surprennent. Quelques accords timides, tels des musiciens avant un concert, puis l'orchestre s'enflamme, monoinstrumental. Les cigales jouent de leur caisse de résonance, elles craquettent, elles cymbalisent avec ardeur, sans discontinuer. Elles sont nées pour ça, festives amies de nos vacances. Après quatre années de ténèbres elles ont bien mérité, Madame la fourmi, ne vous déplaise, de chanter à perdre haleine durant leurs trois courtes semaines de représentation !
Chaque matin, de nouvelles larves sortent du jeu de boules, au fond du jardin, à dix pas du figuier et se hissent sur la branche d'un arbre pour leur métamorphose. Alors, le jardin tout entier, écrasé de lumière, aux senteurs de fruits mûrs; bruissera tout le jour de milliers de cymbales, chaque arbre possédé par la même gaîté. Vibrantes, stridulantes, entêtantes, parfois agaçantes mais ô combien envoûtantes sont les cigales qui accompagnent nos étés de Provence.
On n'a plus envie de bouger, surtout, ne pas ouvrir les yeux... on est sur la balancelle, on a quinze ans... on est bien.
Avril 2001 Michèle CAILLOL
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Un jour d'été, le soleil brille et le ciel est d'un bleu azur, parfait sans aucun nuage, on pourrait s'y baigner suspendu à l'envers. Les oiseaux chantonnent dans les arbres, et les petits qui viennent de naître gazouillent et quémandent la becquée, les parents les auraient-ils oubliés ? ou flirtent-ils quelque part ?
Mon petit chardonneret s'égosille, il chante dans sa pauvre cage, je pense que je ne supporte plus de le voir derrière ces barreaux. Je vais le libérer de ses chaînes, mais voilà s'envolera-t-il ? Il est tellement bien soigné par maman.
9h - Oh j'entends un sifflet au dehors, c'est notre signe de ralliement, les copains bien sur................ Tino, on va à la plage s'écrie Chicha ! Tu viens ? OK j'arrive.
Au revoir petits oiseaux, à bientôt, et nous voilà partis avec les copains : Chicha, Jallil, Jean-Marc sur la route des caroubiers accablés déjà par la chaleur de cet été qui assèche nos gorges. Sur notre route nous nous désaltérons à une fontaine au bord de la route, hum quelle est fraîche ! ...
Deux kilomètres à faire pour arriver "au lever de l'aurore" plage qui nous attend tous les jours avec sa grande bleue et ses rochers aux deux extrémités parallèles qui s'élèvent comme des menhirs. Nous ne sommes plus très loin, encore un effort... Quelques mètres et nous apercevons déjà des baigneurs qui batifolent dans cette eau limpide qui ressemble à un miroir qu'on aurait superposé au-dessus.
Sitôt arrivé, Jean-Marc propose de faire un petit match de foot sur le sable et ensuite de se baigner, et la drague comme d'habitude. C'est ce que nous faisons habituellement, des filles sont présentes sur la plage, magnifiques au teint halé et d'un corps à retenir son souffle, il y a Marie Claude avec sa charpente musclée et ses lolos qui nous font rêver, il y a Danielle plus mince avec ses longues jambes de mannequin, ses yeux d'un bleu profond qui nous envahit de plaisir.
Après nos différentes activités, déjà midi, il faut rentrer, et refaire le chemin en sens inverse. Fatigués et rougis comme des écrevisses nous parcourons ce calvaire et ils nous semblent que la route n'en finit plus, le bitume fond comme du caramel sous la chaleur, et lorsque nous arrivons enfin chez nous, trempés de sueur, les mamans ne tardent pas à nous montrer du doigt l'endroit salvateur de la douche. Un bon petit repas et prêt pour la grande aventure de cet après midi. FABRIQUER DE LA GLACE.
Après notre épopée matinale, comme promis nous nous retrouvons l'après midi chez Jean Marc. La chaleur est torride, l'humidité du couloir qui mène au troisième étage de Jean Marc nous fait du bien. Tous les ingrédients sont bien là présents. Nous pouvons commencer. Une fois chargée la sorbetière ronronne sous nos tours de mains, les bras tournent cette machine qui ressemble à une toupie, à tour de rôle, nous ne tardons pas à être en sueur. De temps en temps ils nous semblent qu'une certaine odeur savoureuse se dégage de cet appareil infernal. Après que les tours de bras n'en finissent plus de gesticuler dans tous les sens, la bonne odeur de sucre et de vanille vient enfin taquiner nos narines.
Nous parlons de plus en plus fort, à nous donner des conseils de prudence, afin que cette précieuse mixture ne puisse tourner en lait caillé... Jean Marc est aux commandes, il s'essoufle. Tino lui conseille d'avoir un effort constant. -
On entend des bruits dans l'escalier, ce sont les parents de Jean Marc. -
Hum, hum... les voisins s'en repartent en grommelant. Et le cycle infernal reprend de plus belle. Les bras tour à tour s'emploient à tourner la manivelle de cette machine diabolique qui devrait dans peu de temps nous laisser entrevoir un liquide blanchâtre. Nos papilles commencent à nous taquiner.
La sorbetière est ouverte avec un cérémonial digne d'artistes montant en scène, une glace blanche, ferme et épaisse se découvre à nos yeux étonnés et remplis de surprise et de joie.
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FLASH
Un Sétois est un Australien qui s'ignore !!!
Voilà un titre qui ne manquera pas d'étonner nos lecteurs... Le Chichois a ouvert ses colonnes à Alain qui revient d'Australie et qui a bien voulu nous confier ses impressions extra-antipodiques.
Son premier article ne manque pas de saveur, nous vous laissons le savourer.
"Je suis un immigrant, venu habiter la ville de Sète; ma première impression a été celle que j'avais connu quand je suis arrivé en Australie; découverte d'une lumière méditerranéenne, (quoique le ciel bleu est plus bleu et les rouges plus rouges), et de gens (pas les aborigènes) dont la mentalité est proche du pays Cettois.
La ressemblance est peut-être plus flagrante aussi, puisque Sète est une île et l'Australie aussi !!! La taille change (pas comparable bien sûr) mais l'isolement est (ou a été) le même, là-bas qu'ici.
Il est, en effet, très difficile de "rentrer" dans la société des vieux Sétois, ceux qui, à l'origine, ont immigrés de Gaëtta, Cettara, et de la côte d'Amalfi principalement.
Tous les immigrants ont des points communs: ils sont tous pauvres et peu éduqués mais ont l'ambition de la recherche d'une vie pécuniaire meilleure.
L'Australien blanc (ne pas confondre avec celui qui est arrivé quelque 30-4O mille ans et qui, aujourd'hui encore, est toujours à l'âge de pierre) a été débarqué des geôles anglaises, il y a 200 ans (1788). C'étaient des prisonniers de droit commun qui avaient volé qui, une miche de pain, qui un paletot ou autre babiole, et dont l'Angleterre ne voulait plus. Ce sont les Australiens d'aujourd'hui.
L'immigration sétoise principale date de 1822 à 1835, et ces Italiens, eux aussi pauvres et peu éduqués, sont arrivés par vague sur plusieurs années et ont "colonisés" l'île de Cette.
Les vieux Sétois disparaissent peu à peu, et les nouvelles générations s'éloignent de leurs ancêtres.
De même les Australiens, de même les Sétois.
Les Sétois sont des Australiens qui s'ignorent!!!"
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DE QUOI J'E-MEL
le Félibrige ; ils se donnent un titre : les félibres
Chaque année, vers la Pentecôte, une ville du midi de la France -jamais la même - est le théâtre d'étranges festivités. Les groupes folkloriques tiennent la rue, tandis que se décernent des prix littéraires qui récompensent des oeuvres écrites dans une langue, la langue d'oc, que bien peu de Français savent lire et dont beaucoup, d'ailleurs, ignorent jusqu'à l'existence. Tandis que des personnalités parfois venues de loin - à l'échelle de ce Midi qui va de L'Atlantique aux Alpes - prononcent, dans cette même langue, des discours souvent revendicatifs. Et que le maire de la ville élue y va, lui aussi, de sa harangue, dans la langue de ses administrés d'un jour, quitte d'ailleurs à l'écorcher quelque peu. Cette fête, c'est la Santo Estello, la grand-messe et l'assemblée générale d'une association plus que centenaire, le Félibrige. Son but : promouvoir la renaissance de la langue d'oc, instrument d'expression du peuple méridional - d'autres disent du peuple occitan.
Quelles visions ont nos cousins Américains, et plus particululièrement les étudiants et professeurs du Middleburry collège dans l'état du vermont, du Midi , des coutumes et de la langue occitane d'aujourd'hui ? En voici une analyse publiée par leur école :
Simple manifestation folklorique? On peut être tenté de répondre par l'affirmative - et combien d'intellectuels français succomberaient volontiers à cette tentation, si ces fêtes pouvaient retenir si peu que ce soit leur attention? Ce n'est pourtant pas si simple. Non que le folklore ou la nostalgie soient totalement absents en l'occurrence. Mais ces fastes sont aussi le signal d'autre chose, qui peut prendre, ailleurs, des formes différentes. Parfois de l'ordre du seul symbole : la Région Midi-Pyrénées arbore ainsi un drapeau marqué de cette croix occitane qui était jusque-là l'apanage des divers mouvements occitanistes de l'après-68. Parfois aussi de l'ordre de la pratique culturelle : ces lycées où s'enseigne, dans des conditions souvent précaires, la langue d'oc; ou ces troupes de théâtre, ces groupes de musiciens qui utilisent cette même langue. Pas du tout, bien sûr, comme les félibres en leur fête. Et pour dire autre chose, qui peut d'ailleurs effaroucher ces félibres. Mais c'est bel et bien la même langue. Nous voici devant un paradoxe, et un paradoxe suffisamment fort pour justifier la présence, ici, d'une étude sur ces fous de l'occitan.
Nous sommes en France, vieille nation nantie d'une vieille culture. Une nation, une culture pour lesquelles l'unité constitue une valeur fondatrice, sinon un tabou. Cette unité, politique, culturelle, linguistique, l'État français, sous ses formes successives, n'a cessé de l'imposer, depuis la fin du Moyen Âge, à la conscience de sujets qui bien souvent vivaient des pratiques culturelles peu en rapport avec l'image idéale proposée par l'État. Le salut, devenu rituel de nos jours chez les historiens et les géographes, à la légendaire diversité française ne change rien au fait que l'histoire de la construction de l'idée France est faite d'un effort tenace de réduction de cette diversité. Le processus devrait aujourd'hui être arrivé à son terme, du moins en ce qui concerne ce qu'on peut appeler la diversité héritée : l'école obligatoire, les media, l'écrit sous toutes ses formes, l'homogénéisation du territoire. la construction d'une économie nationale, des brassages de population toujours plus intenses, tout cela a porté de rudes coups aux particularismes culturels ou linguistiques des périphéries de l'espace national. Ce n'est pas niable.
Et pourtant, c'est au moment où ce processus séculaire s'accélère, au milieu du XIXe siècle, qu'apparaissent en Bretagne ou en pays d'oc des mouvements qui le mettent en question. Et, à l'orée du XXIe siècle, ces mouvements sont toujours là. Ils n'ont certes pas pu inverser le processus. Mais il n'a pas pu les dévorer. On va ici essayer de comprendre pourquoi, à travers un exemple, celui de la revendication occitane, telle que la fonde au XIXe siècle le Félibrige. Avec quelques questions simples : d'où vient le Félibrige? Quel est son projet : rupture avec la France, au nom d'un nationalisme d'oc antithétique de celui de l'État? Imposition à cet État de la reconnaissance, sur son sol, à l'intérieur de son corps social, d'une entité propre, nécessitant des institutions spécifiques? Peut-on situer la revendication occitane sur l'échiquier politique national? Quelles réactions son existence même et son message ont-ils suscitées, sur son propre sol et à Paris? A-t-elle pu si peu que ce soit modifier l'idée que l'on se fait en France de la culture « nationale » dans ses rapports avec les cultures « régionales »? C'est ce que l'on va essayer maintenant de voir.
Ce Midi, c'est d'abord une expression géographique, le pendant de ce Nord qui constitue, dans le Bassin parisien, le cœur politique et culturel de la France. Une simple division fonctionnelle de ce grand tout géométrique qu'est le territoire national. Ce Midi, c'est d'abord une expression géographique, le pendant de ce Nord qui constitue, dans le Bassin parisien, le cœur politique et culturel de la France. Une simple division fonctionnelle de ce grand tout géométrique qu'est le territoire national. Et c'est d'abord cela qu'y ont vu ceux qui, à la fin de l'Ancien Régime, inventent le concept, qu'ils mettent aussitôt au service d'un projet de rationalisation de la perception et, potentiellement, de l'administration de ce territoire. Mais pourtant, dès cette époque, on sait bien que ce n'est pas seulement cette pure abstraction tracée sur une carte muette aux découpages symétriques. C'est aussi un milieu particulier, au climat spécifique - ce climat dont on commence alors à « savoir » qu'il influe sur le « tempérament » des « peuples », même si les nuances climatiques internes à ce vaste Midi, selon qu'il est atlantique ou méditerranéen, apparaissent encore peu pertinentes, si même on les perçoit. Ce sont aussi des paysages, les plus hautes montagnes, sinon les seules, d'ailleurs, du royaume. Des mers, comme cette Méditerranée qui ouvre sur l'Orient. Et enfin, le Midi, c'est le lieu où vivent des hommes dont on sait qu'ils obéissent à d'autres usages juridiques, qu'ils travaillent la terre suivant d'autres techniques - et on n'ignore déjà pas qu'elles sont moins performantes -, qu'ils ont leurs propres coutumes, leur propre rapport au sacré. Leur propre langue, enfin, écartée de l'écrit administratif au XVIe siècle, marginalisée en tant qu'instrument littéraire, mais omniprésente comme langue parlée, y compris, au XVIIIe siècle, chez les grands bourgeois de Marseille, par exemple.
1789 La Révolution inaugure une série de bouleversements qui vont modifier à la fois la physionomie même du « Midi » et son rapport à l'ensemble français. Ce sont du même coup deux piliers importants du maintien d'une conscience « méridionale » - le sentiment d'appartenance à un territoire, la spécificité d'une pratique linguistique - qui sont invalidés, dans les consciences. Le Midi peut devenir français.
L'alphabétisation, en gagnant du terrain, ronge l'espace de l'occitan. Bien sûr, elle se fait en français, les autorités y veillent, habiles à débusquer les instituteurs qui ignoreraient la langue nationale: La langue du journal, celle aussi du débat politique, dès lors que le suffrage universel permet l'extension de cc débat aux couches populaires. La langue des nouveaux rapports économiques, celle de la banque, du chemin de fer, des patrons, même si les ouvriers occitans créent souvent leur propre lexique technique dans leur « patois ». L'acquisition du français devient un enjeu vital. L'ignorer, c'est se couper du mouvement de la société, s'enterrer dans la marginalité, renoncer à toute ascension sociale. L'occitan est maintenant inutile, sinon carrément nuisible. Les bourgeoisies urbaines l'abandonnent vers le milieu du siècle ; les nouvelles classes moyennes suivront leur exemple. À la fin du XIXe siècle, l'occitan n'est plus que la langue quotidienne des classes populaires des campagnes et des villes.
Et, pourtant, l'intégration n'est pas totale. Son caractère incomplet se mesure à quelques signes. Un certain retard dans le développement économique, d'abord. Poids persistant de l'agriculture, insuffisance des matières premières et de leur exploitation, sous-équipement, pauvreté en capitaux, mais aussi en entrepreneurs, dépendance, bientôt, par rapport à des centres de décision, industriels ou financiers, extérieurs au Sud : le Midi occitan subit la révolution industrielle plus qu'il ne l'accompagne ou ne l'assume. Même décalage en ce qui concerne les mentalités et les comportements. Le Midi, c'est le pays de la répugnance à la conscription, de la résistance à l'impôt, de la violence, aussi. Il serait audacieux d'y voir le symptôme d'un malaise nationalitaire, d'un inconscient occitan au travail ; mais, quelle que soit l'explication de cette convergence de déviances - et à notre connaissance, nul n'en a proposé de définitive -, cette convergence existe bel et bien. L'opinion nationale en a d'ailleurs conscience. Le Midi que découvrent les voyageurs romantiques, les Stendhal, Mérimée, Dumas, Hugo, ou le Michelet du Tableau de la France, c'est un autre pays. Un pays excessif, au climat brutal, aux habitants passionnés - trop passionnés. les hommes bruns aux yeux noirs, à la parole sonore, au geste brusque, ceux qui ont fait la Terreur blanche. Un prolongement, sur le sol national, de l'Italie ou de l'Espagne, si ce n'est même du Maghreb. A la fin de la IIe République, les observateurs du parti de l'ordre pourront ajouter une touche supplémentaire au tableau : par ses votes, le Midi se place du côté des extrêmes, ultra-blanc dans le Massif central ou la Vendée provençale de la basse vallée du Rhône, ultra-rouge dans les campagnes languedociennes ou provençales, alors même que commence à s'esquisser, à l'échelle nationale, une opposition simple entre villes remuantes et campagnes assagies. Par un paradoxe qui ne peut qu'avoir son influence sur la prise de conscience, chez des intellectuels méridionaux, de leur spécificité, c'est au moment même où le chemin de fer rapproche physiquement Nord et Sud que le regard de Paris rétablit la distance, en imposant l'image d'un Sud exotique inquiétant, d'abord, avant que Daudet et quelques autres ne le rendent simplement risible.
C'est le Nord qui invente le Midi, alors? C'est le premier Empire qui, avec Coquebert de Montbret, lance la première grande enquête proprement dialectologique sur les langues parlées dans l'Empire. Paris va maintenant découvrir les fastes de l'Occitanie médiévale, fournissant ainsi un aliment inespéré à la fierté des intellectuels du Sud. Parallèlement, les historiens libéraux - Sismondi, encore, Augustin Thierry, Guizot - remettent au goût du jour le souvenir des albigeois. Ils opposent un Midi médiéval tolérant, démocrate, progressiste, raffiné, à un Nord barbare fanatique, féodal, arriéré. On fournit aux Méridionaux des armes singulièrement bien aiguisées. Le Midi écrasé de soleil, peuplé d'individus excessifs et suspects, cette périphérie attardée de l'espace national, ce serait donc aussi le berceau de la culture et de la démocratie? Dès les années 1840, les maîtres du Nord vont ainsi susciter là-bas, des disciples inattendus, qui vont s'approprier, à leur façon, le tableau idyllique du grand Moyen Âge occitan - et, da même coup, réhabiliter, dans le présent, la langue de ce Moyen Âge, telle qu'elle survit dans des patois si longtemps décriés. Si l'on ajoute à cela le goût nouveau et bien romantique pour la culture populaire, la découverte de la dignité et de l'intérêt des naïves chansons paysannes et des contes merveilleux des aïeules villageoises, on imagine le résultat : c'est Paris qui crée l'appel d'air dans lequel va s'engouffrer la renaissance d'oc.
C'est les jeunes Méridionaux les mieux au fait de l'évolution culturelle nationale, les plus francisés, donc, qui vont faire le travail. Car seuls ceux qui ont pu négocier le virage de la francisation peuvent se permettre de regarder en arrière, vers la culture qu'ils ont dû abandonner au passage : le passage de l'écriture solitaire à l'action collective pour le renouveau de la langue du Sud et la reconquête de ses droits historiques. Le Félibrige peut naître.
Deux congrès se tiennent en Provence, là où les écrivains sont le plus nombreux, en 1852 (Arles) et 1853 (Aix). Ils permettent aux participants de déclamer leurs oeuvres, mais non de se regrouper durablement. L'année suivante, un petit groupe de jeunes poètes avignonnais qui a participe activement aux deux congrès décide de franchir le pas. Les autres écrivains restent divisés, eux-mêmes fonderont leur propre association. L'unification, la nécessaire coordination par le haut des énergies d'oc a échoué : on prendra le problème par l'autre bout, en créant un pôle qui, en se renforçant, attiera progressivement les bonnes volontés. Il y a là un fils de jardinier de Saint-Rémy-de-Provence, Joseph Roumanille, le fils d'un imprimeur avignonnais, Theodore Aubanel, et un jeune licencié en droit, fils d'un propriétaire villageois des environs de Saint-Rémy, un certain Frédéric Mistral. Et quelques comparses. L'aîné, Roumanille, vient d'avoir trente-cinq ans, les autres ont moins de vingt-cinq ans : des enfants, aux yeux des Poètes les plus expérimentés. En mai 1854, ils constituent formellement leur petit cercle en association. Ils lui donnent un nom, le Félibrige ; ils se donnent un titre : les félibres. Magnifique trouvaille : le mot ne veut en lui-même strictement rien dire - il ne peut donc designer d'autre réalité que ce qu'en feront ceux qui s'en prévalent. Son côté mystérieux constitue un attrait supplémentaire : années et Mistral - qui a trouvé le mot dans un vieux cantique - saura créer, avec un rare sens de la mise en scène, tout un rituel « félibréen » qui accentue encore te côté confrérie occulte de la chose. Mais le Félibrige, ce n'est pas seulement une trouvaille publicitaire. C'est aussi un projet, rénover la littérature d'or, pour en faire une littérature à part entière.
Son but, à partir de ce moment : élever la langue populaire à un rang équivalent à celui qu'elle occupait au XIIe siècle, en se donnant comme modèle formel la littérature contemporaine en français et en visant le même public, celui des élites cultivées, toutes francisées soient-elles. Les « félibres » innovent, la graphie; d'une part, ils élaborent une norme cohérente, pour la langue qu'ils écrivent et s'engagent collectivement à la respecter, d'autre part, ils imposent ce système à quiconque entend collaborer avec eux : dès lors qu'ils lancent, en 1855, un almanach (L'Armana Prouvençau), lieu potentiel de publication pour les écrivains d'oc, ils peuvent se permettre d'imposer leurs conditions à quiconque entend y figurer. En 1859, Mistral, décidément le vrai leader du groupe, frappe un grand coup : il publie un long poème épique, Mirèio. En apparence l'histoire de deux adolescents dont l'amour est contrarié parles convenances sociales. Mais c'est en fait beaucoup plus : la reconquête, pour une oeuvre de longue haleine, d'un registre littéraire prestigieux, délaissé depuis des siècles par l'écrit d'oc au profit de genres plus « familiers ».
Mistral se voulait l'ambassadeur de tout un groupe d'écrivains. Sa note-manifeste prend la peine de mentionner les auteurs occitans principaux, les félibres au premier chef. A peine voit-il se dessiner son triomphe qu'il prend la plume pour inciter ses amis à suivre son exemple : il faut publier, tout de suite, pour exploiter l'effet créé à Paris par Mirèio, et imposer à la critique l'idée que Mistral n'est pas seul.
Pouvait-on sérieusement espérer que les intellectuels de Paris, ou leurs homologues occitans francisés des quelques villes du Sud où existait une réelle vie culturelle, prendraient vraiment en charge le renouveau d'une langue qu'ils ne parlaient pas et qui ne leur apportait rien d'autre qu'une fugitive délectation esthétique? Mais, à l'inverse, pouvait-on, avec les seules armes de la littérature, influencer les pratiques linguistiques de populations qui ne lisaient pas - ou pas ça - alors même que les raisons profondes du changement de langue n'étaient ni traitées ni même seulement perçues? Les félibres avignonnais sont d'abord des écrivains. Ce qui ne leur confère pas forcément des qualités d'animateurs culturels, moins encore d'agitateurs politiques. « Si le coeur de nos vaillants amis avait battu à l'unisson du mien... », disait Mistral en 1865. Un peu plus tard, son poème le plus revendicatif - La Countesso (encore une allégorie, avec belle princesse et méchante marâtre, que doivent déconfire de jeunes mâles ardents et patriotes) - est rythmé par ce refrain : « Ah, si l'on savait m'entendre! Ah si l'on voulait me suivre ! » Voilà bien des si. La réalité, c'est que Mistral est seul. Et où aurait-il fallu suivre Mistral, d'ailleurs? Son discours semble cohérent : le Midi, Catalogne comprise, a été un pays au Moyen Age. Il a vocation à retrouver le même statut. Voilà un énoncé nationaliste facile à comprendre. Le problème, c'est que le projet mistralien est on ne peut plus vague, onirique plus que politique. L'espace même qu'il concerne reste imprécis : la Provence? Ou ce Midi qui représente le tiers de la France? Ou une constellation de ces « cités » qui doivent retrouver leur liberté? Broutilles que tout cela, au demeurant. L'essentiel est ailleurs, dans la vie d'une société qui est à cent lieues de l'univers mistralien. Rien dans son évolution, sous le second Empire, ne lui permet de se reposer, sous quelque forme que ce soit, leproblème de son identité nationale et culturelle. Là-dessus surviennent la défaite de 1870 et la Commune. La première va bientôt entraîner un raidissement de l'idéologie nationale française, peu propice à la remise en cause de ses fondements
Les grands rêves sont mis de côté, et le Félibrige tente maintenant de louvoyer au plus près des réalités. Il ne disparaît pas. Mieux, il recrute. En 1876 il se donne des statuts à peu près définitifs, qui apportent un cadre précis aux adhésions nouvelles et il compte bientôt quelques centaines de membres. Des déclarations, pas d'action. Le Félibrige en est bien incapable. Non du fait d'une quelconque absence d'organisation : rien de plus structuré que lui, en apparence. Ses statuts décrivent un organigramme très élaboré. Au sommet trône le président, le capoulier - jusqu'en 1888 c'est bien sûr Mistral. Il est élu par l'état-major de l'association, le consistoire, composé de cinquante « majoraux » cooptés à vie. Il est assisté d'un bureau, émanant lui aussi du consistoire, où siègent syndics et assesseurs. Le secrétariat et les finances sont détenus par un chancelier. En dessous, se bouscule la fouie des félibres de base, les mainteneurs, regroupés au niveau local dans des escolo (écoles) et au niveau régional dans des maintenances, dépourvus par ailleurs fie tout pouvoir de décision et de toute influence sur la marche d'une société dirigée exclusivement par le haut. Tout l'édifice marche au rituel : à chaque grade correspond un insigne spécifique - étoiles, cigales d'or ou de bronze, fleurs en argent... La Fête annuelle, la Santo Estelio, se clôt par un banquet au coursduquel les convives boivent successivement dans une coupe ciselée offerte en 1868 par les Catalans, au temps de la lune de miel transpyrénéenne. Tout cela est fort spectaculaire, et confère au Félibrige un caractère étrange, quasi maçonnique. Mais la réalité de l'action menée par cette lourde machine n'est pas à la hauteur de sa complexité. Cette action, c'est d'abord la production d'un discours officiel vite rodé, destiné à populariser les thèses félibréennes. Le moment fort est évidemment la Santo Estello, là où se rencontrent les félibres de tout le pays, et la foule de la ville choisie comme lieu de la fête. Le capoulier prononce alors un discours, pieusement reproduit par la presse interne au mouvement, et qui tient du discours du trône, du discours de distribution des prix, du rapport moral et de l'encyclique. C'est à travers ces discours que passe le message félibréen. Parmi les éléments forts de ce message, on trouve bien sûr le recours à l'histoire, notamment à ce glorieux Moyen Âge d'oc qui fascinait déjà les précurseurs du Félibrige, cet âge d'or qui légitime aux yeux des félibres leurs ambitions actuelles.
En fait, la valeur phare qui apparaît, lancinante, dans tous les discours, celle qui conditionne tout, c'est la langue. C'est elle qui définit le territoire du « Midi ». C'est elle qui exprime son âme. Sa mort serait celle du Midi. C'est à sa défense que doivent servir toutes les actions menées en pays d'oc pour trouver grâce aux yeux des félibres.
La promotion du folklore dans l'action félibréenne a deux significations: l'alignement minimaliste sur des pratiques acceptables par la société et l'idéologie dominante, d'abord. Mais aussi l'instauration dune sévère division du travail entre vrais félibres et « peuple d'oc ». Aux premiers le travail sur la langue, au second le simple rôle passif de porteur des signes fossilisés de son identité. Les uns parlent, les autres écoutent, engoncés dans les chatoyantes étoffes des costumes que leurs grand-mères avaient délaissés, ou dansent des pas antiques au son d'instruments dépoussiérés, ou font de la figuration dans des fêtes ordonnées par d'autres. Étant bien entendu que nos félibres se sont préalablement livrés à tout un travail de mise en forme de ce folklore, une mise en forme qui est aussi un tri : ce sont certaines chansons, certaines fêtes, certaines formes de costume qui ont leur préférence. Mistral milite ainsi vigoureusement pour la promotion du costume des Arlesiennes, y compris en dehors du pays d'Arles. Ce qui lui vaut de passer, dans l'imagerie française, au rang de symbole de la Provence tout entière. Etant bien entendu que le même Mistral a pris soin auparavant de décrire avec minutie ce que doit être le costume d'Arles, interdisant ainsi à celles qui le portent de le modifier si peu que ce soit. Son raisonnement est limpide. Après avoir décrit les différentes formes prises par ce costume depuis le XVIIIe siècle, il observe négligemment que la forme qu'il tient pour définitive s'est fixée justement en même temps que le Félibrige prenait son essor. Elle lui est donc indissolublement liée et, comme telle, n'a plus lieu d'évoluer.
Voilà un joli paradoxe : le Félibrige s'affirme « né du peuple », « marchant avec le peuple », défendant la langue du peuple, alors même qu'il fabrique concrètement quelque chose qui n'a que peu à voir, hormis la langue, avec les pratiques culturelles réelles de ce peuple. Alors même, surtout, qu'il ne cesse de déplorer l'attitude de ces masses qui ne suivent guère les injonctions des félibres, et ne cessent, par l'exode rural comme par la francisation, de rompre avec l'état dans lequel le Félibrige aurait voulu les voir rester. Contraignant ainsi ce dernier à adapter à sa manière le propos de Brecht : le peuple n'étant pas bon, il importe d'en fabriquer un autre - le peuple en panier des discours et des poèmes, ou le peuple déguisé des parades de la Santo Estello.
Ce paradoxe ne fait, au demeurant, que renvoyer aux deux contradictions fondamentales qui caractérisent l'oeuvre concrète des félibres. Première contradiction : son influence locale, sans être inexistante, est très en deçà des ambitions proclamées. Les félibres se voulaient l'avant-garde d'une société: méridionale recouvrant son identité. Faute de relais dans cette société, ils se voient vite incapables d'agir sur elle. Ils ne sont pas hégémoniques dans le monde des acteurs culturels : les sociétés savantes méridionales, l'un des lieux où s'élabore pourtant tout un savoir, historique notamment, sur le local leur échappent. Non qu'ils n'y figurent pas; Mistral est membre honoraire de plusieurs académies, tel ou tel majoral influent peut figurer parmi les fondateurs ou les animateurs de telle société départementale, il ne s'ensuit nullement que ces sociétés adhèrent, ou simplement fassent place à l'idéologie félibréenne. Bien souvent, au contraire, elles l'ignorent délibérément, si même elles ne la combattent pas. La fin du siècle et le début du suivant voient se multiplier, dans les grandes villes, de petites revues littéraires de jeunes, affichant souvent une étiquette « régionaliste ». Ces revues ne font pratiquement aucune place à l'occitan, elles se veulent rampe de lancement et banc d'essai pour de jeunes talents destinés à une carrière nationale; du même coup, c'est exclusivement dans le champ de la culture nationale qu'elles doivent se situer. La presse régionale est alors assez riche, quantitativement et qualitativement. Elle est, bien sûr, en français. Il arrive qu'y paraissent des articles en occitan mais ce ne sont pas toujours des félibres qui les écrivent. Il est rare que les activités félibréennes retiennent l'attention de ces gazettes et, quand cela arrive, ce n'est d'ailleurs pas nécessairement pour soutenir l'association. Enfin, le vaste monde associatif échappe à l'action félibréenne. Le capoulier Dévoluy (1901-1909) propose un moment d'associer au Félibrige toutes les sociétés qui oeuvrent, d'une manière ou d'une autre, au service du Midi. Il pense même aux syndicats. C'est un échec. Il y a pourtant des outils de circulation de la pensée félibréenne : les escolo, ces groupes locaux, assurent la présence du Félibrige dans la plupart des grandes villes. Et l'on voit fleurir des revues assez nombreuses, où paraissent articles et poèmes en occitan, tandis que, régulièrement, des concours littéraires assurent le recrutement et le filtrage des nouveaux talents. Mais c'est là un circuit fermé. Les revues ne sont lues que par des félibres, leur contenu ne peut d'ailleurs intéresser personne d'autre, puisque, le plus souvent, il n'y est question que de l'actualité interne à l'association, la vie concrète de la société locale n'étant envisagée qu'au cas où l'un de ses aspects vient conforter le discours félibréen. Il existe une édition en occitan, mais très minoritaire. Dans les départements, Bouches-du-Rhône, Hérault, Vaucluse, où l'action félibréenne est le plus intense, il est rarissime que les titres en occitan atteignent les 10 % de ce qui s'imprime dans le département sur une année. Le plus souvent, le chiffre annuel se situe entre 2 et 5 %, avec des tirages qui dépassent rarement les cinq cents exemplaires. En tenant compte du fait que tous les titres ne relèvent pas de la mouvante félibréenne (il n'est pas rare de voir paraître des brochures dues à des auteurs qui ignorent ou rejettent l'enseignement de Mistral), ces chiffres sont faibles. Ils ne sont pas négligeables, compte tenu du statut réel de l'occitan dans une société qui ne lui accorde officiellement aucune place, mais on voit bien qu'ils traduisent aussi l'incapacité de l'écrit d'oc à s'imposer sur son propre territoire. Quant aux hommes politiques locaux, il peut leur arriver de faire campagne en « patois », il arrive aussi que tel maire ou tel député participe à une fête félibréenne. En aucun cas, toutefois, cela n'implique qu'ils prennent en charge, dans leur pratique politique quotidienne, la cause félibréenne. En clair, le Félibrige n'a aucune influence réelle sur la vie quotidienne du pays qu'il défend. Pis, il lui arrive de refuser d'en exercer une alors même qu'on l'en prie. Le meilleur exemple est celui des légendaires manifestations viticoles de 1907. Individuellement, des félibres y sont mêlés. Un des leaders du mouvement, le député-maire socialiste de Narbonne, Ferroul, compte même au rang des sympathisants de l'association et fait volontiers allusion, dans ses discours, à la thématique albigeoise. Mais Mistral, sollicité très officiellement par Ferroul et Marcellin Albert, l'autre grande figure du mouvement, refuse de s'engager nettement aux côtés du mouvement. Il ne discerne pas, dit-il, quel profit la défense de la langue peut retirer d'un mouvement qui a évidemment un tout autre propos. Bien sûr, eût-il accepté, on voit mal ce qui aurait pu en sortir, pour les uns et pour les autres. Mais l'important est qu'il ait refusé d'entrer dans le jeu. On ne saurait mieux montrer à quel point les fins propres du Félibrige sont étrangères au mouvement social en pays d'oc.
Ils voulaient conquérir Paris, lui imposer la reconnaissance de leur existence et du bien-fondé de leur démarche. Ils rencontrent effectivement un certain écho, mais sans voir à quel point cet écho est déformé, et à quel point, somme toute, ils sont peu compris. Paris ne prend de leur message que ce qui peut être utilisé, à l'occasion, dans l'un ou l'autre des montages idéologiques qui s'affrontent sur les bords de Seine. Il rejette sans autre forme de procès ce qui constitue l'axe de l'idéologie félibréenne : l'idée que les Méridionaux constituent un peuple spécifique doté de sa langue propre et qui doit à ce titre bénéficier d'un traitement particulier à l'intérieur du corps national. Le Félibrige entendait construire, à l'abri de la lourde machine de ses statuts, une sorte de contre-société occitane, offrant au peuple du Sud l'image d'une alternative séduisante au provincialisme à la française, bâtissant en laboratoire une identité occitane nouvelle propre à maintenir la spécificité méridionale par-delà l'évolution et la francisation de la société traditionnelle. Ils 'ne créent au bout du compte qu'un kyste, isolé du reste de la société, où quelques intellectuels jouent à dessiner une histoire, une langue, une écriture, un corpus ethnographique sur mesure, doté de sa propre cohérence, certes, et non toujours dénué de valeur, mais étranger de fait à la réalité du fonctionnement culturel dans leur propre pays, sans rapport avec les aspirations d'un mouvement social qui n'a alors aucune raison de s'interroger sur la francisation.
Le Félibrige ne naît pas par hasard, ou par la simple prédestination du génial Frédéric Mistral. Il constitue, à son échelle et à sa manière, une réponse aux mutations que subit le « Midi » au XIXe siècle. Mutations économiques, sociales, mentales, qui frappent de plein fouet cette périphérie relativement lointaine de l'espace français, et qui constituent, pour ses habitants, un choc pas toujours salutaire. Le Félibrige n'est certes pas en position d'analyser clairement ce bouleversement. Animé par des amants de la langue occitane, il perçoit d'abord ce qui la touche directement : son éviction des circuits de communication sociale, sa condamnation à mort, au nom de l'unité et de la civilisation, par l'idéologie dominante. Son projet a toutes les apparences de la cohérence. A ce Midi en passe de se perdre, il propose une idéologie nationale, alternative à l'idéologie française, et armée de pied en cap : un territoire, celui de la langue d'oc, une version historique propre, celle des démêlés du Sud et du Nord, une culture séculaire, peut-être même un projet politique, le fédéralisme. Pour que cette apparence devînt réalité, il eût fallu l'appui d'un mouvement social, susceptible de s'identifier aux valeurs collectives proposées, parce que y trouvant, face à une France contestée, la légitimation historique de son refus. Or ce refus, cette contestation n'existent pas. L'Occitanie n'est ni la Catalogne ni la Tchécoslovaquie, son insertion dans l'espace français est déjà trop bien engagée, trop bien acceptée, globalement, pour laisser place à une véritable revendication nationalitaire. Dès lors, le Félibrige n'a d'autre issue que de ruser, en modulant son discours pour le rendre compatible avec la place qu'accorde aux particularismes régionaux l'idéologie de la nation française. Et cette place, c'est celle du pittoresque, ou de l'attendrissant, ou d'un patriotisme local étroitement subordonné au culte de la Grande Patrie.
Le Félibrige a donc échoué, à l'aune du moins des ambitions déclarées de ses militants les plus fervents. Soit. Mais il a survécu, survit encore à cet échec. Du fait de la simple force de conservation des structures qu'il s'est données : l'appareil, devenu hiérarchie honorifique, le rituel, devenu folklore clanique, le message, devenu langue de bois, tout cela permet la perpétuation de l'association, du fait même de son caractère immuable.
Le Félibrige a survécu, par ailleurs, parce qu'il est fondamentalement, au-delà des velléités politiques qu'il a connues, d'abord une association littéraire, et que la littérature a son autonomie par rapport à la vie sociale. Tant qu'il existe des auteurs pour adopter comme langue de création la langue d'oc, l'existence du Félibrige, comme de son épigone-rival l'occitanisme, reste possible.
Ce qui nous ramène à l'alpha et à l'oméga : la langue. Le Félibrige n'a pas freiné son effacement. Les mécanismes mentaux, sociaux, économiques, politiques, communicationnels qui y poussaient. étaient à l'abri de ses atteintes, car ils se déroulaient dans les sphères qui échappaient à l'action de nos poètes. Mais une langue ne s'efface pas aussi facilement que les contours d'un champ remanié par le remembrement, ou qu'un savoir-faire professionnel rendu obsolète par l'évolution technologique, ou qu'une mode musicale ou littéraire. Elle tient à ses locuteurs par des liens obscurs mais autrement plus forts. C'est seulement depuis 1930 que l'occitan est vraiment entré dans une phase qui risque fort d'être terminale. Il est donc suffisamment présent encore pour que son ombre pose problème. Et l'effet le plus clair de la renaissance d'oc a été précisément de le faire émerger comme problème. Il y a encore, dans les nouvelles classes moyennes intégralement francisées d'aujourd'hui, des individus pour penser le rapport à cette langue dans des termes semblables à ceux de ces félibres des classes moyennes du siècle passé. La mémoire et le projet fondés par le Félibrige gardent donc toujours, en d'autres termes, une certaine capacité attractive dans la société méridionale. Niée, dédaignée, folklorisée au coeur même de son espace naturel, elle y trouve pourtant toujours matière à se perpétuer. Elle fait partie - avec d'autres - du paysage mental national. Peut-on rêver d'un jour où la conscience française saura lui faire enfin une vraie place ?
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VIE ACTUELLE
LE COIN DES ASSOCIATIONS
La SPN société
protectrice de la nature.
Des orchidées
protégées ont été trouvées en nombre sur
le triangle de Villeroy ; Des Tamaris Africana, dont la reconnaissance a été
certifiée par trois experts. Une pétition de 2500 signatures
contre le projet d'aménagement du triangle de Villeroy a été
apportée à la mairie, fin mai, depuis 400 autres signatures
ont été recueillies
Mr. Le maire, F.Comeinhes, déclare
vouloir ajourner le projet, mais sera t il assez fort face à la SAGE,
société gérant le projet dont Mr Liberti est à
la tête, qui ne veut pas reculer malgré l'évidente désapprobation
d'un bon nombre de Sétois. Une partie de la mairie actuelle sembler
penser que le triangle de Villeroy pourrait être une bonne affaire immobilière.
Qui va gagner ?
Que sera cette zone du littoral
dont la richesse en faune et flore ( 338 espèces de plantes recensées
ce printemps, dont certaines rares ou protégées car en voie
de disparition) est très grande - voir dans un Chichois précédent
les articles sur le rôle indispensable des zones humides.
Le triangle de Villeroy sera t-
il le énième lotissement moche, bruyant, d'utilité fort
discutable, si ce n'est la rentabilité pour un tout petit nombre, ou
un parc protégé pour le plaisir de tous et la conservation,
sur le long terme, des ressources naturelles. Les procédures judiciaires
engagées par la SPN coûtent très cher vous pouvez participer
:
ATTAC association
pour la taxe Tobin et l'action citoyenne.
Cette association, nationale, est
active sur le bassin de Thau sur plusieurs fronts :
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LA PLUME
Romain Blahuta récidiviste ?
Après "L'oiseau de mauvais augure" et "Tueur de femmes", voici un nouveau polar tout aussi prenant... un cauchemar pour vos nuits blanches. "Le souffle de la mort", édité à compte d'auteur, s'inscrit dans la lignée des polars français bien construits. L'intrigue est bonne, réaliste à souhait et jamais triviale. L'écriture de Romain Blahuta est agréable et s'affirme de mieux en mieux. N'hésitez pas à vous lancer à la poursuite de ce tueur mystérieux qui veut à tout prix se faire la peau de l'inspecteur Jordan. Parviendra-t-il à ses fins ? C'est qu'il est très sympathique ce William Jordan, avec un petit côté James Bond notamment dans le choix de ses rencontres féminines, de véritables Bond's girls ! Un James Bond, certes, mais sans les gadgets et effets spéciaux... obstiné, un poil teigneux mais si humain... il avoue au lecteur sa trouille, ses doutes, et continue néanmoins à lutter contre cet adversaire inconnu avec, pour toute arme, l'efficacité d'une équipe bien soudée et les moyens techniques de la police qu'elle soit scientifique ou de terrain.
Bernard STÉPHAN
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Pour tous ceux qui n'arriveraient pas à se procurer les ouvrages que nous présentons, n'hésitez pas à nous adresser un E-Mail. Le chichois se fera un plaisir de vous conseiller ou de vous trouver une solution pour vous le procurer. : Bernard Stéphan / Maison de la Presse 1 rue général de Gaulle
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INTERVIEW
Le
Chichois avait rendez-vous avec un Gorille....
.........., un authentique gorille sétois. Surprise !!! Ce fut Bill Clinton qui vint au rendez-vous, pas le vrai bien sûr, mais la ressemblance y était. Et au final c'est un auteur-compositeur-interprète que nous avons découvert sous la peau du gorille et les traits de Bill Clinton.
Jean-Yves SCHAPMAN, car c'est de lui dont il s'agit, fait partie des nouveaux sétois. Il a passé toute sa jeunesse dans le nord de la France. Après une scolarité sans histoire, il sort du CREPS avec un diplôme d'éducateur sportif (spécialités natation et karaté). Il commence sa carrière sur Lyon. Son parcours très sportif (il fait partie de l'équipe de France B de karaté) lui vaut d'être remarqué par la Police Nationale qui lui propose de former des OPJ (Officiers de Police Judiciaire) et d'entraîner les hommes du GIPN (Groupe d'Intervention de la Police Nationale). Parallèlement à son activité d'éducateur sportif, il commence une carrière de garde du corps. Il assurera ainsi la protection rapprochée d'hommes politiques (Charles Hernu par exemple) ou de personnalités du show-business. Peu à peu, ce métier deviendra sa principale activité. De free-lance, il deviendra rapidement attaché à l'agence JPS qui travaille dans le domaine de la protection rapprochée au niveau international.
Chemin faisant, il deviendra sétois de coeur... mais si l'île est singulière, le coeur est pluriel. Car c'est en épousant une Sétoise que notre gorille viendra se fixer dans notre cité.
A Sète, il fera la connaissance de Gérald SELVA, ancien para et garde du corps également. Ils sont aujourd'hui associés et forment, à Sète, des body-guards qui viennent de tous les pays du monde. Cette nouvelle activité ne les empêchant nullement de poursuivre des missions pour l'agence JMS.
Ces missions sont diverses... des émirs principalement mais également des politiques (souvenez-vous lorsque Séguin est venu à Sète, Jean-Yves faisait partie des gardes du corps) et des vedettes lors de manifestations comme le festival de Cannes ou celui de Deauville.
La ressemblance de Jean-Yves avec Bill Clinton est née à Sète, très précisément chez le coiffeur Antoine, rue Louis Blanc. Jean-Yves, ce jour-là, s'y est rendu avec la ferme intention de se faire teindre les cheveux pour faire disparaître cette couleur poivre et sel qu'il ne supportait guère. Antoine y mit tout son talent de persuasion pour le convaincre du contraire et ce fut l'arrivée inopinée d'un client qui demanda à avoir la même teinte poivre et sel que "le monsieur" qui finit de convaincre Jean-Yves de ne pas changer sa couleur. Il se contenta d'une coupe. A peine sorti du salon de coiffure, il se faisait apostropher par quelques passants du sobriquet "oh Bill !!!". Le Sétois, à qui on ne la fait pas, avait de suite remarqué cette similitude entre les deux personnages.
Ce fut à Deauville lors du Festival de film américain que le phénomène a pris une ampleur importante, internationale dirais-je même. Harcelé par les médias, Jean-Yves eut droit à plusieurs passages télé. Son caractère de sosie fut si bien reconnu que l'agence Starway (spécialisée dans les sosies) lui proposa de gérer sa carrière de sosie. Depuis, il a été sollicité pour participer à des soirées événementielles...A tel point que lors du Festival de Cannes, il fut engagé autant comme garde du corps que comme sosie de Bill Clinton. Luc Besson l'a remarqué... il n'est pas impossible que ce contact débouche sur un projet concret. Les américains aussi l'ont remarqué et l'agence Fahrenheit (production de films aux USA) lui propose un long métrage aux Etats-Unis. Qui sait, peut-être verrons-nous bientôt Jean-Yves sur un écran ?
En attendant que le cinéma le découvre, Jean-Yves travaille dans un art qui lui est cher : la chanson. Auteur-compositeur et interprète, il prépare la sortie d'un CD. Quatre chansons dans des styles bien différents. De la musique latino à la chanson romantique. Nous vous livrons, en avant première, la couverture de son prochain CD.
Ce n'est pas un coup d'essai pour Jean-Yves, il avait déjà sorti, il y a deux ans, une première chanson "La femme de 40 ans" qui n'a pas réellement percée, faute d'une bonne communication. Une erreur de jeunesse que l'auteur se promet de ne pas refaire. Par contre, le travail qu'il a effectué comme auteur-compositeur commence à porter ses fruits. Il écrit notamment des chansons pour Anne-Céline LOPES-CLEMENCON qui fût premier prix de Graine de Star en 1999 et est de nouveau sélectionnée pour le prochain Graine de Star.
Un homme à suivre... et le Chichois est heureux de vous avoir présenté ce Sétois peu ordinaire.
Bernard STÉPHAN
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MOMENTO FINIS <> Suite du numéro 17
------ Couvert de chaînes et de sang on me jeta aux pieds de l'homme qui avait détruit notre commanderie et fais exécuté nombre de nos frères. J'avais du mal à me relever car un des garde m'avait transpercé l'abdomen avec son arme. Je levais donc la tête avec peine et regardais le sultan droit dans les yeux. Celui-ci me parla directement en latin.
<> "Alors c'est à toi que nous devons cette remarquable évasion ?"
<> Je ne répondis pas.
<> "Tu à tué douze de mes meilleurs gardes, et tu a mis en fuite le démon qui hante nos murs." Le sultan fit une pose. "Normalement je devrais te faire exécuter sur le champ. Toutefois je n'en ferais rien car tu possède en toi la force des djinns. Tu es le meilleur combattant que je vois à ce jour mais possèdes tu aussi leur sagesse ?"
<> Là je me permis de répondre. "Non je ne la possède pas, ni même leur connaissances."
<> "Je m'en doutais. Au lieu de te tuer, nous allons t'apprendre une partie de notre savoir et à ce moment peut-être que tu comprendras que votre invasion n'est pas une sainte guerre. Vous les barbares du nord." Il regarda ses gardes. "Soignez-le et faites appeler Mourad." Il me regarda. "Quelqu'un que tu connais non ?"
Alors que les gardes me transportaient hors de la pièce, je le vis sourire. Une dernière chose attira mon regard, un homme qui portait un habit blanc et un croix rouge sur son épaule gauche sortit de derrière une tenture : un templier !! "
de Alexandre Denjean / A suivre dans le numéro 19
Desserts sucrés
Semoule aux fruits
150 gr de semoule de blé, une pomme, une orange, 100 gr de sucre, Fruits secs (raisins, abricots, pommes, noisettes, etc...) cannelle, feuille de menthe.
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Poires au chocolat
4 poires, 40 gr de chocolat, 2 cuillérées d'eau de vie de poire, une pincée de gigembre, feuille de menthe.
<> Servir avec une cerise et deux feuilles de menthe.
LE CONSEIL DU SOMMELIER
Servir avec un Pouilly Fumé -- Domaine de la Maltaverne-- Blanc 97 en vente sur le site Internet
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Brèves
de comptoir.
Lecture de l'Épaule de Saint Pitre..
Racontée par l'archevêque Tutu: un homme glisse sur le bord d'un ravin. Il tombe mais réussit à s'accrocher à une touffe d'herbe. Il reste suspendu dans le vide. Terrorisé il lève les yeux au ciel et crie: --- "Au secours! Y-a-t-il quelqu'un qui puisse m'aider?". Alors, une voix sort des nuages. "Oui! C'est moi, ton Dieu. Je peux t'aider".
L'homme est très soulagé mais Dieu ajoute "Me fais-tu confiance? Une confiance absolue et inconditionnelle?". L'homme répond oui, bien sûr. "Alors je peux te sauver. Mais d'abord tu dois lâcher cette touffe d'herbe - n'aie pas peur".
L'homme réfléchit quelques instants, lève les yeux au ciel et crie "Y-aurait-il QUELQU'UN D'AUTRE ? "
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Il ne faut jamais juger les gens sur leurs fréquentations : Judas, par exemple, avait des amis irréprochables.
Une dame à perdu son chien. Comme c'était sa seule compagnie pendant de longues années elle a voulu le faire enterrer par un prêtre. Elle va voir le curé du village qui refusa. Elle insiste un peu mai ce dernier ne changea pas d'avis.
Alors elle dit avant de partir : Dans ce cas je vais voir le pasteur protestant qui acceptera sans doute les 2000 F. Alors le prêtre s'exclama "vous auriez pu me dire tout de suite que votre chien était catholique"
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