Le CHICHOIS N°16 . VERSION PAPIER . www.opisline.com
Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net.
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14 / 05 / 2001<> (Prochaine parution le :28 / 05 / 2001 )
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ECHOS

Voitures volées On vous a volé votre voiture? La plupart du temps, vous la récupérez assez vite en allant la rechercher dans les rues peu fréquentées, là où l'ont laissée certains sauvageons après leur virée nocturne. Mais il arrive aussi, et de plus en plus souvent, que ces "emprunteurs", soucieux que la police ne retrouve pas leurs traces, s'en débarrassent en allant les jeter dans un bassin du port sétois. L'endroit préféré est le bassin de Cayenne, vers la Gare SNCF. De temps en temps, les pompiers vont y plonger. Bilan de leur dernière visite des profondeurs: cinq autos repêchées. Mais dans quel état...

Les chevaux de Saint-Clair Le conseiller général Francis Crouzet a une phobie: le feu à Saint-Clair. Pendant quinze ans, il a veillé au débroussailllage des pinèdes et suscité une surveillance de la foret sétoise par des gardes à cheval. Abandonnée depuis deux ans, cette formule mérite selon lui d'être reprise. Commeinhes sera-t-il plus à cheval que Liberti ?

Huîtres cuites Marcel Carquet, qui forme les apprentis cuisiniers au CFA de Sète, relance la mode des huîtres cuisinées à la crème de pruneaux, au cresson, en beignets ou à l'américaine. Toutes recettes que l'on devrait découvrir bientôt dans les restaurants locaux lorsque les apprentis d'aujourd'hui en seront les chefs.

Vla le T.G.V. Dans 3 semaines, le 1 juin exactement, le nouveau T.G.V. arrivera à Sète qui sera alors à 3 heures de Paris. Du coup, la vieille gare subit un coup de neuf, chiffré à 3,5 millions de francs. L'accueil des voyageurs sera nettement amélioré. Sauf les jours de grève, bien sur.

Escales Vous aimez voir les beaux bateaux qui s'amarrent au Quai d'Alger? Voici les prochaines escales de ces navires de croisière: -mardi 15: "Black Watch" avec 830 passagers. dimanche 27 et mardi 29 mai: : "Seven Seas" avec 500 passagers.
 
 

B.Baraillé
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BALLADE

L'Abbaye de Fontcaude

La source d'eau chaude de Fontcaude a toujours été sacrée.

Si au 12° siècle, on y a construit une abbaye, c'était pour éradiquer les traditions païennes qui s'y attachaient et aussi parce qu'un des chemins de Saint-Jacques y passait.

Aujourd'hui, sauvée de la destruction par l'abbé Giry, cet ultime exemplaire de l'art roman dans notre région offre son Église abbatiale avec un mobilier liturgique d'époque, un cloître gotique du 13° siècle, une fonderie de cloches et le moulin à huile des chanoines, les deux datant de la fondation, et un Musée du site.

Pour vous y rendre, allez à Béziers par l'A9, sortir Béziers Ouest, direction Cazouls-les-Béziers puis Cazedarnes. Renseignements au 04 67 38 23 85.

B. Barraillé

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SCIENCES
 

LA LOGIQUE ET LA FOI ( BONNE OU MAUVAISE )

    Cette semaine j'ai reçu - par quelle filière ?,  par quel fichage ? - quelque chose ressemblant à un journal, dont le titre est " Famille et Santé ",  pour faire plus vrai il est numéroté N°127 et son prix est marqué en francs,  pesetas, francs belge et dollars !
La première page de couverture annonce : des solutions miracles et des remèdes naturels contre divers maux, et en plus gros : " ce qu'on vous cache sur l'homéopathie " laissant deviner un numéro spécial entièrement consacré aux médecines parallèles - dont l'homéopathie !
En fait nul part il n'y a d'ours, le journal n'est qu'une publicité pour un " laboratoire " dont la seule activité est d'éditer - fort cher - une encyclopédie d'Homéopathie !
Il m'a paru amusant et défoulant de suivre l'argumentation de ce qui ressemble à un prototype du bidonnage, à un modele de l'escroquerie dans ce vaste domaine qu'est la santé et les méthodes " naturelles ". Jouant sur nos craintes, espoirs, ambiguïté et croyances diverses, c'est aussi un modele de ce qui est communément utilisé dans toute propagande, tant politique ( surtout des partis extrémistes) que sectaire.
Il y a des arguments très grossiers, proches du non sens comique, mais sans la moindre volonté consciente d'humour et d'autres qui jouent sur la réalité en la systématisant.
Dans la première catégorie il y a quelque chose de vraiment extraordinaire dans le genre " paralogie " : " Partout dans le monde, l'homéopathie est de plus en plus reconnue. Et le symbole de cette reconnaissance n'est il pas le fait que le portrait d'un homéopathe, le docteur Gachet, par Vincent Van Gogh, son patient, est l'un des tableaux les plus chers vendus dans le monde ?.. " on en reste coi,  et encore une fois ce n'est pas de l'humour ( ce n'est pas du tout le genre de " Famille et Santé " !). On se trouve en face d'un raisonnement qui est un syllogisme tordu, et qui veut faire passer plusieurs idées :

     On peut se demander quel mépris, le directeur du dit " laboratoire ",  a des gens pour penser qu'ils se laisseront prendre à un piège si grossier ! Ou peut être s'agit il d'une tactique proche de la propagande des nazis par Goebbels : plus le mensonge est gros plus ca peut passer ! Ici on ne peut parler de mensonge, mais d'oubli puisque nulle part n'est dit ouvertement l'axiome plutôt douteux que: ce qu'on apprécie dans un tableau est la raison sociale du modèle.
Bien sur dans cette citation la bêtise est tellement énorme qu'on pense que c'est rédhibitoire, mais la pureté raciale n'est ce pas aussi énorme ? et le projet de dominer le monde ? ou d'être persuadé que les extra terrestres sont parmi nous ? et d'être prêts à sacrifier nos vie pour ça ? Hannah Arendt disait que tous les tyrans sont des clowns et le restent même après des millions d'exécutions
   Continuons la visite au pays des affirmations délirantes. ! Délirantes et closes sur elles mêmes , inattaquable, indiscutables.
D'abord l'article commence par éliminer les concurrents proches : La Phytothérapie, elle, est dangereuse, les plantes sont souvent des poisons, alors que l'homéopathie ne peut faire de mal même si le choix du médicament est erroné, elle n'a jamais d'effets secondaires. Qui a jamais vue de telles réalités qui n'ont qu'un aspect positif quelque en soient les conditions ? Les chinois ont un dicton (nous aussi en avons un proche, mais plus moralisateur) qui énonce : " tout ce qui a une face a un dos, et plus grande est la face plus grande est le dos. "
Même les choses les plus simples, les plus naturelles, les plus indispensables, les plus agréables, ont un dos. Ne parlons pas de la technique moderne qui par ses excès pollue, épuise les ressources naturelles, nous englouti sous des tonnes de déchets plus ou moins toxique….
Mais même la satisfaction des fonctions naturelles peut être nocive selon les circonstances : dormir au volant, ou trop dormir peuvent être mauvais, trop ou mal manger aussi , l'acupuncture interdit certains points pendant la grossesse ou selon la maladie, selon son évolution….etc…
Donc seule l'homéopathie se conduit comme une bonne mère, ne se trompant jamais, prenant toujours soin de nous comme de son unique enfant.  Et pourquoi ce privilège? La cause est à double tranchant : parce qu'il n'y a plus de molécules matérielles dans les hautes dilutions, celles qui sont censées être les plus actives. Pas de molécules donc pas d'effets disent les allopathes, ici la conséquence est inverse : pas d'effets secondaires !
Continuons à regarder les arguments de l'article.
Nous arrivons maintenant dans les eaux où vérité et erreur se mêlent, l'une justifiant l'autre. D'abord on nous parle de complot. " Que cache t -on au grand public, qu'il a le droit de savoir sur l'homéopathie ? "
Il n'y a rien de cacher dans le sens du complot organisé sciemment pour tromper le peuple et prendre le Pouvoir. … Mais il est vrai qu'il y a une lourde mauvaise foi du coté de la science officielle, on peut parler d'un parti pris contraire à l'objectivité scientifique elle même.
Ainsi dans l'affaire Benvéniste. J.Benvéniste, à l'époque - 1984 - directeur de recherche à l'INSERN, spécialiste des mécanismes de l'allergie découvre par hasard l'effet des hautes dilutions, la " mémoire de l'eau ".   Les hautes dilutions sont tellement diluées qu'il ne reste que de l'eau, mais cette eau grâce aux " succussions " ( secousses données au tube à essai après chaque nouvelle dilution) garderai la mémoire de l'information donnée par la molécule qui était présente avant la cinquième dilutions, et cette mémoire pourrait déclencher une réaction. Le journal Anglais " Nature " qui avait reproduit dans ses colonnes le protocole d'expérimentation de Benvéniste, a organisé le contrôle des résultats et du mode opératoire selon une procédure différente et beaucoup plus exigeante que celle mise en jeux habituellement pour les publications qui concernent des hypothèses dans la ligne de la science plus orthodoxe (des scientifiques mais aussi magiciens prestidigitateurs seront présents pour contrôler ce qui à priori ne peut être considéré que comme une fraude , enfin seront pris en compte tous les résultats - positifs et négatifs -ce qu'on ne fait pas dans les expérimentations plus conformes). Il y avait un à priori très fort contre Bienneveniste. La conclusion élimina la fraude mais affirma que les résultats étaient du à un artefact, un mauvais protocole. Nature ne publia pas d'autres expériences sur la mémoire de l'eau. Certains scientifiques, sans pour autant être convaincus des propriétés des hautes dilutions regrettèrent le blocus dressé contre la poursuite de telles expériences, soulignant les inconnus à propos des caractéristiques de l'eau. On regrette qu'une même méfiance ne soit pas à l'ordre du jour vis à vis de toutes les hypothèses, même de celle de la science officielle.
Rappelons la triste affaire du Distilben ( des oestrogènes, qui sont des hormones féminines) il fut distribué larga manu à de très nombreuses femmes, pendant 30 ans ! afin de prévenir d'éventuelles fausses couches . L'hypothèse était la suivante : lors d'une fausse couche les taux d'oestrogènes chutent , donc pour enrayer le processus il suffirait de substituer aux hormones défaillantes le médicament. Manque de chance le processus était inverse, c'est parce que l'avortement était déjà fait que les taux d'hormones étaient bas, on avait pris la conséquence pour la cause ! Durant 30 ans personne n'a eu l'idée de cette deuxième hypothèse et trouvé un moyen expérimental de le vérifier ?, peut être l'à- priori de la science que ses médicaments- pas plus que ceux de l'homéopathie - ne pouvaient faire de mal a t- il aveuglé les médecins. Les laboratoires producteurs de la molécule n'ont pas non plus dû pousser à la mise en doute de l'efficacité et de l'absence d'effets secondaires de cette thérapeutique.
Malheureusement ce sont les filles de ces mères là qui ont - et continuent à payer l'arrogante assurance des allopathes : on décela chez elles , dès l'age de 20 ans, des cancers de l'utérus, du vagin… et beaucoup de malformations des voies génitales leur interdisant tout espoir de grossesse .
Et, c'est le plus incroyable, personne, en 30 ans ne s'est aperçu de l'inefficacité de cette prévention des avortements et accouchements prématurés.
Ces trente années ont commencé en 1948 , les prescriptions se sont arrétées au début des années 80, ce n'était donc pas dans des temps reculés de la médecine mais dans une période de toute puissance de la médecine.
On pourrait malheureusement multiplier les exemples d'excès de confiance dans la science.
Revenons à notre journal N°127 ( il y a fort à parier que les 126 premiers numéros lui étaient strictement identiques).
Les preuves de l'efficacité, outre la faveur que trouve l'homéopathie dans le public, le " journal " les voit dans trois expériences menées dans des services Hospitalier.
La première n'est pas datée, les deux autres datent de 86 et 94.
Les résultats suggéraient une possible action des hautes dilutions.
Si on suit les résultats des divers essais thérapeutiques relatés dans des journaux professionnels médicaux, on est frappés par la versatilité des résultats. Pour un même médicament, ou pour un moyen de prévention, les résultats vont se montrer positifs à un moment, et négatifs lorsqu'ils sont réalités six mois ( ou x années) plus tard, par une autre équipe, sur un autre échantillonage de population, puis quelques temps plus tard une autre expérience vérifiera les résultats de la première, etc…
Donc ce n'est jamais - pas plus pour l'homéopathie que pour l'allopathie - une seule expérimentation qui peut prouver l'efficacité d'un médicament. Reste la faveur du public, qui lui pardonne d'ailleurs de ne pas être efficace dans tous les cas graves. Pour les cas qui de toute façon guériront tout seul , il est évident qu'il vaut mille fois mieux prendre de l'homéopathie que des médicaments chimiques qui ont toujours des effets secondaires !

Au total on peut se poser la question des critères de la vérité, si la vérité est adéquation de l'idée et du réel, comment repérer cette adéquation ? En biologie par l'expérimentation qui théoriquement teste les différentes hypothèses. La - une - vérité se construit au fur et à mesure, mais on a vu que l'expérimentation répond souvent de façon ambiguë.
Les " faits scientifiques " ne sont pas toujours univoques, et les controverses scientifiques se résolvent souvent en un consensus dans lequel interfèrent des éléments non scientifiques.

Géronime Glasgow
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EDITORIAL

LE DEVOIR DE MEMOIRE

Mai est le mois des commémorations ! Sète s'est souvenu : bataille de Camérone, journée mondiale de la déportation, victoire du 8 mai 1945 à Berlin, en présence de personnalités civiles et militaires. Ces deux dernières furent placées sous le signe du devoir de mémoire auprès des générations montantes avec, notamment, l'implication d'élèves de CM2 des écoles Jean Macé à Sète et Les Terres blanches à Frontignan mardi 8 mai et celle de lycéens de Paul Valéry primés au concours de la Résistance lors de la journée nationale de la Résistance et de la déportation au monument Rose Roc - maquis Jean-Pierre à la Corniche.

Le devoir de mémoire concerne une " foultitude " d'aspects de la guerre : batailles, résistance de celles et ceux qui s'engagèrent dès les premières heures après l'armistice de juin 1940, déportation, internement rimant avec souffrances, tortures, mort… Il concerne également le comportement, la mentalité des civils lambda d'alors. Ainsi, les résistants médaillés ne doivent pas faire oublier toutes ces familles qui, loin des maquis, ont, dans l'anonymat le plus complet, avec une grande abnégation, partagé le peu qu'elles avaient, caché des enfants Juifs ou non, accueilli des enfants des villes à la campagne, leur permettant ainsi de manger un peu plus à leur faim, de vivre leur enfance malgré tout. A leur manière, ces gens là ont, eux aussi, résisté à l'ennemi.

Le devoir de mémoire se doit également de faire sortir des oubliettes tous ces les résistants de la dernière heure, voire de la 25e heure ! Ceux qui ont pris le maquis pour échapper au Service du travail obligatoire (STO) et qui, pour manger, débarquaient arme aux poing dans les maisons, ne se préoccupant nullement si des enfants étaient affamés. Que dire aussi de ceux qui ont fait du marché noir, non pas pour partager, mais pour vendre aux riches et, ainsi, se constituer un confortable magot. Que dire de ces bons Français, miliciens ou simples individus qui ont dénoncé à tout va leurs voisins parce que leur tête ne leur revenait pas, renseigné les Allemands sur la situation des maquis, jusqu'à les guider à travers routes et chemins. De ceux qui ont libéré leurs petites villes ou villages alors que les Allemands étaient partis depuis belle lurette… De ceux qui, aujourd'hui encore, traitent les enfants nés (ils n'y sont pour rien eux !) de père allemand, d'enfants de boches, de nazis, de SS, faisant porter sur les épaules de ceux qu'ils nomment pudiquement " enfants de la guerre ", le poids d'un pays. Tout le monde a vu le film " Au bon beurre " avec Roger Hanin. Il reflète parfaitement cette réalité.

Le devoir de mémoire implique également de mettre en lumière l'épuration pratiquée par les " gaullistes " de dernière minute. Sans jugement aucun, ces exactions n'ont pas, hélas, frappé que les " collabos ". La liste n'est pas exhaustive : tonte des femmes, tuerie d'infirmières, religieuses ou non, docteurs qui ont soigné des Allemands (eux, soignaient simplement des hommes), de commerçants ne vendant, pour certains, que de simples lacets de chaussures…Il ne fallait pas grand chose pour se retrouver devant le poteau d'exécution ou être balancés, tête première, dans un puits. Cela a bel et bien existé dans n'importe quel coin de France. Et les générations montantes ont le droit de savoir que les méchants n'étaient pas exclusivement chez l'ennemi ! C'était la guerre vont objecter certains. Qu'éprouvent ces braves gens, aujourd'hui parents, grands parents ?

Aucun enseignement n'est tiré de l'histoire. Des hommes, des femmes se sont battus pour la liberté et on retrouve le même obscurantisme, la même méchanceté envers les différences de races, d'habillement, de manière de vivre, de penser… Dieu merci, les courageux rehaussent le niveau.

KATY GOSSELIN


Une information pour les non-internautes : un exemplaire du CHICHOIS sous sa forme papier sera disponible à la médiathèque de Sète. En principe, il sera disponible des le lendemain de sa parution et consultable sur place (vous ne pourrez pas l'emprunter et le lire au coin du feu).

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SCOOP

Logothomie ?

Exit l'art contemporain, le logo bleu de la ville de Sète avec son S et sa vague stylisée créé sous l'ère Liberti est retourné dans les cartons.

C'est donc, à nouveau, l'ancien qui est remis à l'honneur. Classisisme, quand tu nous tiens..

A l'aube des temps mythologiques, inseré dans le golfe du lion, un golfe plus petit, le Golfe de Thau. Sur l'emplacement de ce golfe, une ville, la ville de Thau, s'etait elevé autrefois avant d'etre submergée par les flots de la mer (...) Neptune fronça les sourcils, plongea son trident dans les profondeurs marines, en remonta un cetacé enorme, et le disposa à l'entrée du petit golfe, le transformant ainsi en etang desormais à l'abri des vents d'Est. Le cetacé, espece de baleine à bec de dauphin fut petrifié sur place en voyant le dieu de la mer, ainsi naquit la montagne de Cette.

Les légendes parlent de monstres marins, les anciens parlaient de dauphins, à quand un logo qui s'adapterait à l'identité sétoise réelle ? Un logo avec une tielle par exemple.

Louis Ernesto

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LE COURRIER DES CHICHOINAUTES

lectrices, lecteurs et internautes de tous horizons...

Le Chichois vous l'avait promis : voici l'intégralité des petites histoires écrites par les membres de l'association Lire et Dire. Ce petit clin d'oeil à l'épicurisme contemporain sera expédié à Philippe Delerm, en hommage amical, après le prochain dîner littéraire qui se tiendra au The Marcel le jeudi 31 mai. Si vous désirez participer à cette amicale assemblée, rien de plus facile... Venez simplement après avoir lu le livre sélectionné pour cette prochaine séance : "La musique d'une vie" de Makine Andreï (Ed Le Seuil). Si d'aventure, vous préférez ne pas venir à l'improviste, vous pouvez laisser un E-Mail au Chichois ou encore venir faire un petit tour à La Maison de la Presse... sous ses moustaches fournies, le patron est plutôt débonnaire, voir même bon enfant.

Les trois premiers textes que nous vous proposons aujourd'hui ont été écrit par Rosanna Primon - Anne-Marie Carrion et Gilbert Fourcaud :

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ATTENDRE

Attendre

l'éclosion des fleurs blanches du cerisier.

Attendre

que les figures d'une danse deviennent les gestes de tous les jours.

Attendre

et respirer.

Rosanna Primon

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CHANTER

Les mois d'été passés à la baraquette étaient l'occasion de concerts quotidiens, les choristes n'étant jamais les mêmes suivant les moments de la journée.

Première chorale : à mon réveil, le chant des oiseaux, léger et joyeux m'invitait à me lever.

Plus tard, dans la matinée, sous le soleil qui commençait à chauffer, cachée parmi les hautes herbes du jardin, j'écoutais " l'hymne au travail " interprété par la chorale des insectes dont le bourdonnement venait troubler la quiétude qui régnait alors.

Ensuite, lorsque la chaleur devenait insupportable et que le moment de la sieste était venu, le chant des cigales me berçait à l'ombre des grands pins, apportant la sérénité propice au repos.

Enfin, le soir, dernier concert : installée sur la terrasse, mes yeux scrutant le ciel pour ne pas rater les étoiles filantes qui devaient embellir ma vie grâce aux voeux que je formulais dès que j'en apercevais, j'écoutais une petite musique de nuit jouée par les grenouilles et crapauds qui chantaient en canon.

Outre le fait qu'issue d'une famille italienne douée pour le BEL CANTO, il ne fut pas étonnant qu'à mon tour, bien plus tard, j'eus envie de donner de la voix dans une chorale.

J'étais, dirions-nous, comme conditionnée.

Anne-Marie Carrion

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ENTRE LA LAMPE ET L'AUBE

Tout le drame était construit pour mal se terminer. Et puis coïncidence ou non, miracle ou savoir faire, volonté de tous les acteurs de défendre leurs rôles jusqu'au tomber de rideau...Tout s'arrange et le scénario tourne court. Une nuit taraudée de sanglots et de suffocations avorte sur un dénouement inespéré...Le malade est sauvé. Et les soupirs affectent des mines de muets applaudissements.

La réputation d'un médecin se joue, ainsi, sur le bon plaisir du destin. Le docteur Lebon en profite furtivement et, sans se faire trop d'illusions, accepte machinalement les compliments avant de se retrouver sur la chaussée.

Epuisé à la limite de toute pensée il se laisse porter par l'haleine du quai. A la saumure se mélangent le goudron, le pain à peine sorti du fournil et cette onde d'immensité parvenue du présumé levant. Quelques maigres lampadaires cherchent leurs échos sur le luisant de la rue, abandonnée comme un décor livré aux mystères de la coulisse. Un chalutier tousse dans la brume. Un train lointain essaie de raturer le clapotis du grand canal. La ville renacle à l'éveil comme l'enfant encore accroché à la tiédeur de la couette.

Le médecin avance au ralenti dans un temps suspendu, qui dilue la fatigue comme si une autre journée n'allait pas s'élever contre tout répit. La cire de son masque fond comme un maquillage. Il se sent léger, soulagé de s'être débarassé du déguisement qui cachait le vieil enfant, avide d'enchantement.

Il s'arrête et pousse la porte du bistrot qui vient de s'ouvrir et d'installer ses tables pour accueillir les préparatifs du marché. Premier client et dernier noctambule, il se pose près du comptoir. Il frissonne sans avoir vraiment froid, s'étire et baille sans éprouver l'envie de se recoucher. Le projet de rentrer à la maison s'efface spontanément devant celui de jouir de sa rare disponibilité. Le tenancier tout à son ménage a autre chose à faire que de le reconnaître, mal coiffé, pas rasé, le col et les manches de son pyjama dépassant d'un blouson enfilé, à la diable, dans l'obscurité.

Dans l'arôme du café bien serré et religieusement humé méandrent les idées vagues et buissonnières. Leur petite musique s'insinue pour dérégler, subrepticement, la mesure du temps.

Et notre bon Lebon réentend, surgie des brumes de sa mémoire une repartie de son ami et concitoyen Paul Valéry, " maître cervau sur son homme perché. " - " Votre cervelle, docteur, est un bouillon de culture pour les points d'interrogation. "

Des points d'interrogation qui palpitent, secouent leurs ailes avant de s'envoler et de s'ébattre dans une brise de lumineuse liberté.

Et l'homme échoué au café de la paix, le regard miraculé, en oublie de s'avouer qu'il a bien mérité cet instant.

En hommage à Philippe DELERM. Gilbert Fourcaud

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FLASH

Jean Vilar

Né à Sète, fils d'un camelot, Il abandonne ses études de lettres et se rend à Paris en 1932 à Paris où il rencontra Charles Dullin (cours de théâtre) et le philosophe Alain. Après avoir été codirecteur du théâtre ambulant La Roulotte, il fonde sa propre compagnie, la Compagnie des Sept, en 1943. En 1942 il a monté sa première pièce : La Danse de mort, de Strindberg. En 1945, Meurtre dans la cathédrale, de T.S. Eliot, créé au Vieux Colombier, impose Vilar comme acteur et metteur en scène au public et à la critique. En 1947 il fonde le Festival d'Avignon. En 1951 il est nommé à la tête du Théâtre National Populaire. Son objectif est de faire venir à Chaillot un public populaire, au moins 2500 personnes chaque soir, à un prix très bas. Il créé l'association des Amis du Théâtre populaire, et fonde la revue Bref. Vilar réussit à associer au théâtre les notions de fête, de cérémonie et de service public. Ses mises en scène se basent sur un complet dépouillement scénique : pas de décor, un éclairage très contrasté et proche du travail des expressionnistes, des costumes flamboyants. Il prend souvent des peintres comme collaborateurs. Le théâtre doit être à la portée de tous. Il recherche un nouveau public, un théâtre socialement unificateur. "Il s'agit de faire une société, après quoi nous ferons peut-être du bon théâtre".

A partir de 1961, le TNP se politise. Vilar choisit de monter Antigone, de Sophocle, Arturo Ui, de Brecht, l'Alcade de Zalamea, de Calderon, et une adaptation de la Paix, d'Aristophane, toutes pièces qui traitent du fascisme, de la justice militaire, ce au moment précis de la guerre d'Algérie. En 1963 le mandat de Vilar au TNP prend fin. Il se consacre entièrement à Avignon.

En juillet 1968 quelques centaines de contestataires venus de Paris envahissent le festival, gênent les représentations en réclamant l'engagement révolutionnaire des artistes, et cherchent à obliger Jean Vilar à prendre position. La troupe du Living Theater quitte Avignon, mais Vilar parvient à sauver le festival, rappelant que "pendant la Révolution Française, entre 1789 et 1795, les théâtres ont joué tous les soirs".

Vilar, l'anarchisme et Gatti

Résistant, déporté, Armand Gatti a été successivement journaliste, cinéaste, auteur de théâtre et metteur en scène. Ami de Mao, de Che Guevara, de Jean Vilar, à la fois poète et homme d’action -pour lui, les deux se confondent-, il a arpenté tous les fronts du siècle, du Guatemala à l’Irlande du Nord, de l’Algérie à Cuba. Avant d’échouer à Monaco, Gatti père participa à la création d’un anti-Etat anarchiste en Patagonie. L’expérience, qui dura quelques jours, se conclut tragiquement. Il s’enfuit aux Etats-Unis, où ses activités syndicales lui valurent d’être enfermé dans un sac, lardé de coups de couteau et jeté dans un lac. Il s’en sortit miraculeusement et réussit à regagner le vieux continent - une chance que ne devaient pas avoir Nicolas Sacco et Bartolomeo Vanzetti, les deux immigrants italiens anarchistes condamnés à mort dans le Massachusetts à la même époque pour un crime qu’ils n’avaient pas commis, et à qui Gatti consacrera plus tard une pièce: Chant public devant deux chaises électriques.

C’est en camp de concentration que Gatti a eu la révélation du théâtre. Un jour, il a vu trois rabbins lituaniens jouer une pièce, la plus rudimentaire, mais aussi la plus essentielle qui soit. Elle tenait en trois phrases: "Ich war, ich bin, ich werde sein." "J’étais, je suis, je serai." Elle évoquait d’abord le passé, les pogroms, la diaspora, puis la réalité présente, celle du camp, et finissait par un futur improbable. Devant ces hommes qui miment la ronde d’une errance éternelle, Gatti voit l’incroyable se produire: les prisonniers sourient. Le théâtre permet de remettre en perspective la réalité du camp. Il réintroduit la possibilité d’une distance -et par là même d’une grandeur, d’une dignité. Avec cette psalmodie obstinée, les trois prisonniers risquaient leur vie. Ils ne furent pourtant jamais dénoncés. "De ce théâtre du camp est né tout ce qui est devenu nécessité d’expression, disait Gatti à Marc Kravetz. S’il a été collé aux luttes de son siècle, ce n’est pas par besoin de faire du langage politique -là, je crois qu’il y a eu un malentendu perpétuel-, c’était pour répondre à la situation comme le théâtre du camp répondait à la situation. C’était pour répondre à ce qui était en train de se passer, pour trouver le langage qui convenait."

Vilar et gatti

Le premier, Jean Vilar, fondateur du Théâtre National Populaire, met en scène une pièce de Gatti: Le Crapaud-buffle. Le spectacle reçoit un accueil catastrophique de la critique, qui parle de "salmigondis". Le Figaro réclame l’arrestation de Vilar et de Gatti pour avoir dilapidé l’argent des Français. Mais le premier encourage le second à persévérer. Gatti rentre en Italie, dans la maison de sa mère, et s’attelle à l’écriture de La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G., qui sera mise en scène en 1962, avec Jean Bouise dans le rôle-titre. L’année suivante, il tourne en Yougoslavie L’Enclos, qui sera le premier film de fiction à traiter des camps de concentration (le scénario fut publié dans le cinquième numéro de L’Avant-scène du cinéma). Puis les mises en scène de ses pièces s’enchaînent, signées par lui ou par d’autres: La seconde existence du camp de Tatenberg, Le voyage du grand Tchou, Chroniques d’une planète provisoire, Le poisson noir, Chant public devant deux chaises électriques, Les treize soleils de la rue Saint-Blaise, Notre tranchée de chaque jour, V comme Vietnam...d'après Mona Chollet / Périphérie. ------------ Louis Ernesto

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DE QUOI J'E-MEL

de la Peinture à la chaux.

Les murs de votre logement ont besoin d'un rafraichissement ? Vieux papiers peints tristounets ou sales les recouvrent et le printemps accentuent encore plus leurs cotés vieillots.

Aussi vous prenez une décision importante : chéri ! on repeint les murs ! Mais la peinture c'est cher, ça sent mauvais et c'est plus ou moins toxiques......

Savez vous que pour la somme de 60 Fr. avec un produit naturel vous pouvez refaire toutes la décoration des murs de votre maison ? Et de plus, elle resemblera aux magnifiques photographies qui ornent les pages des revues de décoration........Le secret ...? La chaux.
 
 

Précaution et utilisation : Il faut pour cela de la chaux vive que vous trouverez dans les magasins de matériau à la zone des "eaux blanches". Vendues en sac de 10 ou 30 kg elle coûte entre 40 et 60 Fr. La préparation demande quelques précautions :

Avec des pigments naturels de couleur vous pouvez teinter vos préparations de chaux , les ocres jaunes et rouges donneront une chaleur très conviviale à votre décoration murale.

Louis Ernesto

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VIE ACTUELLE

LES DECORES DU 8 MAI DERNIER

Trois personnes ont été décorées lors du 8 mai dernier. Damien Nardone (résistant et appartenant à la 1ere armée) a reçu la médaille militaire des mains du colonel Jean-Pierre Richard, de l'Ecole d'application d'infanterie (EAI) de Montpellier, Gilbert Tortorala. Henri Bout et Gilbert Tortorolo ont reçus le titre de reconnaissance de la nation, le premier pour avoir mouillé sur un bâteau dans le Golfe Persique, le deuxième dans le cadre d'appelé du contingent durant la guerre d'Algérie.

Ces manifestations du souvenir sont propices aux recueillements de témoignages émus, humbles. Parmi ceux-ci, les récits de deux Sétois bien connus, rescapés du dernier convoi pour Dachau : Damien Macone (chevalier de la Légion d'honneur, médaille militaire, Croix de guerre avec palmes et Damien Nardone (médaille militaire, chevalier de l'Ordre national du mérite, Croix de guerre avec palmes, médaille de la France libre).

Qui n'a pas croisé un jour Damien Macone, arborant élégamment la croix de Lorraine sur sa cravate et son feutre ! Engagé comme volontaire dans la Marine le 18 août 1942 à Toulon, il a embarqué sur le bâtiment de ligne " Le Strasbourg ". Suite au sabordage de la flotte de Toulon, il fut démobilisé pour 90 jours. Il en a profité pour adhérer à l'organisation " Combat " à Sète le 1er janvier 1943 où il remplissait les fonctions de chef de section chargé du sabotage. Répondant aux instructions de ses chefs, il a préparé, organisé, exécuté nombre attentats à l'explosif contre des ouvrages afin de contrer l'ennemi. Il confie : " Dénoncé, j'ai été arrêté le 27 janvier 1944 , ainsi que mes chefs, par la brigade de l'ex intendant de police Marty, surnommée "la brigade sanglante ". Et Damien Macone, de raconter, pudiquement, souffrances et tortures, ineffaçables : " Entièrement nu, poignets et chevilles menottés, j'ai été torturé : coups de poing, de matraque, de ceinturon, machine électrique… Je porte encore les cicatrices de mon crâne ouvert, de mes brûlures sur le corps, sur le sexe. "

Catalogué comme " bandit très dangereux, évasion à craindre ", il fut transféré, enchaîné et sous bonne escorte, de la maison d'arrêt de Montpellier à la prison Saint Michel à Toulouse où il rencontra, un mois ou deux plus tard, un Sétois, Damien Nardone, arrêté dans les environs d'Albi par des gendarmes français.

Avant d'entrer dans la prison, Damien Macone interpella le chef des gendarmes : " Vous faîtes un bon travail de Français. Regardez à qui vous nous livrez ! et de souligner : le gendarme s'est tu, il était livide ". La prison était également peuplée de punaises, puces, poux, agissant en toute liberté, eux. La gale était au rendez-vous et le savon inexistant. Le menu des détenus se résumaient à deux gamelles de soupe aux trognons de choux par jour. Non sans humour, Damien Macone souligne : " Cette soupe devait être faîte une fois par semaine car souvent elle était souvent aigre et nous y trouvions des vers. "

Un beau jour, un garde fit part aux détenus que les alliés ayant débarqué en Normandie, les prisonniers allaient rallier l'Allemagne.

A la fin de son adolescence, Damien Nardone a combattu l'occupant au sein du mouvement " Combat ". Il fut préposé à la diffusion des tracts, à l'exécution des sabotages et à la réception d'armes. Début 1944, après l'arrestation de son chef de groupe et de plusieurs de ses compagnons, il laisse Sète pour se cacher à Montpellier, échappant de justesse à la milice française. Son père, Nicolas Nardone est arrêté à sa place et déporté à Buchenwald.

Damien Nardone rejoint alors le maquis de " L'Aiguoual Cévennes " près de Vallerauques. En février 1944, blessé lors d'un combat et caché dans une grotte, il fut soigné et ravitaillé par les habitants du " pays ". A nouveau sur pied, il tente de rejoindre le maquis de " La montagne noire " mais il est arrêté à Carmeaux puis incarcéré à Albi et à la prison Saint Michel de Toulouse.

Le 2 juillet 1944, les prisonniers de la prison Saint Michel furent officiellement remis aux Allemands par l'Etat français et embarqués dans des wagons à bestiaux. En partance pour Dachau. Beaucoup de ces deux mille embarqués ne revinrent pas.

Et ces deux résistants de raconter leur périple dans ce foutu train, plein à ras bord de résistants français, de républicains espagnols, tous plus mal en point les uns que les autres. D'emblée, Damien Macone le baptisa de " train fantôme ". Cahin caha, le train cheminait vers sa destination en faisant des détours incroyables et des poses interminables grâce aux efforts de la Résistance qui sabordaient les voies pour que le convoi n'arrive pas. Là encore la nourriture était en accord avec le reste : " gamelle d'eau chaude où nageaient deux ou trois haricots ou une feuille de chou une fois par jour ; en fait l'eau de cuisson de la nourriture des Allemands " commente Damien Macone.

Damien Nardone raconte : " L'itinéraire fut des plus variés : Angoulême, Bordeaux, Nîmes… " Il poursuit : " Alors que le Rhône était infranchissable, que les alliés avançaient à moins de 80 km, derrière eux les Allemands refusaient d'abandonner leur mission. Ils nous ont fait descendre des wagons pour nous faire traverser le Rhône à pied sur un pont partiellement détruit. Cette marche forcée, de 20 km, nous amena à Sorgues où un autre train fut constitué. ".

Pour les deux Damien, avec d'autres camarades, s'évader était le maître mot. C'est pendant la constitution du nouveau convoi, dans la nuit du 20 au 21 août 1944, que les compères ont découpé le plancher de leur " compartiment ", réussissant à déboulonner deux planches.

Vers deux ou trois heures du matin, le train reprit sa " route " à 30 km/h. Les candidats à l'évasion ont immédiatement soulevé les planches pré-découpées et… " plongé " vers la liberté du côté de Montélimar. Là encore, la population aida ces hommes en les cachant, les soignant, les nourrissant, leur permettant de se laver, partageant même un peu d'argent. Damien Macone explique : " si ce 21 août, je ne m'était pas évadé, je ne serai jamais revenu. Notre volonté, notre ténacité à vouloir nous évader ont permis à d'autres déportés de sauver leur vie en passant par cette ouverture, car, de ce convoi, très peu en sont revenus. " Pour lui, les suites de la guerre sont marquées par la maladie avec 24 opérations, dont la perte d'un rein des suite aux torures. Pendant des mois, son estomac de digéra plus rien. En 1952, il pesait 51 kg pour 1,74 m. Damien Macone a été contraint de cesser son activité à la Mobil Oil bien avant l'âge de la retraite.

Quant à Damien Nardone, tout de suite après son s'évaion, il s'est engagé au 3e bataillon régional de sécurité d'où il fut réformé pour ses blessures de guerrre. Il a rejoint Sète en janvier 1945 où, depuis, il continue le combat avec ses camarades de la Fédération nationale des déportés, internés et résistants patriotes.

KATY GOSSELIN 

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Ainsi La commémoration du 56e anniversaire de l'armistice de 1945 a été célébré hier devant le monument aux morts. 8 mai 1945, 8 mai 2001. En 56 ans, nous avons changé de millénaire. A quoi pensent ces anciens combattants, résistants, déportés en ce jour historique ? Que pensent ceux nés après ? La Marseillaise fait frissonner certains. D'autres pensent à leurs péripéties. D'autres encore à leurs camarades d'infortune tués sous leurs yeux ou à leur papa. Quant aux plus jeunes, ils imaginent, sans vraiment se rendre compte, ce que fut la vie de leurs parents ou grands-parents.

Orchestré par le maître de cérémonie, Jean-Pierre Lopez, Hier, Sète a honoré les victimes de la guerre 1939 / 1945 au monument aux morts en présence des autorités civiles et militaires. Hormis les traditionnels dépôts de gerbes, minute de silence, hymne national, ce premier 8 mai du 3e millénaire a revêtu une solennité particulière grâce à la participation d'enfants. Ce devoir de mémoire est perpétué par des anciens combattants et résistants dans les écoles élémentaires, collèges et lycées.

Raconter pour ne pas oublier est le credo de ces femmes, de ces hommes qui ont connu ces événements. A l'aube de leur vieillesse, ils apportent leur témoignage ému et humble à tous ceux qui ne connaissent la guerre qu'à la faveur de leurs études, de films, de livres, de " on dit " plus ou moins réalistes. Trois épisodes ont ainsi marqué ce 8 mai 2001 en Ile singulière.

Les porte-drapeaux ont défilé à travers les rues de la ville pour rejoindre le monument aux morts avec les traditionnels dépôts de gerbes. Particulièrement émouvant fut celui d'élèves de CM2 des écoles Jean Macé (Sète) et des " Terres blanches " (Frontignan), à l'instigation d'Antoine Galiana, président de l'union locale des associations de combattants. Ainsi, Jessika Combas (Frontignan), Inès Amghar, Marino Buonovlo, Alexandre Caussard, Olivier Coen, Hamza Dridi, Joffrey Dubois, Stéphane Gras, et Nazil Ravli (Sète) se sont tenus devant le monument aux morts, fiers d'avoir vendu des bleuets et déposé leur gerbe.

Le 2e moment de ce jour du souvenir fut la remise de la médaille militaire au Sétois Damien Nardone. Ce résistant de la première heure, ayant rejoint la 1ere Armée, blessé, évadé du dernier convoi pour Dachau, fut décoré par le colonel Jean-Pierre Richard, de l'école d'application de l'Infanterie de Montpellier, adjoint du général Poulet.

Le dernier chapitre de ce 8 mai 2001 s'est terminée en mairie avec la remise de la médaille du titre de la reconnaissance de la Nation à Henri Bout au titre de la guerre du Golfe (engagé volontaire à 17 ans) et à Gilbert Tortorolo pour services rendus durant la guerre d'Algérie.

K.Gosselin

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LA PLUME

L'évocation du Canal du Midi, en littérature, n'est pas nouveau mais nous avons voulu aujourd'hui en montrer deux aspects bien différents dans le style, sans commune mesure dans la publicité faite autour de l'oeuvre et pourtant d'une complémentarité enrichissante pour le lecteur.

Les libraires ont certainement tous reçu, il y a quelques semaines, un roman signé par Jean-Louis Magnon : "Les hommes du canal" (Ed Albin Michel). Une belle écriture, facile à lire, sans grande surprise... comme la navigation que l'on imagine paisible le long du canal du midi, à l'ombre des platanes. A l'époque où Napoléon vit les derniers instants de son règne, les Jourdan, patrons de barque de père en fils, nous livrent leur vie simple semée des embûches de la politique, des caprices du temps, de la concurrence d'un homme avide de pouvoir mais également du bonheur d'amours naissantes, de la solidarité des bateliers. A le lire, on retrouve (à un siècle près) l'ambiance de ce feuilleton mythique des années soixante retraçant la vie d'un marinier, de sa famille et de leur attachement à leur péniche.

Bernard STÉPHAN

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Pour tous ceux qui n'arriveraient pas à se procurer les ouvrages que nous présentons, n'hésitez pas à nous adresser un E-Mail. Le chichois se fera un plaisir de vous conseiller ou de vous trouver une solution pour vous le procurer. : Bernard Stéphan / Maison de la Presse 1 rue général de Gaulle

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INTERVIEW
 
 

DIFFICILE D'ETRE UN FRANÇAIS NE EN ALGERIE AVANT 1962

Avec humour, un interno-lecteur " pied noir " interpelle sur les arcanes de l'Administration française pour être reconnu Français.

Il écrit : " ëtre né en Algérie avant 1962, dans un département français, de parents français, n'est pas si simple ! Quoique fonctionnaire, j'ai, pour faire renouveler ma carte d'identité en 1995, dû fournir un certificat de nationalité ; certificat obtenu après quelques démarches près du… Tribunal d'instance. Le décret 2000 - 910 du 14 septembre 2000 (Journal officiel du 21 / 09 / 2000) m'a permis de demander la rectification du code 99 dans le " Répertoire national d'identification des personnes physiques " et obtenu le n° 91 correspondant à Alger. Mais cela ne peut se terminer ainsi. Un membre de ma famille, né en Algérie - donc département 91 - demandant un passeport, a vu ce document - administratif - établi avec mention : lieu de naissance " DZA, soit phonétiquement Djézaïr " (nom arabe de l'Algérie avant 1830 et repris après 1962) à la place d'Algérie. Un dernier document, établi en avril 2001 dans une préfecture du Sud de la France me fait naître dans une commune… étrangère !

Depuis, je m'efforce d'oublier que, dans ma prime enfance, à l'école primaire de la République, j'apprenais que mes ancêtres, les Gaulois, étaient blonds. Et j'en passe. "

C.D.

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MOMENTO FINIS <> Suite du numéro 15

..........La femme qui me posa cette question n'avait pas le teint mat mais occidental, ce qui me surpris. Elle me mettait mal à l'aise. Quelque chose de malsain se dégageait de cette femme, mais je ne savais pas quoi.

Pour répondre à sa question bien que je ne sache pas la réponse, je hochais la tête affirmativement. A vrais dire il était plus que probable que son fils eut péris lors des nombreuses escarmouches au quelles je participais.

--- "Tu ne semble pas être doué de parole, petit chevalier. Mais mon infant est mort par ta faute et mon cœur saigne à présent."

--"Je… Je suis désolé femme, mais c'est la dure loi de la guerre."

-- "Ne parle pas de ça imbécile !! Mon infant chéri est mort le 26 mai 1287, vers minuit cela te fais sûrement penser à quelque chose non ?"

Et là alors que mon visage me brûlait, que je me trouvais en prison à Damas et que tout espoir s'envolait, je sus de quel infant cette femme parlait. Un jeune garçon qui avait tenté de tuer la promise de mon ami Jocelin, qui avait tué, non massacré nombre de gardes et occis le comte de Saint Abraham. Ce démon qui avait faillit prendre nos vie avait une mère et celle-ci avait sûrement due me chasser pendant tous ces mois et ces années…

A ce moment je priais Dieu de m'aider et de ne point laisser cette créature diabolique s'emparer de mon âme. Je me relevais animé d'une force que je n'avais jamais ressenti auparavant. Cela ne fais aucun doute pour moi aujourd'hui, Dieu était avec moi !

-- "Oui j'ai occis votre démon de fils ! Je pourrais vous dire que j'en suis désolé mais ce n'est pas le cas. Il n'a eut ce qu'il méritait." La femme recula et se cacha le visage, je savais qu'elle avait peur de moi et de l'amour de Dieu qui faisait vibrer chaque partie de mon corps. Je remarquais que les autres prisonniers me regardaient avec un certaine dévotion.

-- "Vous… Vous ne sortirez jamais vivant d'ici !! Je briserais votre foi. Mais pour commencer, je vais me nourrir de votre sang ; comme mon fils aurait dût le faire avec vous il y a deux ans."

de Alexandre Denjean / A suivre dans le numéro 17

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A TABLE

Poulet fermier sauté au vinaigre.

1 poulet de 1,6 kg -1 tomate-2 gousses d'ail-100 g de beurre-5 cl de creme fraiche-4cuillerées de moutarde forte-3 cuillérées de coulis de tomate-1/3 de litre de vin blanc sec-2 petites bouteilles de vinaigre de vin l'une blanc et l'autre rouge-

LE CONSEIL DU SOMMELIER

Servir avec un Morgon . charmes-- Domaine Princesse Lieven-- Rouge 96 en vente sur le site Internet

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Brèves de comptoir.

Les deux horloges.

Que vaut-il mieux, une horloge qui serait à l'heure une seule fois par an ou une autre qui serait à l'heure deux fois par jour ?

" Cette autre, bien sûr ", direz vous.

Bon Attendez. -- Voici deux horloges : l'une ne marche pas du tout, et l'autre retarde d'une minute par jour ; laquelle choisiriez vous ?

" Celle qui retarde, bien sûr " direz vous.

Pourtant observez ceci : celle qui retarde d'une minute par jour doit retarder de douze heures, ou de sept cent vingt minutes, avant d'être à l'heure à nouveau ; par conséquent elle n'est à l'heure qu'une fois tous les deux ans, tandis que l'autre est évidemment à l'heure aussi souvent que son heure revient, c'est à dire deux fois par jour.

Vous vous êtes donc contredit......! .......................................Lewis Caroll

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