Le CHICHOIS N° 10 > VERSION PAPIER > www.opisline.com
Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net.
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ECHOS

Rédaction habilléeAfin d'augmenter notre audience, un de nos rédacteurs avait suggéré d'imiter le site américain d'informations "naked-news" qui bat tous les records de connection depuis que ses rédactrices se déshabillent pour lire leurs infos. On s'est réuni mais la proposition a été rejetée. Non mais...

Le port va mieux Ca remonte du coté des chiffres du trafic portuaire: près de 4 millions de tonnes en l'an 2000. Soit 6% de hausse sur l'année précédente dont 12% pour les vracs solides. Pour peu que le trafic passagers décolle à son tour, on retrouvera le sourire du coté du Palais Consulaire. Et pourvu que les pêcheurs ne se fâchent pas en squattant les quais...

316 désespérés 316 tentatives de suicide ont été enregistrées à l'Hôpital de Sète en l'an 2000. Principales victimes: les hommes de 20 à 50 ans. Cherchez la femme...

Amandiers C'est déjà fini ou presque. La floraison blanche et rose des amandiers de Saint-Clair a débuté dès la mi-janvier avec au moins deux semaines d'avance sur les années normales. On croquera les amandes un peu plus tôt cet été...

Ils voteront Ils seront 66 étrangers mais membres de la communauté européenne, dont 30 espagnols et 10 italiens, domiciliés à Sète, qui voteront en mars prochain pour élire la nouvelle municipalité. L'Europe est en marche.

.B.Baraillé

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BALLADE

Vers les Corbières Fontfroide et Villerouge

Avant qu'il ne fasse trop chaud, pourquoi ne pas aller approcher les Corbières, pays magnifique et ,heureusement, ignoré pour l'instant. Avant que les parisiens n'en fassent leur nouveau Lubéron ( c'est en train... ) ,allez découvrir un pays authentique, riche d'histoire et même de préhistoire, situé dans le triangle Carcassonne-Perpignan-Narbonne.

Vous atteindrez cette dernière ville en 50 minutes par l'autoroute que vous quitterez à la sortie vers Carcassonne. Après 5 km sur la nationale 113, vous tournez à gauche sur la départementale 613 en direction bien fléchée de l'abbaye de Fontfroide. Très vite, vous allez rouler dans un paysage de pinèdes et de ruisseaux. Les sèches garrigues ont laissé place à une oasis dont l'abbaye est le joyau avec ses roseraies et ses bâtiments du 11° siècle superbement conservés. L'intérieur se visite, particulièrement le cloîtré,un des plus beaux d'Europe. En été, Fontfroide devient un haut-lieu de la musique.

Regagnez la D 613 et prenez la direction de Saint Laurent de la Cabrerise puis de Villerouge-Termenes.

Là, vous entrez dans le pays des cathares car les Corbières furent leur dernier refuge. Villerouge fait partie de leur légende car c'est ici que monta sur le bûcher le dernier "parfait" cathare, Guillaume Bélibaste. A sa mémoire, chaque été, des fêtes moyenâgeuses sont organisées (Tel 68.70.06.99) au pied du Château massif, entouré d'une enceinte flanquée de tours et percée de meurtrières qui n'empécherent pas Simon de Montfort de vaincre les occitans.

Vous vous dirigez maintenant vers Durban dont le Château démoli lui par les espagnols mais encore spectaculaire surplombe le village. Vous êtes ici au coeur du Cru Corbieres que vous auriez tort de ne pas déguster et emporter...

En longeant la Berre où l'on peut se rafraîchir, vous continuerez en direction de la N113 puis de Narbonne. Cette balade sera un prélude à une visite plus profonde des Corbières. Elles le méritent !

-- B. Barraillé

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SCIENCES

«  LE MONDE N ‘EST PAS UNE MARCHANDISE … MOI NON PLUS » 

                            Quelques dizaines de milliers de personnes sont allées à Montpellier, venant de toute la France et aussi de l’étranger, pour défendre ce slogan inscrit sur des Tee shirts et des écharpes jaunes pétard vendues afin de soutenir le mouvement et en particulier la confédération paysanne. 

Si les chefs d’inculpation auxquels devaient répondre J.Bové et d’autres inculpés de la confédération, ici au tribunal de Montpellier les 9 et 16 février, étaient triple  ( arrachage d’OGM dans les serres du CIRAD, démontage du Mac do, séquestration durant six heures de fonctionnaires ) ,la mobilisation , elle, était bien unie pour créer et légitimer – face à l’internationale du libéralisme – une riposte et des propositions  afin de résoudre des problèmes locaux, nationaux et mondiaux. Créer et légitimer une internationale des peuples, des citoyens. 
Une large unité qui laissait cependant les différences s’exprimer . De nombreuses groupes étaient présent : 

  •  Des ONG : Amis de la terre, Greenpeace, les éditions Triades  et l’agriculture biodynamique , Attac, surtout ( pour la taxe Tobin  )  Ogm-danger , Solagrad 
  • Des syndicats : confédération paysanne et un syndicaliste dissident , plus radical que le reste de la « conf »– R.Riessel – , CFDT du CIRAD, syndicat de la médecine générale , il faut rappeler que l’arrachage des plants d’OGM en juin 99 au CIRAD de Montpellier a eu lieu en compagnie de paysans indiens, dans le cadre de la caravane intercontinentale initiée par le KRRS, syndicat de paysans   adhérent à Via Campésina. 
  • Des scientifiques dissidents : Séralini, P.Guy, et de nombreux autres 
  • Des philosophes : Tibon- Cornillot. Etc ..
La question posée est comment les citoyens peuvent ils répondre, affirmer une politique différente de celle qui suit les directives de l’économie libérale . Comment à travers une économie solidaire , au niveau mondial, arriver à une politique plus humaine, plus saine, plus joyeuse ( et pourquoi pas ?) au niveau local  et national.
L’époque de découragement du citoyen face à la puissance des industries, en particulier  pharmaco- agro-alimentaire, et des financiers internationaux, semble révolue. Un réseau international – tressé , principalement, par des paysans,  des ONG, des scientifiques, des journalistes ( Monde diplomatique, Gardarem lou Larzac , radio locales etc …) – est à même aujourd’hui de créer un contre pouvoir citoyen, dont les premièrs signes se sont manifestés à Seattle, Washington,  Prague,  Genève, Millau, Porto Allégré, Nice.

 Ce contre pouvoir naissant a décidé d’adopter certaines des pratiques libérales : les rencontres régulières des participants venant de divers pays pour discuter et prendre des décisions.

Ses victoires ont déjà été un certain recul du FMI sur la dette des pays les plus pauvres, Un recul de Monsanto sur le projet « terminator », un recul aussi de la surface plantée en OGM aux USA, surveillance et dénonciation des expérimentations en plein champ, en France,  à l’insu des habitants .

Ce sont bon nombre des principes économiques, scientifiques , politiques – jusque là présentés comme inébranlables par les organismes internationaux tels l’OCDE, l’OMC, les institutions européennes, le FMI , la BM , le G7etc …. – qui sont remis en question. 

La politique scientifique, à travers une recherche en biologie, et agricole,  exclusivement tournée vers la génétique, en particulier les  OGM, est contestée : 

  •  par des scientifiques – Serralini, P Guy 
  •  par des paysans : union de la confédération paysanne avec les actions des « sans terres »en Amérique du Sud .ou des paysans pauvres de l’Inde ( en Amérique du  Sud : arrachage de terres ensemencées en OGM, occupation de fermes en particulier d’ une ferme où Monnsanto faisait tranquillement des expérimentations  d’Ogm en plein champs, allant beaucoup plus loin que la loi ne lui permettait. 
  • par les consommateurs et différentes ONG.
Les principales critiques envers cette science partent de la certitude qu’elle ne va que là où sera possible une appropriation des résultats ( brevets sur le vivant) par les firmes privées qui vont monopoliser la vente des médicaments, la vente des semences ( plantes rendues stériles artificiellement par les semenciers 
empêchant ainsi le paysan de replanter ses semences  ). 

Le 8 février était plutôt consacré au procès des OGM , en réponse au procès des inculpés  pour détérioration des plants d’OGM.

  Il y eut une conférence sur « OGM et pays en voie de développement »  à laquelle participèrent des ONG, et le CIEPAD.
On y démontra que d’autres solutions existent pour le tiers monde ( cf. les méthodes enseignées par le CIEPAD aux paysans d’Afrique pour diminuer les besoins d’arrosage, de fertilisation de la terre), que résoudre la faim dans le monde était plus un argument de vente adressé aux pays du nord  afin que ces derniers achètent des OGM que de soucis altruistes et humanitaires des industries internationales.(5% de la recherche mondiale se fait pour des OGM à destination des pays du Sud.) ,  que les Organismes Génétiquement Modifiés ne sont de toutes façons pas gérables – avec les risques qui leur sont inhérents – dans le tiers monde. 

Le Sud a , entre autres, d’immenses problèmes de stockage et de transport, immenses par rapport au très faible gain de productivité par manipulation génétique. Certaines plantes – le coton – n’ont rien gagné en terme de productivité pour beaucoup de risques. 

La prise de brevet sur des plantes médicinales locales rend les marchés locaux dépendant des industries multinationales alors que les populations étaient autonomes pour un produit qu’elles avaient elles même reconnu, en particulier dans ses propriétés médicinales ou nutritives ; par exemple un medicament utilisé depuis des siècles par les indiens va être breveté par Novartis puis légalement revendu  à ces mêmes indiens avec interdiction de le cueillir et de l’utiliser pour leur propre compte !

Si les manipulations sont efficaces on espère produire dans les pays du nord une grande partie des matières premières , qui sont la seule richesse ( en terme de marché ) des pays du Sud.

L’agriculture intensive et d'’exportation vers les pays du nord voulue actuellement par les instances économiques internationales, pourrait être remplacée avec le plus grand profit par des cultures vivrières et un protectionnisme à l’importation, ce qui est évidemment refusé par le nord.

 

Une autre conférence porta sur OGM et recherche publique. Le débat tourna autour du rôle opposé, ou  au final identique, des recherches privée ou publique..
 Le CIRAD financé par l’état produit - il une recherche plus fondamentale, plus pure , plus indépendante , différente enfin de la recherche privée?

C’est aux serres du CIRAD, où poussaient des plants d’OGM juste avant qu’ils ne soient repiquées en pleine terre, que s’en sont pris les paysans en juin 99 dans la région de Montpellier.

Il est reproché à la recherche, quelqu’elle soit, de ne rien connaître à l’écologie, à la vie des plantes et particulièrement aux plantes sauvages,  de ne pas connaître suffisamment les risques de dissémination en plein champ.( critique faite par des scientifiques de l’INRA du CRII gen, du CIRAD entre autre )

L’impact  sur le génome total de la plante non plus n’est pas connu, pas étudié, pas pris en compte. 

Si les brevets sont interdits et si les études d’impact des OGM sont menées réellement à terme les crédits privés et la recherche sur les OGM s’effondre car elle n’est plus rentable !

On a aussi critiqué les arguments fallacieux tels que l’affirmation : si les plantes deviennent résistantes aux insectes on aura besoin de moins d’insecticide, au contraire il risque de se créer plus vite des résistances chez les insectes, on ne sait pas dans quelle partie de la plante va s’accumuler l’insecticide et donc ce qu’il va se passer avec les bactéries du sol qui sont active pour la puissance du bacille insecticide.

La consommation d’herbicide par les agriculteurs utilisant les OGM a en fait énormément augmenté. 

La recherche ( publique ou privée ) cherche en vue d’une agriculture de plus en plus intensive, elle ne cherche pas d’autres solutions.

Vendredi 16, on pouvait entendre  une conférence – bilan sur le  Forum Social Mondial de Porto 
Allégré ( Brésil) qui s’est tenu  aux mêmes dates que le Forum Economique Mondial à Davos. ( économie libérale)

Le FSM de Porto Allégré a rassemblé aussi quelques dizaines de milliers de personne des pays du Nord et du Sud (  surtout Amérique du Sud et Inde on espère que l’Afrique et l’ Asie seront encore plus présents aux prochains rendez vous).

Ce devait être un forum de discussion et non encore de prise de décision.
De nouvelles rencontres sont prévues, entre autres à Gènes en juin 2001, pendant la réunion du G7, et en avril 2001 pour une journée anti OGM.

Au total pour les militants , et tous les citoyens  présents  il s’agissait de faire le lien entre biotechnologie et libéralisme, de démystifier l’aspect humanitaire des industries Agro- médico- alimentaire,  et leur « réalité » inévitable. 


Petit glossaire :

FMI :  Fond Monétaire International. Créé en 1944, il est un des acteurs les plus puissant de l’économie mondiale. Il prête de l’argent aux pays qui en ont... 
ATTAC  ONG propageant l’idée d’une taxe (Tobin = l’économiste qui en a eu l’idée) sur transferts internationaux de capitaux, et destinée à être mise à la disposition des pays pour faire disparaître l’extrème pauvreté.

BM :  Banque Mondiale, anciennemant BIRD qui devait financer la reconstruction de l’Europe en canalisant lrs fonds Américain vers l’Europe

Monsanto, Novartis   :  groupes multinationaux   agro-alimentaires et pharmaceutiques investissant dans les Biotechnologies.

OMC  organisation mondiale du commrece.

Terminator : Nom ironique donné à un projet de Mosanto qui se proposait de mettre sur le marché des plantes hybrides et stériles obligeant sous contrat les paysans à racheter les semences chaques années.

Géronime Glasgow 

. Tous les premiers mardi du mois il y a un " café philo " à l'espace ATHENEE

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EDITORIAL

La fête sur internet avec "Internet en fête". Les 2, 3 et 4 mars c'est la fête sur internet dans l'hexagone. Alors, décorez votre ordinateur, déguisez votre souris préférée et déployez le tapis rouge ... il va falloir booster les modems.

Sur Sète... plusieurs animations auront lieu. Vous trouverez d'ici quelques jours le programme complet sur opisline.com.

Levons un peu le voile, histoire de stimuler vos disques durs. France Télécom vous prépare, rue Gambetta, d'excellentes surprises dont notamment des accès entièrement gratuits en mettant des ordinateurs connectés à votre disposition. Amateurs de jeux en réseau... soyez prêts à affronter des adversaires de toutes les régions de France.

Des interviews/forums sont organisés par le Chichois à partir de la Maison de la Presse, rue Général de Gaulle. Ce sera l'occasion de dialoguer en direct sur différents thèmes :

Une information pour les non-internautes : un exemplaire du CHICHOIS sous sa forme papier sera disponible à la médiathèque de Sète. En principe, il sera disponible des le lendemain de sa parution et consultable sur place (vous ne pourrez pas l'emprunter et le lire au coin du feu).

 

Autre information, celle ci pour les internetiens (pourquoi pas ?), nous offrons des espaces gratuit sur notre site (www.opisline.com) pour héberger vos pages perso. 3 pages maxi, pas d'accès FTP pour les mises à jour, un bandeau sur vos pages pointant sur notre site, pas d'adresse E-mail, une mise à jour faite par nos soins ( avec vos conseils) et facturée 200 Fr et tout un tas d'autres consignes draconniennes.

Les avantages ? Une rubrique "sites perso" apparaîtra sur la page d'accueil de notre site, un moteur de recherche pour fouiller dans vos pages et un forum de discussion dédié à cette rubrique. De plus vous profiterez des 15 000 à 20 000 personnes qui visitent le site tous les mois ( et cela augmente régulièrement). Contact --- Réservé aux particuliers habitant la région.

 

Ne nous maudissez pas, vous les puristes, car vous trouverez de ci, de là dans les pages du CHICHOIS de la pub. Eh oui !

Nous vous garantissons, cependant, des insertions publicitaires enrichissantes. C'est possible, car tout n'est pas mauvais en ce bas Monde.

Quelquefois même, ce sera une insertion gratuite dans l'esprit de vous faire découvrir soit un produit, soit un site internet ou un service que nous trouverons interessant. D'ailleurs, à ce propos, pour les cloneurs en herbe, cela vous plairait de posséder la carte du génome humain....oui ? alors suivez ce lien et faites en bon usage ! www.ncbi.nlm.nih.gov/genome/guide/human/

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LE COURRIER DES CHICHOINAUTES

Ecrivez nous pour publier vos articles --------<>--------- info@opisline.com

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SCOOP
COMMUNIQUE DE PRESSE

par René RIESEL, au coté de Mr BOVE - tribunal correctionel de Montpellier / affaire: destruction de riz expérimentaux au CIRAD

 

Je souhaite dire mes véritables mobiles, et donc en pleine responsabilité politique, dans la destruction de chimères génétiques d'Etats commise le 5 Juin 1999 au CIRAD. Cet exposé sera aussi un hommage à Théodore Kaczynski, fou de lucidité, enterré vivant dans une prison high tech des Etats Unis d'Amérique.

Un seul rappel préalable : que cela plaise ou non, cette action a été concertée et excécutée au sein de la " caravane intercontinentale " un regroupement délibérément informel et éphémère, composé en grande partie de paysans du sud de l'Inde. Son objectif était de parcourir l'Europe …/…. pour y manifester l'existence et la nécessité de formes nouvelles d'opposition à la domination modernisée..../

J'attire l'attention sur ce que diront les cinq personnes - Jean Pierre Berlan, Mark Purdey, Roger Belbéoch, André Pichot et Michel Tibon-Cornilot - que je remercie d'avoir accepté d'être mes témoins. Je sais que leurs propos trancheront avec les inébranlables certitudes qu'assèneront, au nom de la prétendue rationalité technique, scientifique ou économique, les incurables scientistes qui entendent continuer à faire ce qu'ils veulent en matière de biologie moléculaire et de génie génétique. Ils trancheront aussi avec le discours de ceux qui rêvent de voir les Etats, sous l'action de groupes de pression " non-gouvernementaux ", imposer des " règles " ou des " moratoires " pour modérer les " excès " qu'ils imputent aux seules entreprises multinationales " privées ".

Tous leurs arguments ne seront pas faux. Car il est vrai que les applications agricoles du génie génétique achèvent de réduire l'autonomie des agriculteurs, précipitent l'éradication des paysanneries - encore faudrait-il dire pourquoi on la déplore-, comportent des dangers pour tous les êtres vivants, ne réduisent pas les pollutions agricoles et ne peuvent, ni ne veulent, répondre aux questions posées par le malnutrition et la sous-alimentation.

Mais ces arguments sont vains s'ils ne servent qu'à justifier d'ineptes contre expertises qui en commençant par s'interdire de remettre en cause le fait accompli du déchaînement technologique, s'interdisent de penser et de qualifier les rapports sociaux qui l'on rendu possible ; et, du même coup, le genre de société que ce déchaînement veut continuer de produire.

Voilà pourquoi, en détruisant sans attendre les riz expérimentaux du CIRAD, on n'a pas seulement choisi de prendre la vertueuse recherche publique " la main dans le sac de ce qu'elle produit ", mais aussi de lui faire perdre du temps. A en juger par la réaction du CIRAD, si fort préoccupé de chiffrer ce retard, c'était une bonne idée. Et à considérer l'état du monde, on ne peut douter non plus que le temps perdu par la recherche est, à coup sûr, du temps gagné pour la conscience. …………./

……/ Quoi qu'il conclue, ce tribunal répondra de toute façon à une question bien simple : le fameux principe de précaution est-il fait pour être appliqué ? Si c'est le cas, nous l'avons appliqué au CIRAD. Ou n'est-il pas plutôt destiné à rester une fiction, prétexte à de faux débats dont l'objet n'est surement pas de déterminer des choix, puisqu 'ils sont déjà faits, ni même de préciser des enjeux ou des risques, puisqu'ils sont méthodiquement ignorés. Et quand je parle d'ignorance, ce n'est pas une figure de style : les fulgurants progrès des necrotechnologies l'ont amplement démontré depuis dix ans : la génomique, où il y a beaucoup de technique et très peu de science est en réalité proprement incompréhensible à ses promoteurs et agents eux-mêmes. Sur ce point comment ne pas croire Axel Kahn, de l'INSERM et Aventis, quand il convient que la combinatoire des gènes " relève probablement de processus en partie chaotiques " et qu'elle " est dans son détail probablement pas connaissable ",. Le " détail "en question , cette part " peu connaissable ", je m'avancerai à dire qu'elle contient en germe toutes les catastrophes et calamités à venir, dont l'USB n'est, je le crains, qu'un hors d'œuvre.

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FLASH

Portrait diaphragmé d'un photographe : Éric MORERE

Ouverture maximale, sensibilité élevée, Éric MORERE pose enfin... ses appareils photo pour s'entretenir avec le Chichois. Il est rare d'entendre la voix des photographes. Nous avons profité de cet instant privilégié pour faire toute la lumière sur sa carrière encore inachevée et déjà bien remplie.

Éric est né à Anthony en 1962. Francilien de vieille souche, il y passera toute sa jeunesse avec, au ventre, le désir de courir le monde. Ses études le mèneront jusqu'au bacho... lequel des deux refusera l'autre, l'histoire ne le dit pas mais ce qui est certain c'est que du côté d'Éric, la motivation n'y est pas. Ses passions le portent vers la musique et la photo... Il faut dire que la photo fait partie de son quotidien, son père taquine depuis longtemps la prise de vue, en amateur, certes, mais tout de même, il y a une présence qui jouera un rôle. Son premier appareil photo sera d'ailleurs un cadeau de son père : un Pentax.

L'apprentissage commence... tout seul : prise de vue; développement (après réquisition de la salle de bains familiale). Pour Éric, la photo devient un moyen possible de voyager tout en gagnant sa vie. Son ambition se précise : devenir reporter-photo.

Son premier job, il le décroche aux pieds des stations de ski et il devient photographe-filmeur. Aux Deux Alpes, il tire le portrait des touristes... de tous les touristes qui passent à portée d'objectif. Il n'hésite pas à les déloger sur les pistes, dans les restaurants. C'est pour lui l'occasion d'améliorer sa technique. Comme il le résume lui-même : "125ème, 5/6... l'important, c'est le cadrage !" L'aventure se poursuivra à Chamonix et à Biarritz où il ouvre son propre magasin.

Mais le démon du reportage le tiraille et c'est inévitablement sur Paris qu'il pourra changer de registre. Il reprend donc le chemin vers la capitale où il se fait embaucher comme photographe pour une association qui édite un bulletin. Il couvre ainsi divers événements et commence à voyager.

En 1990, il se lance seul dans un grand reportage, sans carte de presse, sans même la certitude de pouvoir vendre au retour son travail. Il part en Algérie pour couvrir les élections... l'aventure. Au retour, il présente son sujet à l'agence Ciné Star Média Presse... et c'est le début d'une nouvelle carrière. Son sujet est retenu, ses photos sont publiées dans de grands médias : l'Express, Le Nouvel Obs., VSD, etc... Ce succès lui vaudra d'intégrer l'équipe de l'agence comme 13ème photographe. Il y a une hiérarchie chez les photographes qui est basée sur l'ancienneté, le premier photographe récupère les meilleurs sujets et ainsi de suite jusqu'au dernier photographe rentré dans la boite. Par contre, question émoluments, c'est à chaque fois l'inconnu... le photographe n'est payé que sur ses photos vendues aux médias. Question technique, pas de grande complication : l'important, c'est d'avoir la photo que les autres n'ont pas. L'aventure va durer quatre ans pendant lesquels Éric va couvrir une multitude d'événements : de la politique au théâtre, des manifs au show-bizz. Et finalement, l'agence a fermé... trop petite face aux grands que sont Sigma et les autres.

Passage à vide... Éric devient coursier pour conserver sa liberté et rester fidèle à son goût du mouvement.

Peu de temps après, il rencontre une journaliste qui prépare un reportage sur le Népal et recherche un photographe. Comment résister à l'appel d'une si lointaine contrée ? Éric part donc pour le Népal via l'Inde. Deux mois d'aventure et au retour tout un sujet prêt à être montré aux agences... mais cette fois, le reportage ne se vend pas. Qu'importe, l'aventure était enrichissante : Éric apprend la base du grand reportage. Tout est dans la préparation. Il faut se documenter, faire des recherches pour savoir ce qui est important de prendre comme clichés... mais par dessus tout, dans ce type de travail, il faut apprendre à vendre son travail au retour.

Alors Éric enfourche de nouveau sa moto et reprend ses courses effrénées dans les méandres de la capitale.

Un de ses amis, photographe chez Guitarist Magazine, le présente à la maison d'édition pour éventuellement le remplacer s'il fait l'affaire. Éric fera sa période d'essai et restera trois ans au service de cet éditeur. Trois années de souvenirs merveilleux où il aura l'occasion de côtoyer de nombreuses célébrités : Éric Clapton, Carlos Santana, Michel Jonas, Jean-Félix Lalanne, Ben Harper, et tant d'autres... C'est aussi l'occasion de travailler d'autres aspects de son métier. La prise de vue en concert est assez particulière, d'abord parce que les photos ne sont autorisées que pendant les trois premiers morceaux... ensuite parce que la lumière change tout le temps. Éric travaille alors avec du 800 ou 1000 ASA (sensibilité très élevée) pour ne pas dépasser un temps de pose de 1/60. En dehors du concert, il y a les prises de vue en studio. Les conditions sont alors bien différentes, il y a une complicité entre le sujet et le photographe et le rôle de ce dernier est à la fois de maîtriser l'éclairage et de bien diriger celui dont on tire le portrait.

Entre temps, Éric a connu Laure... est-ce par amour qu'il l'a suivie jusqu'à Sète ? La version officielle est la suivante : Laure avait la possibilité de venir travailler sur Sète, et tous les deux ont été ravis à l'idée de venir s'installer dans notre île si clémente. Et même si c'est d'un commun accord qu'ils ont pris cette décision, il n'en reste pas moins que c'est une belle histoire d'amour !!!

Alors que fait Éric maintenant ? Coursier ? Comme il en plaisante lui-même : "Coursier à Sète, pas question ou alors en scooter des mers !". En fait, Éric continue de travailler pour une agence de presse parisienne, l'Agence Dalle, spécialisée dans la musique. Il couvre tous les concerts du Languedoc Roussillon et ses photos sont proposées, via l'Agence, à tous les grands médias nationaux.

Sous le charme de Sète, Éric a doublé les amarres. Pas question de partir, il souhaite continuer son métier de photographe et propose ses services aux agences de la région et aux médias. Ne pas partir ne veut pas dire ne pas bouger, car il est toujours prêt à faire son paquetage pour des terres lointaines le temps d'un reportage, à condition de retrouver la douceur de vivre des quartiers hauts au retour de campagne, après sa pêche d'images. NOTA / Nous vous conseillons fortement de vous connecter sur Internet afin que vous puissiez voir les photographies qui ne peuvent être présentes sur cette version papier Bernard STÉPHAN ___________________________________________________

MOMENTO FINIS ( Suite du N° 9 )

17 Juin 1287 Pourquoi je continu à écrire ces lignes, je me le demande. De toutes façon je doute revoir un jour le visage de ma tendre mère. Ils ont tenté de creuser un tunnel sous la commanderie, sûrement dans le but de faire écrouler la muraille. Mais ils ont échoué, frère Fortunat m'a expliqué que les fondations s'enfonçaient très profondément dans la terre, l'épaisseur des murs étant si importante, il leur faudrait au moins un mois pour passer au travers. D'après lui, demain sera une longue journée, car les sarrasins vont lancer un assaut général. Je prie Dieu pour qu'il me donne la force de combattre en homme jusqu'à la fin. Je n'ai plus peur…

18 Juin 1287 Cette journée fut la plus terrible de toute. L'assaut a été fulgurant et meurtrier. Frère Ange est tombé sur les remparts, une flèche planté en son cœur, frère Fortunat qui aimait rire et les longues chevauchées dans la campagne est mort lui aussi. De nombreux autres frères et soldats sont mort. Nous ne sommes plus qu'une poignée. Maître Olivier m'a confié le baucéant, c'est un immense honneur pour moi. La nuit est bien avancée, Olivier d'Arçon s'est éteint alors que la lune était pleine et haute dans le ciel. J'ai réuni tout le monde dans la cour et leur ais annoncé cette triste nouvelle. Demains nous sortirons de la forteresse et nous chargerons ensemble nos ennemis. Jamais les chevaliers de l'ordre du Temple ne se rendront, jamais nous ne laisserons une seule chance de victoire à nos ennemis. Dieu restera à jamais dans nos cœurs et dans notre âme. Nous partirons le cœur léger car nous aurons accomplit notre devoir. L'aube se lève et nous ouvrons les portes de la commanderie. Mon cheval est prêt. Je me sens en forme ; prêt pour ce dernier combat. Je regrette toutefois de n'avoir pu discuter avec mon père de cette décision que j'ai prise il y a un an, lorsque je lui ais annoncé que désirais devenir templier. Adieu tous.

de Alexandre Denjean --------------- A suivre.... dans le prochain numéro (11) du CHICHOIS…

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A TABLE

Une purée parfumée de pois chiches.

-- 4 tasses de pois chiches cuits avec bouquets garnis.

---2 gousses d'ail - 2 cuillerées de tahin ( pate de sésame, que l'on trouve dans les magasins Bio ou dans les épiceries Nord-Africaines)

-- 3 cuillerées à soupe de vinaigre balsamique.

-- 1 feuille de menthe, huile d'olive, sel.

Réduire en purée les pois chiches, le tahin, l'ail. Mélangez le tout. Alongez avec un peu du jus de cuisson des pois et le vinaigre jusqu'à obtention d'une pâte onctueuse. Servir avec un filet d'huile d'olive et une feuille de menthe.

Ce plat peut être servis froid, en entrée, avec quelques croutons et une salade verte, ou chaud, en accompagnement de cotelettes d'agneaux.

LE CONSEIL DU SOMMELIER

Servir avec St Chinian (Bio) --Chateau Bousquette-- Rouge fût 96. en vente sur le site Internet

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DE QUOI J'E-MEL

Fleurs de givre

Sans en rendre qui que ce soit responsable, et les suceptibilités sont grandes, voire même en nous en rendant tous responsables - ce qui est le plus proche de la verité - nous pouvons constater ( pour les anciens, de mémoires et pour les plus jeunes, d'histoires racontées) que le monde n'est plus ce qu'il était, et la ville de Sète non plus.

  • Il n'y a plus de dauphins sautant et gambadant près des jetées et le long des rivages, aussi pourrait-on, pour la troisième ou quatrième fois depuis le début de l'ère sétoise, changer le blason de la ville et mettre, je ne sais, pourquoi pas une sardine à la place du dauphin.
  • Le Mont St Clair n'est plus un endroit à sardinade et à cabanettes. On peut toujours s'y promener en famille en restant sagement sur la droite ou la gauche de la route pour que les enfants ne se fassent pas écraser par les automobiles, mais seulement pour baver d'envies ou pour rêver en apercevant au delà d'un mur une villa ou une piscine.

L'énumération de cette " évolution" serait bien longue et peut nous amener à penser que Sète avec son air tranquille, bon enfant, ses cabanettes, a presque disparu pour laisser la place aux bruits, aux néons et aux remplissages architecturaux et qu'en prendre conscience est une sorte d'honneteté et aussi, surtout, nous interpelle sur une règle éternelle : sans espace vide - pas de création. Ou alors, peut-être, un tout autre genre de création.....

Louis Ernesto

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VIE ACTUELLE

Economie . - . Alain le Nouëne, l'architecte de la lumière

La nouvelle entreprise " Candela magica " est née à Sète le 11 janvier dernier. Faire plus qu'éclairer est le maître mot de ce concept.

" Candela magica " s'est implantée sous l'impulsion d'Alain Le Nouëne. Première dugenre en île singulière, cette nouvelle entreprise en " éclairage, conception, conseil " est, en quelque sorte, un cabinet d'architecture en éclairage. En France, quelques 70 personnes (notamment en Rhône-Alpes) oeuvrent dans ce concept datant d'une quinzaine d'années.

La lumière, l'éclairage n'ont aucun secret pour Alain Le Nouëne. Avec l'aide " d'Energies alternatives " (rue Lazare Carnot), il a créé une Sarl avec trois autres personnes. Cet " architecte éclairagiste " a un parcours lumineux. En effet, il a travaillé de nombreuses années dans l'éclairage de spectacles, musées, expositions, du métro parisien, etc. Il a ensuite rejoint l'enseignement où, durant 6 ans, il fut responsable de la section lumière et professeur d'éclairage à l'école sétoise Scaenica.

Des applications multiples " La lumière ne sert pas qu'à éclairer. Elle est là aussi pour créer des espaces agréables à vivre, à voir, à regarder " confie Alain Le Nouëne. Et, intarissable, d'ajouter : " La lumière à trois rôles : fonctionnel incontournable (éclairage), technique et artistique (scénographie, ect) ". Les domaines d'application de " Candela magica " sont muliples, aussi bien dans le secteur privé que les collectivités territoriales. Alain Le Nouëne entent être complémentaire des urbanistes, paysagistes, architectes d'intérieur et autres électriciens.

Cet architecte spécialisé " es lumière " imagine déjà ponts, rues, monuments, parcs et jardins, port, villas ou appartements, bureaux ou magasins, locaux industriels ou artisanaux… sétois (et pourquoi pas aux alentours ?) colorés selon les sites, les envies. Maintenant, la lumière se marie à la couleur pour calmer, tonifier, égayer… Alain Le Nouëne entend être à l'écoute de ses clients. " Proposer, conseiller, démontrer, essayer de convaincre, c'est bien mais il faut surtout écouter les envies de la clientèle pour répondre à son attente. Il s'agit d'une réflexion entre deux partenaires ".

Concrètement, tout un chacun peut faire appel à lui. A partir du désir du client, Alain Le Nouëne visite le site et conseille, dessine ou réalise en " 3 D " (dimensions) grâce à l'infographie, le concept retenu. Le client peut ainsi, constater, de visu, le résultat " lumineux " de son envie pour mettre en valeur meubles, pièces, etc. Certes, quelques devis s'intercalent. Mais " éclairer " joli, différemment, n'est pas forcément synonyme de coût exorbitant

Des études ont démontré que la lumière agissait sur le comportement des humains. Alors, pourquoi ne pas se faire plaisir en " renouvelant " son éclairage, à l'instar des peintures et tapisseries, ou " créant " sa lumière tout simplement selon sa personnalité ?

Kathy GOSSELIN

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LA PLUME

Les échos littéraires vont essayer, au fur et à mesure des parutions du Chichois, de vous donner des informations sur tout ce qui s'imprime concernant Sète et sa région mais également sur l'activité des auteurs sétois.

Marie ANDRIEU nous entraîne, à travers un conte, à la découverte de notre intimité spirituelle. "Le pas de Dieu", paru chez XXI° Siècle Gutemberg, est un écrit atypique permettant aux croyants, non-croyants, cherchants et autres de se réconcilier autant avec ses prochains qu'avec eux-mêmes. A travers les sept nuits que vont passer une Renarde, curieuse de tout, et un vieil Ours, sage parmi les sages, le lecteur s'émerveillera, s'étonnera et finalement se reconnaîtra dans cette analyse de la notion de Dieu.

Que deviennent-ils ?

Vous vous souvenez, certainement, de "Roman Fleuve" d'Antoine PIAZZA. Ce fut la surprise littéraire de la rentrée littéraire en 1999. Nous avons voulu savoir ce que devenait notre écrivain sétois. Il fignole, peaufine et achève avec l'amour du bel ouvrage qui le caractérise (et le passionne) un roman épistolaire, "Mougaburu", qui paraîtra à la rentrée 2001 aux Éditions du Rouergue. 1840, les cendres de l'Empereur sont rapatriées en France... ce sera l'occasion pour un ancien officier supérieur de prendre une dernière fois la route... Dernière bataille ? Baroud d'honneur ? Hommage posthume ? A découvrir en septembre ! En passant... "Roman Fleuve" sortira en poche, chez Folio, à la même période. De plus, une traduction en italien est en cours.

Et de Lilian Bathelot ? Vous souvenez-vous également ? Il nous avait mis Sète sens dessus dessous dans sa trilogie noire : "Chichois en baraquette". Il prépare un nouveau polar "L'attrape chien". C'est ce que nous avons appris en consultant son site www.bathelot.com en attendant de pouvoir l'interviewer plus longuement.

Pour tous ceux qui n'arriveraient pas à se procurer les ouvrages que nous présentons, n'hésitez pas à nous adresser un E-Mail. Le chichois se fera un plaisir de vous conseiller ou de vous trouver une solution pour vous le procurer.

Bernard Stéphan / Maison de la Presse 1 rue général de Gaulle

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INTERVIEW

Portrait d'un amoureux de l'écriture : Paul-René Di Nitto. (Première et seconde partie de cet Interview)

Première partie (déjà diffusée dans le numéro 9 du CHICHOIS)

On ne présente plus aux Sétois Paul-René Di Nitto... beaucoup l'on reçu dans l'intimité de leur foyer, chaque soir, à l'heure des actualités régionales sur FR3; beaucoup le lise, chaque dimanche, dans Midi Libre; et nombreux sont ceux qui ont eu le désir et le plaisir de feuilleter ses livres pour retrouver la photo d'un aïeul, d'un ami ou le souvenir d'une vieille histoire locale.

Avec sa complicité, nous avons voulu revenir sur son propre passé... car de ce grand témoin de notre vie régionale que connaissons-nous au juste ?

Le petit Paul-René est né à Sète, presque fils unique, nous confie-t-il, car sa soeur aînée est beaucoup plus âgée. De sa petite enfance, il garde le souvenir d'une vie sans histoire. Les parents décident de tout et l'enfant se laisse porter dans ce bonheur quotidien. Ce qui ne signifie pas que la vie soit facile, son père, ébéniste d'art, travaille d'arrache-pied et l'argent, durement gagné, permet de vivre mais certainement pas de faire fortune. Une famille modeste où la mère occupe une place importante.

La religion est importante également chez les Di Nitto, et le petit Paul-René passera toute sa scolarité dans les écoles privées de Sète puis chez les bons pères, dans les Hauts-Cantons. Il y a bien sûr le choix de la mère qui rêvait de voir son fils devenir évêque. Pourquoi pas, il y a déjà eu un évêque dans la famille. Et puis, il y a les circonstances : c'est la guerre, Sète est déclarée zone sensible, les allemands sont partout, on craint un débarquement, la ville est évacuée... et sera bombardée trois fois.

C'est dans ces circonstances que Paul-René passera son adolescence dans un collège du nord du département... un établissement qui deviendra célèbre pour avoir accueilli un certain Roger Peyrefitte, auteur du roman "les amitiés particulières"... un brûlot pour l'époque. Un auteur qu'affectionne particulièrement Paul-René, pour son style magnifique, et il nous confie avec gourmandise qu'il connaît toute son oeuvre.

C'est au milieu des soutanes que le petit Paul-René découvre les joies de l'adolescence dans une vie de pensionnaire bien réglée. Bien sûr, de temps en temps, on fait le mur, avec les copains, la nuit, pour aller manger des pommes dans le champ voisin... mais la vie est si dure durant ces années de guerre que les estomacs vides crient famine.

Le moule que ses parents avaient confectionné commence à se fissurer : l'enfant se met à réfléchir, à penser, à désirer.

Le désir ! C'est cela qui mettra définitivement fin à la carrière d'évêque de Paul-René.

Avec l'arrivée de la puberté, la nature affirme ses choix. Une autre passion s'affirme chez le jeune homme : celle d'écrire... écrire pour le plaisir d'écrire.

C'est également la découverte de la presse écrite et Paul-René passe tout son maigre argent de poche dans des journaux et magazines. Son choix est fait : il sera journaliste !

La révolte gronde dans la famille : journaliste, et pourquoi pas saltimbanque. La maman, autoritaire certes mais soucieuse de voir son fils avec un métier sécurisant, le pousse à passer des concours pour rentrer dans l'administration. A cette époque, il n'est pas question de claquer la porte et de partir avec un petit baluchon sur l'épaule... mais Paul-René résiste et ne veut pas abandonner son idée : il sera journaliste.

Pas question d'aller suivre des cours pour apprendre le métier de journaliste... trop loin (Paris) et parce que trop loin... trop cher. Alors, parce qu'il faut bien ramener un peu d'argent à la maison, Paul-René exerce divers métiers : saute-ruisseau dans une compagnie maritime, vendeur de salle-de-bains... etc...

Et la chance lui sourit un jour par l'intermédiaire d'Henri Delpont. (Henri Delpont est un des grands amis de Georges Brassens, il est connu également à Sète pour avoir dirigé le Théâtre et s'être occupé du tourisme au sein de la municipalité.) Henri le connaît et il sait qu'il cherche à rentrer dans la presse.

Henri Delpont l'aborde un jour dans la rue : "Alors, tu as toujours envie d'être journaliste ? L'Indépendant de Perpignan veut lancer une édition dans l'Hérault, ils cherchent du monde; moi je suis pris ailleurs; alors vas-y" L'Indépendant, ce n'est pas n'importe quoi... un journal déjà centenaire à l'époque. Et c'est ainsi que Paul-René débute dans le journalisme, il n'a pas encore vingt ans. Il fait équipe avec une figure locale: M Mouraille, la caricature du journaliste du XIXème siècle, cheveux longs, une lavallière autour du cou. Un tuteur pour Paul-René même s'il doit abattre tout le travail, mais qu'importe, son rêve se réalise, humblement mais concrètement.

L'aventure ne dure pas longtemps... l'Indépendant se retire du Languedoc pour se retrancher dans ses terres du Roussillon. Mais elle dure suffisamment pour mettre le pied à l'étrier au petit sétois féru d'écriture.

C'est une grande maison d'édition qui recueille le jeune Di Nitto : les éditions Causse Graille et Castelnau. Ils sont connus pour leurs publications en matière de viticulture et d'économie (livres et presse spécialisée) et font travailler 120 personnes. Leur notoriété dépasse les frontières : un bureau à Paris, à Bordeaux et à Alger. Ils éditent des ouvrages en anglais et en allemand.

C'est dans cette grande maison (qui existe toujours sous le nom des éditions Causse, dirigée par Jean-Christophe Causse, le petit fils du fondateur) que Paul-René va se former au métier du livre... il apprendra la technique, le plomb notamment car lil n'y a pas d'informatique et encore moins de PAO à l'époque. Et c'est également dans ce nouveau cadre professionnel que Paul-René commencera à voyager un peu partout en France... un avant-goût du reportage.

Tout en poursuivant sa carrière, Paul-René s'intéresse à cette nouvelle technique qui se démocratise de plus en plus : la radio. La télé n'existait pas encore. Il s'équipe... radio, magnétophone de reportage... sans arrière-pensée, simplement pour le plaisir de satisfaire sa curiosité naturelle.

A Toulouse, une station radio s'installe : Radio Sud. C'est l'ancienne radio des vallées qui émettait depuis la principauté d'Andorre. Tous les jours, de midi à treize heures, elle diffuse un magazine "de l'Atlantique à la Méditerranée" et recherche des correspondants sur toute la côte sud pour son émission. Paul-René propose ses services... et il est pris !

La vie se complique... Paul-René poursuit son travail dans la maison d'édition et tous les midis, il intervient en direct sur Radio Sud. Techniquement, la radio, c'était une époque où il fallait bidouiller... L'aventure se poursuivra très longtemps

La télé fait son apparition... avec l'ORTF et son professionnalisme.

Une anecdote pour bien illustrer le déphasage entre les deux mondes. Régulièrement, Montpellier reçoit un Ministre et tous les médias se précipitent pour interviewer ce dignitaire de l'État. Paul-René arrive avec sa petite bagnole et son magnéto UHER et aperçoit l'équipe de la télé : quatre gars... le cameraman, le preneur de son, l'assistant et le journaliste... en un mot, le grand luxe. Et chacun fait son interview, l'équipe Télé repart et Paul-René rejoint sa voiture, cale tant bien que mal son magnéto sur ses genoux, fait son montage, coincé entre le vide-poches et le levier de vitesse, bidouille ses fiches pour balancer via le téléphone la modulation en direct sur l'antenne. Du bidouillage dont il garde un souvenir merveilleux.

Entre temps, le journal "La Croix de Paris" se lance dans une politique d'information orientée vers la décentralisation. Il faut pouvoir fournir aux lecteurs des informations sur les grandes régions françaises et par la même occasion récupérer un lectorat régional. Pour lancer cette nouvelle politique, le journal se lance à la recherche de correspondants régionaux. Et Paul-René devient correspondant pour le Languedoc tout en se débrouillant avec un emploi du temps déjà bien chargé.

La télé va se rapprocher de son existence au cours d'un déjeuner où se retrouvent une vingtaine de journalistes dont René Raynaud, premier rédacteur en chef de FR3 Montpellier. La télé c'est encore nouveau et toujours en noir et blanc. Tout le monde se connaît dans ce petit milieu de la presse et c'est presque par plaisanterie que Paul-René lance à René Raynaud "Tu n'embauches pas ?". L'arbre est planté... trois mois plus tard, René Raynaud téléphone à Paul-René pour lui proposer d'assurer les journaux parlés de 7h du matin. Ce n'est qu'un remplacement pendant les congés du titulaire mais c'est l'occasion de travailler pour l'ORTF qui regroupait les émissions télé et radio.

Alors là, le planning devient fou et après de longues discussions, la maison d'édition accepte de faire passer Paul-René à mi-temps. Même dans ces conditions, la journée est bien remplie : lever à 4h30, déplacement rapide de Sète à Montpellier chez FR3 pour préparer le journal de 7h, le journal terminé, direction la maison d'édition pour le restant de la matinée, l'après-midi est consacrée à Radio Sud et la Croix de Paris.

Le dimanche, Paul-René se voit confier toutes les missions que les titulaires n'ont pas envie de faire : impossible de refuser. Et notre reporter se voit confier des sujets qu'il n'aurait jamais cru pouvoir traiter. Lui qui ne comprend rien aux sports, se retrouve comme animateur d'une émission sportive.

L'ombre de la télé ne plane pas loin... Le soir de temps en temps, on lui demande s'il est libre parce qu'il y a deux ou trois petits commentaires à faire dans le journal télévisé.

(suite et fin de "Portrait d'un amoureux de l'écriture : Paul-René Di Nitto" )

Nous avons laissé, lors du dernier Chichois, Paul-René s'essayer au métier de journaliste télé. C'est un nouveau monde qu'il découvre et apprend à maîtriser : celui où l'image est le support principal de l'information, celui où il faut savoir faire un commentaire complet en 30 s... pas une de plus, pas une de moins... et en direct, l'oeil rivé sur l'écran de contrôle pour ne pas rater son début de sujet.

De commentateur, Paul-René est devenu présentateur... pour une vingtaine d'années. Il lui a fallu abandonner ses autres activités mais il ne regrette rien. La télévision lui a permis de voyager, de connaître toutes sortes de gens différents et de traiter des sujets très variés allant de la gastronomie à l'ésotérisme.

C'est aussi l'apprentissage de la vie en collectivité, ce qui n'est pas évident car les journalistes sont de grands individualistes. Tout le monde se tutoie, du patron au pigiste,. On se parle librement et si on a envie de se dire des choses désagréables, on se les dit, ce qui n'empêche pas d'avoir ensemble des moments de grandes rigolades.

Le temps passant, l'échéance de la retraite se fait sentir et le plus très jeune Paul-René se retrouve avec la trouille au ventre : "Que vais-je faire après ?" Une peur non fondée... comment imaginer Paul-René ne rien faire, lui dont l'encre est intarissable.

C'est à New-York, sur la 5ème avenue, lors d'un voyage des jeunes bacheliers sétois, que naît l'idée d'une rubrique dans le Midi Libre. M Lacan, qui est du voyage également, propose à Paul-René de s'occuper d'une série d'articles sur Sète. Ils en parlent aux States... et quelques mois après, en reparlent à Sète et depuis, Midi Libre ouvrent ses colonnes, tous les dimanches, à Paul-René pour l'évocation du passé de notre île singulière. Un rendez-vous très apprécié par les lecteurs.

Le monde de l'édition est venu croiser de nouveau le chemin de Paul-René par l'entremise de Jean Brunelin. Jean Brunelin s'intéresse, à l'époque, à Cettare pour la cuisine. Après un voyage dans ce charmant petit port italien, Jean téléphone à Paul-René et lui communique son engouement pour ce port si sétois qu'est Cettare. Le livre prendra forme après un séjour des deux complices sur la Marine italienne.

Chez le même éditeur (Espace Sud), deux livres paraissent regroupant les chroniques de Paul-René sur le passé de Sète à travers ses faits divers, ses mémoires et ses nostalgies.

Enfin, pour rendre à Jean Brunelin sa politesse, Paul-René l'invite à découvrir Gaette, ville natale de son père, dans la grande baie napolitaine si riche en chansons et en petits plats méditerranéens.

Que fait aujourd'hui Paul-René ? Toujours actif, il travaille sur trois projets :

Rendez-vous est donc pris pour retrouver Paul-René à travers ses futures créations...

A bientôt Paul-René

STÉPHAN Bernard.

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Brèves de comptoir.

Le coin des féministes

Pour changer du machisme habituel, des femmes nous prient d'inserer:

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