Le Chichois..

 

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Poesie .  

Les deux textes que nous vous proposons aujourd'hui ont été écrit par Michèle CAILLOL.et Augustin Di Martino.

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Musique estivale.

On l'a quittée depuis longtemps, la maison de notre enfance.Elle est bien loin, la villa "les Cigales", dressée sur la colline, bravant le fort mistral mais chaque année, dès le premier chant des cigales, son souvenir nous obsède et nous enchante.On se revoit allongée sous le cerisier dans un état de somnolence bourdonnante. Le passé si présent est presque parfait.

L'été, alors, pend la crémaillère. Le corps enveloppé d'un souffle d'air brûlant on recherche les ombres, on paresse, on somnole qui sur une balancelle, qui sur une chaise longue. Le chat, sous l'olivier, coule une sieste ronde.

Les premiers cris nous surprennent. Quelques accords timides, tels des musiciens avant un concert, puis l'orchestre s'enflamme, monoinstrumental. Les cigales jouent de leur caisse de résonance, elles craquettent, elles cymbalisent avec ardeur, sans discontinuer. Elles sont nées pour ça, festives amies de nos vacances. Après quatre années de ténèbres elles ont bien mérité, Madame la fourmi, ne vous déplaise, de chanter à perdre haleine durant leurs trois courtes semaines de représentation !

Chaque matin, de nouvelles larves sortent du jeu de boules, au fond du jardin, à dix pas du figuier et se hissent sur la branche d'un arbre pour leur métamorphose. Alors, le jardin tout entier, écrasé de lumière, aux senteurs de fruits mûrs; bruissera tout le jour de milliers de cymbales, chaque arbre possédé par la même gaîté. Vibrantes, stridulantes, entêtantes, parfois agaçantes mais ô combien envoûtantes sont les cigales qui accompagnent nos étés de Provence.

On n'a plus envie de bouger, surtout, ne pas ouvrir les yeux... on est sur la balancelle, on a quinze ans... on est bien.

Avril 2001 Michèle CAILLOL

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Un jour d'été, le soleil brille et le ciel est d'un bleu azur, parfait sans aucun nuage, on pourrait s'y baigner suspendu à l'envers. Les oiseaux chantonnent dans les arbres, et les petits qui viennent de naître gazouillent et quémandent la becquée, les parents les auraient-ils oubliés ? ou flirtent-ils quelque part ?

Mon petit chardonneret s'égosille, il chante dans sa pauvre cage, je pense que je ne supporte plus de le voir derrière ces barreaux. Je vais le libérer de ses chaînes, mais voilà s'envolera-t-il ? Il est tellement bien soigné par maman.

9h - Oh j'entends un sifflet au dehors, c'est notre signe de ralliement, les copains bien sur................ Tino, on va à la plage s'écrie Chicha ! Tu viens ? OK j'arrive.

Au revoir petits oiseaux, à bientôt, et nous voilà partis avec les copains : Chicha, Jallil, Jean-Marc sur la route des caroubiers accablés déjà par la chaleur de cet été qui assèche nos gorges. Sur notre route nous nous désaltérons à une fontaine au bord de la route, hum quelle est fraîche ! ...

Deux kilomètres à faire pour arriver "au lever de l'aurore" plage qui nous attend tous les jours avec sa grande bleue et ses rochers aux deux extrémités parallèles qui s'élèvent comme des menhirs. Nous ne sommes plus très loin, encore un effort... Quelques mètres et nous apercevons déjà des baigneurs qui batifolent dans cette eau limpide qui ressemble à un miroir qu'on aurait superposé au-dessus.

Sitôt arrivé, Jean-Marc propose de faire un petit match de foot sur le sable et ensuite de se baigner, et la drague comme d'habitude. C'est ce que nous faisons habituellement, des filles sont présentes sur la plage, magnifiques au teint halé et d'un corps à retenir son souffle, il y a Marie Claude avec sa charpente musclée et ses lolos qui nous font rêver, il y a Danielle plus mince avec ses longues jambes de mannequin, ses yeux d'un bleu profond qui nous envahit de plaisir.

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    - Tino, Tino, Tino ! -
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    Oui, oui, que se passe-t-il Jean-Marc ? -
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    J'ai une idée, cet après-midi nous n'avons rien de prévu, et si on fabriquait de la glace ? -
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    C'est une excellente idée, pendant que les parents feront la sieste nous on se léchera les babines. Pour cela il faut se partager les rôles : Jean-Marc se propose de fournir le matériel : une sorbetière manuelle. Chicha, lui, amènera le lait, Jallil la vanille et le gros sel, et enfin moi j'apporterai sucre et glace pilée.

Après nos différentes activités, déjà midi, il faut rentrer, et refaire le chemin en sens inverse. Fatigués et rougis comme des écrevisses nous parcourons ce calvaire et ils nous semblent que la route n'en finit plus, le bitume fond comme du caramel sous la chaleur, et lorsque nous arrivons enfin chez nous, trempés de sueur, les mamans ne tardent pas à nous montrer du doigt l'endroit salvateur de la douche. Un bon petit repas et prêt pour la grande aventure de cet après midi. FABRIQUER DE LA GLACE.

Après notre épopée matinale, comme promis nous nous retrouvons l'après midi chez Jean Marc. La chaleur est torride, l'humidité du couloir qui mène au troisième étage de Jean Marc nous fait du bien. Tous les ingrédients sont bien là présents. Nous pouvons commencer. Une fois chargée la sorbetière ronronne sous nos tours de mains, les bras tournent cette machine qui ressemble à une toupie, à tour de rôle, nous ne tardons pas à être en sueur. De temps en temps ils nous semblent qu'une certaine odeur savoureuse se dégage de cet appareil infernal. Après que les tours de bras n'en finissent plus de gesticuler dans tous les sens, la bonne odeur de sucre et de vanille vient enfin taquiner nos narines.

Nous parlons de plus en plus fort, à nous donner des conseils de prudence, afin que cette précieuse mixture ne puisse tourner en lait caillé... Jean Marc est aux commandes, il s'essoufle. Tino lui conseille d'avoir un effort constant. -

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    Tiens, Tino, prends le relais. -
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    OK

On entend des bruits dans l'escalier, ce sont les parents de Jean Marc. -

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    Que se passe-t-il ? Que faites vous à brailler comme cela en plein après-midi ?
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    - De la glace à la vanille, répond Jean Marc.
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    - De la glace !!! Très étonnés le voisin : - Mais avec cette chaleur, vous n'y parviendrez jamais, vous êtes complètement fada, pauvres petits...
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    - Allez ne vous en faites pas, laissez nous faire, on verra ce que l'on verra. -

Hum, hum... les voisins s'en repartent en grommelant. Et le cycle infernal reprend de plus belle. Les bras tour à tour s'emploient à tourner la manivelle de cette machine diabolique qui devrait dans peu de temps nous laisser entrevoir un liquide blanchâtre. Nos papilles commencent à nous taquiner.

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    - A quelle heure avons nous commencé, s'exclame Chicha ! -
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    A 14 heures, réponds Tino -
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    Bon, il est maintenant 16 heures, je crois que nous pouvons découvrir ce trésor et le déguster. -
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    Il faudrait attendre encore un peu Jallil ! -
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    Non... on peut y aller Jean Marc.

La sorbetière est ouverte avec un cérémonial digne d'artistes montant en scène, une glace blanche, ferme et épaisse se découvre à nos yeux étonnés et remplis de surprise et de joie.

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    - Fantastique, formidable, vite remplissons nos coupes, il y en aura juste pour nous, attention aux voisins qui peuvent venir nous torpiller. Tiens, tiens... voilà les voisins qui rappliquent.
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    - Alors, vous avez échoué ? Nous le savions, Ah, Ah...
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    - Et non camarade, regardez ce que l'on bouffe. Nique, nique... nous sommes de vrais fabricants de glace à la vanille en été à quelques 30° et plus. Une vocation était née. Cela se passait en Algérie dans notre adolescence...
Augustin Di Martino.

 

 

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