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CHICHOIS
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Poesie
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LE REVE DU POULPE *
Lorsque descend la nuit, que meurt
le crépuscule, Le poulpe
sur la place, avec son oeil hagard, Erre sur son rocher, dresse son
tentacule Et toise les
passants de son mâle regard.
A quoi songe-t-il donc ce fringant
octopode ? Rêve-t-il, dans
son eau du monde sous-marin ? Ou bien, les yeux fendus, compose-t-il une
ode Au soleil chaleureux
perdu jusqu'au matin ?
Je l'observe parfois, devine ses
délires, L'insondable
secret de ce noble animal, Monstre des profondeurs, naufrageur de
navires, Dont l'aspect
agressif ne nourrit aucun mal.
Sur son rocher tapi, je le vois en
partance, Et je comprends
alors son vieux désir amer... Cet ami des enfants, mon compagnon
d'errance, J'aimerai bien
l'aider à rejoindre la mer.
Barnabé.
*Sculpture monumentale en bronze,
exécutée par un artiste sétois, d'une pieuvre servant de fontaine sur la place
de la Mairie de Sète, et communément appelée : "le pouffre" ! 
CONSEIL D'UN
SETOIS HYPOCRITE A MA PETITE DORADE
Dans notre
golfe du lion On te voit sirène et poisson Tu portes la robe de
faille D'un grand faiseur, orné d'écailles. Ton maquillage a tant de
goût, Juste un peu de rose à ta joue. Or, tu fréquentes des
arènes Où l'on met à mort les sirènes. Voyageuse en visite au
port, Je t'y trouve en danger de mort ! Ne flâne plus vers la
marine : Folle qui se fie à sa mine. A la marine, ma
chérie La semaine a sept vendredis. Ces lieux païens ont
service Où l'on t'y sert en sacrifice. On t'y fait griller les
pinceaux Et même la peau de ton dos, Et le Picpoul qui
t'accompagne Arrive de notre campagne. Fuis notre port tant
qu'il est temps, L'hypocrisie des
habitants ! Oui ! De tristes gens te pourchassent, Nommés pêcheurs !
Maudite race ! Semant partout leurs
hameçons En véritable piège à C.. ! " Dans un poème de
Sétois Les mots grossiers sont hors la loi ! " Et toi, ma petite
Dorade Qui veut traverser notre rade Pour rejoindre l'étang
de Thau Traverse Sète au fil de l'eau. Entre deux eaux, bien
qu'on te guette Tu passeras comme une
Ablette, Tu verras jeter cinq cents plombs Des chevrotines pour
canons. Mais dans l'étang, pêcheurs et nasses T'attendent comme des
rapaces ! Suis mon conseil, va vers les parcs Croque leurs Moules…et
repart ! Hélas, m'a dit notre déesse, Mon cœur est gros, plein
de tendresse Pour mes petits, car au printemps Je les envoie dans votre
étang ! J'y viens passer quelques vacances Avec les bateaux de
plaisance. ( Et c'est ainsi, que chaque automne, Applaudi par cinq cents
personnes Ce poisson perd son univers A la plagette….Pour un
ver !)
Georges
LARROSE
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