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Philosophie
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LA POLITIQUE
CONTRE L'IDIOTIE
Un peu
d'étymologie tout d'abord.
IDIOT
nous ramène au grecque Idios signifiant particulier, qui appartient en propre
à quelqu'un.
INTELLIGENCE vient d'une racine indo européenne : leg
dont le sens regroupe les idées de choisir ( élire, discerner) et
rassembler, de " communication entre des personnes qui s'entendent " De
cette racine viennent les mots : intelligible , éligible, collectivité, logos (
mot clef de la philosophie occidentale signifiant un discours qui fait
l'assentiment de tous, universel.)
POLITIQUE vient du Grecque Polis, la cité. D'où
Politique qui concerne les citoyens et l'état
L'idiot
c'est celui qui reste tellement collé à ses intérêts très personnels qu'il
ne peut rien partager, rien échanger avec les autres. Et c'est bien là ce qui
nous asphyxie dans les relations avec l'idiot ::ses histoires trop personnelles
dont nous n'avons rien à faire surtout lorsqu'elles durent plus de trois minutes
( histoires de boyaux, de boulons, de voisinage, histoires de famille trop
intimes). Il est évident qu'il a la même logique, la même faculté d'intelligence
qu'un autre, mais il ne s'en sert pas, il est resté identifié à ses seules
particularités, ou qu'il croit telles, le plus souvent organiques.
L'idiot est
généralement très bavard, sans retenue, puisqu'il n'a pas à construire un
langage entre lui et l'autre, à la limite il ne voit ni ne sent l'autre - son
malaise, ses désirs, son ennui. L'idiot n'est jamais à
court de mot - on ose pas dire de parole - puisqu'il va raconter à tous, sans
discernement, son quotidien, tout son quotidien en son menu détail. On peut
noter que l'idiot n'a jamais de véritable humour, lequel nécessite un recul, une
mise en perspective par d'autres points de vue Le politique se
place d'emblée à un tout autre niveau, il s'agit de parler de nous. donc de
trouver un langage commun, de construire ce discours qui inclut tous les
citoyens, leur devenir, et d'inventer - non pas de ressasser sans fin - un
avenir, pour tous, même ceux de l'avenir. C'est un discours qui est
compréhension, choix, invention, action et responsabilité…… dans l'idéal ! (mais
il n'y a pas d'idéal de l'idiotie) .
Aux extrêmes on
peut ainsi distinguer un discours du particulier et un discours du politique. Où
les trouve t on ? Pourquoi sont ils utilisés et comment ?
Quoi,
où et comment du discours du particulier ?
Ce discours
semble s'épanouir de nos jours. Les réality show du
genre loft story à la télé, presque toutes les publicités et quelques romans en
font leur principal ressort, pourtant à y regarder de plus près ne sert il pas
l'uniformité plus que les particularités de chacun ? C'est là un des points
important, le jeu du particulier et du conforme - du semblable -qui se
rejoignent., se retournent comme recto verso. La production de masse
est "rationalisée ", c'est à dire réalisée au plus bas coût , par la
standardisation d'objets strictement identiques d'un bout à l'autre de la
planète alors que les publicités vantent la mise en valeur de l'individu par
l'achat de l'objet désirable . L'individu lambda n'a t
il pas l'esprit englué par les mêmes rêves de 4X4, de télé grand écran, de
vacances à la neige, de portable…qu'un autre. Il y a 20 sonnettes. différentes
pour les portables mais tout le monde choisit la même ! Cela fait combien
d'années qu'on ne voit plus de vieilles voitures dans les rues , tout le monde
voulant la dernière sortie, à des millions d'exemplaires, la plus grosse, la
plus cher , la plus rapide dans l'espoir d'être plus, d'être autre…
désespérément, avec un objet standardisé. Nous sommes tous
identiques dans notre voiture particulière. Le problème est que
cette conformité ne relie plus dans un sentiment d'appartenance, au contraire
elle exacerbe la compétition, l'agressivité à la recherche d'une véritable
distinction de soi et de l'autre. Nous sommes souvent comme des atomes
identiques et isolés, ignorants de l'autre.
Le discours
médical sur les biotechnologies - surtout la reproduction médicalement assisté,
le clonage - joue aussi avec les revendications de l'individu pour esquiver la
loi. Les lois sont par définition de l'ordre du général, et ignorent
les cas particuliers . Les défenseurs du clonage se posent en champions des cas
particuliers, pour eux il ne peut y avoir de loi réglementant leur pratique, on
ne peut répondre à la demande qu'au cas par cas. ! ils acceptent de dire que les
pratiques reproductives doivent être encadrées… mais peuvent sortir du cadre :
les pauvres parents qui ont perdus un enfant et veulent le même, à nouveau, les
propriétaires d'animaux domestiques trop tôt défunts, les couples stériles, ceux
qui veulent rester entre eux génétiquement parlant. Le cas particulier - qui
réclame une reproduction particulière - se pose hors la loi. Les biotechnologies
ne veulent pas être réglementées, c'est seulement une histoire particulière
entre des parents -ou un seul parent - et un médecin ! Aucune législation ne
devrait y mettre son nez. Pourtant dans le clonage
il s'agit de reproduction du même, Il est toujours question d'annuler
l'histoire, de nier le devenir, de repousser le nouveau et ses risques, de
rester dans le même, dans l'éternel retour, dans le ressassement, comme la
répétition des histoires de l'idiot. Le très particulier ne
peut que se répéter à l'infini, abrité de toute variation par l'expulsion de
l'autre. Le comment du discours sur le particulier nous en avons dit un mot
en évoquant la Loggorhée ( ou chiasse verbale, avec sa caractéristique
d'inextingibilité) de l'idiot.
Par l'art Il y
a évidemment un aspect positif du discours du particulier - mais dans ce cas, il
n'est justement pas exclusivement personnel . L'art est un particulier qui se
ferait entendre par les différents.
Quoi où
et comment du discours du politique ?
Les nouvelles
formes d'intervention politique de la fin du 20ème siècle ont relancé la
nécessité de comprendre pour agir, comprendre et réfléchir au fonctionnement de
la société dans son ensemble, elle présente un renouveau de l'éducation
populaire ( elles ont toujours existé dans les partis communistes, mais elle s'y
été, pour le moins, fossilisées, " dogmatisées ") on peut citer comme
particulièrement représentatives de cette tendance des associations comme ATTAC,
de nouveau syndicats - SUD -, des groupes féministes ou d'action sociale - AC !
etc Une autre nouveauté de ces formes du politique est le lien qui est
fait entre les événements locaux ( plus particuliers) et une analyse qui prend
en compte la situation mondiale, concernant les autres peuples.
On est assez
loin des formes tristes et oublieuses de soi même du militantisme des décennies
du milieu du siècle ou de l'apolitisme des années 80. Aujourd'hui chacun, en
particulier, se donne à nouveau le droit de réfléchir à tous les possibles et de
se battre, avec tous, pour faire advenir un autre monde.. Après le fatalisme
libéral des années Tatcher ( rappelons nous son " there is no alternative ") et
la dégénérescence totalitaire des régimes communistes, renait le désir, le
besoin du politique. Dans la société, durant
les années 90 également, ont émergé de nouveaux désirs, des demandes
d'intelligence, d'échange de réflexion comme le montre le succès de nombreux
cafés philo. Rappelons que la philosophie , en occident tout du moins, a partie
liée avec la politique, elle en est née dans le jeune démocratie Athénienne, et
lui restera couplé une grande partie de son histoire, pour ne prendre qu'un
exemple entre cent : Hegel , marqué par la révolution Française, inspirera le
marxisme et la psychanalyse Lacanienne.
Qui est
apolitique ?De nos jours comme de
tous temps, l'apolitisme est une ruse pour défendre le status quo…. Ou bien est
ce l'opinion commune des idiots ?

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