
Chichois
noel.
Pour ce numéro
du temps des surprises au pied de l'arbre de Noël, nous sommes
allé interviewer un Argentin de Grenoble, jaïme alberto
Perez, … qui participe à la vie associative de Sète !
Dans les prochains numéros du Chichois
nous interrogerons des Sétois qui s'engagent dans ces mêmes
associations.
jaïme
alberto Perez est effectivement Argentin d'origine,
Grenoblois d'adoption,. et nomade par ses intérêts , son
souci de l'humain. Rencontré à une semaine ouverte au
CIEPAD à viol le fort, il s'est lié avec des associations
Sétoises qui ont comme centre d'intérêt les problèmes
humains qui peuvent accompagner la vie des marins. J.A Perez s'est chargé
de mettre en contact des associations analogues des littoraux Français
d'abord et aussi étrangers avec ces associations Sétoises.
Le
Chichois D'où venez vous, professionnellement ?
J.A
Perez Avant de rencontrer les associations Sétoises je
travaillais avec un organisme catholique : le comité catholique
contre la faim et pour le développement (CCFD), sur un de leur
programme: le programme " Mer ". J'étais employé par eux
avec un CDD, Je succédais à un Britannique dans ces fonctions
. Le programme Mer était très vaste puisqu'il s'occupait
des problèmes sociaux mais aussi écologiques, des ressources
de la mer.
Le
Chichois : Quelles associations Sétoises avez vous rencontré
?
J.A
Perez Le foyer Stella Maris , qui s'occupe des marins de passage,
c'est un lieu de rencontre et d'aide - si besoin est - pendant quelques
jours pour ces marins. Puis une association de femmes de pécheurs,
qui s'appelle : " Méditerranéennes " Elle regroupe surtout
des femmes de patrons pêcheurs - des thoniers -
Le
Chichois : En quoi a consisté votre intervention ?
J.A
Perez : En mai 98 je les ai invité à un congrès
à Nantes dont le sujet était " Navire saisi, marins abandonnés
" sur un week end . Le premier jour était consacré à
la formation des différents foyers d'accueil du littoral Français,
des gens étaient venus de Port la Nouvelle, de Marseille, de
Fos, de Bordeaux, d'Arcachon etc. Il s'agissait d'une formation pour
le soutient juridique international.., mené d'ailleurs par un
Américain D.Stevenson qui dirige un centre international juridique
à New York. Soutient juridique aux marins dont le bateau
est saisi, dont le salaire n'est plus versé, qui se retrouvent
en plus en situation irrégulière - pas de papiers - et
sans aucune ressource dans un pays qui leur est étranger. Le
deuxième jour du colloque était consacré aux témoignages
et débats. Il y eu des interventions de " marins abandonnés
", de syndicalistes, de responsables de foyers, venant de France mais
aussi du Nigeria, , d'Egypte, de Madagascar.
Avec les femmes de marins,
une idée qui me tient à cœur : c'est l'atelier d'écriture.
Je me suis inspiré d'ateliers de Toulouse qui ont été
jusqu'à la publication d'un livre " Nous, femmes de pêcheurs
en Méditerranée ", édité en 95 par les éditions
Indigo - coté femme, aidé pour cela par la " fondation
pour le progrès de l'homme ". J'ai engagé ce même
travail d'écriture avec des femmes de pécheur de Madagascar
que j'aimerais faire connaître, afin que cela serve de lien de
solidarité, avec d'autres femmes dans d'autres pays. Ces ateliers
donnent la parole à des femmes qui sont rarement écoutées
et pourtant très intéressantes. Ces ateliers sont
immédiatement agréables et utiles. Il y a quelques temps
a eu lieu un forum mondial des pêcheurs en Bretagne, cela a aussi
été l'occasion de rencontres de femmes de marin.
Le
Chichois Vous travaillez souvent avec des femmes ?
J.A
Perez On ne peut rien faire de sérieux dans le monde,
dans le social, sans les femmes ! Voyez, en Amérique du Sud les
mères de la place de mai.
Le
Chichois Et maintenant ? je crois que votre contrat avec le CCFD
est terminé, continuez vous avec les femmes de pêcheur
et les foyers de marins ?
J.A
Perez Je suis toujours en contact, je m'informe de leurs actions,
mais j'ai dû trouver un autre travail. Le programme " Mer " s'est
effectivement terminé dans sa forme initiale. Dernièrement
je suis tout de même allé à la Rochelle où
a eu lieu une réunion de femmes de marins , entre autre elles
ont récolté 8000 francs qu'elles ont envoyé aux
femmes Malgaches. Maintenant je propose aux entreprises des formations
aux enquêtes participatives. C'est une méthode qui peut
être proposée à de nombreux groupes sociaux pour
éclairer, chercher des solutions à des problèmes
de communication. Je travaille surtout avec les comités d'entreprise
qui m'embauchent par CDD, pour améliorer les problèmes
structuraux dans la communication intra syndicale, par exemple lorsqu'il
y a un hiatus entre ce que demandent les élus syndicaux et le
personnel syndiqués.
Le
Chichois : Un mot sur les enquêtes participatives …
J.A
Perez : Il s'agit dans un premier temps de dégager des
thèmes d'enquêtes, de faire des hypothèses pour
cibler les priorités. Pratiquement les enquêtes sont menées
par des groupes de deux personnes, des binômes mixtes, c'est à
dire deux personnes qui ne sont pas du même avis, ou pas du même
milieu ( cadre et employés) , ou ne venant pas du même
site de l'entreprise, ou encore appartenant à deux syndicats
différents. Chaque binôme doit mener de douze à
quinze enquêtes , puis ils apprennent à exploiter les résultats,
c'est à dire valider ou rejeter les hypothèses. Si elles
sont validées il faut réfléchir à l' initiative
à prendre pour résoudre le problème soulevé,
si elles sont rejetées, il faut en chercher d'autres. Et au total
améliorer le fonctionnement syndical.
Je travaille maintenant beaucoup
à Grenoble, mais je grde des liens amicaux et "militants" avec
Sète.
Le
Chichois : Alors à bientôt,
car nous interrogerons dans un prochain numéro du Chichois des
Sétois qui s'engagent dans ces mêmes associations.
Entretien
receuilli par Géronime Glasgow