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De
quoi j'me mel
Un grumier " L'Agia Irène " transportant du bois en provenance du Libéria,
a été arraisonné en pleine mer par le " Raimbow warrior II ( Mars
2002 )
Ludovic Frère, chargé de
la campagne " forêt " à Greenpeace, explique : " Cette action
s'inscrit dans la campagne internationale de mobilisation pour
la protection des forêts anciennes menée par Greenpeace, en
prévision de la convention sur la diversité biologique (CDB)
qui se tiendra à La Haye (Pays-Bas) du 8 au 19 avril prochain
". "
Le gouvernement français est complice du pillage des dernières
ressources naturelles africaines. A ce stade, poursuit-il, dans
10 ans, les forêts africaines n'existeront plus, les investissements
seront envolés et l'économie en panne sèche. Le commerce de
bois du Libéria a connu une forte croissance ces 5 dernières
années. Le revenu généré par les exportations est passé de 5
millions de $ US à près de 100 millions de $ /an (sources World
trade atlac, cité par Global Witness en 2001).
En
clair, pour Greenpeace, " l'exploitation forestière au Libéria
faciliterait le trafic d'armes à l'intérieur du pays et
à leur envoi au Sierra Leone par les routes construites
à la place des arbres arrachés. l semble même exister des
liens indirects entre certaines entreprises forestières
et l'organisation terroriste internationale Al Qaïda, d'après
des articles du Washington post, du Mail & Guardian et d'un
rapport d'expert sur la sécurité des Nations Unies en octobre
2001" Alors Ludovic Frère s'interroge : " La France souhaite
t-elle, oui ou non, alimenter la guerre ? "
Frappé par la misère, l'exploitation forestière est la principale
source de revenus du Gouvernement, surtout après l'embargo imposé
en 2001 par les Nations unis sur les exportations de diamants.
Ludovic Frère ajoute : " Avec cette déforestation illégale,
la France participe implicitement aux violences perpétrées dans
cette région du monde."
Les
«montagnes du lion», nom donné par les Portugais qui ont
les premiers découvert la Sierra Leone, sont aujourd'hui le
théâtre de sanglants affrontements entre le RUF (Front révolutionnaire
uni ou Revolutionary United Front en anglais) et les forces
militaires du gouvernement en place à Freetown, épaulées par
la MINUSIL (Mission des Nations Unies en Sierra Leone), créée
en octobre 1999, et d'autres forces de la Communauté économique
des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
Le
RUF, soutenu par le Liberia occupe les points clés de la riche
région diamantaire orientale de la Sierra Leone. Le bilan du
conflit qui sévit en Sierra Leone est lourd: 75 000 morts, un
demi-million de réfugiés au Liberia et en Guinée et plus de
2 millions de personnes déplacées, soit environ 44 % de la population
de la Sierra Leone. Le conflit en Sierra Leone, n'a rien d'ethnique
ou de religieux, ou d'un conflit entre ruraux et citadins ou
même d'intergénérationnel comme beaucoup l'ont prétendu. La
particularité du marasme qui secoue la Sierra Leone ressemble
à certains égards au conflit cambodgien où durant des années
les Khmers rouges contrôlaient les riches régions des pierres
précieuses et du marché lucratif du bois.
Le
7 mars 2001, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé d'appliquer
des sanctions contre le Liberia (S/2001/1343). Il enjoint le
gouvernement de Charles Taylor à expulser tous les membres RUF
du Liberia, à cesser toute aide financière et militaire aux
forces du RUF.. L'embargo interdit également à tous les États
d'importer des diamants bruts du Liberia, peu importe que ceux-ci
soient d'origine libérienne ou non.
Le
8 Mai 2001 Le bureau de coordination des affaires humanitaires
( NATIONS UNIES ) IRIN pour l'Afrique de l'Ouest 'Global
Witness' désire une interdiction des ventes du bois Libérien
'. Global Witness' a proposé que les Nations Unies envisagent
rapidement d'imposer un embargo total sur les exportations du
bois Libérien car leurs revenus financent le Front révolutionnaire
uni (RUF ) de la Sierra Leone . L'appel fait suite à l'imposition
de sanctions plus sévères des Nations Unies contre le Liberia,
qui n'a pas pu prouver qu'il a rompu tous liens avec le RUF.
'Global Witness' a annoncé qu'il a récemment découvert que deux
personnes impliquées dans le commerce illicite d'armes et de
diamants au RUF siègent au Conseil d'administration de l'Autorité
de développement de l'exploitation forestière Libérienne (FDA).
Gus Van Kouwenhoven, identifié dans le rapport de la Commission
des experts de l'ONU comme un ressortissant hollandais qui était
responsable de la logistique de plusieurs transactions d'armes,
siège au conseil d'administration. Egalement, Talal EL-Ndine,
un libanais que le panel a identifié comme étant le payeur des
combattants libériens aux côtés du RUF et ceux sortant les diamants
à l'extérieur du pays. Suite à ce rapport, seule la France et
la Chine, premiers importateurs de bois libérien, ont refusé
de voter un embargo sur les exportations de ce pays.
'Global Witness' - qui opère dans des régions où le commerce
des ressources naturelles et la destruction de l'environnement
financent des conflits ou des violations des droits de l'homme
- a ajouté que des investigations dans des ports maritimes français
avaient révélé que le bois Libérien était en train "de se déverser
sur la France".
Langue de
Bois ? Intervention du représentant permanent de la France au Conseil
de Sécurité des Nations Unies (5/11/2001) à propos du Liberia.
- La France
souhaite qu'il soit répondu positivement à la demande de la CEDEAO visant
à compléter le groupe d'experts existant auprès du Comité des sanctions
par une petite équipe d'enquête sur place, qui apporterait son concours
aux autorités libériennes pour la mise en oeuvre des mesures de la résolution
1343. Elle serait notamment chargée de surveiller les trafics d'armes,
y compris ceux destinés aux rebelles libériens, la contrebande de diamants,
et l'exploitation des bois tropicaux, du caoutchouc et du registre maritime.
Si ce dispositif, qui aurait mandat pour procéder à des contrôles inopinés
et ferait rapport au Comité des sanctions, donnait des résultats satisfaisants,
le Conseil de sécurité pourrait décider de le maintenir plutôt que renouveler
les mesures de la résolution 1343, lorsque cette dernière arrivera à échéance.
Louis
Ernesto / UN OCHA Integrated Regional
Information Network for West Africa (IRIN-WA) 
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