Le Chichois..Le cannabis

 

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Le CHICHOIS
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De quoi j'me mel    

Le cannabis, connu de l'homme depuis des millénaires, alimente toujours les passions... Il fait encore à l'heure actuelle l'objet d'un débat de société.

Originaire des contreforts de l’Himalaya, le cannabis est connu et cultivé par l’homme depuis des milliers d’années. Ses fibres servaient à la fabrication de cordages, papiers ou tissus et sa résine était utilisée comme remède pour soulager la douleur, les spasmes ou les troubles du sommeil. Le cannabis entre ainsi dans la pharmacopée chinoise 3000 ans avant notre ère.  Au fil des siècles, sa consommation s’est répandue dans plusieurs régions du monde, notamment en Afrique du Nord où son développement aurait été favorisé par l’interdiction religieuse de l’alcool. C’est d’Égypte, à la fin du XVIIIe siècle, que l’armée de Bonaparte rapportera le cannabis en France.

La LOI. La relance du débat sur la dépénalisation de la consommation du cannabis dans notre pays fournit l'occasion d'examiner les règles en vigueur dans quelques pays européens représentatifs de traditions juridiques différentes, l'Allemagne, l'Angleterre et le Pays de Galles, le Danemark, l'Espagne, les Pays-Bas, le Portugal et la Suisse.  L'analyse des dispositions, en vigueur ou en préparation, dans les sept pays retenus fait ressortir que :

- seule, la Suisse continue à considérer la consommation du cannabis comme une infraction pénale ( Un projet de révision de la loi, actuellement soumis au Parlement, vise à dépénaliser la consommation du cannabis. En revanche, la consommation de tous les autres produits stupéfiants resterait interdite. )

- le Portugal est le seul pays qui ait explicitement dépénalisé la détention d'une petite quantité de cannabis, mais, dans les autres pays, divers mécanismes juridiques permettent de ne pas sanctionner cette infraction ;

- la vente et la culture du cannabis, qui constituent partout des infractions pénales, sont cependant tolérées aux Pays-Bas et, à un moindre degré, en Suisse.



Tous les autres pays ont dépénalisé la consommation du cannabis
Dans les six autres pays étudiés, la consommation du cannabis ne constitue pas une infraction pénale. Elle forme une infraction administrative au Portugal. C'est également une infraction administrative en Espagne, mais seulement lorsqu'elle a lieu dans un lieu public, parce qu'elle cesse alors de relever de la seule vie privée. En revanche, elle est admise en Allemagne, en Angleterre et au Pays de Galles, au Danemark et aux Pays-Bas.

Les indications thérapeutiques

Jusqu’en 1954, le cannabis est considéré comme une plante médicinale. Il possède des vertus analgésiques (il apaise des douleurs), anti-spasmodiques (sclérose en plaque), anti-convulsives (épilepsie), anti-inflammatoires, anti-vomitives, broncho-dilatatrices (asthme), vasodilatatrices (glaucome), relaxantes et somnifères. Les dernières recherches le mentionnent comme possible agent thérapeutique contre des maladies neuro-dégénératives (maladie de Parkinson). Ses qualités anti-prolifératives ont été démontrées en permettant la rémission de tumeurs cancéreuses au cerveau. Il n’a aucune activité antivirale ou antirétrovirale, et ne peut donc pas soigner à proprement parler le sida, mais il peut améliorer grandement la qualité de vie en diminuant de manière remarquable les symptômes et/ou les effets secondaires des traitements lourds.

 

Sa propriété la plus reconnue depuis longtemps est de stimuler l’appétit, et de redonner plaisir à manger. De nombreuses études mettent en évidence depuis longtemps un lien entre consommation de cannabis et augmentation de l’appétit et ce, même à long terme. Il permet donc de lutter contre la cachexie (une maigreur extrême) et de favoriser la prise de poids.

Les dernières recherches de GW Pharmaceutical (un laboratoire anglais qui travaille uniquement sur le cannabis thérapeutique) ont permis de prouver qu’il est possible d’annuler l’effet psychoactif tout en préservant l’intégralité des effets thérapeutiques. Beaucoup de personnes ne voulant pas en subir les effets psychoactifs pourraient quand même bénéficier des effets thérapeutiques. Il ne faut pas croire que plus on est « stone », plus « cela soigne ».

Les contre-indications

La plupart des effets du cannabis sont facilement gérables ; aucun décès n’a été constaté à cause d’un surdosage de cannabis. En théorie, le rapport entre dose efficace et dose létale est de 1 à 40 000 ; comparé à l’aspirine, pour laquelle ce rapport est de 1 à 9, cela fait du cannabis un produit qui pourrait être prescrit par un médecin.

 

Le cannabis peut favoriser cependant des crises d’anxiété ou de paranoïa pouvant nécessiter dans certains cas (rares) une prise en charge psychiatrique lourde (on parle de psychose au cannabis). Précisons bien qu’il y a des périodes de fragilité (dépression, etc.) où le cannabis peut être plus risqué à utiliser. Il est important, avant d’envisager un usage thérapeutique régulier, de bien connaître ces risques afin de les prévenir ou de les minimiser. Toutefois, le cannabis est souvent aussi utilisé par les usagers de drogues comme « stimulant de la bonne humeur », et c’est là le paradoxe.

Fumé, et à plus forte raison mélangé à du tabac pour le consommer sous forme de « joint » ou de cigarette, il présente les mêmes types de risques ou de contre-indications que l’usage du tabac. Il existe des formes galéniques et /ou des modes de consommation qui permettent de pallier cet inconvénient, mais ils ne sont pas toujours accessibles en dehors des essais thérapeutiques menés par des laboratoires.  

La jurisprudence

En mai 2001 le Tribunal administratif de Paris rejetait une requête déposée par le MLC (Mouvement de Légalisation Contrôlée), concernant l’importation de dix kilogrammes d’herbe de cannabis destinés à soulager les douleurs de dix personnes atteintes de maladies incurables. Le rejet invoquait une incompatibilité avec la Convention internationale de 1961 qui réprime l’importation de substances classées comme stupéfiantes, et déniait d’autre part au MLC la capacité à exercer un « contrôle scientifique et administratif » sur l’usage de cannabis à des fins médicales.

 

Le 12 septembre 2002, un Marseillais de 50 ans, séropositif depuis dix-sept ans, a été condamné par le Tribunal correctionnel de sa juridiction à dix mois de prison avec sursis et cinq ans de mise à l’épreuve pour avoir cultivé du cannabis. Ses 34 plants ont été saisis et détruits par la police. Epuisé par un traitement de vingt comprimés par jour, il fumait tous les deux ou trois jours pour retrouver l’appétit. Il a fait appel.

Le 27 juin 2002, un arrêt qui fait jurisprudence a été rendu par la Cour d’appel de Papeete, en Polynésie française. Celle-ci a relaxé un homme de 55 ans, paraplégique, qui confectionnait des tisanes au cannabis pour calmer ses douleurs. Le Tribunal de Grande Instance l’avait condamné à six mois de prison pour avoir détenu 305 pieds de cannabis dans son jardin. Mais la Cour d’appel s’est appuyée sur l’article 122-7 du code pénal qui spécifie « n’est pas pénalement responsable la personne qui face à un danger actuel accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne » pour relaxer sa « consommation de cannabis [...] nécessaire à la sauvegarde de la santé ».

 

 

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