1.
Mettre en oeuvre le principe 13 de la Déclaration de Rio. Les États
doivent en priorité engager des négociations pour la création d’un instrument
juridique international réglementant la responsabilité des entreprises
et les compensations aux victimes de pollution et de dommages environnementaux,
et adopter des lois nationales afin de rendre opérationnel le principe
13 de la Déclaration de Rio, permettant ainsi sa mise en oeuvre.
2.
Etendre le champ de responsabilité des entreprises. Les entreprises
doivent être tenues strictement responsables, au-delà de la question
de la culpabilité, de tous les dommages quels qu’ils soient découlant
de l’une de leurs activités qui portent atteinte à l’environnement,
à la propriété ou à la personne. Il en va de même de la réhabilitation
du site touché. Les sociétés mères et toutes leurs filiales doivent
prendre en charge l’indemnisation et la réparation des dommages provoqués.
Les entreprises doivent porter la responsabilité de tous leurs produits
manufacturés « depuis le berceau jusqu’à la tombe ». Les États doivent
mettre en oeuvre un régime de responsabilité individuelle pour les directeurs
et les cadres couvrant les actions ou les lacunes des entreprises, y
compris des filiales.
3.
Assurer la responsabilité des entreprises pour les dommages commis au-delà
des juridictions nationales. Les États doivent s’assurer que les entreprises
sont responsables des préjudices aux personnes et des atteintes à la
propriété, à la diversité biologique et à l’environnement au-delà des
limites des juridictions nationales, ainsi qu’aux biens communs que
sont l’atmosphère et les océans. Ce régime devra comprendre une obligation
de couvrir financièrement les opérations de décontamination et de réhabilitation.
4.
Protéger les droits de l’Homme. Les activités économiques ne doivent
pas enfreindre les droits humains et sociaux fondamentaux. Les États
ont la responsabilité de protéger ces droits, en particulier le droit
à vivre, le droit à travailler dans de bonnes conditions d’hygiène et
de sécurité, le droit à un environnement sain et sûr, le droit à l’accès
aux soins et à la prise en charge des préjudices et des dommages, le
droit à l’information et le droit à l’accès à la justice pour les individus
comme pour les groupes qui promeuvent ces droits. Les entreprises doivent
respecter et soutenir ces droits. Les états doivent s’assurer du respect
de ces droits par les entreprises.
5.
Promouvoir la Participation citoyenne et le Droit de savoir. Les États
doivent exiger des entreprises de délivrer systématiquement toute l’information
sur le s rejets dans l’environnement de leurs établissements respectifs
ainsi que l’information sur la composition des produits qu’ils commercialisent.
La confidentialité commerciale ne doit pas l’emporter sur les intérêts
des citoyens à connaître les dangers et les responsabilités associés
à ce que génèrent les entreprises, qu’il s’agisse des produits eux-mêmes
ou des pollutions collatérales. Dès qu’un produit pénètre le domaine
public, il ne doit y avoir aucune restriction sur l’accès public à l’information
pertinente en termes d’environnement et de santé. La responsabilité
et la transparence des entreprises doivent être promues au travers de
la transparence du management environnemental et de la rédaction de
rapports environnementaux publics relatant de manière claire et exhaustive
les impacts sociaux et environnementaux des activités de l’entreprise.
6.
Adhérer aux standards les plus exigeants. Les États doivent s’assurer
que les entreprises adhèrent aux standards les plus sévères pour la
protection des droits humains et sociaux dont ceux concernant la santé
et l’environnement. En adéquation avec le principe 14 de la Déclaration
de Rio, les États ne doivent pas permettre les entreprises transnationales
d’appliquer délibérément des normes moins exigeantes de fonctionnement
et de sécurité dans les lieux où les régimes de protection sanitaire
et environnementale sont plus faibles.
7.
Prévenir une influence excessive des entreprises sur les gouvernements.
Les états doivent coopérer pour combattre la corruption sous toutes
ses formes, promouvoir des mécanismes de financement politique transparents
et éliminer l’influence des entreprises sur les politiques publiques
par le biais de contributions au financement des campagnes électorales
et/ou de pratiques de lobbying non-transparentes.
8. Protéger la souveraineté alimentaire contre les entreprises. Chaque
État doit permettre à son peuple de conserver sa souveraineté individuelle
sur ses propres ressources alimentaires, y compris à l’aide de législations
et de mesures destinées à prévenir la pollution génétique de la diversité
biologique et agricole par des organismes génétiquement modifiés ainsi
que pour empêcher le brevetage des ressources génétiques par les entreprises.
9. Mettre en oeuvre le Principe de précaution et exiger des évaluations
d’impact environnemental. Les états doivent mettre en oeuvre totalement
le Principe de Précaution dans le droit national et international. En
conséquence, les États doivent exiger des entreprises des actions préventives
avant qu’un dommage environnemental ou des impacts sanitaires soient
encourus, lorsque une activité, une pratique ou un produit fait peser
une menace d’atteinte sérieuse ou irréversible à l’environnement ou
à la santé.
10. Promouvoir un développement propre et soutenable. Les États doivent
promouvoir un développement propre et soutenable, et doivent établir
une législation nationale pour abandonner les utilisations, les rejets
et les émissions de substances dangereuses et de gaz à effet de serre,
ainsi que toute autre source de pollution, pour utiliser leurs ressources
de manière soutenable, et pour conserver leur diversité biologique.