Le Chichois..dossier OGM 11

 

 

 

 

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DOSSIER OGM

Dessine moi un mouton… mort

Par toutatis, qu'arrive-t-il à nos bestiaux européens ? Après la myxomatose des lapins il y a quelques décennies, la tremblante du mouton et la vache folle il y a peu de temps, nous voici confrontés maintenant à la fièvre aphteuse.Le foyer, ayant démarré en Angleterre, s'est propagé chez nous. Officiellement, un seul cas est déclaré, en Mayenne.

Nous mettant à la place du consommateur lambda, nous voulons bien écouter les discours aussi rassurants que lénifiants des pouvoirs publics français, bénis oui oui de l'Europe. L'épizootie de fièvre aphteuse ne concernait que le Royaume Uni. Promis, juré !le virus était contrôlé, voire la maladie jugulée. En aucun cas, les dits virus et maladie ne devaient arriver dans l'Hexagone. C'était un remake de Tchernobyl où, faute de vent peut-être, le nuage polluant s'est arrêté pile poil à la frontière française. Si si, souvenons nous ! Dans le cas de la fièvre aphteuse, ou c'est la faute à pas de chance ou les nuages sont en colère contre la France.Mais ,ohé, bonnes gens, rassurez vous. A l'instar des autres régions, aucun problème n'est à déplorer en Languedoc-Roussillon !

Trêve de plaisanterie. De qui se moque-t-on ? Des éleveurs en particulier, des Français en général ? Le vent, paraît-il a donc amené le virus de la fièvre aphteuse en France. Outre de petis malins qui ont importé d'oute Manche des bêtes atteintes, laquelle outre Manche employait des mesures soit disant draconniennes et était sous embargo avec, entre autres, fermes en quarantaine, périmètres de sécurité, tram-pouillage des pneus de voiture dans un lit de paille désinfectée, etc. Mais voilà, c'était sans compter contre ce maudit vent, capable d'arrêter un nuage radiocatif mais pas un virus !

Certes la fièvre aphteuse n'est pas nouvelle. A telle enseigne qu'un vaccin existe comme mesure de prophylaxie contre cette maladie non transmissible aux bipèdes que nous sommes. En vigueur jusqu'en 1990, l'Europe a décidé de laisser tomber cette vaccination. Et, comme un seul homme, pardon, comme une seule femme également (parité oblige), la France a laissé dire et faire. Le résultat ? Dix ans après la fin de la vaccination, Pouvoirs publics, agriculteurs, M. et Mme tout le monde sont stupéfaits de voir la fièvre aphteuse réaparaître. Alors pour limiter la propagation, le gouvernement français, à l'instar de son homologue anglais a déployé tout un arsenal de mesures… ra-di-ca-les ! Sacro-saint principe de précaution La maréchaussée est mobilisée pour poser des barrages autour des fermes contaminées ou susceptibles de l'être (les malfaiteurs ont de beaux jours devant eux). Obligation est faite aux automobilistes de désinfecter les roues de leur véhicule dans un " truc " de paille qui ressemble à une litière de vache souillée (la litière, pas la vache !). Les piétons doivent laver leurs chaussures dans un pédiluve. Certains vétérinaires sont tout de blanc vêtus - çà en jette !

- En attendant, adieu veaux, vaches, moutons, et pourquoi pas chèvres et cochons au train où galope le virus. On brûle à tout va ! Certes, c'est une mesure d'éradication subliminale dans son efficacité. Mais, outre la viande, une vache, un mouton, une chèvre… sont également pouvoyeurs de lait cru (boisson ou fromages), de cuir (chaussures, vêtements, ganteries, sacs), de poils (pulls). Bref, toute une économie induite (transport, activité portuaire, abattoirs, grossistes, magasins super, hyper et mini, consommateurs…) risque bien de se casser la figure si cette situation devait perdurer. On ne mesure pas, (ou on refuse de mesurer) le problème " sanito, socio économique ". Apparemment, on planche sur le court terme, laissant voir venir pour le long terme. Alors, les gendarmes confisquent les armes de certains éleveurs pour les empêcher de se suicider. Geste oh combien louable ! Peut-être aurait-il été plus judicieux de poursuivre une vaccination qui a fait ses preuves ? Pourquoi continue-t-on à vacciner la gent canine et féline, les renards (appâts-vaccins contre la rage)… La fièvre aphteuse ne risque-t-elle pas de toucher d'autres espèces (sangliers, lièvres, bisons, autruches, etc). Jean Glavany, ministre de l'agriculture, a tranché : il ne préconisera la vaccination qu'en utilme recours. Pourquoi ?

Trop cher ! Trop cher (12 à 15F environ une dose de vaccin) ! Et abattre des cheptels entiers et indemniser (500 F le mouton, 5000 F la vache) les éleveurs ne coûtent rien sans doute ! Ces aides, utiles dans un premier temps, ne régleront en rien le problème de fond. Par ailleurs, les agriculteurs ne demandent certainement pas que l'Etat paye les vaccins. On entend : les bêtes vaccinées ne pourraient plus être exportées (vaccin agissant au bout de 15 jours, efficacité à 100% non prouvée…). Mais de nombreux pays refusent carrément de recevoir nos foutus bestiaux pour cause de maladie avérée ou prévisible. Dans les aéroports, les Européens voient leurs bagages fouillés et certaines denrées confisquées (charcuteries, fromages, etc).

Ainsi, rien d'affolant, tout baigne… Tous, autant que nous sommes, devons rester sereins, zen, prier dieu sait qui ou faire brûler des cierges pour que le vent porteur de cette maudite fièvre cesse de souffler. En cas de réussite, chacun s'en ira accrocher son ex voto à l'église. Nous avons l'impression d'être au Moyen Age avec nos mesures empiriques et dérisoires. En ce temps là aussi, le feu salvateur était utilisé pour endiguer peste et autre choléra. Alors, c'est grave docteur ? Le comité vétérinaire permanent (CVP) a interdit toutes exportations de bovins, ovins, caprins, porcins, de lait et de viande en provenance de Mayenne ou d'Orne. Le Royaume Uni est, lui, soumis à embargo jusqu'à fin mars. Fin 2000, les commerçes de bestiaux ont enregistré une baisse de 50% sur le marché français pour cause de " vache folle ". La fièvre aphteuse, se superposant, on peut s'attendre à des lendemains qui déchantent.

Concrètement, quelle viande manger ? Il reste les poulets, lapins, chevaux… à condition qu'ils reste en bonne santé et que les prix ne flambent pas à l'étal. Le lait, pasteurisé, les yaourts sont consommables sans risque. On peut s'interroger tout de même sur le silence de certains sur l'abandon de la vaccination contre la fièvre aphteuse, l'alimentation d'herbivores avec des farines animales, alors que les OGM sont sujet, légitimement, à controverse.

Katy GOSSELIN


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