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Chichois
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BACTERIE
ET HOPITAL
Une évolution main
dans la main.
Pourquoi attrape t-on
des infections à l'hôpital ? Ce
n'est pas parce que le personnel soignant est sale et négligeant!
! Non, bien
qu'avec la puissance qu'ont donné les antibiotiques et les moyens
d'asepsie durant la deuxième partie du XX siècle, les contraignantes
mesures d'hygiènes se soient peut être relâchées à l'hôpital et
au domicile du patient (où Il n'est plus, que très rarement, proposé
au médecin de se laver les mains après la consultation…)
C'est, surtout, le
génie adaptatif des bactéries qui est en cause. Ce sont des
championnes toute catégories de la survie dans des milieux toxiques
et changeants. Elles sont peut être bien les seuls êtres vivants
dont la diversité s'accroît et cela par l'action humaine.
Leur premier atout
est sans doute leur rapidité de reproduction, aux environs d'une
heure !! Donc le temps des actions humaines - plusieurs années -
représente un très grand nombre de génération des bactéries ce qui
leur laisse amplement le temps de se transformer ! et elles aiment
ça transformer leur métabolisme pour digérer tous les poisons, s'habituer
à toutes les températures, à l'extrême sécheresse ou à l'humidité
permanente, et même à des produits créés de toutes pièces par l'homme
! Comment
font elles ? Elles ont plusieurs techniques. La plus fréquente
est d'emprunter des gènes , le plus souvent à d'autres micros
organismes mais aussi parfois à des végétaux, pour les mélanger
à leurs propre génome. Parfois aussi des mutations - modifications
aléatoires - vont survenir dans leur ADN, et elles seront conservées
si elles leur permettent de s'adapter au nouveau milieu.
Enfin une autre situation
paradoxalement favorise leur multiplication et diversification :
c'est leur disparition complète ! On l'appel le phénomène de "
la niche vide " , ce peut être un espace totalement
aseptisée qui va redevenir une niche écologique pour de nouvelles
bactéries, ou l'introduction d'un produit qu'aucune bactérie ne
sait encore métaboliser. Dans les deux cas la place est libre. Un
micro organisme entrant accidentellement dans cet espace n'y trouvera
pas de compétiteurs et va s'y développer d'autant mieux qu 'elle
aura déjà un potentiel génétique varié et sera capable de muter
rapidement
Résultat :
A l'hôpital elles
s'en donnent à cœur joie, le prenant pour un vaste espace de troc
des gènes. La pression de sélection par les désinfectants et antibiotiques
multiples stimule les adaptations . Il
n'est pas qu'à l'hôpital que le problème se pose , mais aussi dans
les cuisines industrielles. Les mêmes mécanismes y sont en
jeu.
Quelles questions
ces phénomènes posent ils ? Tout
d'abord les mécanismes physiologiques sont imparfaitement connus.
En particulier le phénomène de la niche vide. On sait que des bactéries
lorsqu'elles sont en compétition dans une niche écologique pour
une source d'alimentation, soit diversifient leur approvisionnement
et peuplent le pourtour de la niche, soit elles se limitent et se
spécialisent, partageant les ressources jusque là communes.
On peut aussi se poser
la question de savoir si la victoire totale est possible comme on
l'a pensé jusque là. Il semble bien que ça ne soit pas la bonne
stratégie. Dans les cuisines industrielles la politique du tout
aseptique est passé de mode. Le procédé actuel consiste à Jouer
sur les équilibres, à favoriser le développement de bactéries inoffensives
pour occuper le terrain. Ce qui suppose d'étudier les interrelations
de micro organismes, savoir ne pas favoriser les mutations.
On croirait entendre
énoncer les principes de l'agriculture biologique. (cf.
Chichois 4) En effet les méthodes d'agriculture bio cherche
l'optimum et non le maximum, elles choisissent de négocier le partage
de la récolte avec les " nuisibles ", tiennent compte
des inter- relations des plantes entre elles et de celles ci avec
les micro organismes, des bactéries et champignons, moisissures
et virus entre eux. Ce
qu'on connaît et tout ce qu'on ignore des mœurs des micro organismes
quant à leur reproductions et modifications de leurs génomes au
contact d'autres organismes ( végétaux, animaux autres micro organismes)
donne froid dans le dos quant au développement intempestif des
OGM. Qui eux aussi vont échanger des morceaux de génome avec
leur entourage, les autres vivants et aussi donner lieu à des phénomènes
de concurrence, de sélection, dont nous ne pouvons connaître les
résultats à long terme. Un
autre point de vue plutôt sympathique et optimiste de cette faculté
d'hyper adaptation des bactéries montre l'éventuel rôle que les
bactéries pourront jouer dans la dépollution de la planète - elles
s'adaptent et métabolisent les métaux lourds, les insecticides,
les herbicides, les matières organiques pétrole etc … les solvants…).
Ces phénomènes mettant
en jeu des micro organismes sont peu connus du grand public, par
contre lui sont connu les résultats, en particulier en milieu hospitalier
: les infections nosocomiales, et, cherchant un coupable, une explication,
c'est le plus souvent le corps médical ( négligence) ou le manque
de moyen qui seront mis en cause. Plutôt que de se rendre compte
des limites, des fausses pistes de la science, qui en l'occurrence
se manifeste comme des retours en arrière, il est plus simple, plus
satisfaisant pour l'esprit, d'accuser un corps professionnel ou
quelques individus. Plutôt la malveillance que la remise en cause
de la toute puissance !
LES BACTERIES ET LA BALLADE DES
GENES .
Tout d'abord une question
à 100 points : Quelles sont les particularités des bactéries
? Chaque
bactérie n'est composée que d'une cellule dans laquelle baigne librement
un chromosome, il n'y a donc pas de noyau individualisé, pour cette
raison on les appelle procaryote . Ce
sont les premiers êtres vivants apparus sur terre il y a 3,5 milliards
d'années. 2,5
milliards d'années plus tard naissent les eucaryotes, ils sont aussi
constitués d'une cellule mais un noyau s'est individualisé contenant
le matériel génétique. Quelques
millions d'années encore et la nature invente les êtres multicellulaires,
probablement des colonies de bactéries à l'origine dont la symbiose
s'est pérennisée.
Les bactéries ont l'habitude
d'échanger facilement leurs gènes. On nomme " transfert
génique latéral " , ou transfert horizontal , le moyen,
utilisé surtout par les êtres unicellulaires et dont la reproduction
n'est pas sexuée, de diversifier leur génome, d'évoluer. La reproduction
sexuée par le mélange de matériel génétique des parents crée un
être génétiquement nouveau et unique . La
reproduction des bactéries est une duplication à l'identique. Aussi
doivent elles trouver les moyens de diversifier leur génome, le
transfert horizontal est un de ces moyens : des gènes - un bout
de chromosome - passent d'une bactérie à l'autre, créant des êtres
nouveaux. On
a donc deux modes de diversification du génome. On
soupçonne le transfert latéral d'exister aussi entre bactéries et
êtres pluricellulaires. En particulier entre bactéries et humains.
Lors du séquençage
du génome humain on a trouvé des zones identiques - de l'ADN - chez
la bactérie et chez l'homme, Ce
qu'on savait déjà, mais une partie de ces séquences communes ne
sont pas retrouvées dans le génome d'eucaryotes non vertébrés, lesquels
sont intermédiaires du point de vue de l'évolution, entre les bactéries
et les êtres pluricellulaires. L'hypothèse
a été faite d'infections bactériennes ayant entraîné un transfert
de quelques gènes de bactéries vers l'hôte infesté. Ce transfert
aurait atteint les cellules germinales ( ovules et spermatozoïdes),
pérennisant la modification génétique en la transmettant aux descendants.
Combien de gènes nous
viennent ainsi des bactéries par transfert latéral ? La
réponse n'est pas définitive, en effet on a comparé les gènes communs
à l'homme et à la bactérie d'une part et au génome de cinq organismes
eucaryotes non vertébrés d'autre part. On a trouvé 41 gènes communs
aux bactéries et à l'homme, mais absents du génome d'eucaryotes.
Ce n'est pas beaucoup,
et ce chiffre risque de diminuer encore. On a comparé à cinq organismes
procaryotes non vertébrés ( levure, parasite, mouche drosophile,
ver, herbe moutarde) et à cinq seulement pour la simple raison que
l'on n'en a séquencé guère plus… Il faut donc attendre que soit
fini le séquencage d'autres eucaryotes non vertébrés qui peut être
présenteront plus de gènes commun avec la bactérie et avec l'homme.
Une autre hypothèse
est d'imaginer que nombre de ces procaryotes ont perdu ces gènes
au fur et à mesure de l'évolution. Le
transfert génique latéral est de toute façon plus facile entre êtres
unicellulaires que les échanges faisant intervenir des êtres plus
complexes pluri cellulaires.
Donc les bactéries
échangent entre elles du matériel génétique, sans doute avec l'homme
aussi. Il a également été prouvé ( Laboratoire d'écologie microbienne,
CNRS, Lyon, P.Simonet ,août 2000) que de l'ADN libre, hors d'une
cellule et d'un noyau, se trouve dans le sol venant de bactéries
ou de cellules végétales mortes. Des morceaux de cet ADN peuvent
être intégrés dans la cellule bactérienne. Ainsi
les bactéries seraient des échangeurs de gènes sur un carrefour
qui joint le règne végétal et animal. Les transgènes - des OGM -
seraient particulièrement mobiles. .
Géronime
Glasgow ________________________________________________
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