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Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N°19|
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aout 2002

La science et le tiers monde, ou les OGM et la faim., en hommage à RENE DUMONT, décédé le 18 juin 2001.

Le secrétaire d'État américain à l'Agriculture, Dan Glickman, notait en 1997 la réticence des opinions européennes en matière d'OGM et en concluait : " si nous traitons cette question uniquement sous l'angle commercial, nous aurons beaucoup de mal à faire changer d'avis les leaders du Parlement européen (…) Si nous considérons la question en terme de faim dans le monde, de résistance et de fertilité des sols, je crois que c'est une approche qui nous permet de l'emporter ". Soit : la résolution des problèmes de faim dans le monde par la biotechnologie devient un argument de vente des OGM aux pays du nord. 

Qu'est ce qui a changé depuis 97 ? Les populations du nord sont de plus en plus méfiantes envers les OGM, même les Américains en tombent malades ( vague d'accidents graves après ingestion de maïs qui s'était avéré être contaminé par du maïs transgénique Starlin, légalement destiné au bétail ). L'étiquetage, théoriquement obligatoire depuis plusieurs années, est toujours pour le moins discret - si ce n'est totalement absent. Les essais de semis en plein champ se font en douce en place d'une transparence ( pour le moins information des populations locales) légale . Les risques de contamination entre plantes courantes et OGM sont mis en évidence. De plus en plus de chercheurs font part de leurs doutes dans des livres destinés au grand public. Tout cela augmente la méfiance des consommateurs et la hargne des ONG. En conséquence les firmes multinationales ont tendance à brader leur secteur agro - alimentaire mettant plutôt leur capitaux sur les biotechnologies médicales, sur la prise de multiples brevets sur l'ADN des plantes ou des animaux ( humains compris) dans l'espoir d'un médicament révolutionnaire, à venir, toujours.
Pour l'agro alimentaire, le nord en crise de surproduction cherche plutôt des débouchés sur le marché de la qualité, reste le tiers monde et les arguments " altruistes ". 
Monsanto ( l'une des principale firme mondiale à capitaux majoritairement Américain) produit des biotechnologies dans toutes les directions c'est à dire surtout les médicaments, les tests diagnostics, l'alimentation, les semences. Est il crédible lorsqu'il parle de nourrir le tiers monde ? alors qu'on le voit assigner en procès les pays d'Afrique qui produisent et utilisent des médicaments génériques dans la lutte contre le Sida, alors qu'il condamne à de lourdes amendes des paysans - sous contrat - qui osent replanter d'une année sur l'autre les semences de leurs champs au lieu de les lui racheter - très cher - pour chaque semis.

Qu'en est il des questions de famine et de malnutrition ? Nous sommes aujourd'hui 6 milliards d'êtres humains et dans quelques décennies, sans doute 12 ! Les OGM pourront probablement être un outil entre les autres, pas le seul ni même sans doute le principal. 
Mais parlons d'aujourd'hui, le Nord crève de ses surproductions alors pourquoi mettre toutes les énergies des pays développés sur l'augmentation des rendements ? Est ce que produire plus au nord donne au Sud plus de nourriture ? plus de bien de consommation ? à l'évidence non ! Aujourd'hui la production agricole pourrait nourrir le monde entier et pourtant près d'un humain sur 6 est malnutrit ou sous- nutrit ou mort de faim ! 

Comment augmenter les rendements aux Sud ? Les méthodes d'agriculture intensive du Nord sont elles adaptées aux terres, aux ressources techniques et financières du Sud ? Bien évidemment, non. 
La mécanisation hyper sophistiquée est trop chere pour le paysan qui possède au mieux 1 ou 2 dollars par jour ( la pauvreté à ses divers degré se rencontre surtout dans les campagnes, elle touche 75% des paysans), il n'a pas l'habitude de l'utiliser et ne saurait même pas lire la notice ! au total elle ne servirait que les quelques riches - et rares - paysans qui pratiquent l'agriculture exclusivement pour l'exportation, et n'améliorerait en rien l'agriculture vivrière. Les terres du tiers monde, souvent à cause des pratiques agricoles importées mais aussi à cause du désintérêt des gouvernements pour leur propre agriculture, et aussi à cause de la surpopulation, sont aujourd'hui érodées, stérilisées, desséchées. Les plantes à haut rendement mises au point dans les pays riches, et aujourd'hui les plantes génétiquement modifiées, demandent des soins énormes, elles sont fragiles et nécessitent beaucoup d'eau, d'engrais, de pesticides. A quoi vont elles servir sur des terres desséchées et en n'ayant pas la possibilité financière d'acheter des engrais ? Comment empêcher les contaminations de champs à champs, comment empêcher les fraudes, comment appliquer le principe de précaution alors qu'il n'y a même pas de législation réglementant l'usage et les essais d'ogm ! 

Les lois du commerce International et particulièrement les politiques agricoles les lois commerciales sur ces produits agricoles sont elles équitables ? avantagent elles le Nord ? ou le Sud ? 
Certains, en France, entre autres, font semblant de croire que le pays se ruine en aide financière, technique, alimentaire pour un tiers monde insouciant, belliqueux et inapte sur le plan intellectuel, mais ce sont les " petits blancs " qui se bercent de ce genre d'illusions pour ne pas voir que le système les condamne au même plan que les africains et autre sous développés. 
C'est la langue de bois de nos démocraties, leurs mensonges et silences sur leur fonctionnement économique qui engendrent ce genre de croyances et nous fait passer pour généreux alors que notre train de vie, l'extrême richesse de certaines firmes doit beaucoup à la manipulation politique, économique des pays du tiers monde. Nous leur vendons nos technologies meurtrières pour qu'ils puissent mieux s'entre-tuer. Nous les obligeons à produire certaines monocultures à destination de nos pays dont nous contrôlons les prix. 
Nous exportons des céréales à des prix artificiellement bas (intervention de l'état par des primes compensatoires) avec lesquels les productions vivrières locale ne peuvent lutter. Nous protégeons Nos marchés quand il le faut par un protectionnisme qui n'est pas réciproque. Enfin nous piratons leurs savoirs sur les qualités thérapeutique de leurs plantes, nous piratons leur riche patrimoine biologique ( richesse et diversité de tout le règne vivant qu'ils ont su ne pas détruire ) et à partir de ce savoir nous allons produire des médicaments que nous revendrons très cher, nous allons prendre des brevets d'exclusivité sur l'ADN de leur faune et de leur flore et nous en serons propriétaires, et ils devront nous payer lorsqu'ils tendront le bras vers une plante pour se faire une décoction dont ils ont l'habitude pour se soulager de tel ou tel trouble ! Nous décourageons l'application de mesure de sécurité minimale pour leur travail afin de faire baisser les prix à l'exportation. 
Tout cela nous rend méfiant sur les bons sentiments de Monsanto et autre Novartis .

Existe il d'autres solutions ? Tout d'abord des solutions politiques pour une meilleure répartition des richesses, un autre mode de production, une meilleure connaissance de l'écologie et des ressources locales, ce n'est pas la main d'œuvre qui manque, pas besoin de mécanisation trop poussée. Il est impossible que le mode de production de l'occident se généralise au regard des ressources énergétiques limitées, au manque. E.Pisani, ancien ministre de l'agriculture,  développe : Les experts, les agriculteurs, les industriels, grâce aux biotechnologie seraient capables effectivement de nourrir douze milliards d'habitants. Il y a 50 ans : 55 ares cultivés étaient nécessaires pour nourrir un être humain, aujourd'hui seulement 20 ares et grâce au génie génétique, demain, peut être seulement 12. Mais à quel prix énergétique (même si l'augmentation de productivité diminue la quantité d'énergie nécessaire par unité)et pour combien de temps? Et l'eau, interroge t il.
De son coté R.Dumont rélève qu'il faut, pour produire une tonne d'engrais, trois tonnes de pétrole.
Les 10% d'habitants des pays riches de la planète consomment les 3/4 des ressources d'énergie et de matière première. " nous nous dirigeons vers une rupture brutale de notre type de civilisation … Nous privons définitivement les pays d'économie dominée par des gaspillages qui deviennent de plus en plus insoutenables, de tout espoir, de toute possibilité de réel développement " La science ne résoudra pas tout, l'explosion démographique va mettre en évidence l'insuffisance de toute réponse simpliste, ce n'est pas qu'une question de technique avancée, ce n'est pas qu'un problème de distribution, ce n'est pas que le problème du tiers monde, ce n'est pas qu'une question de charité humanitaire, ce n'est pas qu'une question posée à nos dirigeants. Non cela nous engage tous, ne serait ce que pour sauver notre peau, car " les pauvres arrivent " comme dit Dumont, et ils seront bientôt plusieurs milliards à n'avoir strictement rien à perdre, ils cernent les pays riches. Il faut de plus en plus d'engrais pour maintenir des rendements qui plafonnent au nord comme au Sud, car partout les terres s'appauvrissent. 
Pourquoi éluder le problème, c'est un nouveau défi lancé au genre humain lequel est capable de le relever s'il regarde en face la complexité du problème. Ce n'est pas une question de culpabilité, mais l'occasion d'un changement, l'occasion de devenir plus intelligent ! 

 

 Saül Demos
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