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Chichois
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QUELS
SONT LES ETRES LES PLUS DANGEREUX POUR L' HOMME ?
Et on pourrait sous titrer : Nous sommes fait de
nos ennemis…
Dans le dernier Chichois
nous avions aborder les problèmes posés par notre cohabitation
avec les micro - organismes. Voulant en savoir un peu plus nous sommes
allés poser des questions à un médecin du bassin de
Thau, que nous ne nommerons pas - puisqu'il ne peut se faire de pub - appelons
le Paul, par exemple.
Le CHICHOIS -
Il semble plus facile de lutter contre les reptiles, les félins
et autres mastodontes tels les éléphants aujourd'hui ou contre
les serpents que contre les micro organismes, si micros justement que nous
ne devrions en faire qu'une bouchée, pourquoi ? D'où viennent
ils ?
Paul - Ils sont à
la fois très récents et très anciens ! Très
récents puisqu'ils ont été découverts - ou
inventés - au 19ème siècle, avec l'aide du microscope.
Je dis "inventé" parce que c'est à travers une construction
humaine, le microscope, qu'on a pu les mettre en évidence, puis
on les a caractérisés par une série de tests qu'on
leur a fait subir pour voir comment ils réagissaient : on les a
fait croître sur divers milieux, puis on les a inondés dans
des acides ou des colorants, on les a chauffés puis refroidis etc
… De là on a conclut à différents objets : Virus,
bactérie de familles différentes, levure, protozoaire …
Les microscopes se sont perfectionnés
on a vu - ou pas - des noyaux et d'autres structures cytoplasmiques jusqu'à
voir la structure moléculaire, l'ADN, les protéines.
Avant cette période
on avait bien soupçonné le phénomène de la
contagion, les miasmes disait on, mais on ne savait pas très bien
par où elle passait. Et pourtant les épidémies disparaissaient
, telles les pestes qui durèrent d'abord 2 siècles du 6ème
au 8ème siècle puis à nouveau 4 siècles - du
14ème au 18ème siècle. Donc il y eu, en occident,
des siècles avec peste puis de longues rémissions ; bien
sûr dans les longues périodes d'épidémies il
y avait aussi des alternances d'épidémies et leur disparitions
spontanées selon des cycles plus ou moins réguliers et plus
ou moins longs (allant d'une épidémie tous les ans à
tous les douze ans) . Le germe de la peste et son mode d'extension, de
contamination n'a été connu - par les moyens modernes - qu'à
la fin du 19ème siècle. Donc l'épidémie s'est
arrêtée sans que nous ne comprenions, même aujourd'hui,
pourquoi. Peut être que les moyens de lutte empirique ont été
tout de même efficaces, peut être n'est ce qu'une rémission
et reviendra t elle ?
Peut être aussi
y a t il eu sélection des humains, seuls ceux dont les gènes
prédisposaient à résister à la maladie, à
la contagion sont restés en vie et ainsi il n'y eut plus de réservoir
à virus ? ( on suppose que c'est ce qui va se passer en Afrique).
Ou est ce une histoire d'équilibre
avec d'autres germes, ou des conditions climatiques etc. Cela fait partie
des inconnues de la science, n'oublions pas que dans la deuxième
partie du 19ème a eu lieu -entre Pasteur et Pouchet la dernière
controverse sur la génération spontanée !
Le CHICHOIS - Et très
ancienne ?
Paul - Actuellement
nous estimons que l'origine de la vie remonte à plus de 3 milliards
d'années, Les micro organismes, unicellulaires et sans noyaux individualisés,
étaient déjà là et ils y sont toujours ! Et
ce qui est le plus étonnant c'est que nous ne sommes , sans doute
et comme tous les organismes multicellulaires, qu'un agrégat de
micro organismes . Ils sont donc très stables dans leur identité
mais aussi ils s'adaptent à tous les milieux, ils sont très
plastics, ils peuvent s'ajouter des fonctions en ayant accès à
n'importe quel moment à d'autres génomes, en découpant
chez d'autres des morceaux d'ADN, lesquels seront ou bien, définitivement
intégrés dans leur chromosomes ou bien seront rejetés
- entre autre dans le matériel génétique des cellules
eucaryottes ( cellules avec noyau) par exemple les cellules humaines. On
appelle cette opération le transfert horizontal de matériel
génétique. Une autre façon d'évoluer pour les
micro organismes est de muter très rapidement, ces mutations devront
passer l'épreuve de la sélection naturelle et ne seront gardées
que les mutations utiles pour l'adaptation ou les mutations indifférentes
(ni utiles ni inutiles).
Par ces deux moyens les procaryottes
évoluent des millions de fois plus vite que les eucaryottes. Une
troisième façon de se transformer est la symbiose . Des micro
organismes ayant des fonctions différentes s'associent, l'exemple
le plus connu est celui des mitochondries - petits organites intra cytoplasmiques
existants dans toutes les cellules - elles ont leur propre ADN, se reproduisent
à un autre moment que le noyau, sont indispensables pour utiliser
l'oxygène.
Les micro organismes sont à
la fois très stables et très changeants.
L'état du monde, de
la planète leur doit beaucoup, ils ont inventé la fermentation,
la photosynthèse, la respiration, la diminution de l'azote dans
l'air, l'apparition de l'oxygène en quantité importante dans
l'atmosphère, donc les premières crises de l'environnement
!
Le CHICHOIS - y a t
il d'autres fonctions venant des êtres uni - cellulaires, autres
que celles des mitochondries ?
Paul - On peut dire
que toutes les fonctions des divers organismes, dont les organes et leurs
cellules spécialisées, sont des êtres unicellulaires
devenus hyper spécialisés ne pouvant, plus vivre séparément
mais seulement en symbiose.
Le CHICHOIS- Apparemment
on connaît beaucoup de choses sur les virus et pourtant ils mettent
la médecine en échec. Le SIDA, pour l'Afrique en tout cas,
est aussi dévastateur que la peste, et en occident nous ne pouvons
qu'atténuer ses effets sans le vaincre totalement. Depuis 20 ans
le virus a été identifié mais il nous nargue toujours,
que peut on en dire ?
Paul - On connaît
sa structure de plus en plus fine, au niveau moléculaire et atomique,
mais est ce là forcément comprendre ses modes d'action ?
Est ce que décrire une chose inconnue est comprendre son mécanisme
? Même si la description plonge de plus en plus loin dans l' infiniment
petit ? Les hypothèses qui soutiennent ces descriptions ne sont
sans doute pas les bonnes.
On trouve souvent ce que
l'on cherche, dans un premier temps tout du moins, dans le cas du SIDA
on a cherché des gènes régulateurs, accélérateurs
ou inhibiteurs de la croissance du virus, et on les a décrit dans
les cellules ! On leur a même donner des noms savants : " nef " ou
" tat " mais correspondent ils à quelque chose ? Les avis sont partagés,
faut il continuer dans cette voie et décrire un réseau,
une accumulation, de plus en plus complexe de superpositions, d'intrications
de gènes humains et viraux - cela fait penser à la complexification
sans fin des sphères de Ptolémé qui furent remplacés
par la théorie héliocentrique beaucoup plus simple - ou changer
de paradigme ?
Certains scientifiques, en
particulier P.Sonigo et JJ. Kupiec coauteurs d'un livre paru récemment
: " Ni Dieu, ni gènes ", proposent d'autres hypothèses que
ce qu'ils nomment le dogme génétique. Ils font l'économie
d ' hypothétiques signaux " contenant virtuellement le résultat
de leur action " en contradiction avec les mécanismes Darwinien.,
leurs hypothèses est que cellules hôtes et virus sont en compétition
comme n'importe quels animaux dans la nature. Nous verrons si ces directions
de recherche sont plus fécondes.
Discuter cette nouvelle interprétation
du mystère de la vie nécessiterait qu'on se revoit car elle
pose d'autres questions et d'autres réserves.
En tout cas ne dénigrons
pas les thérapies actuelles.
Propos recueillis par Géronime
Glasgow
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