Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net.N°8|

Imprimer Chichois

**********
Votre avis 
Commentez ou critiquez cet article sur le Forum
**********
 


A PROPOS DE BIO - ETHIQUE

Toutes les activités humaines sont elles soumises à l'éthique ? Même la science ? Même l'économie ? Ou bien ces activités auraient elles une valeur éthique " par nature " sans qu'il soit besoin d'en délibérer ? 

----- La question de l'éthique s'articule aujourd'hui, dans la bioéthique, autour de la " dignité humaine " .
----- Celle de la science, autour de la vie biologique, de la vérité comme adéquation entre le représentation et le monde.  On peut rattacher à la science les notions d'universalité, d'objectivité. 
----- La morale règle la vie des hommes en société, s'intéresse aux individus entre eux. Dans l'opinion courante elle est relative et subjective et le subjectif : on s'en méfie, surtout depuis Nietzche et Freud ( les motivations à agir ou juger selon la morale ne seraient pas si pure que ça.). Elle est relative et semble changer d'une époque, d'un pays à l'autre, mais pour Kant - à qui nous devons une bonne part des concepts de l'éthique moderne, celle qui structure, en particulier, le jugement des comités de bioéthique - la Loi morale nous ordonne de penser la maxime de notre volonté comme " principe d'une législation universelle " .
Elle n'est pas chez Kant, dépendante de la sensibilité mais de la Raison, mais ne peut on pas dire que pour tous les peuples leur morale énonce l'universelle " raison " 
---- Y a t il une différence entre " morale " et " éthique " ?
Le premier de ces termes vient de mœurs, c'est la façon d'agir déterminée par l'usage..
Le second vient de éthos, ce sont les coutumes signant l' appartenance d'un individu à un groupe. 
On parle d'éthique pour étudier la science des mœurs ; donc on y prend donc une distance de réflexion ; c'est la même étymologie qu'ethnologie. 
En fait ces deux termes sont équivalents, mais éthique ça fait plus chic, plus moderne, ça évoque moins le radotage moralisateur des anciens. 
Les deux s'occupent du comment vivre ensemble pour que la vie en société ne soit pas un carnage.

----- Aujourd'hui, dans ce qu'il est convenu d'appeler " le débat de société " sur la science et la technique, on s'étonne de trouver au coude à coude féministes, religieux, écologistes opposés aux scientifiques qui, eux, pourraient s'approprier les slogans soixante-huitard d'hier : " tout, tout de suite " et " il est interdit d'interdire ".
Il est aussi surprenant de voir les industriels ( de l'agro alimentaire) s'occuper de la faim dans le monde. et les banquiers proposer des investissements " éthiques " . 
Celles qui défendaient, hier, la liberté de l'avortement veulent aujourd'hui protéger les embryons contre une instrumentalisation scientifique . 
Les anciens citoyens du monde ne sont pas les mêmes que les partisans de la mondialisation.
Le libéralisme a apparemment gagné, le combat gauche / droite semble ne plus recouvrir de différences essentielles et les comités d'éthique sont plus prudents que les gouvernants de gauche quant à la pénétration des méthodes financières des lobbies de l'industrie dans les sciences de la vie. 
Science, technique, industrie se retrouvent main dans la main pour améliorer le bien être de l'humanité. c'est en tout cas derrière cette banderole qu'ils avancent groupés Les industriels auraient ils changé radicalement de but, de fin et de moyen ? Les scientifiques ne serait ils plus désintéressés ?
Les groupements " populaire " : consommateurs ou associations de malades ont un pouvoir important mais tirent souvent dans des directions opposées ( les premiers se méfient de la science surtout par peur pour leur santé plus souvent que par éthisme réfléchi , les seconds poussent la science en avant en évitant les problèmes éthiques).
D'un coté l'aide humanitaire envoie des sacs de nourriture, de médicaments, de l'autre les industriels et politique - du même pays d'où vient l'aide humanitaire - vendent des armes. Ainsi le profit est triple : Ecoulement des stocks, bénéfice sur les armes, sentiment de bonté et supériorité des occidentaux qui Montrent que leur monde est le seul viable. Dans ce genre d'éthisme suspicieuse, l'homme n'est souvent plus qu'une victime, qu'un corps à sauver avec qui on échange rien, mais qu'auraient à nous donner, à nous les seigneurs du monde. 

----- Quelles sont aujourd'hui les forces en présence ? Quelle est exactement la problématique ? Sur quels tremplins grimpent les opposants pour s'autoriser à dire non à l'immense changement social promis par l'avancé technique allié à l'industrie? et pourquoi disent ils non ? a quoi disent ils non : à la techno science uniquement, aussi ou surtout au libéralisme ? au changement de mode de vie , à leur avenir de cobaye? Quel genre d'utopie entraîne les inconditionnels du progrès ?

.--Tout a t il changé, en quelques petites décennies, ou seulement les discours ont ils changé de bouche ? Les discours en devenant réversibles - mais cela n'est pas nouveau - et les techniques en se développant obligent à préciser des concepts de l'éthique.
Il y a à peine plus d'une quinzaine d'années, qui s'occupaient d'éthique? Des religieux, quelques Philosophes ( mais pas des moindres)…
Pour ce qui est de la bioéthique : Le CCNE ( comité consultatif national d'éthique ) a été créé au début des années 80, en France, et nettement plus tard dans les pays Anglo-saxon.
L' éthique est aujourd'hui une des armes de ceux qui disent : non, tout n'est pas permis, tout n'est pas possible . Ce qui est possible n'est pas forcément permis et ce qui n'est pas possible peut tout de même être.
En face, les futuristes retiennent leur souffle d'émerveillement devant la conquête de l'univers à portée d'esprit humain , ils parlent très peu d'éthique : L.Wolper et d'autres prix Nobel scientifique affirment que la dignité humaine, l'éthique sont.. " des inepties…des âneries "
Bien sur il existe une large frange de scientifiques , citoyens, qui s'interroge et incite à travailler à une éthique régulatrice des modifications sociales. Mais la technique a plusieurs longueurs d 'avance sur l'éthique. Les écologistes font toujours figure de marginaux pas sérieux, pourtant ce qui se réalise leur donne - apparemment - raison avec un retard d'une cinquantaine d'années sur leurs premières mises en garde, Mais rien n'est joué, nul ne sait quel est le chemin pour l'humanité. Penser ce chemin c'est entre autre le rôle des philosophes mais aussi de tout un chacun.

Alors parlons un peu d'éthique….. d'éthique en mouvement puisqu'elle se transforme, s'appuyant sur de nouveaux concepts, questionnant les anciens., et d'éthiques au pluriel surtout puisque plusieurs systèmes sont possibles, avec un même point de départ, ou dépendant de différentes hypothèses de départ, mais tous se construisent à partir du contenu du concept d'homme - de ce que l'on considère comme " le propre de l'homme " ; puis du lien logique qui relie ce concept à la loi morale, à ses devoirs et interdictions. Elle dépend bien sur de l'idée que l'on se fait du monde, de Dieu, de la place de l'homme dans la nature, de la forme de culture, de civilisation et inversement la pérennité d'une civilisation dépend de ses morales de leurs stabilité ou souplesse.

Les concepts, aujourd'hui utilisés ne sont pas encore totalement définis ! Quels sont ils ? La dignité humaine / l'humanité entendue comme espèce / Les droits de l'homme étendus à la bio Ethique / L'embryon et les limites dans le temps de la personne humaine / la finalité de la science / Définir ce qu'est une bonne vie, et dire qui définit le bonheur ( pas seulement les experts scientifiques) / La responsabilité étendue en regard de l'humanité future et de la nature / Le patrimoine de l'humanité étendu à la nature et au génome./ Le sujet humain : son indétermination , son autonomie, sa liberté, son unicité.

Jadis pour les ancêtres ( les nôtres philosophiquement, c'est à dire les grecs antiques, mais on retrouve le même problème un peu partout dans le mode sauf chez les adeptes de certaines religions , en particulier dans le monde Judéo Chrétien) LA question était dans l'antiquité, donc, celle du bonheur sur terre. C'est le propos d'Aristote, des épicuriens et même des stoïciens ou des cyniques.
Leur idée du bonheur variait mais elle était de l'ordre du devoir, et se rattachait avec logique à leur système philosophique… Et ils vivaient eux même cette théorie.
Nous fouillerons un peu par là dans le prochain numéro du Chichois, et pour faire bon poids nous irons à l'inverse écouter les philosophes d'inspiration Chrétienne, en particulier Kant.
Puis nous irons du coté de l'éthique telle qu'elle se débat avec la science, aujourd'hui.

 A bientôt 
Géronime Glasgow 

________________________________________________
 Tous les premiers mardi du mois il y a un " café philo " à l'espace ATHENEE
 
 

Retour haut de la page

   
   
CONCEPTION MAINTENANCE HEBERGEMENT SITES INTERNET-OPIS SETE 04 67 53 24 59
Contact