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Interview
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Portrait
en profondeur d'un sétois peu ordinaire...Claude
BARTHELEMY.
Prenez votre respiration,
nous descendons en apnée vers les abysses pour retrouver, à travers le
destin de ce plongeur-cinéaste, l'ultime trace d'Antoine de Saint-Exupéry.
Claude est plongeur
avant tout : il enseigna cette discipline au Cap d'Agde avant de s'embarquer
pour la pêche au thon, d'abord à Marseille puis à Sète. En 94, il fait
ses premiers pas dans le cinéma sous-marin en intégrant l'équipe de Cousteau
en tant que plongeur-photographe pour une mission à Madagascar. Après
la disparition de Cousteau, l'équipe du légendaire Commandant au bonnet
rouge se disperse et Claude reste en relation avec le cameraman. Ils tourneront
ensemble des films publicitaires.
En 98, un patron de
chalutier annonce la découverte de la gourmette de St Exupéry. GEDEON
Programmes, l'agence qui emploie Claude, suit l'affaire et dépêche un
journaliste d'investigation sur les lieux de la découverte. Début 2000,
GEDEON Programmes décide de réaliser un documentaire sur la découverte
de cette gourmette et les recherches que la COMEX a entrepris pour retrouver
l'épave de l'avion du père du Petit Prince.
La COMEX dispose de
moyens techniques importants pour mener à bien ses investigations : le
ROV (Remote Operating Vehicule) qui est un robot sous-marin télécommandé,
ainsi qu'un sous-marin de poche, le REMORA dont la capacité d'intervention
est de l'ordre de 1000 mètres en plongée.
L'équipe de GEDEON
embarque donc sur le navire de la COMEX, elle est constituée de deux producteurs
et de deux équipes de prises de vue, l'une pour les vues sous-marines,
l'autre pour les vues "terrestres". Embarquent également le patron pêcheur
qui remonta dans ses filets la gourmette, un historien et des membres
d'une association spécialisée dans les crash d'avions.
La stratégie est simple
: on part de la gourmette qui est le seul élément tangible dont on dispose
au départ, celle-ci ayant été authentifiée par les services du Louvre.
La gourmette ayant été découverte au cours d'un chalutage, la connaissance
de la zone de pêche du navire permet de délimiter un secteur de recherches
qui s'étend des Lecques jusqu'à l'entrée de Marseille
Tout ce secteur est analysé
au sonar à balayage latéral. Ce type d'appareil offre deux avantages :
d'une part il restitue un écho en trois dimensions et d'autre part permet
de faire une discrimination sur la nature de la matière sondée et notamment
de repérer les échos venant de matériaux non-ferreux (ce qui est le cas
pour les épaves d'avions). L'analyse sonar permet de repérer plusieurs
points potentiellement intéressants. Le ROV rentre alors en action et
permet, par ses prises de vue en plongée, d'identifier le type d'appareil.
Celui de St Exupéry est un P38 Lightning armé pour faire de la reconnaissance
photo.
Un premier tri est ainsi
fait parmi les centaines d'épaves jonchant les fonds marins de ce petit
coin de Méditerranée.
Les épaves sélectionnées sont
alors visitées par une équipe embarquée sur le sous-marin de poche...l'examen
de chaque épave permet à l'aide de détails infimes de déterminer si le
P38 est du même modèle que celui que pilotait St Exupéry. C'est dans ces
moments que l'historien et l'association des plongeurs amateurs font preuve
de leur efficacité grâce aux importants travaux de recherches et de collationnement
d'informations menées dans les archives.
Par jour, dix épaves sont
ainsi visitées... ce qui permettra de retrouver un P38 conservé intact
au fond de la mer, son identification sera faite et le nom du pilote sera
retrouvé. Imaginez l'émotion devant une telle découverte.
En milieu de semaine, alors
qu'une soixantaine d'avions ont déjà été explorés, l'équipe envoie le
ROV sur un écho de métal non-ferreux...Il s'agit d'un P38 de modèle L,
le même que St Ex. La COMEX plonge et prélève une pièce significative
: un vérin portant un numéro de fabrication. La pièce est expédiée chez
le fabricant, elle sera formellement identifiée comme faisant partie de
l'avion que pilotait Antoine de Saint-Exupery lors de son dernier vol.
Aujourd'hui, l'épave
est toujours au fond de l'eau, cassée et éparpillée sur une zone certainement
vaste. Le Petit Prince repose en paix et il est peut-être rassurant, pour
les vivants, de connaître son dernier lieu de repos.
GEDEON a présenté son documentaire
sur ARTE en juin 2000. Claude BARTHELEMY, depuis, a participé au tournage
d'un documentaire sur la découverte d'une épave étrusque au large de Porquerolles
réalisée par GEDEON, la COMEX et la DRASM. Deux autres projets sont en
cours de préparation : l'un sur les épaves du littoral (avions, bateaux,
sous-marins), l'autre sur l'écosystème du Cap (Afrique du Sud) et plus
particulièrement sur les requins et dauphins qui chassent dans les bancs
de sardines de cette région.
STEPHAN
Bernard 
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