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Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N°3
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EDITORIAL

Le Chichois deviendrait-il un journal convivial ?

Ce n'est pas impossible et nous ne pouvons que nous réjouir de cet échange qui prend naissance.

En effet, si l'information n'est pas négligée dans ce Chichois n°3, ce sont les contacts avec les lecteurs qui ont marqué ces deux dernières semaines. Bien sur, il faut du temps pour que tout se mette en place, mais déjà une rubrique poésie locale voit le jour avec cette nouvelle édition de notre gazette internautique. D'autres suivront, animées par des gens comme vous et moi...

Car ce journal est à votre disposition pour partager vos passions. Alors n'hésitez pas à nous écrire pour proposer des sujets, des interviews... ou même un petit article. Ce qui nous a le plus émerveillé depuis le lancement de cette expérience, ce fut de découvrir que derrière chacun de nous se cache un peu de merveilleux. Il suffit de creuser un peu et on découvre que celui ou celle que l'on cotoie quotidiennement vit ou a vécu des expériences peu banales, s'adonne à des loisirs peu ordinaires ou excerce un métier dont on ignore la réalité.

Nous sommes tous différents... et c'est cette variété qui fait la richesse de nos rencontres. Le Chichois va s'évertuer d'aller au devant de cette multitude et d'offfir un partage de culture. C'est celà aussi le miracle d'internet..

B.Stéphan

 

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ECHOS

Étonnant, non ? *80% des jus de fruits "pur jus" vendus en grandes surfaces sont des fraudes. (Sciences & Avenir-Oct 20000)

Portables Il est interdit de conduire son auto en téléphonant. Mais on peut utiliser son portable en marchant. Normal, non ? Et pourtant, là aussi, il y a danger. Ainsi, rue de Gaulle, récemment, un quidam marchait tout en téléphonant et, tout le monde le fait, en regardant par terre. Face à lui, un autre quidam faisait de même et ce qui devait arriver arriva: choc des deux téléphoneurs ! Résultat, un des portable chuta et se brisa. Aucun des deux messieurs ne fut blessé. Nous n'avons pas suivi le reste de la scène mais peut-être ont-ils fait un constat pour leur assureur.

Navigateurs L'aventure sétoise de l'America Cup est bien oubliée mais se prolonge par la présence de sétois dans les divers défis. Ainsi, trois, au moins, anciens équipiers sétois de Marc Pajot seront de la prochaine Cup: Bertrand Pace a été embauché (à prix d'or) par les tenants néo-zélandais comme co-skipper, Pierre Mas et Albert Jacobsoone seront sur le bateau français.

Pastis au MIAM L'inauguration du Musée international des Arts modestes s'est finalement bien passée mais sans la présence de Catherine Tasca, ministre de la Culture et du président du Conseil Général. Les centaines d'invités ont pu déambuler dans ce sympathique capharnaüm et entendre maints discours dont celui de Jacques Blanc, président de la région, accueilli par huées et sifflets, mais qui ne se démonta pas et répondit en vantant l'art modeste et son Musée.

Vin primeur La qualité exceptionnelle du vin primeur de l'Hérault a cette année d'autant plus enchanté les connaisseurs sétois que les meilleures bouteilles étaient locales: celles de Paul Herpe et celles de Fortant de France. Pour ce dernier, Robert Skalli avait demandé à un artiste de dessiner l'étiquette (notre photo). Et dire que maintenant, il faut se préparer à subir le Beaujolais nouveau, beaucoup plus cher et bien moins naturel que notre primeur...

Vers l'A9 Bonne nouvelle: la liaison entre Sète et le péage de l'autoroute va enfin être amélioré. Voila des années qu'on attendait le début de ces travaux et surtout la suppression des dangereux carrefours entre Balaruc et Frontignan.

B.Baraillé

BALLADE

UN JOUR EN AVIGNON

Maintenant que l'été brûlant ne transforme plus les villes de la Provence en fournaises infréquentables et que ne s'y entassent plus les foules touristiques, nous vous rappelons leurs attraits. C'est le bon moment pour leur consacrer une journée. L'été venu, nous recommencerons à fréquenter les petits sentiers de l'arrière-pays. Parole est donnée : nous vous indiquerons plein de balades ombragées conduisant à de rustiques baignades. En attendant, place à cette merveille si proche de nous qu'est l'ancienne cité pontificale. Des votre arrivée dans la capitale du Vaucluse, dirigez-vous vers le Palais des Papes. Le fléchage est omniprésent dans Avignon. Du vaste parking, vous accédez à la célèbre Cour d'Honneur où le sétois Jean Vilar implanta son Festival au lendemain de la guerre. Puis, vous arpenterez le cloître du palais vieux, les vastes salles qui ont accueilli festins et cérémonies, les chapelles et les appartements privés des papes, décorés de fresques colorées.

De l'immense terrasse où une cafétéria peut vous accueillir., vous découvrirez un splendide panorama sur la ville, le Rhône et la Provence.

IL Y A SIX SIÈCLES... C'est au XIV° siècle que la Papauté s'installa en Avignon. Sept papes puis deux schismatiques s'y succédèrent avant le retour à Rome. Le Palais des Papes fut d'abord une forteresse autour d'un cloître. Puis, au fil des papes, l'édifice s'agrandit et devint un fastueux palais. C'est à partir de ce Palais que l'Église rayonna sur l'Occident chrétien au XIV° siècle. Symbole de son pouvoir spirituel et surtout temporel, l'Église recevait dans ce palais rois, ambassadeurs et était le siège de grandes cérémonies. Une cour brillante entourait le haut-clergé dont beaucoup de savants, artistes et poètes, tel Pétrarque. Cette visite est donc une plongée dans un passé prestigieux.

L'ACCÈS Avignon est à 120 km de Sète. Le meilleur accès se fait par l'autoroute A.9 que l'on quitte à Remoulins-Pont du Gard. Le trajet dure environ 1h20. Le Palais des Papes est ouvert toute l'année de 9 à 19 h. Des visites guidées sont possibles. On trouve une librairie-boutique et un restaurant dans les jardins.

LES ENVIRONS Outre le Palais et la vieille ville, on peut visiter le Musée Calvet, la cathédrale accessible par un escalier à la sortie du Palais. De la cathédrale, monter au Rocher des Doms, jardin public d'où l'on domine la Provence jusqu'au Ventoux. Au bas du jardin, se trouve les restes du pont Saint-Bénézet, le fameux pont d'Avignon où l'on danse... B. Barraillé

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SCIENCES

Commentaires envoyés par un lecteur sur les articles précédent de Géronime GLASGOW

Salut à toi , O Chichois ,

J'ai trouvé très intéressant de prendre, depuis les deux premiers numéros du Chichois, un sujet qui nous concerne tous en tant que citoyen: le développement des sciences et des techniques, car nous pouvons en attendre de grands bouleversements dans nos vies d'ici peu de temps. Des changements sans doute irréversibles, et que l'on aura peut être pas voulu en toute connaissance de cause, on a même l'impression que l'on va être transformés en cobaye sans notre consentement éclairé, ce qui ne se fait plus en médecine … alors pourquoi le permet on pour l'environnement et l'alimentation, qui nous sont commun.

J'ai envie de prendre la parole sur ce sujet.
Les changements dont il est question ne concerneront pas que notre santé mais notre façon de vivre, notre être dans son humanité, notre descendance, notre espèce etc… Mais souvent on se dit que ca sera peut être bien, peut être mal, qu'on ne peut pas le savoir et qu'il vaut mieux laisser le choix aux experts scientifiques plus éclairés que nous, et puis que l'on a pas le pouvoir d'intervenir… Que ce sont peut être des peurs irrationnelles comme on peut en avoir devant tout changement: c'est ce que disent les optimistes dans ce dilemme où souvent les positions de chaque camp paraissent très carrées, tranchées à l'emporte pièce - tout en comportant des zones de contradiction interne comme s'il y avait pour chacun ( individus ou groupe sociaux) à l'intérieur d'eux même, des zones d'intérêts et de vérité distinctes qui coexistent. Il est vraiment intéressant de repérer et la rhétorique et les parts d'inconscient et tous les intérêts divergents chez une même personne et aussi les rapports de force dans la société, dans les groupes professionnels, chez les consommateurs, de par la compétition internationale etc.., et cela afin de ne pas confondre les arguments qui s'initient dans l'inconscient et ceux qui ont trait à la raison, cela cher G.G, vous l'avez souligné avec l'argument " Prométhée et Pandore ", on peut ajouter dans le même registre l'insulte de " Luddite " (dérivé de Ludd , le meneur des ouvriers qui cassaient les machines au début du 19ème siècle), autrement dit " ignorant - rétrograde ", dont tous se défendent vivement d'en être; cependant, si on considère le carnage que tout le 19ème siècle et sa modernité fera subir aux ouvriers, on peut se demander si Mr. Ludd n'avait pas raison, du point de vue de son groupe d'appartenance tout du moins ! C'est encore au nom du progrès irrésistible que l'on va perturber l'environnement, poursuivre une politique agricole qui mène à la surproduction, et à la mauvaise qualité de beaucoup de produits. C'est aussi grâce à cette surproduction et à l'aide à l'exportation que pratiquent les pays riches qu'ils vont concurrencer la production locale des pays du tiers monde sur leur propre marchés nationaux, chassant les paysans des cultures vivrières vers les immenses bidonvilles. Ces pays peu développés (du point de vue de notre économie) ne sont plus qu'une immense bouche à nourrir, un marché pour nos surproductions. Ils sont, aussi, devenu le meilleur argument pour que nous continuions dans le même sens: produire toujours plus, augmenter toujours plus la productivité. En effet sentant la mauvaise conscience de beaucoup de " civilisés " les leaders internationaux de l'agro-alimentaire la titille en se présentant comme les sauveurs de 6 milliards d'humains, et les râleurs ne sont que des égoïstes ( campagne de pub de Montosanto en particulier) . C'est un peu le ton du mot d'humeur de Pierre Georges dans "Le Monde " du mercredi 8 novembre 2000 : " sans doute est ce aujourd'hui la caractéristique d'un pays gavé que de s'interroger constamment avec un effroi plus ou moins fondé, sur la qualité et l'innocuité de ce qu'il mange. Les pays de famine n'ont pas de ces soucis la !.."
Pourquoi ces arguments reviennent ils alors qu'il a été démontré que les techniques modernes de l'agriculture ne sont pas applicables aux structures du tiers monde, ces arguments reviennent sans complément démonstratif mais seulement en jouant sur les sentiments. Les sentiments les plus troubles: la mauvaise conscience, l'envie de faire une B.A pour décharger sa conscience. La charité serait un bon sentiment que les surpuissants céréaliers ont l'air de cautionner, alors que la peur à l'origine du principe de précaution est largement conspuée comme vilain principe d'immobilisme. Les bons et les mauvais sentiments ! pour parler au petit peuple qui n'entend pas la raison, ou prétexte pour ne pas affronter un vrai débat ? On pourra dire aussi qu'il s'agit de gros sous, de marchants véreux, et que la science probe et vertueuse n'a rien à y voir. Et c'est de science dont vous avez commencé l'épopée. Si la science n'est pas aussi neutre qu'elle le croit, si elle ne sait pas plus que tout un chacun ce qui est bon pour tous du moins est elle étonnante, admirable, passionnante et source de plaisir pour l'intelligence humaine. C'est aussi une merveilleuse aventure, dans le sens de l'étymologie de ce mot: advienne que pourra ! mais une aventure qui devient collective quand elle se fait technicienne. La prudence devient alors affaire de tous. Et puis il ne s'agit pas que de prudence mais surtout de définition du bonheur. Le bonheur mérite de risquer sa peau, mais il n'y a pas qu'un bonheur pas plus qu'il n'y a une vérité. Peut être serait il utile de se balader aussi chez ceux qu'on appelle les peuples premiers qu'on compare souvent à nos société d'abondance pour ce qui est du revenu ! ce qui est plutôt comique, car bien sûr il n'ont pas de PBI, pas de revenus individuel annuel mais sans doute ont ils bien d'autres richesses - et on ne saurait trop recommander la lecture du dernier livre de J.Malaurie : Hummocks , 1200 page pour chanter la gloire, le plaisir de vivre, la dignité du peuple esquimau ! lequel, peuple chassé de ses terres, puis " civilisé " est devenu en quelques dizaine d'années : alcoolique, brutal, assisté. On peut maintenant le comparer à nous et l'aider à remonter son retard ! mais c'est avant qu'on aurait dû comparer, peut être n'etait il pas en retard mais avait choisi une autre direction.

Encore une chose qui me paraît vraiment importante pour nous aujourd'hui... Au sujet des Athéniens dont il a été question dans les deux premiers numéros du Chichois:
On peut penser qu'ils sont passés à l'abstraction en s'éloignant du mythe, en se décalant un peu, mais somme toute dire que tout venait d'un élément: le feu, l'air, l'eau ou l'illimité ne faisait pas forcément avancer les choses. Ce qui a dû être primordial dans l'avancée de la pensée, c'est la démocratie ! Athènes a été la première vraie démocratie du monde civilisé. Elle était très égalitaire sans regard sur la richesse de chacun, elle appartenait à tous les citoyens ( mais les non citoyens, les métèques, les femmes ni les esclaves n'en faisait pas partie ! ) Se combinant à la grande liberté de pensée permise par la démocratie il y avait le goût des Grecques pour la discussion, pour la confrontation physique mais aussi oratoire, les arguments pouvaient être éprouvés, disséqués, comparés, combattus, librement et avec délectation. En fait ils ne faisaient que cela et ne devaient s'occuper que de politique car chacun d'entre eux pouvait être amené à avoir une charge important dans la vie de la cité. Ils pouvaient aussi être appelés à défendre Athènes par les armes. c'est pour avoir tout leur temps disponible pour cela qu'ils devaient ne pas travailler, être des citoyens libres, ne pas avoir un point de vue corporatiste.
La recette serait peut être: un peu de doute, beaucoup de temps libre, l'amour de la discussion, une ville autonome d'une quantité suffisante de participants pour avoir un éventail suffisant d'avis opposé, et aussi le souci du monde tant physique qu'humain et l'audace.
Est ce que l'on aurait pas, presque, ça à Séte?... Pour donner un nouveau départ au monde !

Encore un dernier mot, j'aimerais que G.G ou un autre aille aussi se promener du coté de l'éthique de ses contradictions, ses fondements, ses insuffisances, son nécessaire renouvellement pour répondre aux questions d'aujourd'hui. J'entend déjà des petites voix qui se demandent si on a le droit de parler autant... Bien sur qu'on a raison de vouloir refaire le monde en commençant par en parler librement, longuement, c'est la chose la plus passionnante, importante qui soit. La seule activité vraiment sérieuse. J'espère que beaucoup participeront …… Les sujets de réflexion ne manquent pas à notre époque ! ------ Saül Démos

P.S. Tous les premiers mardi du mois il y a un " café philo " à l'espace ATHENEE

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INTERVIEW
PAS D'INTERVIEW DANS CE NUMERO ------ A BIENTÔT
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FLASH

Le contenu de cette rubrique, contrairement aux autres du CHICHOIS, sera alimenté en permanence - ou plus exactement dès qu'une nouvelle nous semblera importante ou agréable.

Ce texte nous a été aimablement prêté par M Jacques Lavesque. Il figurait parmi les scénarios proposés lors du concours lancé par la Municipalité pour la réalisation d'un court-métrage sur Sète. Sétois... à vos saveurs...

LES GARS DE LA MARINE

Le soleil déclinait lentement sur le quai de la marine, déversant ça et là quelques copeaux d'or pur. Le canal paresseux clapotait et frémissait, donnant aux coques blanches qui l'habitaient un léger tangage qui les faisait se dandiner telles des canards vaniteux.

Cette flotille faisait l'orgueil des Sétois, fiers de leur titre de premier port de pêche de Méditerranée. Ici, c'était le coeur de l'activité de SETE. A quelques mètres de là, il y avait foule à la criée, centre nerveux, véritable poumon de la pêche, ventre rempli de poissons qui partaient rejoindre les étals aux quatre coins du pays. D'ailleurs, les camions frigorifiques et isothermes faisaient ronfler leur moteur dans l'attente du départ vers une destination hexagonale et pourquoi pas à Rungis, le ventre de Paris.

Alignés les uns derrière les autres, en rang d'oignon, les restaurants offraient aux passants toutes les spécialités sétoises plus succulentes les unes que les autres. De la rouille à la bourride, des moules farcies à la bouillabaisse, de la tielle à la soupe de poissons, c'était là que se déployait toute la gastronomie de cette île ô combien singulière. Car, manger à SETE, c'est découvrir un monde plein de saveurs épicées qui réjouissent le corps et le coeur. Ce coin de France tire sa singularité autant de ses canaux quasi vénitiens que de sa cuisine aux mille goûts toujours renouvelés.

C'était le moment qu'avait choisi Jeannot FERNELIN pour rejoindre ses fourneaux. Il marchait lentement vers son établissement, situé à quelques pas de la criée, un des plus haut en couleur de la Marine. Il venait de s'engager sur le quai quand son ami, le propriétaire du bazar cadeaux-souvenirs, l'accosta bruyamment :

- Oh Jeannot ! Tu es pas pressé d'aller travailler, hè?

- Oh Gilbert? et tu veux que j'attrape une hernie?

- Dis, tu connais la dernière? Tu sais, Honorine la poissonnière, celle qu'il lui faut un fauteuil deux places pour s'asseoir, et bè, son mari m'a dit qu'il ne pouvait plus regarder la télé le soir. Elle choisit le programme, s'allonge sur le canapé, s'endort au bout de dix minutes, et prend tellement de la place qu'on dirait le coin d'Elisabeth.

- Et qu'est-ce c'est le coin d'Elisabeth ?

- Et bè! c'est un bateau: le Queen Elisabeth...

- Ah! et bè, je suis content de l'apprendre. Ecoute, je te quitte parce que j'ai la bourgeoise qui va m'allumer si je rentre trop tard.

Il sortit du bazar et s'éloigna sur le quai en direction de son restaurant. Arrivé à hauteur de la Plagette, un établissement concurrent, il fut pris à partie à nouveau par un personnage surprenant. Imaginez une tête ronde sur un corps rond avec de grosses lunettes rondes et une paire de moustaches à rendre jaloux Salvador Dali lui-même.

- Oh Jeannot! où tu vas si vite? Prends ton temps, tè! viens boire un pastis. Tu me raconteras tes vacances que toute la Marine en parle et que moi je suis même pas au courant. Alors, il parait que tu es allé en Espagne? Jeannot, entrant dans le restaurant:

- Eh bè oui! J'ai fait toute la côte méditerranéenne du Perthus jusqu'à Gilbraltar. On a passé quinze jours, on s'est régalé.

- Eh alors, tu l'as vu?

- Qui? - le grand Calos.

- Mais qui c'est ça le grand Calos?

- Et bè alors! tu le sais pas? C'est le roi d'Espagne.

- Ah Juan Carlos! Et bè dis-dons, toi pour estropier les noms tu vas bien. Pardine que je l'ai vu: à la télé... Bon dis, tu me fais parler, tu me fais parler, et il faut que j'aille allumer mes fourneaux. Merci pour le pastis, allez adissias.

Jeannot sortit de l'établissement et pressa le pas. Il passa devant plusieurs estaminets et chaque fois il était arrêté. Le petit peuple de la Marine semblait s'être donné le mot pour empêcher Jeannot de rejoindre son restaurant où l'attendait de pied ferme son épouse Betty, une maîtresse femme que la plaisanterie laissait froide et qui menait son affaire avec une poigne de fer.

Arrivé devant le restaurant A La Bonne Bouillabaisse, il fut accosté par le patron qui traînait devant sa porte. Celui-ci lui lança:

- Dis Jeannot, j'ai quelque chose à te dire.

- Oh Antoine, qu'est-ce que tu me veux? Tu as l'air bien mystérieux!

- Hé bè, c'est un peu confidentiel, mais je te le demande quand même. L'autre jour, en passant devant chez toi, j'ai vu que tu faisais la bouillabaisse à cent vingt francs, moi je la fais à cinquante. Comment tu peux expliquer cette différence de prix?

- Hé bè moi, j'y mets une rascasse, un loup, une vive, et de la baudroie, enfin tous les poissons qu'il faut dans une bonne bouille, et toi?

- Moi! Oh peuchère, les poissons que je mets! même Couteau s'il plongeait dans ma bouillabaisse, il ne les reconnaîtrait pas.

- Eh bè voilà, tu as trouvé tout seul la réponse à ta question. Allez! à la prochaine.

Il sortit et se dépêcha de presser le pas vers son restaurant. Arrivé devant le bar Le Grand Large (c'était le dernier établissement avant le sien), il fut attrapé par le bras, il se retourna, c'était Robert le barman.

- Alors Jeannot, c'est à cette heure que tu arrives? Tu vas voir la patronne! allez vai, viens boire un coup, ce sera toujours ça de pris. Dis, à propos, tu as lu le Midi Libre? Tu as vu le titre? Liberti - Martinez: joutes oratoires sur le canal hertzien. Et où il est ce canal? Je le trouve pas sur le plan. A moins qu'ils nous en aient débaptisé un sans qu'on le sache. Quand même, ils auraient pu trouver un autre nom qu'un nom allemand!

- Mais bougre d'imbécile! le canal hertzien, c'est la radio qu'on appelle comme ça: un canal radiophonique. Hertzien, c'est les ondes...

- Ah...! Et bè dis-donc, ils sont forts sur le Midi Libre! Moi, je croyais que Liberti et Martinez, ils avaient jouté sur un canal.

- Bon ,Robert, je te laisse parce que je sens que Betty, elle va me chanter Manon et que je risque d'entendre toutes les cloches de Saint Louis.

Jeannot sortit du Grand Large et rentra précipitamment dans son restaurant. C'était une belle bâtisse couronnée de bleu avec une large terrasse et au fronton de laquelle s'étalait en lettres d'or l'enseigne: le Neptune. Une grande femme blonde, les cheveux courts et vêtue d'un jean et d'un tee-shirt, attendait derrière le comptoir. Dès qu'elle aperçut son mari, elle l'apostropha:

- Et alors? Gros fainéant! C'est maintenant que tu rentres? Et tu crois que les fourneaux ils vont s'allumer tout seul? Et les clients? Tu vas leur servir une bouillabaisse qui n'aura pas bouilli parce que môssieu n'aura pas suffisamment chauffer ses marmites? Allez, au boulot!

- Et bè, tu sais, je ne me suis pas arrêté, mais c'est les autres sur le quai, ils avaient tous quelque chose à me dire.

- Et alors bourrique, les autres ils étaient à leurs gamelles dans leur boutique, alors que toi tu traînais, comme d'habitude. Tu as juste le temps de préparer, le commis de cuisine t'attend, et j'ai été obligée de renvoyer le premier client en lui faisant croire qu'il était venu trop tôt. Et tout ce petit monde se mit à vivre comme tous les soirs, chacun récupérant sa part de clientèle pour la régaler de mets délicieux et lui réjouir l'âme de quelques éclats de rire.

M Jacques Lavesque

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Le COURRIER DES CHICHOINAUTES

Les réponses de Louise Echo

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MOMENTO FINIS

31 avril 1287

Voilà 10 jours que nous avons quitté Marseilles. Ce matin je me suis mis à la proue du bateau et je le regardait s'enfoncer dans cette mer si bleue, l'écume me caressait le visage et je crois que si je n'était pas né dans une famille noble, je serais devenu marin. Jocelin (le chevalier que j'ai rencontré) et moi nous avons discuté longuement. Il pense que nous devons nous étendre en Palestine et chasser tout les arabes de cette terre. Je me demande si les maures sont aussi des créatures de Dieu ou pas ? Adorent-ils Satan comme le disent les prêtres ou bien Dieu mais à leur manières…. Je pense que je trouverais la réponse à ces questions quand je serais arrivé. Si toutefois ils adorent Dieu, je pense que cela va changer beaucoup de choses.

13 Mai 1287

Enfin nous sommes arrivé à Jaffa. J'ai tout de suite été impressionné par ce puissant port, de grandes et épaisses murailles le protège de toute attaque provenant de l'intérieur des terres ainsi que de la mer. Une intance activité règne sur le port. Pour la première fois de ma vie j'ai vu un maure, ils ont grand et leur peau est sombre, ils ont le sourire facile car nombreux d'entres eux semblaient échanger des plaisanteries sur les voyageurs qui descendait du bateau. Je ne comprend pas leur langue mais les regards goguenards qu'ils nous lançaient en disait long. Mon Dieu quelle chaleur, sous ma cotte de maille je suis trempe de sueur. Jocelin n'en mène pas large lui aussi. Je suis vraiment impressionné par ce que je vois sur ce port et aussi par ces différentes odeurs d'épice qui sont mélangées à l'odeur de la mer. Que Dieu en soit remercié. Je me suis installé dans une auberge et je vais me reposer car demain je dois partir pour la commanderie des Paumiers qui ce trouve dans les Terres de l'outre Jourdain. D'après ce que m'on dit les clients de l'auberge, j'en aurait pour 4 jours de cheval ce qui équivaut à 45 lieu.

14 Mai 1287

Je ne part pas seul aujourd'hui, Jocelin va m'accompagner ainsi que quelques hommes d'armes qui sont sous ses ordres. Lui doit se rendre à Saint Abraham pour y prendre ses ordres. Je languis de partir.

18 Mai 1287

Je suis dans un cellule de la commanderie des Paumiers, il fait nuit et demain je vais être intronisé dans l'ordre. Le voyage s'est bien passé, Jocelin et moi avons beaucoup discuté sur ce que nous découvrions à chaque pas. Jocelin ne partage pas mes idées sur la mission que je me suis fixé. Pourtant lui aussi a ressenti l'appel de Dieu mais seule la gloire et l'acquisition de terres l'intéresse. Malgré ces idées je ne puis m'empêcher de l'apprécier. Il m'a promis que nous nous reverrions un jour. Je prie Dieu qu'il ne lui arrive rien. A mon arrivée j'ai été accueillit par le frère olivier d'Arçon, en ces lieu c'est lui le commandeur, il est âgé mais encore en pleine forme. Je n'ai eut guère l'occasion de visiter le village des paumiers. Ha mon Dieu demain je serais réellement l'un de vos chevalier et je serait en mesure d'apporter votre bonne parole aux infidèles.

19 Mai 1287

C'est fait, je suis un membre de l'ordre. Ce fut difficile mais c'est fait. Je vais retranscrire les questions qu'ils m'ont posé dans la salle du chapitre : ----------------de Alexandre Denjean

A suivre.... dans le prochain numéro du CHICHOIS…

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A TABLE

LE COIN DU GOURMET

Avec tous ces épouvantables traumatismes alimentaires, une petite recette végétarienne s'impose. La composition de certains plats raffinés peut être très bien réalisée sans viande.

Salade de Haricots parfumés.

---- Mettez les haricots à tremper 5 à 6heures puis les faire cuire à petit feux et à couvert avec 3 gousses d'ail et un blanc de poireau.Au bout de 45 mm, éliminez ail et poireau et égouttez les haricots.

---- Faites griller deux bonnes poignées d'amandes au four puis pelez les et hachez les grossierement. Préparez le coulis de tomate crue.

---- Nettoyez les carottes et les brocolis.Pochez les 15 mm avec l'ail restants et égouttez les. Une fois refroidis, decoupez les en morceaux régulier et placez les dans un saladier.

---- Ajoutez les haricots et les amandes. Assaisonnez avec du jus de citron, du sel, deux pincées de paprika et de cumin et de l'huile d'olive. Servez la salade avec son coulis.

Faire attention : le coulis de tomate est à préparer cru.

Bonne appétit !

LE CONSEIL DU SOMMELIER

Servir avec ce met un St Chinian (Bio) --Chateau Bousquette-- Rouge fût 96 -- Ce vin est vente en ligne sur Internet -------------------- http://www.opisline.com/axe/index18b.html

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DE QUOI J'E-MEL

Nous avons reçu au Chichois un projet d'association sous le titre : CO - LO - SO .

L'intitulé est clair, il s'agit de se regrouper pour lutter " contre la lobotomie sonore " ! On peut supposer qu'il existe, à Sète, d'autres groupements de fâcheux qu'indispose le bruit incessant, et particulièrement l'odieuse, l'abominable, la débilitante, la décervelante muzique zique zique, celle qui est censée donner du cœur aux zombies, aider à rythmer une vie lourde et vide à la fois, peupler de dégoulinures émotionnelles des êtres désertés, conformiser puis agglomérer par et pour la grande consommation des individus atomisés .Car certains font la fine bouche, n'en veulent plus, et surtout pas 16 heures par jour, et 5 mois par an !

Ah qu'il est loin le temps où un chef Sioux, quelque part aux Amériques, rebelle aux magnificences du progrès et de la surabondance, pouvait se demander : " Que vaut la vie d'un homme s'il ne peut voir le vol de l'engoulevent et entendre le coassement des grenouilles " Nous, on a le goéland et la mouette qui valent bien, sans doute, l'engoulevent, et il y a - seulement - quelques années on pouvait entendre dans la douceur du soir quand les autos avaient rejoint leurs niches, autour du jardin du château d'eau, le rythme archaïque des grenouilles... Mais bien vite il fut remplacé par les rythmes môdernes des soirées nostalgie- Beatles ou des concours disco...Le son à fond, bien sur, car faut penser aux mal entendants !… on passera sur les soirées folkloriques, plutôt ringardes.

Et que dire des leitmotivs incessants des hauts parleurs délayant à longueur d'été les promos, les pubs zé les tubes. On a plus qu'à vivre, l'été, toutes doubles fenêtres fermées si on veut un instant penser à autre chose. Autant vivre à Roubaix

Si vous voulez, avec le COLOSO, vous questionner sur le pourquoi et le comment du désir de lobotomie du bon peuple des vacanciers. sur le pousse à l'achat, le pousse à survivre - sans rien changer - que distille la musique et les commentaires faussement joyeux et youp la boum des speakers. Si vous préférez le bruit anarchique de votre cœur au boum boum uniformisé de la techno qui fait vibrer les vitres. Si vous êtes contre le viol par voie auriculaire, contre la maltraitance cérébrale écrivez nous au Chichois pour le COLOSO.

Bien sur vous pouvez aussi défendre l'acharnement décibéliqueux, la venue de Big Brother en fanfare, l'achat en gros - avec remise - de boules Quiès pour les récalcitrants. Alors à vos claviers ... Pour l'incommensurable plaisir de discuter des goûts et des sons, après avoir poser les limites de l'intolérable pour chacun.

Géronime GLASGOW

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VIE ACTUELLE

Le Musée international des arts modestes (Miam) a été inauguré vendredi 10 novembre. En Ile singulière, on n'en est plus à une singularité près. Et le Miam est bien une singularité, modeste, mais formidable dans son éclectisme hétéro-clite. Esprits obtus, s'abstenir! Par Kathy GOSSELIN.

Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées vendredi, pour l'inauguration du Musée international des arts modestes. Bébé en gestation depuis 1991, "conçu" par les artistes-collectionneurs Hervé Di Rosa et Bernard Belluc, le Miam a ainsi vu le jour le 10 novembre 2000. A l'état de fœtus, il a fait couler beaucoup de salive. Né, il en coule encore; on peut même parler de bave. Même la politique s'en mêle! Cela va même du dénigrement systématique de ceux considérant que tout porteur d'idées autre que celui d'une couleur politique que différente de la leur n'est qu'erreur monumentale… Que l'on est loin des notions de liberté de penser, de s'exprimer, d'innover. A cela, s'ajoutent les "qui va payer?" Les "ça va se casser la gueule" et autres ricanements. Passons. Tout ce qui est nouveau dérange toujours quelques uns…Dieu merci, le positif rétablit le négatif.

La situation particulière de Sète, sa lumière, son mélange de population en ont fait une ville d'artistes nés en terre sétoise, tels Jean Vilar, Maurice Clavel, Paul Valéry, Georges Brassens, Hervé Di Rosa, Robert Combas ou installés comme François Desnoyer, Agnès Varda, Pierre Soulages, Daniel Deleuze. Ainsi, le Miam a toute sa place à Sète, important foyer artistique. Ce musée, hors des sentiers battus, recèle l'art au quotidien, un art en construction.

"Habité" d'objets emblématiques Créée en 1991 par Hervé Di Rosa et Bernard Belluc, l'Association de l'art modeste préfigurait l'actuel musée. La Ville, adhérant à ce projet, la concrétisation s'est ensuivie. Le Miam abrite tout un fratras d'objets aussi hétéroclites qu'insolites sortis de greniers, tiroirs ou autres granges… Certains appartiennent aux "géniteurs" ou ont été prêtées par des institutions publiques et privées. Des milliers d'objets cohabitent en toute sérénité. Barbie, la célèbre poupée, joue avec Goldorak; des soldats de plomb livrent une guerre pacifique; une vierge noire portant un jésus blanc veille sur une multitude de boîtes d'épicerie, des masques mexicains, des peintures, des sculptures… Le canard barbotant dans notre bain d'enfant côtoie le chien méchant et la belette (ou la fouine?) en toute amitié, sous le regard du garde forestier à tête de mouton. La veste de gendarme "revêtue" des baudriers, ceintu-ron et porte revolver de la police nationale, invite l'automobilistes imprudent à lever le pied. La peine en-courue: un bon d'entrée au… cimetière, en corbillard bien sûr; pas "en panier à salade"! En plus, le contrevenant a droit à une couronne de fleurs… Humour noir ont dit quelques-uns. Qui sait si ceux là ne seront pas plus prudents désormais? Plus gaie, la balade en forêt, ou le vol d'hirondelles-épingles à linge dans un ciel entre chien et loup. Emouvant les ex-voto face à des peintures et de vieilles affiches. Ces objets manufacturés ou artisanaux, clinquants, inutiles, bariolés, viennent des périphéries des arts naïf, brut, populaire.

Regarder autrement Cette collection a pour ambition de changer le regard des personnes sur ces arts "marginaux" et les rendre accessibles à tous. Dire que le Miam bouscule les canons esthétiques en cours est un euphémisme. C'est là que réside tout son charme désuet. Grâce à ce musée, de vieux objets, plus ou moins beaux ou carrément moches revivent, revivront… Au delà des clivages politiques, ethniques… le Miam se veut, au rythme d'expositions permanentes et temporaires, lieu d'échanges, de convivialité. Un lieu pour faire tomber tout ce qui peut diviser. Par ailleurs, l'art modeste, n'appartenant à aucune époque, aucune nation, affirme-ra son caractère international en mettant en lumière, chaque année, un pays étranger et ses créations. étranges.

La collection permanente Spécialement aménagées par Hervé Di Rosa pour accueillir sa collection, les trois caravanes de l'art modeste stationnent au rez de chaussée du musée. Elles se déplaceront à l'extérieur (écoles, maisons de retraite, etc) dans un but pédagogique ou festif. Sources d'inspiration et de réflexion, des figurines, appartenant au monde de l'enfance, laissent libre cours à l'imaginaire. La deuxième caravane abritera des technologies modestes (jouets fabriqués avec des matériaux de récu-pération). La troisième sera "spirituelle", réunissant, dans un syncrétisme baroque, des objets porteurs de ferveur religieuse: mosquées clignotantes, bouddhas en céramique, polychromes de l'art saint sulpicien. Bernard Belluc a, quant à lui, choisi des vitrines. Papiers cadeaux, porte-clefs, scoubidous, pots de yaourths, et autres babioles éphémères récupérés aux puces, dans les fin-fonds des arrières boutiques (quincailleries, épiceries…) ont trouvé des lettres de noblesse au Miam. Ce bric à brac, touchant à une dimension majeure de l'art mo-deste qu'est l'affectif, nous concerne tous.

Un pays étranger chaque année Pour son ouverture, le Mexique est au Miam. Ce pays, qu'André Breton, exilé, a qualifié de "pays surréaliste" expose la ri-chesse, la vitalité des arts modestes: peintures de calendrier (à l'huile sur grand format), ex voto, masques mexicains, plus créatifs encore quant aux formes et motifs que les masques africains, objets cultes de l'imaginaire mexicain (squelettes, crânes en… sucre). Pour l'ouverture, citons encore les créations de l'Egyptienne Ghada Amer, le Zaïrois Bodys Isek Kin-gelez et ses maquettes (en plastique, papier, carton) de mondes imaginaires, mégapoles utopiques…), Calixte et Théodore Dakpogan et leurs assemblages métalliques ou encore Philippe Mayaux, influencé par l'iconographie. Bande dessinée, mangas, tags, sont peints avec "la fausse application du bon élève, cancre dans l'âme". A découvrir également la cour intérieure, contenant un ramassis de plantes modestes dans des gamelles-cuviers modestes, en zinc, dans les interstices des pavés modestes. Liliana Motta, conceptrice de ce jardin "d'herbes folles" (anciennes cultures, taillis, bords de chemins…) démontre ainsi que la nature, si belle, sait - elle - être modeste. On voudrait qu'il soit plus grand, ce jardin, tant il dégage de paix, de sérénité… Pas moins d'une centaine d'espèces sont plantées sur quelques 92 M2. Textes, lexique, bibliographie servi-ront de supports pédagogiques.

Le bâtiment Le bâtiment abritant le Miam, quai de Lattre de Tassigny, fut tour à tour chai et magasin de meubles. L'architecte, Patrick Bou-chain, s'est contenté d'une rénovation discrète, modeste. Il a normalisé en respectant l'architecture, "pri-vilégiant le contenu plus que le contenant". Ainsi, 730 M2 sont réservés aux expositions, 163 aux services administratifs et à la conservation, 74 aux activités pédagogiques, 119 à l'accueil du public.

Les partenaires La création du Musée inter-national des Arts modestes s'inscrit dans le programme de "Mission 2000 en France". L'idée a séduit tout le monde par son aventure différente, étonnante: ouvrir un espace consacré aux objets qu'affectionne le grand public sans penser qu'il peut les trouver dans un musée!

Une culture plurielle Le Miam complète l'offre culturelle de la ville. Plus de 600 événements culturels ont lieu chaque année, tous encourageant l'expression publique (peinture, théâtre, musique, etc) individuelle, associative, collective "Donner à tous la possibilité de s'exprimer, ouvrir des champs de liberté" est l'objectif de la Ville. Dans les cinq ans à venir, chaque petit Sétois recevra une éducation artistique. Ainsi, un professeur de solfège et un "instrumentarium Baschet" sont déjà opérationnels dans les écoles et un metteur en scène travaille avec les collégiens, ce, dans le cadre d'une convention Etat-Région. Par ailleurs, le Théâtre Molière/scène nationale accueille plus de 9000 enfants/an. Au cours de ces cinq dernières années, le nombre d'associations culturelles - 109 aujourd'hui - a plus que doublé. Sète compte plus de 386 artistes plasticiens amateurs, 4 troupes de théâtre, 3 festivals (de la Voix, du Jazz, Fiesta Latina). Le Miam a ainsi tout naturellement sa place en tant que musée, mais également outil pédagogique permettant tout un travail de découverte de l'art contemporain avec les établisse-ments scolaires. Pour le député-maire François Liberti, le Miam "sera l'élément fédérateur de tout ce qui existe autour de l'art plastique à Sète".

Dis combien çà coûte? Le coût global du Miam se chiffre à 14,6 millions de Francs. Des aides ont été octroyées par l'Europe, l'Etat, le Conseil régional Languedoc-Roussillon, le Conseil général et la Ville. Qui a acheté le local. La mission 2000 en France aide pour le fonctionnement.

Ils ont dit Toute inauguration comporte discours des élus et petites phrases du grand public. "Avec le Miam, outil de plus pour faire valoir des idées neuves, l'art modeste sortira dans les lieux de la vie quotidienne: écoles, maisons de retraites, gare, etc." (François Liberti, député-maire).

"Le Miam est un signe de délectation gourmande. Il fait voir les rêveries des autres. Il constitue un lien social si nécessaire de nos jours". (Jacques Blin, conseiller général du 2e canton de Sète, représentant le président du Conseil général).

"Il était normal que la Région apporte son concours et sa contribution. Le Miam constitue un rayonnement incontestable. Il est une complémentarité à l'art contemporain". (Jacques Blanc, président de la Région Languedoc-Roussillon).Lequel, hué pour son alliance avec le Front National a répondu "Il y a des manifestations qui montrent le pluralisme"

"Oh maman, regarde l'Intermarché!". (Un petit garçon face à la vitrine remplie de boîtes d'épicerie). "C'est un chien loup ga-rou!"(Une petite fille a tranché devant l'interrogation des adultes devant un animal empaillé (chien, renard, loup…). "Mon dieu, regarde, j'ai les mêmes chez moi!" (un monsieur s'adressant à un copain au sujet de voitures miniatures en plastique, d'un âge certain). Pour sûr, s'il avait su que çà pouvait être de l'art, il les aurait fourguées au Miam.

-----------------K.GOSSELIN

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Notre Culture et notre société rentreraient-elles dans une phase scatologique ?

Que ce soit, dans l'alimentation ou les arts -- voire dans le commerce, le mode d'ordre actuellement est le mixage de nos déchets pour être réungurgité. Le RECYCLAGE en tout genre ! Nos fosses septiques pour les vaches, l'utilisation de nos anciens 33 Tours comme création de musique actuelle, et les laissés pour compte du marketing pour expositions d'art Contemporain.

Peut-être, et c'est une vision curieuse, notre civilisation se trouve en haut d'un énorme tas de rejets, d'inutilités, et d'un trop plein de merchandising comme sur un monstrueuse décharge.

L'être humain se sent-il débordé ? étouffé ? lassé ? ou sommes nous en fin de cycle ? Et l'étape prochaine: l'utilisation de l'Humain comme objet dépassé ?

Louis Ernesto


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La PLUME

LE REVE DU POULPE *

Lorsque descend la nuit, que meurt le crépuscule,
Le poulpe sur la place, avec son oeil hagard, 
Erre sur son rocher, dresse son tentacule 
Et toise les passants de son mâle regard. 

A quoi songe-t-il donc ce fringant octopode ? 
Rêve-t-il, dans son eau du monde sous-marin ? 
Ou bien, les yeux fendus, compose-t-il une ode 
Au soleil chaleureux perdu jusqu'au matin ? 

Je l'observe parfois, devine ses délires, 
L'insondable secret de ce noble animal, 
Monstre des profondeurs, naufrageur de navires, 
Dont l'aspect agressif ne nourrit aucun mal. 

Sur son rocher tapi, je le vois en partance,
Et je comprends alors son vieux désir amer... 
Cet ami des enfants, mon compagnon d'errance, 
J'aimerai bien l'aider à rejoindre la mer. 

Barnabé.

*Sculpture monumentale en bronze, exécutée par un artiste sétois, d'une pieuvre servant de fontaine sur la place de la Mairie de Sète, et communément appelée : "le pouffre" ! 

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Echos Littéraires

Les échos littéraires vont essayer, au fur et à mesure des parutions du Chichois, de vous donner des informations sur tout ce qui s'imprime concernant Sète et sa région mais également sur l'activité des auteurs sétois.

Un auteur balarucois est à l'honneur aujourd'hui pour la sortie de son ouvrage : "VIETNAM Impressions vagabondes" L'auteur, Pierre-André Pénichon, s'est décidé à écrire peu après sa retraite. Après avoir publié un premier roman autobiographique en 1999 intitulé "Tu seras enfant de troupe Tome 1 Le temps des cerises 1937-1954", il continue son travail d'écriture en préparant le tome 2 : "Pour solde de tout compte 1954-1962".

En attendant cette parution, il nous livre, à travers "Vietnam", une vision attachante de ce pays enlisé dans 30 années de guerre. Ce sont autant de récits qui, à n'en pas douter, flirtent autant avec la vérité qu'avec l'émotion d'un homme qui a vécu intensément au rythme de cette asie lointaine si marquante dans notre histoire contemporaine. Une lecture que nous vous recommandons parce qu'elle ne laisse pas indifférent.

Quittons Balaruc pour jeter un regard sur ce que nous réserve l'édition nationale. Nous avons noté pour vous les publications prochaines suivantes :

- La France méridionale dans la Grande Guerre , chez Privat. Sortie prévue le 13 décembre.

- Recettes et vins du Languedoc de Pierrette Chalendar, aux Editions du Laquet. Sortie prévue en mai.

Et puisque nous sommes plongés dans la gastronomie locale, n'oublions pas le dernier Jacques Rouré dans la collection Carrés Gourmands (Ed Equinoxe) qui traite, comme son nom l'indique "du Roquefort d'abord" (disponible en librairie). Comme une bonne table ne peut se concevoir sans la compagnie d'une bouteille bien née, nous vous conseillons les ouvrages récents :

- "Connaître les grands vins du Sud de la France" de Marco Bertossi aux Editions LESIR.

- "Vins doux naturels de la Méditerranée" d'Alain Leygnier et Pierre Torrès (photos de J.M. Goyhenex aux éditions Aubanel.

- "L'eldorado du vin : les châteaux de Béziers en Languedoc " de Jean-Denis Bergasse (photos de Daniel Kuentz) aux Presses du Languedoc.

Signalons enfin l'attribution du Prix Fémina à une femme de lettres particulièrement douée , Camille LAURENS, pour son ouvrage "Dans ces bras-là" (chez POL).

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SCOOP

René-Louis Lafforgue, vous connaissez ?

Hélas, la réponse est souvent une amère déception . Le temps a effacé de nos mémoires le nom d'un de nos plus grands chanteurs d'après-guerre. Seule une de ces chansons est encore reconnue... "Julie la Rousse" et curieusement, la plupart des gens la situe loin, très loin dans le temps... alors qu'elle ne date que de 1956.

René-Louis est né le 13 mars 1928 à San-Sébastian, en Espagne. Il a connut, très jeune, la guerre civile et s'est retrouvé, fuyant une Espagne meutrie, à Cachan où ses parents s'étaient réfugiés. Après le certificat d'études, il apprend le métier de boucher... et déjà son talent de poète émerge même si son inspiration ne se manifeste que sur les étiquettes qu'il rédige sur les morceaux de viande de l'étal. Il retrouvera beaucoup plus tard ce rôle de boucher dans le film de Jean-Pierre Mocky "La grande frousse" ( 1964).

La guerre éclate... et la viande vient à manquer. De boucher, René-Louis devient apprenti-menuisier... et dèjà son goût pour le chant est bien marqué, il chante dans une chorale. En 1944, il a alors 16 ans, il rentre dans la Résistance.

De la Libération à 1947, il fait divers petits métiers... sa rencontre avec Dullin marquera un tournant décisif dans sa carrière. Il suivra les cours du grand maître avant de partir en tournée avec le mime Marceau. C'est à cette époque qu'il commence à écrire ses chansons. "Le poseur de rails" lance véritablement sa carrière d'auteur-compositeur-interprète auprès du public. En 1954, on le retrouve avec la Compagnie Jacques Fabbri... et dans de nombreux cabarets parisiens... Son succès va alors grandissant... 1956, il joue "Quai Conti". En 1957, il fait un triomphe à l'Olympia. sa chanson "Julie la Rousse" est sur toutes les lèvres et toutes les ondes.

C'est l'année également où il fait connaissance avec Claudie qui allait devenir son épouse. En 1962, il ouvre avec son épouse un cabaret "l'Ecole Buissonière" où les jeunes talents peuvent s'exprimer...

En juin 1967, au volant de sa voiture, sa voix s'éteint... Voici, en quelques lignes, trop courtes, qui fut René-Louis, et nous voudrions lui rendre un hommage.

Nous aimerions lui offrir un moment de tendresse amicale et pour cela, nous avons lancé un projet un peu fou mais si sympathique : organiser en été prochain une soirée dédiée à René-Louis Lafforgue.

Bientôt, sur le site www.opisline.com un espace René-Louis Lafforgue sera ouvert où vous trouverez tous les témoignages que nous pourrons réunir sur ce grand chanteur. Des photos inédites, des textes et un forum pour témoigner et commenter...

Et l'été prochain, une soirée entière pour retrouver les chansons et les poèmes de ce complice de la vie

Bernard Stephan.

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De l'accompagnement du steack haché

Nos confrères du Canard enchainé, dans l'édition de cette semaine, ont relevé les statistiques d'exportation des abats de boeufs en Grande Bretagne.

En 1987 la Grande Bretagne interdit la consommation d'abats sur son territoire. Les années précedentes la France en importait environ 300 Tonnes par an. A partir de cette date de 1987 la France en importe 3000 Tonnes par an (soit 10 fois plus) .... les prix avait du baisser...! La France interdit l'utilisation des abats dans l'alimentation des animaux. ..... Mais vraisemblablement pas pour l'humain car ces abats serviront depuis 1987 entre autres, comme complément alimentaires pour les viandes hachées (steack haché) et pour la fabrication de comestique.

Et la justice dans tout cela .. .. Elle est payée par qui ?----------------de / Louis Ernesto

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Brèves de comptoir.