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DOSSIER
OGM
« LE
MONDE N ‘EST PAS UNE MARCHANDISE … MOI NON PLUS »
Quelques dizaines de milliers de personnes sont allées à
Montpellier, venant de toute la France et aussi de l’étranger, pour
défendre ce slogan inscrit sur des Tee shirts et des écharpes jaunes
pétard vendues afin de soutenir le mouvement et en particulier la
confédération paysanne.
Si les chefs d’inculpation
auxquels devaient répondre J.Bové et d’autres inculpés de la confédération,
ici au tribunal de Montpellier les 9 et 16 février, étaient triple
( arrachage d’OGM dans les serres du CIRAD, démontage du Mac do,
séquestration durant six heures de fonctionnaires ) ,la mobilisation
, elle, était bien unie pour créer et légitimer – face à l’internationale
du libéralisme – une riposte et des propositions afin de résoudre
des problèmes locaux, nationaux et mondiaux. Créer et légitimer
une internationale des peuples, des citoyens. Une
large unité qui laissait cependant les différences s’exprimer
. De nombreuses groupes étaient présent :
- Des ONG
: Amis de la terre, Greenpeace, les éditions Triades et
l’agriculture biodynamique , Attac, surtout ( pour la taxe Tobin
) Ogm-danger , Solagrad
- Des syndicats
: confédération paysanne et un syndicaliste dissident , plus
radical que le reste de la « conf »– R.Riessel – , CFDT du CIRAD,
syndicat de la médecine générale , il faut rappeler que l’arrachage
des plants d’OGM en juin 99 au CIRAD de Montpellier a eu lieu
en compagnie de paysans indiens, dans le cadre de la caravane
intercontinentale initiée par le KRRS, syndicat de paysans
adhérent à Via Campésina.
- Des scientifiques
dissidents : Séralini, P.Guy, et de nombreux autres
- Des philosophes
: Tibon- Cornillot. Etc ..
La question posée est
comment les citoyens peuvent ils répondre, affirmer une politique
différente de celle qui suit les directives de l’économie libérale
. Comment à travers une économie solidaire , au niveau mondial,
arriver à une politique plus humaine, plus saine, plus joyeuse (
et pourquoi pas ?) au niveau local et
national. L’époque
de découragement du citoyen face à la puissance des industries,
en particulier pharmaco- agro-alimentaire, et des financiers
internationaux, semble révolue. Un réseau international – tressé
, principalement, par des paysans, des ONG, des scientifiques,
des journalistes ( Monde diplomatique, Gardarem lou Larzac , radio
locales etc …) – est à même aujourd’hui de créer un contre pouvoir
citoyen, dont les premiers signes se sont manifestés à Seattle,
Washington, Prague, Genève, Millau, Porto Allégré, Nice.
Ce contre pouvoir
naissant a décidé d’adopter certaines des pratiques libérales :
les rencontres régulières des participants venant de divers pays
pour discuter et prendre des décisions. Ses
victoires ont déjà été un certain recul du FMI sur la dette des
pays les plus pauvres, Un recul de Monsanto sur le projet « terminator
», un recul aussi de la surface plantée en OGM aux USA, surveillance
et dénonciation des expérimentations en plein champ, en France,
à l’insu des habitants .
Ce sont bon nombre
des principes économiques, scientifiques , politiques – jusque
là présentés comme inébranlables par les organismes internationaux
tels l’OCDE, l’OMC, les institutions européennes, le FMI , la BM
, le G7etc …. – qui sont remis en question.
La politique scientifique,
à travers une recherche en biologie, et agricole, exclusivement
tournée vers la génétique, en particulier les OGM, est contestée
:
- par des
scientifiques – Serralini, P Guy
- par des
paysans : union de la confédération paysanne avec les actions
des « sans terres »en Amérique du Sud .ou des paysans pauvres
de l’Inde ( en Amérique du Sud : arrachage de terres ensemencées
en OGM, occupation de fermes en particulier d’ une ferme où
Monnsanto faisait tranquillement des expérimentations
d’Ogm en plein champs, allant beaucoup plus loin que la loi
ne lui permettait.
- par les consommateurs
et différentes ONG.
Les principales critiques
envers cette science partent de la certitude qu’elle ne va que là
où sera possible une appropriation des résultats ( brevets sur le
vivant) par les firmes privées qui vont monopoliser la vente des
médicaments, la vente des semences ( plantes rendues stériles artificiellement
par les semenciers empêchant
ainsi le paysan de replanter ses semences ).
Le 8 février était
plutôt consacré au procès des OGM , en réponse au procès des
inculpés pour détérioration des plants d’OGM.
Il y eut une
conférence sur « OGM et pays en voie de développement
» à laquelle participèrent des ONG, et le
CIEPAD. On
y démontra que d’autres solutions existent pour le tiers monde (
cf. les méthodes enseignées par le CIEPAD aux paysans d’Afrique
pour diminuer les besoins d’arrosage, de fertilisation de la terre),
que résoudre la faim dans le monde était plus un argument de vente
adressé aux pays du nord afin que ces derniers achètent des
OGM que de soucis altruistes et humanitaires des industries internationales.(
5% de la recherche mondiale se fait pour des OGM à destination des
pays du Sud.) , que les Organismes Génétiquement Modifiés
ne sont de toutes façons pas gérables – avec les risques qui leur
sont inhérents – dans le tiers monde. Le
Sud a , entre autres, d’immenses problèmes de stockages et de transport,
immenses par rapport au très faible gain de productivité par manipulation
génétique. Certaines plantes – le coton – n’ont rien gagné en terme
de productivité pour beaucoup de risques. La
prise de brevet sur des plantes médicinales locales rend les marchés
locaux dépendant des industries multinationales alors que les populations
étaient autonomes pour un produit qu’elles avaient elles même reconnu,
en particulier dans ses propriétés médicinales ou nutritives ; par
exemple un medicament utilisé depuis des siècles par les indiens
va être breveté par Novartis puis légalement revendu à ces
mêmes indiens avec interdiction de le cueillir et de l’utiliser
pour leur propre compte ! Si
les manipulations sont efficaces on espère produire dans les pays
du nord une grande partie des matières premières , qui sont la seule
richesse ( en terme de marché ) des pays du Sud. L’agriculture
intensive et d'’exportation vers les pays du nord voulue actuellement
par les instances économiques internationales, pourrait être remplacée
avec le plus grand profit par des cultures vivrières et un protectionnisme
à l’importation, ce qui est évidemment refusé par le nord.
Une autre conférence
porta sur OGM et recherche publique. Le débat tourna autour
du rôle opposé, ou au final identique, des recherches privée
ou publique.. Le
CIRAD financé par l’état produit - il une recherche plus fondamentale,
plus pure , plus indépendante , différente enfin de la recherche
privée? C’est
aux serres du CIRAD, où poussaient des plants d’OGM juste avant
qu’ils ne soient repiquées en pleine terre, que s’en sont pris les
paysans en juin 99 dans la région de Montpellier. Il
est reproché à la recherche, quelqu’elle soit, de ne rien connaître
à l’écologie, à la vie des plantes et particulièrement aux plantes
sauvages, de ne pas connaître suffisamment les risques de
dissémination en plein champ.( critique faite par des scientifiques
de l’INRA du CRII gen, du CIRAD entre autre ) L’impact
sur le génome total de la plante non plus n’est pas connu, pas étudié,
pas pris en compte. Si
les brevets sont interdits et si les études d’impact des OGM sont
menées réellement à terme les crédits privés et la recherche sur
les OGM s’effondre car elle n’est plus rentable ! On
a aussi critiqué les arguments fallacieux tels que l’affirmation
: si les plantes deviennent résistantes aux insectes on aura besoin
de moins d’insecticide, au contraire il risque de se créer plus
vite des résistances chez les insectes, on ne sait pas dans quelle
partie de la plante va s’accumuler l’insecticide et donc ce qu’il
va se passer avec les bactéries du sol qui sont active pour la puissance
du bacille insecticide. La
consommation d’herbicide par les agriculteurs utilisant les OGM
a en fait énormément augmenté. La
recherche ( publique ou privée ) cherche en vue d’une agriculture
de plus en plus intensive, elle ne cherche pas d’autres solutions.
Vendredi 16, on
pouvait entendre une conférence – bilan sur le Forum
Social Mondial de Porto Allégré
( Brésil) qui s’est tenu aux mêmes dates que le Forum Economique
Mondial à Davos. ( économie libérale) Le
FSM de Porto Allégré a rassemblé aussi quelques dizaines de milliers
de personne des pays du Nord et du Sud ( surtout Amérique
du Sud et Inde on espère que l’Afrique et l’ Asie seront encore
plus présents aux prochains rendez vous).
Ce devait être un forum
de discussion et non encore de prise de décision. De
nouvelles rencontres sont prévues, entre autres à Gènes en juin
2001, pendant la réunion du G7, et en avril 2001 pour une journée
anti OGM.
Au total pour les militants
, et tous les citoyens présents il s’agissait de faire
le lien entre biotechnologie et libéralisme, de démystifier l’aspect
humanitaire des industries Agro- médico- alimentaire, et leur
« réalité » inévitable. Géronime
Glasgow
Petit glossaire
:
FMI :
Fond Monétaire International. Créé en 1944, il est un des acteurs
les plus puissant de l’économie mondiale. Il prête de l’argent aux
pays qui en ont... ATTAC
ONG propageant l’idée d’une taxe (Tobin = l’économiste qui en a
eu l’idée) sur transferts internationaux de capitaux, et destinée
à être mise à la disposition des pays pour faire disparaître l’extrème
pauvreté. BM
: Banque Mondiale, anciennemant BIRD qui devait financer
la reconstruction de l’Europe en canalisant lrs fonds Américain
vers l’Europe Monsanto,
Novartis : groupes multinationaux
agro-alimentaires et pharmaceutiques investissant dans les Biotechnologies.
OMC
organisation mondiale du commrece.
Terminator : Nom
ironique donné à un projet de Mosanto qui se proposait de mettre
sur le marché des plantes hybrides et stériles obligeant
sous contrat les paysans à racheter les semences chaques années.
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