Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N°9|

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- MOMENTO FINIS -

________________________Suite du N° 8______________________

 

08 Juin 1287 Deux jours ont passé depuis ma rencontre avec Mourad. Je constate que personne ne me laisse du temps de libre. Je suis sur qu'ils me font suivre pour savoir ce que je fais et qui je rencontre. Les gens sont aimables mais un peu froids. Quelque chose a changé et je n'aime pas cela. Je n'ai pas osé parler au Grand Maître de ma discussion avec Mourad mais je sais qu'il sait tout. Ce marchand turc travaille t-il pour le Temple ou bien pour quelque autre obédience ? Je ne sais pas encore mais je finirais bien par lever ce mystère.

09 Juin 1287 Le Roi est arrivé, vers 10 heures du matin avec sa suite. Il n'a pris aucun risque, cinquante chevaliers et environ 200 hommes à pied l'accompagnent. Seul un fou attaquerait une telle escorte. La ville est en fête mais je ressens chez la population autochtone une certaine tension. Ils ne l'aiment pas et ils lui font savoir. Après tout je les comprends car nous les avons envahis et nous avons massacré nombre de villes et de villages pour asseoir notre domination sur cette région. Si cela nous était arrivé à nous je pense que je réagirais comme eux. Pourtant pas grand monde dans l'ordre ne partage mes idées. Pour les autres frères nous n'avons fait que christianiser des barbares. On m'a dit qu'ils ont une bible qui ressemble à la notre sauf que l'Eglise à interdit à qui que ce soit de la lire sous peine d'excommunication. On dit qu'elle contiendrait l'enseignement du Diable. J'irais voir Mourad pour qu'il m'en parle mais je ne lui fais pas vraiment confiance. La nuit commence à tomber et mes recherches sont restées infructueuses pour la bonne et simple raison que Mourad est parti précipitamment de St Abraham. On m'a aussi appris que nous allons bientôt retourner à la commanderie des paumiers. Je ne crois pas que nous allons assister au mariage.

10 Juin 1287 J'avais raison, nous s'avons point assisté au mariage, Jocelin semblait déçu. Actuellement nous sommes en route vers la commanderie. J'ai pu constater que tout le monde était nerveux. Je ne sais pas pourquoi mais cela à sûrement un rapport avec notre situation actuelle. Nous avons perdu nombre de commanderies et de places fortes, de grandes villes sont tombées elles aussi aux mains des sarazzins. Je pense que nous ne pourrons pas tenir très longtemps encore ici. Espérons que nous pourrons résister suffisamment de temps pour que tous les pèlerins aient pu évacuer le Nord de la palestine.

14 Juin 1287 Nous sommes depuis hier à la commanderie, ce matin un turcopole que nous avions envoyé en éclaireur est revenu au triple galop. Il nous a informé qu'une armée de sarazzins faisaient route vers notre place forte. Maître Olivier a aussitôt envoyé un message à la citée de Saint Abraham, nous sommes désormais en état d'alerte et nous nous préparons au siège.

15 Juin 1287 L'armée ennemie est face à nos portes, ils sont si nombreux que j'ai eu du mal à me faire une idée sur leur nombre. D'après frère Ange, ils seraient environ 1500. Je ne pense pas que nous ferons le poids, nous ne sommes que 300 en tout. Que Dieu nous donne la force de tenir, le temps que Jocelin arrive pour nous aider.

16 Juin 1287 Ce matin les sarrasins ont envoyé un messager devant les portes, celui-ci nous a intimé l'ordre de sortir et de nous rendre. Olivier d'Arçon a refusé. Environ 30 min plus tard les catapultes ont commencé à faire pleuvoir des tonnes et des tonnes de pierres. Certains projectiles contenaient de la poix. Les échelles se sont posées sur les murs d'enceinte et nous avons eu toutes les peines du monde pour les repousser. Cet assaut a duré presque toute la journée… Ce soir alors que j'écris ces lignes, j'entends encore le hurlement des blessés, le cri de rage des sarrasins alors qu'ils ne peuvent briser notre défense mais surtout je vois ce sang et ces corps mutilés, certains écrasés par des rochers… Mes yeux ne vont pas ce fermer cette nuit car ma vision reste brouillée par ces litres de sang qui tapissent les remparts et la cour de la commanderie. Dieu, que je déteste la guerre.

A suivre.... dans le prochain numéro 10 du CHICHOIS…

de Alexandre Denjean

 
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