Le Chichois..ce tramway

 

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Les echos .  

On avance, on recule ou bien on tourne en rond ?

A grand renfort de marketing technologico-moderniste on vante à tout va le tramway. La belle affaire ! Comme si nos aieux ne l'avaient pas déjà inventé ce tramway. Retour sur un passé et une errance de nos besoins.

En Mars 1937 eut lieu la suppression de la dernière ligne de tramway parisienne. A cette occasion Paris se flatte d'être la première capitale européenne sans tramway. La province suit, avec décalage, l'exemple parisien : les tramways commencent à disparaître, mais plus au profit du trolleybus que de l'autobus. En 1950 Montpellier, comme toutes les autres villes de France met fin à son tramway.

1950 Montpellier

A la fin des années 1940 et dans les années 1950, les transports urbains ne sont pas la priorité des pouvoirs publics, les crédits leur sont chichement mesurés et, dans l'esprit des élus et décideurs, c'est à terme la voiture particulière qui assurera les déplacements. Les vieux tramways désuets, lents, souvent ferraillant, aux voies usées et souvent mal tracées, sont dévalorisés aux yeux de l'opinion, tandis que l'autobus et le trolleybus neufs apparaissent comme la matérialisation du progrès.

Tandis que l'usage de la voiture particulière est encouragé par un urbanisme fondé sur les autoroutes urbaines, les pénétrantes, les voies express et autres voies sur berges, le transport public, le vélo, la marche à pied sont réduits à la portion congrue au profit de l'écoulement et du stationnement de quantités de voitures toujours plus importantes. Le trolleybus n'y résiste pas et suit le sort des tramways qu'il a remplacés. L'autobus est roi. Il est toléré, dès lors qu'il ne gêne pas la circulation et le stationnement, pour qu'une clientèle captive, dépourvue de voiture, puisse quand même se déplacer dans des conditions d'inconfort et de lenteur dissuasives.

Alors que le massacre des villes pour faire circuler et stationner des autos commence à susciter des réactions de rejet, le choc pétrolier de 1974 incite les pouvoirs publics à penser que l'automobile ne peut tout résoudre, qu'il faut offrir aux citadins des moyens de transport publics rapides, confortables, réguliers, fréquents, et qu'il faut en profiter pour repenser l'urbanisme.

En 1974, le Secrétaire d'Etat aux transports, Marcel Cavaillé, lance un concours national pour l'élaboration d'un mode de transport en site propre; on n'ose pas dire "tramway", et Alsthom proposera son projet sous l'appellation CITADIS, qui n'est autre qu'un tramway articulé à plancher bas partiel.

Montpellier aujourd'hui

Dans les années noires de 1950 à 1970, seuls quelques amateurs et quelques professionnels croyaient au tramway malgré sa quasi disparition en France. Leur conviction était que l'on reviendrait à cette technologie tôt ou tard, car il faudrait bien en venir à maîtriser l'invasion automobile dans nos villes. Ils ont fait un véritable travail désintéressé de militant d'une cause qu'on leur disait perdue. Ce sont eux qui avaient raison.

Louis Ernesto / Cnam

 

 

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