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Les
echos
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Police.
Des
jours et des nuits…
Jours
et nuits se succèdent mais l’ennui est absent tant les missions
sont diversifiées. Occuper le terrain, occuper encore, occuper
toujours et calmer les tensions sont le leitmotiv de chacun. Prenons
les brigades « voiture ». Après de fréquents passages dans les
coins et recoins de la circonscription, la radio crache un appel
à la rescousse pour un accident avec tout ce que cela implique
de vérifications, d’auditions de témoignages des protagonistes
et éventuels témoins. Quelquefois, la présence policière est fort
utile en empêchant des gens du cru, en tord, de faire pas porter
la responsabilité à l’estranger qui circulait bien sagement. Les
fonctionnaires prennent des notes avant de retourner au commissariat
pour transcrire à l’ordinateur. On repart pour un «petit » tour
et la voiture est appelée pour deux harpies qui s’injurient, se
battent avec menaces de mort à l’appui. Sur place, un monsieur,
rigolard, explique aux policiers : « Elles sont malades, elles
se battent pour un appartement ». Là encore, calmer !. Nouvel
appel pour un homme qui a frappé sa compagne (d’une fréquence
inouïe) sans bobos. L’homme est embarqué au poste et son amie
conduite au Centre hospitalier avant d’être invitée à déposer
plainte. Ce qu’elle fait une heure après avec toute une paperasserie
« pas possible » pour les fonctionnaires. En l’absence de blessures,
son homme est relâché et la femme jure qu’on ne l’y reprendra
plus de vivre avec lui. Et… le lendemain, qui rencontre-t-on dans
la rue ?: le couple se roucoulant des « je t’aime » pathétiques.
Une
autre fois, un homme a tellement cogné sur son épouse qu’elle
a dû être hospitalisée. Rebelote : le cogneur a été placé en garde
à vue et auditionné ; le lendemain de l’agression, les policiers
ont recueilli la plainte de la victime sur son lit d’hôpital qui
leur a déclaré qu’elle refusait de porter plainte. Motif : « J’aime
mon mari ». Peut-être voulait-elle dire, de façon pudique,
qu’elle avait peur d’éventuelles représailles.
« Ces couples sont légions » dixit les policiers. Cela nous
fait râler de les revoir ensemble le lendemain après tout le temps passé
à calmer l’un et l’autre et recueillir les plaintes. Pour autant, on préfère
répondre présent. Ainsi, on ne risque pas de passer à côté d’une véritable
victime ».
Malheureusement,
cet état d’esprit ne règne pas partout. En engueulant et en jetant carrément
dehors une femme maltraitée venue demander de l’aide au commissariat,
certains policiers n’ont pas conscience que ce refus d’écoute et de rédaction
d’une simple main courante peut avoir des conséquences sur la vie entière
de la victime C’est également le « patron » qui contribue à faire de bons
« flics », motivés et « armés » d’un chouaia de psychologie et d’humanité.
Que ces policiers qui ont agi (ou agissent encore comme tel) dorment en
paix en sachant, toutefois, que leurs engueulades humiliantes envers ces
femmes laissent des traces indélébiles. Il reste à espérer que cela n’existe-t-il
plus ou rarement car ils font honte à la profession. On est bon flic en
toutes circonstances : grand bandit ou femme désarmée face à un mari violent.
Un
braquage vient de se produire ! Sirène hurlante, les voitures se rendent
sur les lieux. Le taux d’adrénaline, que les journalistes de « terrain »
connaissent bien, monte. L’excitation est à son comble. Elle atténue la
peur. « C’est comme une drogue, on en a besoin. Ça permet de tenir
dans des situations complexes ou dangereuses » confie une « fliquette ».
Les véhicules, lancés à fond, cherchent à se frayer un chemin dans la
circulation. Ce qu’il y a de bien, c’est que les automobilistes comprennent
qu’il faut laisser le passage ! Quand même !…Sur place, on recueille les
premiers indices et témoignages. D’autres voitures ratissent les alentours
à la recherche des auteurs (ou de l’auteur). S’ils ne sont pas retrouvés
le jour J, ils finiront bien par se faire pincer un jour ou l’autre car
la police ne baisse pas la garde. A l’instar des chats, elle dort d’un
œil.
Et
les appels se succèdent : suicides, poses de scellés sur les cercueils,
magasins aperçus la porte ouverte au petit matin, interventions chez des
couples parce que l’ex concubin veut récupérer le téléviseur et le magnétoscope.
Et les policiers de parlementer, d’en appeler à la sensibilité de l’homme
pour qu’il laisse le matériel aux enfants. Finalement, il le fera. Pendant
que des policiers sont dans l’appartement, d’autres attendent en bas de
l’immeuble. Poignant, ces enfants qui, revenant de l’école, leur demandent
« Ou est maman ? Ah, il vient récupérer la télé… » et de monter
chez eux comme si de rien n’était. « Ils sont habitués » répondent
les policiers au triste étonnement de la journaliste.
A contrario, la mine réjouie d’un bambin de 18/20 mois qui, au vu de la
voiture « police » est tout heureux. Devant les yeux émerveillés de son
bébé, la maman patiente. Lequel de nos fils n’a pas été ou n’est pas ébahi
devant ces voitures et, plus encore, devant les motos. Avec le camion
« pompier », c’est le nec plus ultra pou nos garçons. A quoi pensent ces
tout petits qui n’en sont encore qu’aux balbutiements des phrases ?. S’ils
pouvaient tous rester admiratifs…
Et
çà continue ! Au « 17 », une dame, affolée, appelle pour qu’on la délivre
d’un crocodile. Avec la mode des nouveaux animaux de compagnie (Nac),
cette demande est prise au sérieux. Ce n’était qu’un gros lézard et la
brave dame, sans le savoir, a eu le mérite de déclencher le four rire,
sans méchanceté aucune mais salvateur qui, pimenté de blagues, fait retomber
pressions, tensions, colères, tristesses, ras le bol… !. D’autres faits
sont également pourvoyeurs de gaieté : ce monsieur, pesant allègrement
ses 100 kg, qui tanguait dangereusement sur la voie publique pour cause…
d’ébriété avancée. De plus, une jambe était équipée d’une prothèse. Pour
qu’il ne risque pas sa vie, les policiers l’ont ramené au poste non sans
avoir dû demander de l’aide pour le hisser dans la voiture. Arrivés au
commissariat, il a fallu le débarquer avec l’aide de collègues appelés
à la rescousse. Mais… il fallait le rentrer. Si l’homme tombait, la prothèse
risquait de se casser. Alors, les fonctionnaires ont eu l’idée d’asseoir
l’éméché sur une chaise et de porter le tout jusqu’à la cellule de dégrisement.
Cent kg sur une chaise, ça pèse énormément mais la « mission » décuplait
les forces !
C’est
un soir, annonciateur d’une fin de garde mais le « 17 » sonne pour un
monsieur fort excité qui, visiblement, a besoin d’être admis en psy. Et
les policiers qui se restaurent (certains mangent sur place) de tout laisser
sur la table, ce qui est monnaie courante. Soi-disant dangereux, les pompiers
ne le prennent pas en charge, laissant les policiers se coltiner l’homme.
Cette situation n’est guère plus brillante au commissariat de Montpellier.
Les fonctionnaires doivent garder ces personnes quelquefois plusieurs
heures avant qu’un lit se libère dans l’établissement psychiatrique La
Colombière, surchargée de malades. « Quand il sont calmes, ça passe
mais quand ils sont furieux, les heures sont longues » confie-t-on.
Et
ça repart pour un monsieur trouvé endormi dans une voiture sur un chemin.
Complètement shooté à l’héroïne, les pompiers sont appelés. Après une
« dose » d’oxygène, voilà qu’il tente d ‘allumer une cigarette avec
la bonbonne à côté de lui. Sans le « niet » sévère des pompiers, il
envoyait tout le monde ad patres. Mais voilà : « sa » voiture s’avérant
volée, la police a couru à l’hôpital récupérer l’individu qui attendait
un taxi pour s’enfuir. Pour le coup, il a fini de se désintoxiquer en
garde à vue.
Dans
le jargon policier, ces affaires sont des « saucissons ». Un « truc »
tout simple de prime abord peut être riche en rebondissements. De recoupements
en recoupements, une « vieille » affaire s’élucide d’un coup.
Katy GOSSELIN

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