Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. |
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Notre dossier spécial: risques industriels de la ville de Sète Introduction: Ce dossier est une compilation d'articles crées avant et après la catastrophe de Toulouse ( AZF). Nous n'avons pris l'ampleur de ce problème qu'avec la publication dans le Journal Le Point d'un article intitulé " Sète, seconde ville la plus dangereuse de France." A toutes fins utiles vous trouverez aussi les précautions indispensables à prendre ( pour les Sétois) en cas d'accidents chimiques ou autres. Port de Sète dangereux ? Chaque mois le port de Sète accueille entre 5 et 10 cargos remplis à raz bord d'ammonitrate. Scoop qui n'en pas vraiment un vu que cela dure depuis plusieurs années mais l'explosion de l'usine toulousaine AZF de Grande Paroisse (groupe Atofina) intervenue le 21 septembre dernier, a mis sous les projecteurs de l'actualité le nitrate d'ammonium (ou ammonitrate ).
Le nitrate d'ammonium est également un engrais azoté appelé "ammonitrate" très largement utilisé en France. sous une forme a haute teneur en azote interdit dans certains pays européens. Obtenu par neutralisation de l'acide nitrique par l'ammoniac, le nitrate d'ammonium (NH4+, NO3-) est un sel cristallisé blanc très soluble dans l'eau, il est également très hygroscopique. Le nitrate d'ammonium peut être utilisé comme explosif, au même titre que la nitroglycérine ou le trinitrotoluène (TNT), des molécules organiques contenant des fonctions fortement oxydantes (nitrate d'alcool et nitro) et un squelette hydrocarboné réducteur. Les ammonitrates sont très utilisés car ils donnent un "coup de fouet" aux plantes suivi d'une action fertilisante plus prolongée. Pendant la campagne de fertilisation 1999-2000, l'agriculture française a utilisé 3,5 millions de tonnes d'ammonitrates sous forme solide représentant 43 % de la fertilisation azotée totale et 52 % de la fertilisation azotée simple. Nettement devant les "solutions azotées" (nitrate d'ammonium et urée en solution dans l'eau) et l'urée solide avec respectivement 31 % et 12 % de la fertilisation azotée simple. A noter que ces deux derniers produits ne présentent aucun risque d'explosion. Outre Toulouse avec un bilan qui s'établit actuellement à 29 morts et plus de 2 500 blessés, sans compter des dégâts estimés à cinq ou six milliards de francs l'ammonitrate a été la cause d'importants accidents. En 1921, dans l'usine BASF d'Oppau en Allemagne, un stock de plusieurs milliers de tonnes d'engrais à base d'ammonitrates a explosé causant la mort de plus de 500 personnes (en mélange avec du sulfate d'ammonium). Après cet accident Carl Bosch, qui devait recevoir le Prix Nobel de Chimie en 1931 écrivait " Une substance que nous fabriquons et expédions depuis des années s'est soudainement transformée en un ennemi impitoyable pour des raisons que nous ignorons encore ". En 1947, un cargo français chargé de 2 300 tonnes d'ammonitrate a pris feu et explosé dans le port de Texas City faisant 576 morts et 4 000 blessés. La même année, l'explosion d'un cargo d'ammonitrate dans le port de Brest faisait 22 morts. Notre port et la population Sétoise assez proche est-elle à l'abri ? Cette question peut être posée car ammonitrate + cuves d'essence + habitation aux alentours, le cocktail à des allures inquiétantes. Il est à noter que le dépot de la Sogema, dans le port de Sète, entrepose plus de 500 tonnes d'Ammonitrate pur et environ 250 tonnes d'engrais à base d'Ammonitrate ( voir l'article sur ce sujet ) Mais les inquiétudes qu'il suscite en termes de sécurité publique sont non moins grandes. C'est de l'ammonitrate agricole (additionné de substances sensibilisantes comme le fioul) qui a été utilisé par les terroristes pour le premier attentat contre le World Trade Center et dans le meurtrier attentat d'Oklahoma City en 1995 qui a fait 168 morts et 500 blessés. Cathy Delaincourt ________________________________ Nous avons plusieurs possibilités pour mourir à Sète. Soit les poumons brulés par l'échappement de gaz ammoniac à de très fortes concentration, soit écrasé sous les décombres de nos immeubles après explosion de gaz utilisé au choix par Flexis ou Vamo mills ( entre autre le gaz Hexane explosif au simple contact de l'eau), soit atteint par d'autres gaz qui eux nous affecteraient aux niveaux nerveux, sanguin ou glandulaire (oedème, étouffement, saignements hémorragiques...), soit encore calciné entièrement si les cuves d'alcool ( de la Française des alcools) ou d'essence ( de TotalFinaElf) explosaient. Tout ceci bien entendu pouvant très bien se conjuguer et donner d'assez interessants effets.... 9 sites industriels proches des habitations de la ville de Sète sont classés SEVESO2 c'est à dire représentant des risques majeurs pour la population. En outre ces dramatiques évènements toucheraient quasiment toute la population Sétoise -- le centre ville de Sète n'est qu'à 600 mètres à vol d'oiseau de la plupart de ces cauchemars industriels:
Dans un numéro précédent du Chichois un article traitait des dangers de l'ammoniac stocké en grande quantité dans l'usine d'engrais Sud Fertilisant et dans la plupart des autres sites industriels autour de Sète Un autre des problèmes liés à la fabrication d'engrais phosphatés dont Sud fertilisant est un producteur est la présence en quantité importante d'acide phosphorique. Une étude du ministere de la santé du Canada cite :" Un mécanicien travaillant sur un navire qui transportait 4 000 tonnes d'acide phosphorique a été exposé à des vapeurs d'acide phosphorique en trois occasions, pendant environ 20 minutes chaque fois, alors qu'il tentait de réparer une fuite. Environ sept à huit heures après l'exposition, il a commencé à se sentir faible, à tousser, à avoir des douleurs à la poitrine et à manquer de souffle. Un an plus tard, ce mécanicien avait toujours des symptômes de dysfonction respiratoire réactionnelle. Un collègue de travail qui a subi une exposition dans les mêmes conditions est décédé à la suite d'insuffisance respiratoire aiguë". Il faut noter aussi les résidus de matières faiblement radioactives issues de l'acide phosphoriques et de ses applications : faibles concentrations en éléments de la famille de l'Uranium 238, comme le Radium-226 et le Plomb-214 . Malheureusement, même si elle est d'actualité, l'usine d'engrais Sud Fertilisant est loin d'être la seule mettant en danger la population de Sète. L'usine Flexsys - une unité spécialisée dans la fabrication de soufre polymère Utilisation d'acide sulfurique,, dioxyde et gaz explosif au contact de l'air. L'usine Céréol (anciennement Vamo mills) Cuve d'hexane gaz hautement inflammable et explosif au contact de l'eau : ( Autres informations toxicologiques de l'Hexane : En cas d'inhalation : irritations des voies respiratoires. En cas de contact avec la peau : danger d'absorption cutanée. En cas de contact avec les yeux : irritation. danger d'opacification de la cornée Après action prolongée du produit chimique : troubles du système nerveux central, paralysie. Mesures en cas de dispersion accidentelle Mesures de protection individuelle : Ne pas respirer les vapeurs. Mesures de protection de l'environnement : Ne pas évacuer dans les eaux d'égoût (danger d'explosion !). )
Transparence et sécurité ? Tous les responsables, autant hommes politiques que scientifiques des directions de recherches et sécurité des risques industriels , connaissent les dangers liés à ces complexes chimiques et industriels. Ils en savent les conséquences en cas d'erreur. Ils sont conscient des dangers graves que courrent les populations aux portes de ces usines. Dernièrement dans le Chichois N°22 nous vous faisions part d'une information, qui a été depuis confirmé par des responsables, de transport de matière radioactive retraitée dans le port de Sète. Lors de la reception de cette info, nous avons contacté la CCI et ses responsables portuaires afin d'en savoir plus .....Ils ont totalement nié l'existence d'un tel trafic. ! Comment dans ce cas pouvons nous continuer à faire confiance aux représentants de ces usines à risques, aux représentants des centres de protection de la sécurité, aux responsables politiques qui ne peuvent ou ne veulent pas (pour des raisons politiques, économiques, voire même par ignorance) nous informer en toutes impartialité des dangers réels existants ? Treize sites sont classés " seveso " dans l'Hérault depuis 1999 : Sud Fertilisants à Balaruc et à Sète, Total à Sète, la CMPA et Gazechim à Béziers, GDH à Frontignan et Minguez à Villeneuve les Béziers sont dénommés " AS " (autorisation avec servitudes). GHM à Béziers, GDH France alcool, SNC silos Méditerranée, Céréol et Flexys à Sète sont classés " seuil bas ". (Sources Drire). Ces installations classées sont réglementées au titre de la loi du 19 juillet 1976. Leur aménagement et exploitation doivent être conformes aux prescriptions des arrêtés préfectoraux d'autorisation. Le respect des prescriptions est contrôlé par le Drire (chargée de l'inspection sous l'autorité du préfet). Les industriels étudient les dangers, analysent les risques d'accidents, déterminent les dispositions à prendre pour réduire les risques et limiter les conséquences d'un accident.
Vivons nous en toute sécurité à sète ? Nous allons nous efforcer d'étudier, et cela en plusieurs morceaux, les différents points noirs que constituent l'environnement industriel qui entoure la ville de Sète. Nous
avons pour l'instant retenu : --- L'usine d'oléagineux (anciennement
Vamo mills) et ses cuves d'hexane Les cuves d'ammoniac présents en de nombreux endroits dans le port et les zones industrielles sétoises, dont nous parlons aujourd'hui. Qu'est ce que l'Ammoniac ? L'ammoniac Synonymes: Ammonia Ammoniac gazeux Ammoniac anhydre Anhydrous ammonia UN1005* *numéro d'identification du produit du Transport des matières dangereuses. Utilisation : Il est utilisé principalement dans la fabrication d'engrais et de nombreux produits touchant une très grande variété de domaines, il est utilisé comme gaz réfrigérant dans l'industrie de la réfrigération industrielle. L'ammoniac sous forme de gaz est irritant pour les yeux et les voies respiratoires supérieures (nez et gorge). Les premiers signes d'une exposition sont un inconfort, un assèchement du nez, des larmoiements et une sensation de brûlure aux yeux. L'exposition à de fortes concentrations peut entraîner une irritation de la peau, des dommages à la cornée, de la toux, des douleurs à la poitrine, des difficultés respiratoires et une suffocation. Dans les cas graves, les symptômes peuvent évoluer vers l'oedème pulmonaire (accumulation de liquide dans les poumons) et la mort par asphyxie. Des concentrations très élevées peuvent conduire à une corrosion de la peau, des yeux et des voies respiratoires supérieures. Un contact avec le gaz liquéfié peut causer des gelures. Ce gaz attaque les muqueuses du corps, donc le nez, la gorge, le système respiratoire... Les voies respiratoires deviennent tellement enflées que les victimes étouffent. Leurs poumons se désagrègent. Mais le pire, ce sont les yeux. Au bout de 40 secondes, l'ammoniac aura pénétré à l'intérieur...
Sud fertilisant, et très certainement L'usine d'oléagineux ( d'huile, anciennement Vamo mills) et même peut-être à d'autres endroits du parc industriel de Sète, possède pour leur fabrication d'engrais deux cuves de plusieurs milliers de metres cubes d'ammoniac à une concentration de 100 % nous a t-on dit ( nous pensions que la concentration était de 97 %). Etant sous pression il est à l'état liquide dans les cuves mais se vaporise s'il vient à être au contact de l'air. L'équipe du Chichois a interrogé la DRIRE ( Direction régionale industrie recherche et environnement) et la direction de l'usine Sud fertilisant. sur les dangers que peut représenter ce produit hautement nocif aux abords de Sète. La DRIRE suit le dossier de l'usine Sud Fertilisant de très près nous a t-elle confirmée. Elle a procédée à une opération de changement des normes en ce qui concernait l'ancienne installation d'une cuve sphérique unique en la remplaçant par deux cuves de moindre contenance et par des tuyauteries de diamètres inférieures à ce qui existait auparavant. Cela afin de limiter l'importance des dangers en cas de fuites localisées. Nous avons donc aussi questionné Sud fertilisant, avec à l'esprit un scénario catastrophe telle qu'une explosion, ou un éclatement d'une cuve d'ammoniac. Non c'est impossible ! fut la première réponse. Les cuves ne peuvent ni explosées, ni se fendre à moins que l'on y dire dessus avec une roquette... Mais, insistons nous, mettons que tout de même pour une raison ou une autre une cuve déverse les milliers de mètres cubes d'ammoniac qu'elle contient, quelles sont les actions que vous prévoyez de prendre dans ce cas avant qu'un nuage très corrosif survole la ville de Sète ? Un des responsables de la sécurité nous énumère alors les plans d'action prévus en coordination avec la DRIRE. " 1/ Alerte à la population, par sirène d'alarme et voiture haut-parleur de la ville. 2/ Concertation et action immédiate des casernes de pompiers 3/ Aspersion d'eau du liquide répandu ayant pour effet de neutraliser l'ammoniac. " De plus ajoute-il " les cuves d'ammoniac comportent chacune un bassin de rétention qui empêche le liquide de s'étendre et des capteurs de détection sont installés afin de prévenir de possibles fuites. " Aussi en espérant qu'il n'y aura pas une coupure d'eau conjugué à une fuite improbable d'une cuve nous ne devrions pas avoir d'inquiétude particulière, enfin nous le souhaitons. Mais dans ce cas de ces cuves d'ammoniac comme dans de trop nombreux autres cas ici ou ailleurs pourquoi les sécurités, bien que réelles et controlées, ne soient pas doublées, voire triplées ? Confiance en soi et en sa technologie ? Manque de temps ? Economie ? Dieu joue t-il aux dés ? Cathy Delancourt _____________________________________________________
Les bons réflexes en cas d'alerte ! En cas d'accident industriel majeur (explosion, incendie, fumée d'incendie), la population est alertée par une sirène au son modulé (montant et descendant), à raison de 3 fois une minute. La population doit alors scrupuleusement se soumettre à certaines consignes : s'abriter dans un local. Ne pas prendre sa voiture afin de ne pas s'exposer au danger et ne pas gêner la circulation des véhicules de secours. Fermer toutes les issues, portes et fenêtres, ventilations (un local clos ralentit la pénétration éventuelle de gaz toxiques ou produits radioactifs), éventuellement se réfugier dans une pièce intacte, un placard. Ecouter la radio (102 Mhz en FM) où les consignes de sécurité sont diffusées. Laisser les enfants à l'école (ils y seront plus en sécurité que dans la rue). Ne pas téléphoner (les lignes doivent rester libres pour les urgences et les secours).Ne pas fumer, allumer ou éteindre la lumière ou les appareils électriques (étincelle ou flamme pouvant provoquer une explosion). La fin de l'alerte, annoncée par un signal continu (non modulé) durant 30 secondes, ne signifie pas que tout danger est écarté. Les consignes édictées doit continuer à être respectées. (Sources Drire). Katy GOSSELIN --- Louis Ernesto ________________________________________ La DRIRE ( Direction régionale industrie recherche et environnement.) est-elle encore en train de se faire entortiller ? C'est une question et seulement une question, n'ayant pas encore entendu la réponse de cet organisme qui gère les règles de sécurité des sites industriels Français, à la proposition faite par Sud fertilisant de se déclasser dans les normes Seveso - c'est à dire de descendre à SEVESO I alors qu'actuellement leur classement est SEVESO II (plus de dangers). Sud fertilisant jouerait sur une réduction du nitrate d'ammonium alors que le réel danger dans ce lieux reste la cuve de plusieurs milliers de m3 d'ammoniac à l'état liquide et qui en cas d'éclatement de la cuve se transforme en élément gazeux qui recouvrirait les trois quart des habitations Sétoises d'un nuages très hautement corrosif. Consulter à ce propos, la DRIRE nous a confirmé les phénomènes "d'effets conjugués" applicable sur la ville de Sète et d'ailleurs transmis à la municipalité.
Une esquisse basée à partir des graphismes de la DRIRE concernant les effets conjugués que nous avons consulté montre pour Sud fertilisant le cas d'un incident grave - conjugué avec par exemple un petit vent Nord Est. En ce qui concerne Total la zone en bleu représente l'effet conjugué d'un incendie et d'un "Boil over" ( Boule de feu et d'air ). Malheureusement Sud fertilisant n'est pas le seul réel problème industriel Sétois. Peut-être même que TOTAL et ses cuves d'hydrocarbures que l'on observe tranquillement des terrasses de café du centre ville serait beaucoup plus néfaste pour notre existence. Qu'à l'ère du, tout nouveau - tout beau industriel du dix neuvième siecle on n'ait pas assez pris en considération les dangers de nos petites et grandes inventions technologiques cela, on peut, à la limite, l'admettre, mais que dans notre troisième Millénaire on continue à se dire : " bon, des cuves de centaines de millions de litres d'essence à coté d'une grande surface, d'une clinique et prochainement d'une maison de retraite - eh ben , euh ....Ah voilà ! sur le plan de la DRIRE, rubrique SEVESO II le périmètre non constructible est à 205 mètres. Parfait, nous pouvons donc construire à 300 mètres ! Youpi ! ". Heureusement que les services concernés ont prévus, en cas d'incendie chez TOTAL, un plan d'évacuation d'urgence des habitants du coin et, en priorité, des résidents de la polyclinique et de la future maison de retraite......no comment.
* Premier plan immeuble en construction et future Maison de retraite _____________________________________ Zones à risques ? En partant du principe que les zones à risques sont celles définies autour d'une installation Industrielle, bien que de l'intérieur les employés vivent ce risque continuellement pour trois ou quatres sous..., on se doit de définir exactement pourquoi des habitations et autres batiments publics se trouvent érigés dans cette zone risquée ? Vu l'antériorité des centres industriels par rapport aux constuctions publics on ne peut que déduire que ce sont bien les habitations, cliniques, commerces et autres qui ont obtenu permis de construire et autorisation à proximité des dits centres chimiques, pétroliers ..ect classés Seveso. Une petite plongée dans les textes de lois ( Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement ) nous donne l'explication . Voici donc des extraits des textes de lois sur la maitrise de l'urbanisation autour des installations industrielles à hauts risques datés de 1992 et toujours en vigueur n'ayant pas été depuis cette date réactualisés. Circulaire DPPR/SEI/AG.SD du 24 juin 1992 relative à la maîtrise de l'urbanisation autour des installations industrielles à hauts risques (BOMELT n° 1480-92/28 du 20 octobre 1992) Destinataires: Mesdames et Messieurs les préfets ; Monsieur le préfet de police.La maîtrise de l'urbanisation autour des installations dangereuses constitue une composante essentielle de la prévention du risque industriel. Sa nécessité a été réaffirmée à la suite de nombreux accidents survenus au cours des années quatre-vingt. . Sur un total de 526 installations industrielles recensées dont 283 relèvent de l'article 5 de la directive 82/501/CEE modifiée dite Seveso, 285 ont donné lieu de la part du préfet à une information des maires concernés, sur les dangers présentés par les installations. Les opérations menées en ce domaine ont été à l'origine de la modification de 74 plans d'occupation des sols. La procédure de projet d'intérêt général a été appliquée sur 31 sites, et est en cours sur une trentaine d'autres. Pour 7 communes, non pourvues de POS, des périmètres d'isolement ont été établis au titre de l'article L. 421-8 du Code de l'urbanisme. ...../l. . A quelques exceptions près, les discussions entre l'Etat et les collectivités sur la maîtrise de l'urbanisation autour des sites relevant de la directive Seveso ont formellement débuté et de nombreux POS sont d'ores et déjà modifiés. Cependant, pour de trop nombreux sites, les maires concernés n'ont toujours pas reçu de l'Etat une information explicite sur les risques à prendre en compte dans leurs documents d'urbanisme. Cette situation, non seulement ne permet pas aux maires d'exercer leur responsabilité, mais, de plus, serait de nature à engager la responsabilité de l'Etat en cas d'accident ayant des conséquences graves à l'extérieur des sites industriels. Aussi, je vous demande, en tout premier lieu, d'informer l'ensemble des maires concernés, avant la fin 1992, et par écrit, de la nature des dangers, de l'étendue des périmètres d'isolement proposés, ainsi que des mesures minimales relatives à l'occupation des sols, qu'il conviendrait d'intégrer dans les documents d'urbanisme. Annexe I :. La démarche suivante consiste à porter, par écrit, à la connaissance des maires concernés, la nature des risques résiduels, l'étendue des zones dangereuses correspondantes, ainsi que les interdictions et restrictions d'aménagement de l'espace qui nécessiteraient d'être transcrites dans les documents d'urbanisme, à partir des données fournies par l'inspection des installations classées et la DDE. Les distances d'isolement proposées auront été évaluées à partir des scénarios figurant dans les études de dangers produites par les industriels. Ces propositions doivent, dans la mesure du possible, faire l'objet d'une concertation visant à assurer la sécurité du public, tout en préservant au mieux le développement des communes concernées, et le fonctionnement des installations industrielles. A l'issue de cette étape, il appartient aux maires de transposer ces mesures dans leur plan d'occupation des sols. Par ailleurs, qu'il existe ou non un POS, l'article R. 111-2 du Code de l'urbanisme peut être utilisé pour refuser le permis de construire d'un bâtiment qui se situerait à l'intérieur des zones à risques. En cas de non-emploi de cet article par le maire de la commune concernée, il appartient au représentant de l'Etat d'exercer à cet endroit un contrôle de légalité. Le guide Maîtrise de l'urbanisation autour des sites industriels à haut risque, réalisé en octobre 1990, par le ministère de l'Environnement, constitue un outil de travail et d'information utile dans le cadre de cette action. Dans certains cas particuliers, s'agissant par exemple de dépôts de gaz combustibles liquéfiés, ou de liquides inflammables, en cas de situation de blocage, le déplacement du dépôt peut être envisagé (Circulaire du 7 mai 1991). Le financement de l'opération peut alors être recherché non seulement chez l'industriel, mais également auprès des collectivités locales, bénéficiaires potentiels de la disparition du risque. Annexe II : Zones de danger et zones de protection Les scénarios d'accident contenus dans l'étude des dangers remise à l'Administration par l'industriel, permettent en général de déterminer autour de chaque activité ou stockage dangereux, deux zones de danger : - la zone Z1 est la zone dans laquelle un accident aurait des conséquences mortelles pour au moins 1% des personnes présentes; - la zone Z2 est la zone d'apparition d'effets irréversibles pour la santé, ou de blessures sérieuses. Ces zones ont, sauf cas particulier, des contours réguliers. Elles sont généralement limitées par des cercles concentriques contrés sur les activités ou stockages dangereux. Ces zones doivent faire l'objet d'un porté à connaissance de l'Etat vers les maires. Dans le cas des installations existantes, la concertation qui suit est amenée à examiner, outre la sécurité des populations, les impératifs de développement des communes, et ceux liés au fonctionnement de l'installation industrielle. Cette concertation peut alors conduire à de nouvelles zones: zone de protection rapprochée (ZPR) et zone de protection éloignée (ZPE) destinées à être inscrites, dans les documents d'urbanisme, en terme d'interdiction ou de restriction à la construction. L'expérience montre que dans de nombreux cas les orientations suivantes ont été retenues: - les établissements recevant du public, les lieux de grande concentration humaine, sont interdits dans les deux zones; - en ZPE on pourra autoriser quelques constructions sans densification de l'occupation; - en ZPR, seules des installations industrielles, avec peu d'employés, possédant une culture de sécurité proche de l'installation qui crée le risque, et non susceptibles d'aggraver celui-ci, pourront être autorisées. Ces dernières zones issues de la concertation déjà citée et de l'enveloppe des zones Z1 et Z2 relatives à chaque activité ou stockage dangereux de l'installation industrielle, peuvent avoir des contours plus irréguliers que ceux des zones de danger initiales. Alors ? Il y a t-il eu réellement concertation entre l'état et les maires des villes ?. Les avis ministèriels ont-ils été minimisés, voire peu précis...? Les analyses des dangers potentiels servant de base aux informations destinés aux maires des communes pour l'attribution des permis de construire ont-ils été correctement effectués, scientifiquement jugés ? Le contrôle de légalité de l'état envers les décisions des communes a t-il été appliqué correctement ?. Les promoteurs et les maires ont-ils utilisés les trop nombreux flous de ces textes jamais établis en tant que lois mais seulement en tant que.circulaire préconisant l'envoi de :..." dossier d'études et de conseils afin d'aider les Maires à prendre par eux même les décisions concenant les droits de construire autour des zones à risques." Ces questions sont évidemment à poser dans notre ville où les zones à risques sont comme une peau de chagrin et les déclarations des responsables ( tous confondus) de notre sécurité frisant le ridicule !. Louis Ernesto _________________________ Allo ! " Les élus se sont interrogés sur la capacité de réaction de la ville face à un évènement comme Toulouse ". C'est avec ces termes que se trouve donc régler le grave problème des sites SEVESO au milieu desquels nous vivons. Les réponses avancées à cette fondamentale question concernent l'organisation des secours " pour éventuellement évacuer blessés ou partie de la population " A cette action indispensable s'ajoutera, technologie oblige, un automate, automatique et certainement responsable, qui aura pour charge " de prévenir téléphoniquement la population, sur la conduite à tenir en cas d'accident technologique grave. ".....sic. Tant pis pour les adorateurs du portable, de plus en plus nombreux, qui malheureusement n'ont pas d'annuaire de référence à glisser dans l'automate en question...ces gens là n'auront qu'à regarder la télé ou passer la tête au travers de leurs fenêtres aux vitres brisées pour s'informer. Donc pour résumer, nous n'échapperons pas aux " plaisirs " de vivre un Toulouse bis mais par contre nous serons prévenus ( pendant ? ) et secourus convenablement apres....On avance lentement mais on avance .... ___________________________ Prière de ne pas perdre la mémoire ! La préfecture de l’Hérault et la Drire (Direction régionale industrie recherche et environnement.) ont pris une sanction de fermeture à l’encontre de l’entreprise sétoise d’engrais Sud Fertilisant. Classé Seveso seuil haut, l’établissement fait l’objet d’un contrôle renforcé… surtout depuis la catastrophe de Toulouse ....! Pour les autorités compétentes, il ne fait aucun doute que « les conditions d’exploitation telles qu’elles existent actuellement à Sud-Fertilisants font prendre des risques majeurs. ». Nous nous devons de signaler tout de même que lors d'un interview d'un responsable de la DRIRE fait le 25 Juin 2001 par le Journal Le Chichois et portant sur ces mêmes questions de sécurité concernant Sud Fertilisant il nous avait été répondu " Nous suivons le dossier de l'usine Sud Fertilisant de très près... " . Toujours pareil: loin des yeux - loin du coeur ! Tant qu'on y est ! Puisque que la tendance actuelle est à la sécurité des êtres humains, pourquoi ne réglerions nous pas dans la foulée l'important problème de ces cuves d'hydrocarbure quasiment collées au centre ville ?
Bon d'accord, AZF ne stockait pas d'essence et c'est moins à la mode, mais j'hésite tout de même entre l'engrais explosif, l'amomniac décapant ou le gros Boum accompagné de sa sphère de feu grillant une partie de la population. Total Fina serait-il un trop gros morceau pour notre DRIRE et nos responsables municipaux ?
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