Les
gens ordinaires cachent souvent des secrets extraordinaires...
Ce pourrait
être une bonne définition de cette rubrique qui cherche à vous présenter
un aspect souvent méconnu d'un de nos contemporains. Visitons ensemble
les jardins secrets que cultivent nos proches.
Aujourd'hui,
nous avons le plaisir de vous parler d'André ORAZY et de sa
passion pour le modélisme.
André a consacré
une grande partie de sa vie à la mer. D'abord dans la Royale, puis
dans la Marchande. Le pilotage d'abord... à une époque où les fanaux
brûlaient encore au pétrole, puis le remorquage pour finalement embarquer
sur des cargos. Ses souvenirs vous emmènent de la Caennaise à la Delmas-Vieljeux.
Les traits burinés par les embruns, il a gardé de sa vie de marin
cet équilibre rassurant que des années de roulis et de tangage donnent
aux vieux loups de mer comme ultime fortune.
Il pose finalement
son paquetage à Cannes pour devenir enseignant au CFA. En 1990, la
retraite vient... Cap sur Sète...et c'est à La Pointe Courte qu'il
trouve son havre... le mouillage lui convient, il double les aussières.
Le vieux baroudeur des mers vient d'achever sa dernière expédition
maritime pour couler des jours heureux et se consacrer plus encore
à sa passion : le modélisme.
Ses premières
maquettes étaient réalisées en liège, matière abondante dans les pays
qu'il visitait au hasard des escales. Si le liège est facile à travailler
dans la coupe, il lui a fallu inventer une technique particulière
pour l'assemblage... les clous ne tenaient pas. Son astuce consistait
à les tremper dans l'eau de mer... l'oxydation résultante assurait
une liaison entre le liège et le fer... simple mais efficace.
Vinrent ensuite
les maquettes de machine... Il réalisa ainsi des chaudières avec cylindres
oscillants. Reproductions fidèles des mécanismes de propulsion utilisées
dans la Marine.
Il passa ensuite
aux maquettes en bois en respectant les règles de construction traditionnelle
: longitudinale et transversale. Couples, membrures... une activité
de Chantier Naval à petite échelle. Enfin, pour sa dernière construction
en date, il mit au point une technique personnelle de moulage en utilisant
du papier de tapisserie lavable et des colles spéciales. C'est ainsi
que fut réalisée la coque de sa Pilotine... petit chef d'oeuvre de
technique, d'astuces et de vérité.
Bernard
STEPHAN