| Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N°3| |
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Autre
article à propos du Musée le M.I.A.M
-- 1 / Le Musée international des arts modestes (Miam) a été inauguré vendredi 10 novembre. En Ile singulière, on n'en est plus à une singularité près. Et le Miam est bien une singularité, modeste, mais formidable dans son éclectisme hétéroclite. Esprits obtus, s'abstenir! Par Kathy GOSSELIN. Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées vendredi, pour l'inauguration du Musée international des arts modestes. Bébé en gestation depuis 1991, "conçu" par les artistes-collectionneurs Hervé Di Rosa et Bernard Belluc, le Miam a ainsi vu le jour le 10 novembre 2000. A l'état de fœtus, il a fait couler beaucoup de salive. Né, il en coule encore; on peut même parler de bave. Même la politique s'en mêle! Cela va même du dénigrement systématique de ceux considérant que tout porteur d'idées autre que celui d'une couleur politique que différente de la leur n'est qu'erreur monumentale… Que l'on est loin des notions de liberté de penser, de s'exprimer, d'innover. A cela, s'ajoutent les "qui va payer?" Les "ça va se casser la gueule" et autres ricanements. Passons. Tout ce qui est nouveau dérange toujours quelques uns…Dieu merci, le positif rétablit le négatif. La situation particulière de Sète, sa lumière, son mélange de population en ont fait une ville d'artistes nés en terre sétoise, tels Jean Vilar, Maurice Clavel, Paul Valéry, Georges Brassens, Hervé Di Rosa, Robert Combas ou installés comme François Desnoyer, Agnès Varda, Pierre Soulages, Daniel Deleuze. Ainsi, le Miam a toute sa place à Sète, important foyer artistique. Ce musée, hors des sentiers battus, recèle l'art au quotidien, un art en construction. "Habité" d'objets emblématiques Créée en 1991 par Hervé Di Rosa et Bernard Belluc, l'Association de l'art modeste préfigurait l'actuel musée. La Ville, adhérant à ce projet, la concrétisation s'est ensuivie. Le Miam abrite tout un fratras d'objets aussi hétéroclites qu'insolites sortis de greniers, tiroirs ou autres granges… Certains appartiennent aux "géniteurs" ou ont été prêtées par des institutions publiques et privées. Des milliers d'objets cohabitent en toute sérénité. Barbie, la célèbre poupée, joue avec Goldorak; des soldats de plomb livrent une guerre pacifique; une vierge noire portant un jésus blanc veille sur une multitude de boîtes d'épicerie, des masques mexicains, des peintures, des sculptures… Le canard barbotant dans notre bain d'enfant côtoie le chien méchant et la belette (ou la fouine?) en toute amitié, sous le regard du garde forestier à tête de mouton. La veste de gendarme "revêtue" des baudriers, ceintu-ron et porte revolver de la police nationale, invite l'automobilistes imprudent à lever le pied. La peine en-courue: un bon d'entrée au… cimetière, en corbillard bien sûr; pas "en panier à salade"! En plus, le contrevenant a droit à une couronne de fleurs… Humour noir ont dit quelques-uns. Qui sait si ceux là ne seront pas plus prudents désormais? Plus gaie, la balade en forêt, ou le vol d'hirondelles-épingles à linge dans un ciel entre chien et loup. Emouvant les ex-voto face à des peintures et de vieilles affiches. Ces objets manufacturés ou artisanaux, clinquants, inutiles, bariolés, viennent des périphéries des arts naïf, brut, populaire. Regarder autrement Cette collection a pour ambition de changer le regard des personnes sur ces arts "marginaux" et les rendre accessibles à tous. Dire que le Miam bouscule les canons esthétiques en cours est un euphémisme. C'est là que réside tout son charme désuet. Grâce à ce musée, de vieux objets, plus ou moins beaux ou carrément moches revivent, revivront… Au delà des clivages politiques, ethniques… le Miam se veut, au rythme d'expositions permanentes et temporaires, lieu d'échanges, de convivialité. Un lieu pour faire tomber tout ce qui peut diviser. Par ailleurs, l'art modeste, n'appartenant à aucune époque, aucune nation, affirme-ra son caractère international en mettant en lumière, chaque année, un pays étranger et ses créations. étranges. La collection permanente Spécialement aménagées par Hervé Di Rosa pour accueillir sa collection, les trois caravanes de l'art modeste stationnent au rez de chaussée du musée. Elles se déplaceront à l'extérieur (écoles, maisons de retraite, etc) dans un but pédagogique ou festif. Sources d'inspiration et de réflexion, des figurines, appartenant au monde de l'enfance, laissent libre cours à l'imaginaire. La deuxième caravane abritera des technologies modestes (jouets fabriqués avec des matériaux de récu-pération). La troisième sera "spirituelle", réunissant, dans un syncrétisme baroque, des objets porteurs de ferveur religieuse: mosquées clignotantes, bouddhas en céramique, polychromes de l'art saint sulpicien. Bernard Belluc a, quant à lui, choisi des vitrines. Papiers cadeaux, porte-clefs, scoubidous, pots de yaourths, et autres babioles éphémères récupérés aux puces, dans les fin-fonds des arrières boutiques (quincailleries, épiceries…) ont trouvé des lettres de noblesse au Miam. Ce bric à brac, touchant à une dimension majeure de l'art mo-deste qu'est l'affectif, nous concerne tous. Un pays étranger chaque année Pour son ouverture, le Mexique est au Miam. Ce pays, qu'André Breton, exilé, a qualifié de "pays surréaliste" expose la ri-chesse, la vitalité des arts modestes: peintures de calendrier (à l'huile sur grand format), ex voto, masques mexicains, plus créatifs encore quant aux formes et motifs que les masques africains, objets cultes de l'imaginaire mexicain (squelettes, crânes en… sucre). Pour l'ouverture, citons encore les créations de l'Egyptienne Ghada Amer, le Zaïrois Bodys Isek Kin-gelez et ses maquettes (en plastique, papier, carton) de mondes imaginaires, mégapoles utopiques…), Calixte et Théodore Dakpogan et leurs assemblages métalliques ou encore Philippe Mayaux, influencé par l'iconographie. Bande dessinée, mangas, tags, sont peints avec "la fausse application du bon élève, cancre dans l'âme". A découvrir également la cour intérieure, contenant un ramassis de plantes modestes dans des gamelles-cuviers modestes, en zinc, dans les interstices des pavés modestes. Liliana Motta, conceptrice de ce jardin "d'herbes folles" (anciennes cultures, taillis, bords de chemins…) démontre ainsi que la nature, si belle, sait - elle - être modeste. On voudrait qu'il soit plus grand, ce jardin, tant il dégage de paix, de sérénité… Pas moins d'une centaine d'espèces sont plantées sur quelques 92 M2. Textes, lexique, bibliographie servi-ront de supports pédagogiques. Le bâtiment Le bâtiment abritant le Miam, quai de Lattre de Tassigny, fut tour à tour chai et magasin de meubles. L'architecte, Patrick Bou-chain, s'est contenté d'une rénovation discrète, modeste. Il a normalisé en respectant l'architecture, "pri-vilégiant le contenu plus que le contenant". Ainsi, 730 M2 sont réservés aux expositions, 163 aux services administratifs et à la conservation, 74 aux activités pédagogiques, 119 à l'accueil du public. Les partenaires La création du Musée inter-national des Arts modestes s'inscrit dans le programme de "Mission 2000 en France". L'idée a séduit tout le monde par son aventure différente, étonnante: ouvrir un espace consacré aux objets qu'affectionne le grand public sans penser qu'il peut les trouver dans un musée! Une culture plurielle Le Miam complète l'offre culturelle de la ville. Plus de 600 événements culturels ont lieu chaque année, tous encourageant l'expression publique (peinture, théâtre, musique, etc) individuelle, associative, collective "Donner à tous la possibilité de s'exprimer, ouvrir des champs de liberté" est l'objectif de la Ville. Dans les cinq ans à venir, chaque petit Sétois recevra une éducation artistique. Ainsi, un professeur de solfège et un "instrumentarium Baschet" sont déjà opérationnels dans les écoles et un metteur en scène travaille avec les collégiens, ce, dans le cadre d'une convention Etat-Région. Par ailleurs, le Théâtre Molière/scène nationale accueille plus de 9000 enfants/an. Au cours de ces cinq dernières années, le nombre d'associations culturelles - 109 aujourd'hui - a plus que doublé. Sète compte plus de 386 artistes plasticiens amateurs, 4 troupes de théâtre, 3 festivals (de la Voix, du Jazz, Fiesta Latina). Le Miam a ainsi tout naturellement sa place en tant que musée, mais également outil pédagogique permettant tout un travail de découverte de l'art contemporain avec les établisse-ments scolaires. Pour le député-maire François Liberti, le Miam "sera l'élément fédérateur de tout ce qui existe autour de l'art plastique à Sète". Dis combien çà coûte? Le coût global du Miam se chiffre à 14,6 millions de Francs. Des aides ont été octroyées par l'Europe, l'Etat, le Conseil régional Languedoc-Roussillon, le Conseil général et la Ville. Qui a acheté le local. La mission 2000 en France aide pour le fonctionnement. Ils ont dit Toute inauguration comporte discours des élus et petites phrases du grand public. "Avec le Miam, outil de plus pour faire valoir des idées neuves, l'art modeste sortira dans les lieux de la vie quotidienne: écoles, maisons de retraites, gare, etc." (François Liberti, député-maire). "Le Miam est un signe de délectation gourmande. Il fait voir les rêveries des autres. Il constitue un lien social si nécessaire de nos jours". (Jacques Blin, conseiller général du 2e canton de Sète, représentant le président du Conseil général). "Il était normal que la Région apporte son concours et sa contribution. Le Miam constitue un rayonnement incontestable. Il est une complémentarité à l'art contemporain". (Jacques Blanc, président de la Région Languedoc-Roussillon).Lequel, hué pour son alliance avec le Front National a répondu "Il y a des manifestations qui montrent le pluralisme" "Oh maman, regarde l'Intermarché!". (Un petit garçon face à la vitrine remplie de boîtes d'épicerie). "C'est un chien loup ga-rou!"(Une petite fille a tranché devant l'interrogation des adultes devant un animal empaillé (chien, renard, loup…). "Mon dieu, regarde, j'ai les mêmes chez moi!" (un monsieur s'adressant à un copain au sujet de voitures miniatures en plastique, d'un âge certain). Pour sûr, s'il avait su que çà pouvait être de l'art, il les aurait fourguées au Miam. -- Kathy GOSSELIN. 2 /Notre Culture et notre société rentreraient-elles dans une phase scatologique ? Que ce soit, dans l'alimentation ou les arts -- voire dans le commerce, le mode d'ordre actuellement est le mixage de nos déchets pour être réungurgité. Le RECYCLAGE en tout genre ! Nos fosses septiques pour les vaches, l'utilisation de nos anciens 33 Tours comme création de musique actuelle, et les laissés pour compte du marketing pour expositions d'art Contemporain. Peut-être, et c'est une vision curieuse, notre civilisation se trouve en haut d'un énorme tas de rejets, d'inutilités, et d'un trop plein de merchandising comme sur un monstrueuse décharge. L'être humain se sent-il débordé ? étouffé ? lassé ? ou sommes nous en fin de cycle ? Et l'étape prochaine: l'utilisation de l'Humain comme objet dépassé ? Louis Ernesto |
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