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Actualités
. N°
77
Avril
2005
PIRATERIE
ET LIBERTE D'ECHANGE SUR INTERNET
Le MP3, on a le
droit ? Pas vu, pas pris...
sur Internet, qu'est ce qu'on risque ?
Est-il légal
de télécharger du MP3, du DivX... ? Qu'est-ce qui est
permis ? Qu'est-ce qui est interdit ? Internet : débat
juridique ou Débat de Société ? Etes-vous un pirate
qui s'ignore ou un citoyen libre ?
Débat avec
Gilles Gouget, musicien, directeur de la radio « Divergence
FM » Michel Bibent,
Professeur des Universités, Directeur de l'ERID Marie-Alix
Boussard, Allocataire de Recherche, Doctorante ERID (Equipe
de Recherche Informatique et Droit - Faculté de Droit,
Montpellier I)
Entrée libre
L'actualité de ces derniers mois
a été fertile en informations, contre-informations,
menaces de poursuites juridiques, procés, prises de positions
contradictoires d'artistes, de musiciens en particulier. Qu'elle est
la part de la liberté, du commerce, du droit... Il nous a paru utile d'ouvrir ce débat
de fond sur droit et liberté dans la pratique de l'Internet et
d'apporter au grand public et aux usagers de « la toile »
quelques éléments d'information au travers de positions
éventuellement contradictoires, surtout complémentaires.
Le point de vue de Gilles Gouget
: L'évolution technologique nous pousse tous vers
de nouveaux comportements, et cela ne date pas de l'invention somme
toute fort récente de l'informatique et d'internet. Ce
qui a changé, c'est la nécessaire reglementation des
comportements, qui comme la grammaire avec la langue courante, est
vouée à toujours avoir un certain retard par rapport
aux comportements et usages. Ce qui change, c'est la rapidité
d'évolution des usages qui rend encore plus problématique
leur gestion. La fin d'un monde platonicien où
l'original est toujours dégradé par rapport à la
copie, sans doute, mais aussi la fin d'un monde où l'on veut
nous faire passer une copie (un album CD) pour un original : Même
dans le monde non platonicien du numérique, un concert restera
toujours un concert, dont l'album n'est en somme qu'une pâle
copie. A ce titre, la grande majorité des musiciens et
auteurs-interprètes gagnent leur vie sur scène, et pas
dans les bacs, contrairement aux très rares qui vendent des
millions d'albums. L'échange de fichiers par
peer-to-peer (pair à pair ; P2P) connaît un succès
tout à fait légitime, à l'heure où les
moyens des particuliers diminuent plus qu'ils n'augmentent, où
il est tout naturel d'essayer avant d'acheter, un succès qui
vient aussi concurencer le marché du disque d'occasion.
Il s'agit ici des notions de "don"
et d'"échange". Pourquoi un particulier se
sent il en droit de télécharger des fichiers multimedia
via internet et les logiciels P2P ? On laisse souvent penser que
c'est "gratuit". Mais des taxes sont prélevées
sur les disque s durs, les supports vierges, et le prix d'un
ordinateur, d'un abonnement haut débit et autres babioles
est souvent oublié (sans compter le taux de renouvellement du
matériel informatique qui tourne sur 3 ans). Aussi, le
particulier qui investit dans ces nouveaux outils ne doit pas se
sentir fautif à l'utiliser, pas plus qu'il ne doit se sentir
coupable d'envoyer un fichier par mail à un proche.
De
plus, le pourcentage du prix d'un album qui atterrit dans les poches
de l'artiste est si modique que beaucoup de mélomanes
préfèrent télécharger des fichiers par le
P2P, et commander ditrectement (quand c'est possible) le CD au
producteur.
Dans cette même dynamique, de nombreux
artistes choisissent de gérer eux mêmes leur droits, en
placant leurs oeuvres sous licence libre (artlibre, creative
commons...) et en en autorisant le libre téléchargement,
replaçant leur confiance entre les mains du public.
Il
est inquiétant de voir des campagnes d'affichages financées
par les majors du disque traiter de "pirates" tous ceux qui
téléchargent des fichiers par P2P, car pour qu'il y
ait piraterie, il faut, aux termes de la loi, qu'il y ait commerce
des dits fichiers. Des dérives sémantiques qui frisent
peut-être la diffamation à grande échelle, qui
désinforment en tout les cas le plus grand nombre.
En
tant que diffuseur d'artistes locaux ou non, la radio associative
non-commerciale Divergence FM observe les stratégies
commerciales de l'industrie du disque, les désirs et
aspirations des créateurs, et les habitudes des auditeurs. Au
travers de l'émission Divergence Numérique, cette radio
couvre l'actualité du Libre, au sein de laquelle sont souvent
abordés des thèmes connexes à la problématique
de l'échange de fichiers (droit à la copie privée,
licences libres...). Fortement engagée dans le soutien aux
logiciels libres, et cette branche si particulière de
l'activité humaine, la création de logiciels et de
logiciels libres, témoigne d'une inévitable évolution
de l'économie (service), des notions de propriété
intellectuelle, et du danger qui pèse sur la conception
française du droit d'auteur.
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Musicien
de vocation, Gilles Gouget travaille depuis 1997 pour Divergence FM,
radio associative non-commerciale de Montpellier et sa région,
dont il assure aujourd'hui la direction. C'est sous son impulsion
que Divergence FM s'est tournée depuis trois ans vers les
logiciels libres, car les même fondamentaux philosophiques que
ceux de la radio associative se trouvent dans les logiciels libres :
contributivité, possibilité d'être
non-marchand, une passion portée par l'amour de l'art.

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