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Sciences.
N°
68 10
novembre 2003
NOUVELLES
DU FRONT DES OGM
La loi obligeant de signaler la présence d'ogm dans certains aliments
a été votée, mais tous les partenaires ne sont pas
encore tombés d'accord sur le seuil de tolérance aux ogm
dans les semences.
Tous sont d'accord sur la nécessité de deux filières
(ogm et non ogm)mais on discute encore de la possibilité même
de les faire coexister. Les principaux acteurs ( semenciers, firmes agroalimentaire,
producteurs) affirment que c'est impossible.
La levée du moratoire ne nécessite plus que son adaptation
à chaque pays de l'union. Pourtant, un maïs t11, devrait recevoir
un autorisation avant cette date ( lundi prochain)..en France.
La situation est incertaine, trouble, les informations qui nous parviennent
sont contradictoires pour certaines, d'autres ne parviennent pas à
se faire entendre ( études prouvant que la rentabilité peut
être bien meilleure dans les cultures bio que conventionnelles).
Au dernier moment sortent des études, menées sur plusieurs
années, commanditées par le gouvernement Britannique: elles
revoient à la baisse les avantages des ogm. Qui va utiliser ces
études scientifiques pour prendre la décision d'arrêter
ou de poursuivre le moratoire ? Peut être même pas les Anglais,
en tout cas pas Bruxelles.
En cas d'accident les industriels ne veulent pas être les responsables
et donc les payeurs, mais les assurances ne veulent pas plus les assurer.
Auraient ils, tous, plus de craintes qu'ils ne veulent l'avouer ?.
Le plus surprenant : la controverse scientifique - intérêt,
faisabilité et sécurité des ogm - n'est presque jamais
menée sur le plan des arguments scientifiques, rationnels, vérifiables
mais use d'arguments sentimentaux humanitaire (promesse de nourrir tous
les hommes, de guérir toutes les maladies ), économique
( augmenter la production, respecter l'environnement, mais ce sont justement
ces deux avantages qui ont été radicalement mis à
mal par les très officielles études Anglaise portant sur
le maïs - moindre productivité que le maïs conventionnel
- le colza et la betterave - augmentation des dégâts sur
l'écosystème), et abuse de promesses gratuite dans le domaine
médical, pourtant la réalité est bien autre là
aussi: Flambée du nombre de cancers, d'allergie, de malformations
congénitales, des maladies infectieuses et iatrogène - sans
que de nouvelles solutions thérapeutiques ne voient le jour.
Les arguments qui ont la faveur des pro-ogm sont sans conteste ceux auxquels
il est impossible de répondre, ce sont des jugement moraux qui
n'ont pas besoin de démonstration et tiennent en un mot: "obscurantistes",
"irrationnels", "ignorants" ou "passéistes"!
Deux clans de scientifiques sont montés au créneau : 700
d'un coté , ce sont les anti - ogm, ils ont entre autre réclamé
la libération de Bové cet été. 1500 de l'autre
coté pour qu'aucune limite ni contrainte ne freine la science,
et d'où la parole des simples citoyens et les contradicteurs doivent
être exclus.
NOUVELLES
DE L 'ARRIERE
Là c'est la méthode feutrée, l'air de rien. Mais
pour aboutir au passage en force, à la politique du fait accompli.
Les ogm sont maintenant partout, 0,9% - et non plus 0% - est le mieux
que l'on puisse atteindre, le seuil de tolérance en dessous duquel
nul étiquetage n'est obligatoire. La contamination est mondiale
et peut toucher toutes les filières: conventionnelle ou même
bio! Elle est banalisée. L'aide alimentaire est essentiellement
ogm (du moins pour ce qui est de l'aide Américaine).
Le plus cocasse, si l'on ose dire, est que le paysan dont le champ est
contaminé non seulement ne sera pas dédommagé mas
devra payer une amende au semencier, puisque les graines ogm doivent lui
être achetées chaque année!
Pendant ce temps les brevets sur le
vivant (plantes, animaux, gènes humains) s'entassent dans les tiroirs
caisse des plus grosses multinationales, lesquelles comptent bien les
faire fructifier.
Truandage discret: malgré une réglementation plutôt
laxiste, environ une fois par an Monsanto se fait taper sur les doigts
pour entorse à la législation.
Les publicités sont bien ciblées
( par exemple les salles d'attente des cabinets médicaux. Cf. Chichois
N°51 )
Pour ne pas risquer l'ajournement des mises sur marché, à
peu près aucune étude n'est faite pour apprécier
les risques des ogm ( elles représentent 0,5% du budget total!
).
ICI
ET AILLEURS DANS L 'UE
Nous sommes sans doute parmi les pays Européens l'un des pays les
moins avancés dans le processus démocratique d'intégration
- ou pas - de la solution tout ogm. Des référendums (Suisse)
et des consultations de citoyens ( dont on tient compte dans les choix
et orientations techniques de la société, au Danemark, ils
sont généralement suivis d'un débat parlementaire),
des zones libres d'ogm ont été déclarées en
Italie et Autriche. En Angleterre un débat national et de sérieuses
études scientifiques ont précédé la future
prise de décision. Les Anglais se sont révélés
être, dans leur immense majorité contre les ogm actuels. Des
mesures plus démocratiques ont aussi été prise en
Allemagne.
QUEL
AVENIR NOUS FONT ENTREVOIR LES CHAMPIONS DU BRICOLAGE GENETIQUE ?
Comment les promoteurs des biotechnologies conçoivent- ils l'avenir,
le leur et celui de la planète? Ils ont tout de même comprit
qu'avec ces techniques, la génomique, les manipulations génétiques
telles qu'elles sont pratiquées aujourd'hui, ils ne pouvait plus
affirmer la guérison de toutes les maladies et une agriculture sans
résidus (de plus en plus toxiques), ni la fin de la destruction
des sols, de l'air ou de l'eau , une solution "finale" reste cependant
la possibilité la plus terrible . Monsanto, Pionner, et autre Limagrain
affirment qu'ils trouveront - c'est sûr et certain - à chaque
fois, une réponse plus technique, à tous les problèmes
posés par les techniques précédentes!
Et dans cette folle course en avant ils espèrent bien être
les premiers. Nul doute n'est permis.
Pour
de plus amples informations, voir les sites : agrisalon, sciencescitoyennnes,
infogm, greepeace.
Géronime
Glasgow

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