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Sciences.
N° 67 20
Octobre 2003
LA BIODIVERSITE, ET ALORS?
Pourquoi
aurait on besoin de petites bêtes qui ne nous ont pas été présentées
ou dont les savants, eux même, ignorent encore l'existence!
Pourquoi
aurait on besoin d'autres vivants que les chiens, les chats, les
souris de laboratoire et les entrecôtes de boeuf.
Pourquoi
s'encombrer de vivants qui ne nous sont pas directement utiles.
De
plus, de la diversité on va en créer avec le génie génétique : des
fraises/ phoques, des animaux avec des gènes végétaux et même des
mixtes fait de neurones animaux ou humains et de matériel informatique.
Pourquoi aurait on besoin, à tout prix, d'une diversité "naturelle"
non voulue, non créée par l'homme? Alors
les rétros pourquoi chouiner ? Pourquoi prophétiser la menace que
représenterait les ogm sur la biodiversité? Tout ce que vous nous
avez fait gagner c'est le désinvestissement de Monsanto en Europe,
il paraît qu'il ne veut plus entendre parler des Européens et de
leur méfiance à l'encontre des ogm - du moins tels que ceux ci sont
aujourd'hui construits, expérimentés, cultivés, surveillés, commercialisés.
Pourquoi,
aussi, voulez vous casser un sublime projet immobilier, au nom de
la défense de la biodiversité, à seule fin de laisser vivre une
ridiculement minuscule plante protégée qui de plus ne produit rien,
ne nous sert à rien? Si on avait toujours agit comme ça aucune civilisation
ne serait née! On ne peut pas toujours se soucier des nichées d'oiseaux
migrateurs. ... Pourtant,
maintenant, on le peut - et sans doute le doit on. C'est là la grande
question.
La
biodiversité représente nos ressources et celles de toute la
biosphère, ces ressources sont limitées. Une grande diversité biologique
est un potentiel de vie, d'adaptation à de nouvelles donnes environnementales,
de resistance à des prédateurs inconnus jusque là, à toute situation
extrême (certains insectes supporteraient les irradiations, des
bactéries vivent sans oxygène, certains humains résistent, naturellement,
au paludisme, d'autres à la peste ou au sida, d'autres encore à
la tuberculose, de même si on sème plusieurs variétés d'une même
espèce de plante on a de bonnes chances qu'au moins une variété
résiste au prédateur présent dans le champ - quel qu'il soit
), c'est aussi une réserve de molécule ou de gènes thérapeutiques
pour notre espèce, une réserve potentielle de nouveaux aliments.
Cette
diversité est un équilibre, toujours en mouvement, de tous les éléments
de la faune, de la flore, de l'air, de la composition et de la structure
des roches; de la qualité de l'humus etc....
Cet
équilibre est instable et son évolution est difficilement prévisible,
dans l'état actuel de nos connaissances en écologie.
Plusieurs
phénomènes peuvent menacer ce fragile équilibre et l'amener à un
nouvel état, pour lequel l'être humain ne sera peut être pas du
tout adapté. Parmi ces phénomènes certains sont notre fait : monoculture,
déforestation, ogm (par la dissémination de même gène à des plantes
sauvages), destruction de niches écologiques par du bétonnage par
exemple, braconnages divers, pêche trop intensive, intrusion - volontaire
ou non - d'un prédateur / envahisseur - qui est inconnu jusque là
dans telle niche écologique et n'ayant pas de contre prédateur devient
un envahisseur (comme les lièvres en Australie, une algue en Méditerranée,
une jacinthe d'eau dans les cours d'eau et lac d'Afrique) etc ...
La
fragilité de la biodiversité, sa vulnérabilité aux divers changements
de l'environnement, en l'occurrence l'introduction de plantes génétiquement
modifiées à grande échelle, c'est ce qu'ont révélé, le 16 octobre,
deux études Anglaises, menées sur 3 et 4 ans et portant sur la répercussion
des cultures de colza, betterave et maïs, génétiquement modifiés.
Ces plantes ont, greffés sur leur génome, des gènes de résistance
à un herbicide , elles ont été cultivées en plein champ, on a cherché
à évaluer leur impact sur des populations d'insectes (dont abeilles
et papillons) et d'oiseaux. C'est la plus grande étude menée à ce
jour, sur le sujet, elle a été commandité par le gouvernement Blair,
pour décider ou non d'autoriser la culture d'ogm commerciaux en
Grande Bretagne. Si
ces études montrent un effet délétère, des plants de colza et de
betterave génétiquement modifiées, sur le nombre d'insectes et de
papillons d'une parcelle, relativement à leur nombre sur une même
surface voisine plantée et cultivée de façon dite conventionnelle
( non ogm mais usant de bons nombre d'intrants: engrais, herbicide
et insecticides), cet effet n'est pas directement dû à leur nature
"ogm" mais - contrairement aux affirmations publicitaires
des semenciers - au fait que de plus grandes quantités de pesticides
sont épandues sur ces parcelles, cela directement en raison de la
présence du gène de resistance à un herbicide, les plantes cultivées
pouvant être aussi copieusement arrosées que les mauvaises herbes.
De grosses doses d'herbicide sur la totalité des champs réduit à
zéro les réserves de nourriture pour les insectes et ceux ci, bien
évidemment quittent le terrain . De
plus le colza cultivé dissémine ses gènes de résistance. Le colza
se croise très facilement avec les variétés sauvages ( ravanelle
) qui sont, elles, considérées comme des mauvaises herbes, ces mauvaises
herbes vont donc devenir résistantes à l'herbicide et se conduire
elles aussi comme des envahisseurs. Le colza transgénique se croise
aussi, bien évidemment, avec les cultures "conventionnelles"
et "biologiques", et contamine leur génome.
Cette
méthode fait gagner un peu de temps, et donc de productivité à l'exploitant
( mais aggrave la surproduction, la chute des prix mondiaux et la
ruine des petits paysans du tiers monde). Au final, les seuls gagnants
sont les semenciers. Mais on vient de voir que le principal argument
de vente des ogm: une moindre utilisation de pesticides est donc
invalidé par les plus récentes études.
Géronima
Glasgow

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