Conclusions
des deux enquêtes publiques sur l'eau,
en rapport avec le projet d'aménagement du triangle de Villeroy,
à SETE.
Cet été deux enquêtes publiques ont été
menées, elles concernaient l'impact environnemental ( en particulier
la conformité avec la loi sur l'eau) sur les zones humides de la
commune de Sète , qui pourrait résulter de la réalisation
du vaste projet immobilier et de l'aménagement de la plage et du
lido proposés par la mairie.
Pourquoi
ces enquêtes ?
D'une façon générale elles se proposent de permettre
le recueil des observations et appréciations du public après
constitution et présentation d'un dossier en principe complet (devant
comprendre obligatoirement: Des documents graphiques (plans), divers documents
explicatifs (présentation, règlements, impact), un
registre d'enquête destiné à recevoir les observations
écrites, un inventaire des documents reçus (lettres, dossiers,
délibérations, pétitions ). Ce dossier, sur
un projet pouvant modifier l'environnement, sera présenté
durant au moins un mois en mairie.
Elles sont un des procédés juridiques mis en place pour favoriser
l'application des lois de protection de l'environnement. Ici elles concernent
la loi sur l'eau - protégeant entre autre les zones humides.
Elles pourraient, aussi, être un pas vers plus de démocratie...
si elles étaient rigoureusement menées. Les enquêtes
publiques sont commanditées par le préfet, elles fournissent
un avis plus ou moins favorable ( quatre degrés) et ne sont pas
un jugement définitif.
Que
sont les zones humides?
D'après le ministère de l'environnement (www.environnement.gouv.fr)
. Le littoral méditerranéen français est principalement
victime de l’urbanisation croissante (aménagements touristiques,
industriels et portuaires) et de l’intensification des pratiques culturales
(riziculture), salinières et aquacoles....Elles se trouvent alors
confrontées à des problèmes d’affaiblissement du cordon
littoral (érosion marine) et de comblement des lagunes côtières
par accumulation de sédiments et de matières organiques en
provenance du bassin versant. La gestion de l’eau, de sa qualité
et de la variabilité de son niveau au cours de l’année, est
cruciale pour la conservation de ces milieux. Or, il existe des conflits
d’intérêt entre les différents utilisateurs (ostréiculteurs,
mytiliculteurs, riziculteurs, pêcheurs, chasseurs, protecteurs, touristes)....
D’un
point de vue fonctionnel, les zones humides du littoral médilerranéen
participent à la protection des rivages contre l’érosion,
contribuent à l’épuration des eaux et sont un réservoir
de biodiversité compte tenu du nombre élevé d’oiseaux,
poissons, crustacés, mollusques, etc. Les lagunes littorales jouent
un rôle très important au plan halieutique car elles servent
de nurseries pour de nombreuses espèces de poissons marins de grande
importance économique.
Globalement, les zones humides du littoral méditerranéen
ont largement régressé depuis une cinquantaine d’années.
Ainsi, selon A. Lamisier, la Camargue a perdu 40 % de ses milieux naturels
depuis 1950 et environ 25 % de ses zones humides ont disparu entre 1942
et 1984 du fait des changements d’occupation du sol. S’ajoutent les répercussions
multiples sur l’évolution des milieux littoraux des différents
aménagements réalisés en amont, la pollution des
eaux (nutriments, de son niveau au cours de l’année, est cruciale
pour la conservation de ces pesticides, matières en suspension...)
et à des modifications de la dynamique sédimentaire.
La loi sur l’eau du 3 janvier 1992 affirme dans son article premier que
" l’eau fait partie du patrimoine commun de la Nation. Sa proteclion,
sa mise en valeur, et le développement de la ressource utilisable,
dans le respect des équilibres naturels, sont d’intérêt
général " et ceci implique " d’assurer a préservation
des écosystèmes aquatiques, des sites et des zones humides".
En découle la mise en oeuvre par l’intermédiaire des agences
de l’eau de divers outils de planification et de gestion de la ressource
en eau respectueux de l’équilibre écologique des milieux
naturels. Ainsi, les schémas directeurs d’aménagement et
de gestion des eaux (SDAGE) à l’échelle des bassins et les
schémas d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) par unité
hydrographique etc ...
Dans
quel cadre légal doivent se dérouler les enquêtes?
Quelles sont les obligations faites au commissaire pour valider son travail
et que puissent être acceptées ses conclusions?
La première et principale raison d'être du commissaire enquêteur
est de mettre à disposition du public toutes les informations sur
le projet présenté: " Le maître d'ouvrage ( du projet
présenté) communique au public les documents existants que
le commissaire enquêteur ou le président de la commission
d'enquête juge utile à la bonne information du public " -
"Le CE intervient personnellement, et en son nom propre, pour conduire
l'enquête publique de manière à permettre, d'une part,
au public de prendre connaissance complète du projet et, d'autre
part de présenter ses appréciations, suggestions et contre-propositions
". Les autres obligations, pour le commissaire enquêteur, sont la
compétence et l'impartialité.
Nous allons prendre en compte d'abord l'enquête du commissaire enquêteur
VAREILHES sur les répercussions dues au comblement des bassins et
canaux des anciens salins nécessité par l'urbanisation (520
logements sur 40 ha) sur la zac de Villeroy.
Quelles
sont les particularités de cette enquête?
D'après le commissaire enquêteur (C.E) lui même, le
dossier mis à disposition du public était " très pauvre"
(absence de plan lisible, de graphique avec les cotes). Un dossier complémentaire
sera fourni par le maître d'ouvrage, mais... après la clôture
de l'enquête, donc il n'a pu être mis à disposition
du public et être éventuellement contesté par ce dernier.
De
même les explications sur le fonctionnement hydrodynamique de cette
zone manquaient dans le dossier et n'ont été données
qu'après coup par le " service maritime et de navigation ".
Quelle compétence, quelle formation a le C.E ? on sait qu'il était
dans la police - est ce une formation suffisante pour juger des questions
d'environnement ? Quelques réflexions du C.E, dans son "rapport,
conclusions et avis" nous en font peut être douter.
Par
exemple: la visite sur le triangle ne lui aurait fait entrevoir qu'une
décharge sans intérêt écologique ni esthétique.
En 2000 ( Chichois
N° 1 ) nous avions interwievé une scientifique spécialiste
de la conservation des zones humides du pourtour méditerranéen,
elle avait justement prévenu que le pire danger qui menace les zones
humide est leur comblement - naturel ou artificiel - et pourrait on dire
leur tendance à la clochardisation, à ressembler à
une décharge. Ressemblance qui, malgré leur particulière
richesse et diversité, enlève tout remords, tout doute à
leur destruction.
Que
les structures ne sont plus fonctionnelles, qu'il n'existe plus de circulation
d'eau.... mais il n'est venu qu'à la fin d'un printemps peu pluvieux,
peut etre la situation est elle fort différente en automne ou en
hiver! Il laisse croire que la plante protégée pourra continuer
de vivre au fond d'un puits de plus de 3 mètres de fond et qu'il
suffira de replanter des semences de buplevre pour remplacer les éventuelles
pertes. Si c'est si simple où est le problème des espèces
végétales en voie de disparition?
On releve aussi dans le rapport des énoncés qui semblent
hors sujet: L'affirmation - forcément partisane - du maître
d'ouvrage comme quoi " l'urbanisation du triangle est incontournable
" et qu' elle " répond à une demande locale "
a été prise pour argent comptant par le C.E. alors qu'elle
relève plutôt de la méthode Coué, ou de l'énoncé
performatif semblable à celui qui était martelé par
Dame Tatcher ( There Is No Alternative).
Que
le maître d'ouvrage est forcément plus compétent que
les associations, alors que les associations écologistes ont été
les premières à parler de risques écologiques....bien
avant que se développe la mode du développement durable,
tarte à la crème suffisamment floue pour répondre
à tout problème sans faire de vague.
Le "oui...mais" du CE, Avis (ce n'est qu'un avis) favorable
à deux restrictions près: Relever l'altimétrie du
parc paysagé de 2,5m à 3m. Revoir le programme d'aménagement
lourd du fond marin au large face à la zac.
Le notre " oui.. mais " , Oui, au contrôle démocratique.
Non à la parodie, Il y a dans ce dossier des vices de forme
( le public n'ayant pas eu accès à tout le dossier) et beaucoup
de préjugés en place de connaissance scientifique en écologie.
Nous avons parlé, ici, au plan formel, pour ce qui est de la controverse
sur le fond vous pouvez consulter le dossier complet à la mairie
et contacter les associations qui travaillent sur ce projet, du point
de vue de la protection de la nature, en particulier l'APN 87 rue des
cormorans.