Depuis
1992, lors de la mise en service de l'usine d'incinération des
ordures ménagères de Sète, les mâchefers
posent problème.
L’incinération
des ordures ménagères produit des MIOM : mâchefer
d'incinération d'ordures ménagères et des REFIOM : résidu de fumée d'incinération
d'ordures ménagères. Les mâchefers sont les résidus non combustible
de l'incinération des déchets. Ils représentent 10 à 15 % du volume
des ordures ménagères. Les REFIOM sont actuellement considérés comme
déchets ultimes en raison de leur fort contenu en produits toxiques
solubles (Pb, As, Sn, Hg, Cu, Zn,...). Ils sont, de ce fait, destinés
à la mise en stockage. Cette mise en stockage ne peut se faire qu'après
un stade de traitement, de stabilisation et de solidification (Procédé
de Stabilisation et Solidification -PSS-) dont les buts sont à courte
échéance, de réduire la solubilité, d'assurer la rétention des éléments
polluants et d'améliorer les caractéristiques mécaniques des déchets.
La
réglementation interdit de mettre les REFIOM, qui sont des “déchets
ultimes” issus de l’incinération des ordures ménagères, en décharge
classique. En 1999 sous l'aide financière de l'ADEME, l'incinérateur
de Sète s'équipe d'une plateforme de revalorisation
des mâchefers ( le MIOM) qui traitent 15 Kt par an.
Plusieurs
problèmes se dégagent (si l'on peut dire ) de l'incinérateur
de Sète. Les Refiom ( fumées hautement toxiques ) doivent
être traitées séparément, mais par une conception/utilisation
inadéquate de l'incinérateur ces fumées sont en
partie mélangées aux mâchefers. D'autre part la
plateforme de valorisation, qui ne doit concerné que les mâchefers
( et non les fumées) n'a été créée
qu'en 1999 ce qui nous laisse plusieurs milliers de tonnes de mâchefer
non traités et chargés en métaux lourds. Après
des valses hésitations toutes ces quantités de mâchefers
se retrouvent à la carière du ramassis.....et ailleurs.
Au
cours de ces prochains jours ( début Octobre ), la municipalité
à grand renfort de communication et de conférences de
presse présentera un projet de traitement et de valorisation
des déchets MIOM (mâchefers ) entreposés illégalement
à la carrière du ramassis.
Afin
d'alourdir et compliquer le sujetune rumeur mentionnerait la
visite la semaine passée de la commission départementale
de l'hygiene qui aurait donné son accord pour utiliser à
des fins de remblaiement les milliers de tonnes de mâchefer entreposés
à la carriere du ramassis depuis 1995 ...Qui croire .?
Cependant
cela ne règle en aucun cas les problèmes concernant
le fonctionnement actuel de l'incinérateur. Non respect de la
mise en conformité de l'usine d'incinération et mélange
illégal des résidus fumées (REFIOM) avec les résidus
solides ( mâchefer ou MIOM ) comme l'indique la mise en demeure
adressée par la préfecture à la municipalité
cet été :
Une
mise en demeure de la préfecture a assigné la ville de
Sète à procéder à " Arrêté
de mise en demeure N° 200311896 : Le président de la communauté
d'aglomération du bassin de Thau est mis en demeure de remettre
au préfet l'étude de conformité de l'usine d'incinération
de Sète et de respecter les dispositions precrivant la protection
des stocks de résidus d'épuration des fumées dans
un délai n'exedant pas les trois mois - le 21 Mai 2003, le Prefet
"
Bon,
une mise en demeure avait déjà été faite
en 1995, suivie de la part de la municipalité d'aucune action
ni réponse tangible et la préfecture n'a jamais donnée
aucune suite pénale.... ! A propos de la mise en demeure actuelle
nous avons contacté le Sivom qui gère l'usine d'incinération
afin de nous préciser quelles suites en avaient été
données; " ces documents ne sont pas accessibles au pubic,
et de plus nous n'avons pas gardé copie de la réponse
faite .....( sic ) nous à t-on répondu...."
Evidemment
il y a urgence à résoudre le problème posé
par les déchets accumulés au ramassis.
D'une part un projet de construction d'habitations est en cours sur
ces lieux mêmes et aux environs et d'autre part cela ne fait pas
sérieux de laisser une montagne toxique dans le paysage ( comme
l'a souligné l'enqueteur public - enquête sur l'eau triangle
de Villeroy ).
Mais
plusieurs points ne doivent pas être écartés:
traiter les machefers du ramassis c'est utile mais quelle sera effectivement
leur traitement et surtout leur utilisation ensuite ? Habituellement
le procédé de valorisation consiste en une extraction
des métaux, mais en partant du principe que les fumées
( REFIOM) sont incluses dans ces mâchefers seront-ils même
après traitement inoffensifs ? ce point est assez important car
comme nous le pensons ils seraient destinés au comblement soit
de la future route soit au comblement du Triangle. Et là danger
de ruissellement vers l'Etang et les zones humides.
Second
point à estimer est le terrain de la carrière du ramassis.
Avoir entreposé des mâchefers hautement polluants pendant
plusieurs années n'a certainement pas été bénéfiques
pour les sols. Une étude avec des analyses chimiques du sol seront
ils fait ?