Le Chichois..sles machefers de sète

 

 

 

 

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Scoop . N° 66 29 septembre 2003

Les mâchefers de Sète.

Depuis 1992, lors de la mise en service de l'usine d'incinération des ordures ménagères de Sète, les mâchefers posent problème.

L’incinération des ordures ménagères produit des MIOM : mâchefer d'incinération d'ordures ménagères et des REFIOM : résidu de fumée d'incinération d'ordures ménagères. Les mâchefers sont les résidus non combustible de l'incinération des déchets. Ils représentent 10 à 15 % du volume des ordures ménagères. Les REFIOM sont actuellement considérés comme déchets ultimes en raison de leur fort contenu en produits toxiques solubles (Pb, As, Sn, Hg, Cu, Zn,...). Ils sont, de ce fait, destinés à la mise en stockage. Cette mise en stockage ne peut se faire qu'après un stade de traitement, de stabilisation et de solidification (Procédé de Stabilisation et Solidification -PSS-) dont les buts sont à courte échéance, de réduire la solubilité, d'assurer la rétention des éléments polluants et d'améliorer les caractéristiques mécaniques des déchets.

La réglementation interdit de mettre les REFIOM, qui sont des “déchets ultimes” issus de l’incinération des ordures ménagères, en décharge classique. En 1999 sous l'aide financière de l'ADEME, l'incinérateur de Sète s'équipe d'une plateforme de revalorisation des mâchefers ( le MIOM) qui traitent 15 Kt par an.

Plusieurs problèmes se dégagent (si l'on peut dire ) de l'incinérateur de Sète. Les Refiom ( fumées hautement toxiques ) doivent être traitées séparément, mais par une conception/utilisation inadéquate de l'incinérateur ces fumées sont en partie mélangées aux mâchefers. D'autre part la plateforme de valorisation, qui ne doit concerné que les mâchefers ( et non les fumées) n'a été créée qu'en 1999 ce qui nous laisse plusieurs milliers de tonnes de mâchefer non traités et chargés en métaux lourds. Après des valses hésitations toutes ces quantités de mâchefers se retrouvent à la carière du ramassis.....et ailleurs.

Au cours de ces prochains jours ( début Octobre ), la municipalité à grand renfort de communication et de conférences de presse présentera un projet de traitement et de valorisation des déchets MIOM (mâchefers ) entreposés illégalement à la carrière du ramassis.

Afin d'alourdir et compliquer le sujet une rumeur mentionnerait la visite la semaine passée de la commission départementale de l'hygiene qui aurait donné son accord pour utiliser à des fins de remblaiement les milliers de tonnes de mâchefer entreposés à la carriere du ramassis depuis 1995 ...Qui croire .?

Cependant cela ne règle en aucun cas les problèmes concernant le fonctionnement actuel de l'incinérateur. Non respect de la mise en conformité de l'usine d'incinération et mélange illégal des résidus fumées (REFIOM) avec les résidus solides ( mâchefer ou MIOM ) comme l'indique la mise en demeure adressée par la préfecture à la municipalité cet été :

Une mise en demeure de la préfecture a assigné la ville de Sète à procéder à " Arrêté de mise en demeure N° 200311896 : Le président de la communauté d'aglomération du bassin de Thau est mis en demeure de remettre au préfet l'étude de conformité de l'usine d'incinération de Sète et de respecter les dispositions precrivant la protection des stocks de résidus d'épuration des fumées dans un délai n'exedant pas les trois mois - le 21 Mai 2003, le Prefet "

Bon, une mise en demeure avait déjà été faite en 1995, suivie de la part de la municipalité d'aucune action ni réponse tangible et la préfecture n'a jamais donnée aucune suite pénale.... ! A propos de la mise en demeure actuelle nous avons contacté le Sivom qui gère l'usine d'incinération afin de nous préciser quelles suites en avaient été données; " ces documents ne sont pas accessibles au pubic, et de plus nous n'avons pas gardé copie de la réponse faite .....( sic ) nous à t-on répondu...."

 

Evidemment il y a urgence à résoudre le problème posé par les déchets accumulés au ramassis. D'une part un projet de construction d'habitations est en cours sur ces lieux mêmes et aux environs et d'autre part cela ne fait pas sérieux de laisser une montagne toxique dans le paysage ( comme l'a souligné l'enqueteur public - enquête sur l'eau triangle de Villeroy ).

Mais plusieurs points ne doivent pas être écartés: traiter les machefers du ramassis c'est utile mais quelle sera effectivement leur traitement et surtout leur utilisation ensuite ? Habituellement le procédé de valorisation consiste en une extraction des métaux, mais en partant du principe que les fumées ( REFIOM) sont incluses dans ces mâchefers seront-ils même après traitement inoffensifs ? ce point est assez important car comme nous le pensons ils seraient destinés au comblement soit de la future route soit au comblement du Triangle. Et là danger de ruissellement vers l'Etang et les zones humides.

Second point à estimer est le terrain de la carrière du ramassis. Avoir entreposé des mâchefers hautement polluants pendant plusieurs années n'a certainement pas été bénéfiques pour les sols. Une étude avec des analyses chimiques du sol seront ils fait ?

CD

 

 

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