Parlez
nous de l'existence de Chaos-Bt.
Nous
formons un collectif d'environ une quinzaine de citoyens
préoccupés par les dangers que représente le OGM ( organisme
génétiquement modifié ). Nous résidons dans le bassin de
Thau et nos actions portent principalement sur les importations
d'OGM dans le port de Sète. Chaos-Bt signifie : Comité Halte
Aux Ogm de Sète et du Bassin de Thau - et les connaisseurs
remarqueront le jeu de mots avec Bt, comme Bascillus Thuringiensis,
bactérie insecticide inoculée dans des graines pour les
rendre génétiquement résistantes. Chaos Bt a été créé il
y trois ans. Nous sommes aussi membe du collectif départemental
" Pas d'OGM dans l'hérault ".
Quels
sont vos buts ?
Faire
cesser les importations d'OGM à Sète ! On parle beaucoup
des OGM cultivés en plein champ qui représentent un risque
majeur pour l'environnement mais il faut remarquer que ce
danger représente une part minime en rapport aux millions
de tonnes d'OGM rentrant en France dans nos ports. A Sète
les OGM d'importation sont utilisés via la SOGEMA pour alimenter
en nourriture animale toute la région du Languedoc Roussillon
et via Céréol Trituration pour la composition des huiles
alimentaires destinées aux humains. Nous consommons les
viandes animales et nous achetons dans les commerces cette
huile pour notre cuisine. Voyez vous les dangers ? Aucunes
études sérieuses sur l'évaluation des risques sur la santé
et l'environnement n'ont été faites. De nombreux scientifiques
s'inquiètent d'aileurs de cette commercialisation d'OGM
effectuée sans suffisamment d'expérimentations préalables.
700 chercheurs ont récemment signés une pétition contre
une diffusion non controlée des produits OGM.
Quelles
sont les actions entreprises dans le cadre de votre lutte
contre les OGM ?
Tout
d'abord de l'information sous différentes formes. Par exemple
nous sommes à l'origine de la " Fête de Meze - un Monde
sans OGM " dans laquelle depuis deux années et avec
la participation et le soutien d'organisation comme Greenpeace,
ATTAC et la Confédération paysanne nous organisons des rencontres
ouvertes au public. Nous y proposons aussi avec la venue
de chercheurs généticiens, agronomes et économistes des
conférences sur les risques et les enjeux de cette invasion
génétique. Nous sensibilisons aussi les municipalités lors
de rencontre afin de faire adopter des arrêtés interdisant
la culture d'OGM sur les communes concernées. Nous parlons
aussi des cantines scolaires où il serait souhaitable qu'il
n'y ait pas d' OGM dans la nourriture servie aux enfants.
Nous
participons aussi en collaboration avec Greenpeace, ATTAC
et la confédération Paysanne à des journées d'intervention
dans les grandes surfaces où nous dénonçons les problèmes
de non-étiquetage des produits contenant des OGM (qui pourtant
est censé être obligatoire par la loi...). Et puis nous
essayons de travailler en concert avec les principaux acteurs
de la filières OGM de Sète. C'est à dire Céréol Trituration
et la Sogéma afin de voir si les normes de sécurité concernant
la séparation entre produits avec OGM et ceux qui n'en contiennent
pas sont respectées, ainsi que le pourcentage en teneur
OGM des produits sensés être non contaminés.
Récemment
nous avons " récolté " un millier de signatures
sur deux pétitions adressées à la SOGEMA et à CEREOL ( en
fait 600 signatures différentes sur chacune des deux ).
- En voici les textes :


Quelles
sont les difficultés que vous rencontrez ?
Le
manque total de transparence des informations qui nous sont
données par les acteurs de la filière OGM de Sète. Par exemple
il nous est toujours impossible malgré nos demandes répétées
de connaître avec exactitude le chiffre précis des pourcentages
d'OGM importés. Impossible aussi de vérifier convenablement
si les mesures de séparation entre produits sans OGM et
ceux en contenant sont appliquées comme prévue dans le cadre
d'une loi très stricte en ce domaine. De même, malgré des
promesses faites depuis longtemps, il nous est impossible
de connaître le taux en teneur OGM des tourteaux de soja
destinés à l'alimentation animale..... Difficultés aussi
venant de la Mairie de Sète pour nous faciliter l'obtention
de lieu de réunion et de rencontre. Refus de cette même
Mairie de répondre à notre demande d'organiser entre la
municipalité, la CCI et les acteurs Sétois de la filière
OGM une rencontre afin de définir des modalités d'abandon
progressif des produits OGM au profit de produits non-OGM.
Par
contre un accueil très favorable nous est donné par la population
qui, certainement suite à cette crise alimentaire de "
la vache Folle ", se sent très concernée par ces problèmes.
Sète
serait donc une " plaque tournante " des importations
d'OGM ?
Par
les ports Français transitent chaques années plusieurs millions
de tonnes de produits OGM. On estime à Sète qu'ils en circulent
environ 400 000 Tonnes de provenance essentiellement des
Etats Unis et d'Amérique du Sud via la SOGEMA et CEREOL.
C'est énorme ! Ces Organismes génétiquement modifiés vont
directement dans notre alimentation en étant utilisés dans
la fabrication d'huile vendue dans les rayons alimentation
ou sont utiliser pour nourrir ces animaux à qui l'on a supprimer
les farines animales ! Va t-on aller d'une catastrophe à
une autre ?
pour
contacter le collectif Halte aux Ogms par mail : chaosbt@regionsud.com