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Société.
N° 65
8
septembre 2003
CANCUN
OU LA DANSE DES CANARDS.
Quelle est la différence? Dans un cas on fait semblant de s'amuser
dans l'autre semblant d'être sérieux. Dans les deux il s'agit d'une
mascarade.
Les grandes réunions de chefs d'état de la "communauté internationale"
sont elles autre chose qu'une vaste mascarade publicitaire pour
vanter la mondialisation libérale?
Quels engagements - issues de ces fastueux colloques - ont jamais
été tenus? --
Pas ceux de réduire la faim dans le monde, ni ceux visant le contrôle
des gaz à effet de serre. Aucune action sérieuse n'a été réalisée
pour prévenir les pollutions, les carences d'eau potable, etc...
Les quelques lois existantes pour la protection de l'environnement
ou de l'intérêt publique sont copieusement bafouées ou même restent
lettre morte. Ainsi
les réglementations sur la transparence dans les essais d'OGM en
plein champ, sur la protection des travailleurs, la sauvegarde des
espaces naturels - dont le littoral, l'accès aux médicaments pour
les pays les plus pauvres etc ....sont appliquées avec beaucoup
de dilettantisme. (curieux, personne ne parle là des dégâts de la
pensée 68 - il est interdit d'interdire - appelons à notre secours
Luc Ferry et Sarkozy !! les babas cool ont envahi nos plus nobles
institutions - à moins que ce ne soient les mafieux).
Sur quel domaine règne l'OMC ?
La
notion de commerce, sur la scène internationale recouvre beaucoup
plus que sa définition traditionnelle : l’échange de biens et de
marchandises. Aujourd’hui, confier à un ministre ou à un commissaire
européen le commerce international, c’est lui confier des responsabilités
considérables dans des domaines qui n’ont, parfois, aucun rapport
direct avec le commerce : l’agriculture, les brevets, les droits
d’auteur, les copyrights, l’investissement, les marchés publics,
l’immense domaine des services (l’enseignement, la santé, la culture,
mais également les services financiers, les services juridiques,
les services comptables et fiduciaires, les transports, les services
environnementaux, etc., etc., etc., la sécurité sociale, tout le
secteur des activités non marchandes et les services publics), bref,
toutes les matières couvertes par les 22.500 pages des Accords de
Marrakech qui impliquent des choix fondamentaux de société.
Quels sont les enjeux économiques?
Les
chiffres: Pour les ogm par exemple "Le chiffre d'affaires
annuel du marché mondial des semences s'élève à plus de 45 milliards
d'euros, mais 80 % des agriculteurs, surtout ceux du Sud, n'ont
pas encore renoncé à les conserver d'une année sur l'autre et à
les échanger avec des voisins au lieu de les acheter. Les transnationales
des semences visent donc une triple expansion : géographique, variétale
et commerciale." "On constate qu'aux Etats-Unis cinq entreprises
contrôlent presque les neuf dixièmes des semences OGM, ainsi que
les pesticides et herbicides qui leur sont associés, avec Monsanto
en leader absolu. Pour cet oligopole, tous les moyens sont bons
pour combattre les opposants aux OGM."(Le Monde Diplomatique
avril 2003).
La
tactique: Toujours à propos des OGM: La pratique systématique
de la politique du secret et les fraudes facilitent les arguments
du fait accompli, de l'impossibilité du retour en arrière, et donc
la justification et la banalisation des ogm. Des pays officiellement
non ogm sont en fait déjà largement contaminés. Ainsi le Mexique.
L'exemple du Mexique est consternant à double titre: la contamination
ogm touche des maïs mexicains indigènes non ogm. Mais aussi la découverte
d'une construction génomique inconnue. Deux chercheurs ont montré
qu'il s'agissait d'un déplacement de gènes à partir d'OGM. Pourtant
les firmes de biotechnologies ont toujours affirmé que c'était totalement
impossible!
Pourtant il y a urgence à légiférer..... et à respecter les lois.
L'environnement,
la survie de l'espèce sont en danger: "Clairement, notre choix
de développement n'est pas durable et, même si cette expression
est devenue un leitmotiv, les politiques actuelles ne sont pas suffisamment
infléchies pour mériter cette qualification...... Agir dès maintenant
: c'est l'urgence. Inutile de nous bercer d'illusions. Si rien n'est
fait, nous fonçons dans le mur. Il nous faut prendre un virage et
il ne peut être pris en douceur. C'est un virage serré à négocier
avec la société tout entière impliquée comme elle sait l'être lors
d'une entrée en guerre..... la mobilisation est générale mais le
jeu en vaut la chandelle :" il s'agit ni plus ni moins que
de notre avenir sur Terre." A déclaré le scientifique H.Reeve
la semaine dernière.
Que pouvons nous faire?
En tant que citoyens: Nous informer, informer autour de nous, faire
savoir aux cieux d'en haut que nous savons, que nous sommes de vigilants
témoins et aussi que nous sommes prêts à changer, dès aujourd'hui,
nos habitudes. Par exemple ne plus sortir en 4x4 climatisé pour
ramener un paquet de cigarettes ou ne plus gaspiller eau et énergie.
En tant que consommateur: toujours préférer le commerce équitable
ou les produis des producteurs locaux respectueux de l'environnement
- et même menacer de boycotter tout le reste!
En tant qu'être intelligent qui veut rester en vie: être solidaires
avec les pays du Sud. Provoquer des débats. Oser désobéir au lieu
d'aller contre sa conscience. Avoir l'esprit critique...
Des solutions sont - certainement - possibles à la crise mondiale
actuelle pour peu que nous en sentions responsables en même temps
qu'acteurs puissants et efficaces
Géronime Glasgow

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