Le Chichois..omc fmi dette

 

 

 

 

..................................




Le CHICHOIS
site hébergé chez


agence internet de conception et d'hébergement de sites.

 

 

 

^

 

 

Monde . N° 65 8 septembre 2003

Conférence O.M.C. de Cancun. De nombreuses ONG ainsi que des économistes préconisent et demandent que soit réévaluée, voire tout simplement annulée la dette des pays en voie de dévellopement

D’après le Comité pour l’Annulation de la Dette des pays du Tiers Monde (CADTM), elle serait actuellement de 2100 milliards de dollars. Une part importante des budgets de ces pays est aujourd’hui consacrée au service de la dette. Ce puissant mécanisme de transfert de leurs richesses vers les pays du centre les épuise, empêche tout développement réel et durable, subordonne ces pays aux pays du Centre et permet à la bulle financière de croître et de jouer son rôle déstabilisateur.

En 1968, la Banque Mondiale sous la présidence de Robert Mac Namara augmente considérablement les prêts mais assortis de fortes conditions visant à connecter les économies du Sud au marché mondial. Le Nord accorde des prêts pour des projets tournant les économies du Sud vers les exportations à destination des pays industrialisés (ressources naturelles, cultures d’exportation qui remplacent les cultures vivrières) et en même temps, le Sud importe des biens, des services et technologies fournis par le Nord.

En 1979 la Banque Centrale des USA décide d’augmenter subitement et de manière drastique les taux d’intérêts américains (afin de réorienter les investissements vers les USA : besoin d’argent pour la politique d’armement de Reagan, et refus d’augmenter les impôts). Cette décision va plonger les pays du Tiers Monde dans une spirale infernale. Les prêts étaient libellés en dollars et indexés en fonction du marché des taux d’intérêts américains et de celui de la City (Londres).

Du coup ces taux d’intérêts explosent (exemple : l’Amérique Latine : le taux d’intérêt réel passe de -3,4% dans les années 70-80 à +27% en 1982). La situation s’aggrave en outre du fait de la baisse des revenus d’exportations des pays du Tiers Monde : l’offre accrue des produits exportés par ces pays dans un contexte d’essoufflement du rythme de croissance des pays industrialisés, fait chuter leur prix, d’où une baisse des revenus en devises permettant de rembourser les dettes. A cela il faut ajouter d’autres facteurs d’appauvrissement en devises (hausse du prix du pétrole, fuite des capitaux, corruption, enrichissement de certains dirigeants). Au moment où les taux explosent et font gonfler la dette, le stock de devises mobilisables pour rembourser ces dettes baisse. Il faut rembourser davantage avec des revenus en diminution. Il faut alors emprunter pour rembourser ! Or les taux d’intérêts qui s’y rapportent, augmentent !

C’est la mise en route de la spirale. Craignant de ne jamais revoir l’argent prêté, les banques stoppent tout crédit ! Les flux financiers vers les pays du Sud se tarissent. Le Sud envoie plus de capitaux vers le Nord que l’inverse. Les pays les plus endettés font face à d’énormes difficultés de paiement. C’est la crise de la dette qui explose en 1982 à partir du Mexique.

En 1999, les pays en développement ont remboursé 350 milliards de dollars pour le service de leur dette (World Bank, GDF 2000). Depuis 1980, la dette du Tiers Monde, bien que remboursée plus de cinq fois, a quadruplé. Si ces chiffres illustrent à eux seuls l'échec des programmes d'ajustement structurel, imposés partout par le FMI et la Banque mondiale suite à la crise de la dette de 1982, ils dénoncent aussi le fardeau budgétaire qui accable les pays pauvres.

La dette est devenue le principal poste de dépenses des Etats du Tiers Monde et un gigantesque mécanisme de transfert des richesses du Sud vers les créanciers des pays riches du Nord. Les victimes de cette situation sont les milliards d'êtres humains privés de services sociaux et condamnés à la misère.

Louis Ernesto / Zacharie


 

   
PUBLICITE