Le Chichois..désobéissance civile
 

 

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Société. N° 64 18 août 2003

AGIR OU PATIR

En démocratie, pour les grandes décision qui vont orienter la vie de la nation les citoyens n'ont ils que le droit de mettre un bulletin de vote dans l'urne, tous les quatre ou cinq ans, après avoir assisté, passifs, à une campagne électorale pendant laquelle aucun thème politique n'est réellement abordé à fond, tout y est flou, non dit, caché, campagne dont on sait aussi que les promesses électorales ne seront pas tenues? Comment peut se faire entendre une minorité? comment peut elle influer sur les choix politique ? Mais tout d'abord on peut se demander qui est en position de minorité: seuls 15% les Français en âge de voter ont choisi J.Chirac au premier tour! 
Mais admettons que ce soit les 85% restant qui soit une minorité, que peut elle faire? Peut elle modifier les lois du marché mondial c'est à dire aussi les choix techniques et scientifiques, la politique extérieure, celle de l'emploi etc...au niveau national? 

Comment se pratique aujourd'hui le débat politique ? 
       Par la guerre des mots et des petites phrases : En premier lieu, les insultes - "catastrophistes"," obscurantistes", "ceux qui prônent le retour au Paléolithique", "utopistes", "nostalgiques", "gauchistes", "extrémistes" - tiennent lieu d'argument. 
       Fort appréciées aussi, les dénégations : Ainsi il a fallu des dizaines d'années pour reconnaître, commencer à admettre les catastrophes sanitaires causées par l'amiante, la vache folle, l'hormone de croissance, l'excès de pesticides etc.... comme il a fallu du temps pour réaliser l'ampleur de l'épidémie de SIDA et notre impuissance thérapeutique.
Bientôt seront mis sur la sellette le laxisme en matière d'incinération, les essais nuclaires dans le pacifique, l'utilisation d'uranium appauvri lors de la première guerre du golf (et la deuxième? ) etc...
Tous ces cas ont en commun de longues années de dénégation du problème, le refus de transparence, refus de discussion, d'envisager une remise en question un changement d'orientation éventuel. Mensonges d'autant plus difficiles à démasquer  qu'ils reposent sur une absence de donnée (actuellement dosages insuffisants de dioxine et métaux lourds dans l'environnement des incinérateurs, ou expérimentation beaucoup trop courtes des effets d'une alimentation avec ogm sur les mammifères, par exemple.).
       Par l'utilisation d'écrans de fumée tel le spectacle donné au monde par les grandes réunions de la communauté internationale dont les conclusions et résolutions sont des promesses qui ne seront jamais suivies d'effet, ou un accord sur des propositions suffisamment floues pour ne pouvoir jamais être appliquées, ou souvent l' impossibilité même de prendre une décision.
Feront également l'affaire les "débats citoyens" organisés par le gouvernement et dont les décisions sont elles aussi suivies de peu d'effet. Cette poudre aux yeux fera passer les promesses oubliées en même temps que prononcées, ou les décisions prises en catimini, par exemple les autorisations pour les essais ogm. 
       Autre façon de faire: Ignorer délibérément les questions des scientifiques et des citoyens, ou choisir de leur répondre par de vagues affirmations non vérifiées telles que: "les américains ne sont pas malades et pourtant ils mangent beaucoup d'ogm depuis plusieurs années!!! " Argument sans contenu puisqu'on a rien cherché comme symptôme, et auquel on pourrait répondre, dans la même tonalité, que les USA ne sont pas non plus très bien placés, au niveau mondial, pour l'espérance de vie. On peut aussi ajouter , comme stratégie subtile autant qu'antidémocratique le mépris pour le savoir des non experts, annulant ainsi la prise en compte de toute critique.

Quelles actions peuvent entreprendre les citoyens? 
Dans la confrontation avec l'agglomérat constitué par les transnationales, l'état, certains chercheurs ou techniciens (parfois mégalo et non indépendants )quels sont les moyens d'action des citoyens? 
D'abord les plus courants et légaux::
- Les pétitions. 
- L'analyse des enjeux économiques, sociaux et techniques... et l'attente des réponses qui ne viennent jamais. La publication du tout mais dont l'écho en est faible dans les médias, les débats étant très superficiels, ainsi pour rendre compte du forum du Larzac, chaque média reprend l'information qu'il y avait beaucoup de monde, d'embouteillage et de soleil mais peu ont répercuté le contenu des interventions. 
- Les vastes manifestations montrant le grand nombre d'individus concernés 
......L'attente des prochaines élections mais encore faudrait il que les candidats tiennent leurs promesses ... et en attendant? Mais la situation peut elle attendre? En attendant Il faut inventer d'autres manières de se faire entendre. Les associations, les individus ( scientifiques, juristes, paysans, chômeurs, citoyens..) ont tous choisi, clairement, la non violence ( de petits dégâts matériels facilement réparables sont beaucoup moins violents que l'obligation faite aux pays d'Afrique de choisir entre famine et ogm ) mais ils n'ont pas choisi le fatalisme ou le désespoir.

Ces moyens légaux laissés aux citoyens ayant un effet fort limité, que reste il entre violence et inaction? 
- L'information, l'analyse, toujours. 
- De même que la grève. 
- Et les tactiques que l'on appelle " désobéissance civique" ou "résistance passive". Elles vont de ne pas payer la partie de ses impôts qui sert à financer un programme que l'on réprouve en conscience à interposer son propre corps pour protéger une cible, ainsi les actions de Greenpeace, les militants s'interposant entre harpons et baleines en voie de disparition, ou s'enchaînent aux grumes pour empêcher les bateaux de débarquer leur cargaison illégale, d'autres militants, dans la foret amazonienne, vivent dans les arbres pour éviter leur abattage...On pourrait rappeler Gandhi, et pour la théorie en occident: H.D. Thoreau.
Intéressante et moins dangereuse: la désobéissance économique, soit le boycott de certains produits ( les ogm, ou les marques surexploitant les ouvriers du tiers monde tout en mettant au chômage ceux d'occident ) ou la réduction de tous nos achats au minimum vital et le retrait des banques de tous nos avoirs. 
Soutenir les élus locaux qui refusent de laisser faire ce qu'ils jugent ne pas aller dans le sens du bien publique. Ainsi, en novembre 2002, 1251 communes refusaient par arrêté municipal, les cultures et essais ogm sur leur territoire, 10 mois plus tard leur nombre s'est multiplié. Aujourd'hui dans l'Hérault 14 communes ont fait de même.
- Interpeller les responsables politiques ou industriels en leur donnant toutes les informations scientifiques afin que devant une catastrophe sanitaire ou environnementale produite par leur activité, en particulier les biotechnologies, ils ne puissent dire " on ne savait pas". Cette action a été entreprise par le CriiGen, une association de chercheurs et de juristes. 
- Il est des moyens qui sont aussi des fins: Favoriser ( participer à) l'économie solidaire. Créer des liens, des solidarités, des réciprocités, avec le sud. Populariser et commencer à vivre la décroissance durable. Reconnaître les savoirs populaires anciens ( agriculture Bio ). 

.......vous pouvez inventer d'autres moyens pour que soient appliquées les lois déjà existantes ( principe de précaution, législation du travail etc..) mais sans cesse bafouées, et que soient votées d'autres lois pour une économie équitable mondiale. 

Saül Démos 

 


 
 

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