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. N° 64 18
août 2003
Bruxelles, Entrée en vigueur de la législation «ERIKA I» sur la sécurité maritime Le paquet législatif Erika I est finalement entré en vigueur le 22 juillet 2003. Les règles plus strictes qu'elle contient sur la sécurité maritime avaient été proposées par la Commission il y a plus de trois ans. «Nous aurions pu éviter la marée noire du PRESTIGE si ces mesures clés étaient entrées en vigueur plus tôt, comme le préconisait la Commission», a déclaré Loyola de Palacio, vice-présidente de la Commission chargée des transports et de l'énergie. «Il s'agit maintenant de les adopter et de les appliquer scrupuleusement. En tant que gardienne des traités de l'UE, la Commission fera le maximum pour empêcher qu'un nouveau désastre comme celui du Prestige ne mette en péril les eaux et les côtes de l'Union.» La Commission a décidé d'entamer une procédure à l'encontre de dix États membres qui ne lui ont pas notifié leurs mesures de transposition de cette législation communautaire cruciale pour la sécurité maritime. Le délai de transposition en droit national de la directive sur les organismes d'inspection et de visite des navires et de la directive sur le contrôle par l'État du port, adoptées toutes deux au lendemain de la catastrophe de l'ERIKA, expirait le 22 juillet 2003. Seuls s'y sont tenus l'Allemagne, le Danemark, l'Espagne, la France et le Royaume-Uni. Or la non-mise en oeuvre de ces directives risque d'avoir des conséquences directes en termes de qualité et de sécurité, pour la navigation dans les eaux européennes, pour l'ensemble des navires européens et enfin pour l'élimination des navires défectueux. La Commission publie par la même occasion la liste des navires à exclure des ports européens, en cas de nouvelle immobilisation après juillet 2003 ( voir la liste en fin d'article ). La Commission a ouvert une procédure d'infraction contre l'Autriche, la Belgique, la Finlande, la Grèce, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède pour non-communication des mesures nationales de transposition de deux directives clés en matière de sécurité maritime. La Belgique et l'Irlande n'ont transposé à ce jour que la directive sur le contrôle par l'État du port, et les Pays-Bas celle sur les organismes d'inspection et de visite des navires. Il est vrai que la notification ne garantit pas une transposition complète et satisfaisante. Ainsi, en 2002, la Commission a poursuivi la France et l'Irlande devant la Cour de justice pour non-respect du seuil annuel de 25 % des navires à inspecter chaque année par l'État de port, seuil prévu par la directive sur le contrôle par l'État de port. L'objectif visé est de durcir les régimes d'inspection à l'encontre des navires potentiellement dangereux. Étant donné la gravité des risques auxquels sont exposés les êtres humains, l'environnement et la vie économique, la Commission enjoint les États membres de procéder rapidement à la mise en application de ces règles, comme le droit les y astreint d'ailleurs. Historique Erika I. Le paquet Erika I constitue la première pièce d’un ensemble de mesures proposées par la Commission, pour la plupart déjà adoptées par le Parlement européen et le Conseil. Erika II. Il a d’abord été suivi par la proposition par la Commission en décembre 2000 du paquet Erika II qui visait : - la création de l’Agence européenne de sécurité maritime, désormais opérationnelle; ce pôle d’expertise unique au plan européen doit permettre une meilleure application des règles de sécurité maritime. - la mise en place d’un système de suivi et d’information communautaire proposée par une directive qui entrera en vigueur le 5 février 2004. Ce texte permettra une surveillance accrue des navires dans les zones côtières de l’Union, notamment des navires « à risques ». Il aboutira également à la création de lieux de refuge sur le littoral pour accueillir les navires en détresse. Le paquet Erika II comportait en outre une proposition en vue de créer un Fonds européen d’indemnisation en faveur des victimes de marées noires. Cette proposition de la Commission a été reprise au plan international avec la décision en mai dernier de créer un fonds supplémentaire qui fera passer le plafond d’indemnisation du fonds FIPOL, actuellement de 200 millions d’euros, à un milliard d’euros. Nouvelles propositions suite à l'accident du Prestige. Suite à l’accident du Prestige, de nouvelles propositions ont été mises sur la table par la Commission - un règlement qui interdit le transport par les pétroliers à simple coque de pétrole lourd, qui en cas de naufrage, provoque les dommages les plus importants. Au-delà, ce texte raccourcit encore davantage le calendrier de retrait des pétroliers à simple coque tel qu’établi dans le cadre du paquet Erika I. Plus aucun pétrolier à simple coque ne pourra fréquenter un port de l'Union à partir de 2010 au lieu de 2015, et des critères plus sévères sont introduits pour l’élimination des navires les plus risqués dans des délais encore plus courts ; par exemple, des pétroliers comparables à l’Erika ou au Prestige seront interdits dès l’entrée en vigueur du règlement. Un accord étant intervenu sur ce texte, son adoption finale par le colégislateur dans les prochaines semaines devrait permettre son entrée en vigueur en septembre 2003. - une proposition de règlement, faite en mars 2003 et dont on attend l’adoption, visant à instaurer un régime de sanctions pénales qui fera qu’en cas de déversement illégal d’hydrocarbures et de pollution majeure, toute personne reconnue coupable, où qu’elle se situe dans la chaîne de responsabilité, devra répondre pénalement de ses actes. Sur le plan environnemental, la directive sur les installations de réception portuaires pour les déchets d'exploitation des navires et les résidus de cargaison est entrée en vigueur fin 2000. Ces nouvelles règles devraient permettre de réduire massivement la pollution marine issue du transport maritime. Cependant, plus de deux ans après l’entrée en vigueur de la directive, le Royaume-Uni, la Belgique, la France, l’Italie, la Finlande, le Portugal, l’Autriche et les Pays-Bas n’ont toujours pas informé la Commission de leurs mesures nationales de transposition. Après avoir une première fois mis ces Etats en demeure de se mettre en conformité avec la législation européenne, la Commission a décidé le 13 mai 2003 de poursuivre la procédure d’infraction à l’encontre de ces pays qui avaient initialement jusqu’au 28 décembre 2002 pour appliquer les règles européennes. Enfin sur le plan international, outre les avancées obtenues en matière d’indemnisation, il a été décidé de modifier les règles applicables conformément à la Convention MARPOL afin d’y intégrer à partir d’avril 2005 les exigences définies au niveau communautaire suite à l’accident du Prestige s’agissant du transport de pétrole lourd et de l’élimination de pétroliers à simple coque. Durant la période entre septembre 2003, date d’entrée en vigueur du règlement communautaire en la matière, et avril 2005, s’imposeront au niveau de l’Union des règles plus strictes, compatibles avec les normes minimales prescrites par le droit international. La Commission a par ailleurs proposé en avril 2002 l’adhésion de la Communauté européenne à l’Organisation Maritime Internationale, afin de renforcer la contribution européenne au développement de la politique internationale de sécurité maritime. Liste des 112 navires susceptibles d’être interdits dans les ports de l’UE s’ils sont immobilisés une fois de plus après le 22 juillet 2003 (à la date du 7 juillet 2003) (Les détentions considérées font référence à la période du 22 janvier 2002 au 7 juillet 2003) . Cette liste regroupe des navires dont l'État du pavillon est décrit comme présentant un «risque très élevé» ou un «risque élevé» dans la liste noire publiée dans le rapport annuel du Mémorandum d'entente de Paris, et les navires qui ont été immobilisés plus d'une fois au cours des années précédentes.
Cathy delaincourt / CE Bruxelles communiqué presse
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