Article
paru, dans le chichois, le 4 janvier 2003.
Assurance,
sécurité et toute puissance.
Encore
un petit métier qui se perd..... Celui d’assureur.
Ils
seraient au bord de la faillite et refusent d’assurer:
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Les utilisateurs d’OGM et autres biotechnologies,
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Contre les catastrophes naturelles d’origine climatique,
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La téléphonie mobile, et plus généralement
les risques pouvant être dus aux champs électro magnétiques
--
Les hôpitaux et cliniques, les obstétriciens et autres
radiologue ou tout médecins
--
Les patients trop malades qui sont radiés
--
Contre le risque terroriste aérien
-
Contre le vol des scooters
--
Et les risques industriels ? Dans nos pays « développés
» c’est pas terrible, voire Toulouse, mais lorsque une grosse
multinationale ( Carbide ) vient s’implanter dans un coin perdu en Inde
, à Bhopal par exemple parce que les salaires y sont dérisoires
, et se rend responsable de plus de 20 000 morts et 150 000 malades
chroniques à force de rogner sur la sécurité (cf.
Chichois N°12 ) c’est l’horreur. Cette firme dévoile
ses vrais visages : férocité et avidité sans frein
parce que sans autre valeur que le profit. Les indemnisations pour les
travailleurs et les habitants de Bhopal ont été ridicules,
le site n’a toujours pas été dépollué et
18 ans après le drame les gens, sans travail, sans soins et malades
continuent à y survivre et à se battre. Dow Chemical ,
premier groupe mondial pour la chimie, reprenant par absorption Carbide,
n’a pas non plus dépollué le site ni réajusté
les indemnités ni la prise en charge des soins médicaux
des survivants. W.Endersen, l’ex PDG de Cardide vit luxueusement à
New York, jugé responsable de l’accident il est pourtant recherché
au niveau international. Mais sur le site internet de Dow Chemical on
peut lire : « Chez Dow, protéger les personnes
et l’environnement fait partie de tout ce que nous faisons et de chaque
décision que nous prenons. » ! ! Alors qu’aux USA, Dow
a été reconnu coupable de différents scandales
:plainte des vétérans du Viet Nam contre l’agent défoliant
Orange, contamination par la dioxine, fabrication d’implants mammaires
défectueux....
Donc
il est indispensable qu’il y est des assurances mais aussi une législation
internationale qui contraigne les entreprises à assumer la responsabilité
des catastrophes environnementale dont elles sont la cause.
Dans
l’industrie le pollueur n’est pratiquement jamais le payeur et les assurances
se font discrètes, évanescentes... L’ industriel essaye
de faire prendre en charge par la communauté les mesures coûteuse
de sécurité et de dépollution - voir l’inénarrable
réunion entre le directeur de Sud Fertilisant et des militants
de diverses tendances politiques. La réunion accueillait, plus
ou moins sous le sceau du secret ( on
se demande pourquoi ?), Mr. Frechet
- pour nous parler de la sécurité, de la « culture
du risque » ....et des payeurs.
Il
finit par persuader les deux tiers de l’assemblée que financièrement
c’était à la communauté de prendre en compte les
coûts de sécurité d’autant que l’usine n’est pas
rentable ! Là on se pose la question si l’usine est déficitaire,
dangereuse, polluante et inutile ... Alors pourquoi ne pas fabriquer
de la layette à la place ?
Revenons
au problème de l’esquive des assureurs. Ils pensent eux, qu’il
existe des risques trop forts, trop au dessus de celui qui serait acceptable
comme rançon du progrès. Ils voient aussi que les consommateurs,
les victimes s’organisent et que la législation se transforme
et leur donne des armes. Certains entonnent, depuis un moment déjà,
la complainte des contemporains trop frileux qui ne supportent aucun
risque alors que le risque zéro n’existe pas.
Ne
peut on y voir une autre contradiction ? La science -biotechnologie,
médecine, chimie, agro alimentaire - se présente comme
porteuse de toute puissance, de vérité. Et elle seule
a ce privilège. A tel point que les récalcitrants, ceux
qui ne sont pas assez convaincu et refusent de se soumettre sont poursuivis
devant les tribunaux ( les témoins de Jéhovah par exemple
s’il y a accident. Ou les cultivateurs qui refusent la loi des semenciers
d’OGM).
A
une époque ou on se doit de mourir en bonne santé, ce
qui est devenu une valeur en soi, où le héros est devenu
le greffé, le génétiquement bidouillé, où
la science prétend avoir enfin percé les secrets de la
nature comment ne pas être déçu, offusqué
de ne pas etre soit même un miraculé ou pire d’ etre une
ratée dans la merveilleuse mécanique..
Si
la science se présente comme la seule vérité, donc
la vérité absolue, elle se doit d’avoir les résultats
qui correspondent.
Sinon
elle doit en rabattre sur ses prétentions et privilèges.
Ce sont les assureurs qui placés entre le marteau et l’enclume,
sont les plus sensibles à la contradiction et prennent la fuite
les premiers.