Le Chichois..dossier OGM 4

 

 

 

 

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DOSSIER OGM

Article paru, dans le chichois, le 10 décembre 2001.

Nous nous étions proposés dans le dernier chichois de parler aujourd’hui d’agriculture, en chiffres. 
En France : 

  • En 1960     Les importations des produits agricoles sont  le double des exportations. 
  • A  la Fin du  20ème Sc. elle est devenue le 2ème exportateur mondial 
  •   Entre 1946 et 1985   la  productivité a été multipliée  par 7,5 
  •   En 1920    On a utilisé  500 000  tonnes d’engrais 
  • A la fin  des années 80 : 6 million de tonnes,  la consommation d’engrais a été multiplié par 12. 
    Sachant que la productivité  en 1920 est très proche de celle de 1945 ( la modernisation de l’agriculture a démarré après la 2ème guerre mondiale) la consommation d’engrais croit beaucoup plus vite que la productivité, ce qui est confirmé par les chiffres depuis les années 80, à cause de l’épuisement des terres. 
  • - A la fin  du 19ème Siècle: 1 agriculteur pouvait nourrir  2,5 personnes 
  •   En  1983   1 agriculteur pouvait nourrir  30 personnes 
  • En  1990    1 agriculteur pouvait nourrir  40 personnes 
  • En  1900  La moitié de la population est agricole 
  • En  1946  1/3 de la population est agricole 
  • En  1955  1/4   de la population est agricole 
  • En  1962   1/5 de la population est agricole 
  • En  1992  5%  de la population est agricole
  • En   2000 1%   seulement de la population vit directement de 
    l’agriculture. 
  •   En 92/93   il y a en France 8 Millions de tonnes de blé en stock 
  • En 1960  1/3 du budget des familles  passe dans l’alimentation 
  • En 1980 seulement 1/5  du budget des familles  passe dans l’alimentation 
    Dans le prix d’un produit alimentaire n’entre que pour 6% la matière première agricole, plus de 3/4 du prix renvoient à des services, distribution, transformation. 

On voit ainsi que les progrès de productivité, en 50 ans, ont été fabuleux, jusqu’à tomber dans l’excès inverse :  des surplus énorme dans tous les domaines, pas seulement le lait mais aussi le blé , la viande de porc, les volailles …il faut de nouveaux marchés (solvables) et pour les conquérir il faut baisser les prix c’est à dire  produire plus pour le même prix. Pour résoudre la saturation des marchés… Il faut produire encore plus ! utiliser de plus en plus de polluants : insecticides, herbicides, engrais, antibiotiques pour faire grossir les animaux etc…de plus en plus car les terres à produire des monocultures s’épuisent, les vaches à tripler leur production de laits deviennent folles etc…. On note sans arrêt de nouveaux effets de la pollution  agricole, les derniers en date concernent les modifications sexuelles chez les poissons et les bébés hommes, on avait déjà remarqué ( dans les banques de sperme qui aident à solutionner les infertilités masculines) une baisse importante de la fertilité masculine – moins 17% - depuis une vingtaine d’années. 
Les poissons et les bébés mâles  de diverses espèces – dont les humains et quelques autres espèces plus sauvages – supportent très mal les pesticides,  l’équipe du professeur Sultan, au CHU de Montpellier confirme les études faites 

dans les pays nordiques et en Angleterre faisant état d’une multiplication par 3 des malformations sexuelles humaines, en 15 ans ! 

Les dioxines de l’environnement ne contaminent pas que les vaches et les poulets mais le lait des femmes  comme l’ont montré de très sérieuses études. 

La prévention est ainsi parfois bizarre : on dose les toxiques, les métaux lourds dans les huîtres, les coquillages parce qu’ils seront mangés par l’homme et donc risqueraient de le contaminer. Mais d’où viennent ces métaux lourds ? Ne contaminent ils  pas directement l’homme comme les coquillages ? Pourquoi s’arrêtent -on aux coquillages ? Pourquoi ne pas rechercher ces mêmes toxiques chez l’homme ne serait ce que d’un point de vue expérimental ? La réponse est :  parce qu’on ne connaît pas les normes supportables, et pourquoi ne connaît on pas les normes ? Parce qu’on ne pratique pas de dosages chez l'homme ! .. 

On rétorque généralement à ce genre d’argument que nous sommes des privilégiés 
de pouvoir discuter de tout cela le ventre plein, et que c’est de l’égoïsme de vouloir priver le tiers monde des progrès de la science en dénigrant les OGM. 
Les firmes agro alimentaires, dans leur incommensurable altruisme, se vantent de faire cadeau du brevet du riz génétiquement enrichi en vitamine A, au tiers monde ! cela pourra toujours servir de panneau publicitaire à la firme mais guère à la 
santé des populations, en effet pour assurer la couverture vitaminique journalière il faudrait en manger 3 à 4 kilogs/jour ! jusqu’alors qu’elle était la solution ( certes insuffisante ) à la carence en vitamine A ? 
C’était la distribution de capsules de vitammine A, et l’encouragement à faire des potagers pour avoir des légumes riches en cette vitamine. Ainsi en 1997 ces capsules ont été distribuées, par des programmes internationaux, dans 35 des 38 pays où existe encore une carence en cette vitamine. et dans 27 des 40 pays où cette carence est subclinique.( source : UNICEF) 

Coût des capsules : 0,02 dollar chaque soit 0,20 dollar par dose ( soit alentour d’1 franc par enfant par an!) 

Il est aussi proposé d’enrichir les denrées comme on le fait pour l’iode avec le sel. 

D’autre part un riz  non transgénique a été mis au point , avec infiniment moins de publicité par l’ADRAO  ( association pour le développement des rizières en Afrique de l’Ouest), on l’appelle riz Nérica, il provient d’une hybridation à partir d’un riz asiatique très performant par sa productivité, et d’un riz local très résistant à la sécheresse. Les propriétés de Nérica sont  d’arriver à maturité en 90 jours au lieu de 120 ou 150 . Il est résistant aux insectes. Les rendements sont particulièrement élevés :  3 T / hectare, ne nécessitant ni engrais ni irrigation. 

Si le monde développé croule sous les stocks d’une inquiétante surproduction et doit faire appelle au patriotisme des consommateurs : gavez vous encore et encore pour éviter la récession, pour nous sauver d’une crise mondiale, pendant ce temps le tiers monde coincé entre guerre, famine et déstructuration sociale a chaque année le même nombre d’affamés. 
Et ce n’est  pas seulement parce qu’il manque de technique, donnons là aussi quelques chiffres : 

La dette des différents pays , par les intérêts du prêt, ne cesse de croître : 

(source UNICEF1998) Le service de la dette en % des exportations de biens et de service du pays débiteur, entre 1970 et 1995 :

  • Le Bénin est passé de 2 % à 13%, 
    Le Camerounest passé de 3 % à 17%, 

    Costa rica  est passé de 10 % à 15%, 

    Honduras est passé de 3 % à 32 %,  etc....................
    La Banque Mondiale et le  FMI chargés d’impulser et de surveiller la restructuration de ces pays, c’est à dire leur inscription dans les marchés, fait naître des résultats surprenant pour qui prétend aider et montrer le chemin : un exemple entre autre : en Ethiopie lors de la famine de 1984, les meilleures terres étaient cultivées à des fins industrielles et les récoltes destinées au bétail d’Europe. 

Toute critique sociale finit par ressembler à une longue liste de « yaka », et ne pas prendre en compte l’homme tel qu’il est avec ses défauts, son égoïsme. Le libéralisme a trouver la solution : les égoïsmes de chaque citoyen concourent sans  le vouloir au bien collectif, ce qui est terriblement séduisant mais à y regarder de plus près est ce si sûr ? 

 

  -- Géronime Glasgow


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