Le Chichois..dossier OGM 3

 

 

 

 

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DOSSIER OGM

Article paru, dans le chichois, le 17 juin 2002.

LES OGM ENTRE DEBAT ET PUBLICITE.
 

. Une brochure est actuellement distribuée gracieusement et d'office aux lecteurs du " quotidien du médecin ", journal d'information destiné aux médecins généralistes, elle peut même être commandée par paquets de cent pour mettre dans les salles d'attente, toujours gratuitement bien sur. 
Cette brochure, sur papier glacé et en couleur, est éditée par une association 1901 qui s 'est donné pour nom Déba, et a pour but l'information et la transparence sur les Ogm , les biotechnologies en agriculture…. 

Quels sont les membres créateurs et exclusifs de cette association ? …Ne vous posez pas trop de questions métaphysiques, c'est sans surprise, il s'agit des quelques firmes qui ont l'exclusivité de la fabrication et de la commercialisation des Ogm au plan mondial : Monsanto, Aventis, Pioneer Semences, Dupont, Dow Agrusciences, Syngenta. 

        S'agit il de promouvoir un véritable débat ou de lancer une vaste campagne publicitaire sous l'égide des médecins garants des bienfaits sanitaire de tout ce qui est lancé sur le marché ? D'abord si ce sont les médecins qui doivent répandre la bonne parole il serait logique que le ministère de la santé soit impliqué, pour les autorisations de mise sur le marché et de mise en culture des Ogm, comme le réclame différentes associations de consommateurs, et d'écologistes. Or c'est la commission du génie biomoléculaire, liée aux ministères de la recherche, de l'environnement et de l'agriculture qui délivre les autorisations d'expérimentation, de mise sur le marché, et évalue les impacts sur la santé et l'environnement. Pas trace de ministère de la santé.
L'agence Française de sécurité sanitaire des aliments est chargée de la surveillance des risques alimentaires, et justement elle a épinglé plusieurs fois les Ogm pour leur dissémination clandestine - indifférente à la réglementation des états - et pour l'insuffisance des expérimentations sur les risques à long terme.

La procédure réglementaire d'estimation des risques appliquée par les experts scientifiques des organismes internationaux (OCDE, OMS, FAO ) est basée sur le concept d'équivalence substantielle, lequel est justement fortement contesté par nombre de scientifiques, chercheurs dans le public : " Principe selon lequel une fraise contenant un gène de poisson, un gène marqueur de résistance aux antibiotiques et un promoteur de préférence virale est " substantiellement " équivalente à une fraise ordinaire à partir du moment ou elle a une composition physico chimique similaire. L'équivalence en substance n'est qu'un " jugement commercial et politique sous une mascarade scientifique " permettant de court circuiter les essais de toxicologie et organisant le viol du consommateur qui ingérera des chimères génétique à son insu et contre sa volonté. " ( " La guerre au vivant. " Textes écrits sous la direction du professeur J.P.Berlan par quatre chercheurs reconnus).

D'autre part dans ces deux brochures ( l'une pour les médecins a deux pages de plus que l'autre destinée aux patients) il est dit que 50 millions d'hectares sont déjà producteurs d'Ogm. On sait qu'il s'agit pour 30% de végétaux résistants à un insecte par incorporation d'un gène d'une bactérie - Bt - qui était jusque là utilisée sans inconvénients par l'agriculture comme insecticide contre la pyrale du maïs- en particulier en agriculture biologique - et pour 69% par des végétaux résistants à un herbicide. Ce sont ces derniers qui sont présentés par " Déba " comme une alternative à l'agriculture conventionnelle ! ! Alors que ce n'est aucunement une alternative mais la même chose en pire puisque on n'aura pas à se soucier de dose limite d'herbicide, on pourra y aller à grands jets sans crainte de tuer les plants de maïs ! Les doses d'herbicides seront quadruplées et qu'importe la terre et les nappes phréatiques ! C'est ce que les promoteurs appellent : simplifier la procédure, gagner du temps et de la rentabilité ! Et n'oublions pas que Monsanto produit l'herbicide et le maïs résistant, il paraît que ses ventes d'herbicide stagnaient, voilà de quoi les stimuler. 

Dernier petit détail argumentaire de cette brochure publicitaire dont les salles d'attente vont devenir les panneaux publicitaires gratuits. Ils nous prennent vraiment pour des andouilles : On apprend que les plantes transgéniques comprennent des gènes et des protéines comme tous les aliments Ah bon!) et qu'ils sont détruits par la digestion ( à quoi ca sert de manger des protéines, alors ?) mais - Attention - pas les bonnes protéines des ogm qui sont enrichies en " protéines spécifiques essentielles " ou en protéines vaccinales. Quel progrès , les biotechnologies rendent le corps intelligent, capable de faire le tri entre bonne et mauvaises protéines. N'importe quoi. 

Pour un complément d'information à l'article du dernier numéro du Chichois, qui concernait des publicités faites par les industriels de l'agro alimentaire - un peu abusivement - visant les consommateurs via les médecins et leur salle d'attente, nous allons visiter les instances juridiques et scientifiques qui gèrent les autorisations de mise sur le marché et les contrôles ultérieurs des produits alimentaires issus du génie génétique. 

- Les autorisations de mise sur le marché dépendent de la commission Européenne. 
- Les décisions au niveau national sont prises par deux instances : La Commission du Génie Génétique, pour l'expérimentation en laboratoire, elle dépend des ministères de la recherche et de l'environnement et a été créée en 1989. La Commission du Génie Biomoléculaire, pour les expérimentations en champ, elle dépend des ministères de l'environnement et de l'agriculture et a été créée en 1986 

- Le seul organisme sous tutelle du ministère de la santé - ainsi que des ministères de l'agriculture et de l'environnement - est l' Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments. Créée en 1999, c'est à dire après que les autorisations de mise sur le marché aient été données. Elle est saisie par ces ministères pour simple avis et non décision. Ce sont ces avis dans leurs détails et incertitudes qui devraient seuls figurer sur les plaquettes publicitaires pour les OGM de Monsanto et autres Aventis, Dupont etc…destinées aux médecins alors que les industriels les transforment en assentiments dithyrambiques et définitifs, ce qui est à l'évidence mensonger.

Les points principaux sur lesquels se sont heurtés les experts scientifiques de l'Afssa pour évaluer les dangers et bénéfices des OGM semées sont : 

  • - La totale nouveauté de ces plantes et donc l'insuffisance probable des critères des tests - en particulier de l'équivalence substantielle. Que rechercher exactement ? 
  • - L'absence de transparence des dossiers, en particulier sur la construction génétique.
  • - La difficulté de tenir compte en pratique de tous les paramètres. 
  • - Le bénéfice tiré de ces cultures dépend fortement du point de vue choisi ( industriels, paysans ou consommateurs)
  • - L'alimentation sous entend l'absorption d'aliments sur de très longue périodes, alors que l'on ne dispose d'expériences conduites, soit sur une prise unique, soit au maximum sur quelques jours !


L'Afssa donne tout d'abord sa définition des OGM (organisme génétiquement modifié) : 

Organisme = Toute entité biologique capable de se reproduire ou de transférer du matériel génétique (cf directive 2001/18/CE) [3]. 

Organisme génétiquement modifié (OGM) =Organisme, à l'exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d'une manière qui ne s'effectue pas naturellement, par multiplication et/ou par recombinaison (cf directive 2001/18/CE). 

QUELS SONT LES OGM AUTORISES en France ? A ce jour, seulement quatre évènements de transformation végétale sont autorisés pour toute utilisation (culture, importation et transformation industrielle) : 
 - le tabac " ITB-1000-0X " tolérant à un herbicide, mais dont la commercialisation n'a pas été développée ; 

 - le maïs Bt-176 résistant à la pyrale et tolérant à un herbicide ; 

 - le maïs MON 810 résistant à la pyrale ; 

 - le maïs T 25 tolérant à un herbicide. 

Deux évènements de transformation végétale sont autorisés seulement à l'importation en vue de leur transformation industrielle (leur culture n'est donc pas autorisée en Europe). 

 - le soja 40-3-2 tolérant à un herbicide; 

 -le maïs BT-11 résistant à la pyrale et tolérant à un herbicide. 

Concernant les produits issus de plantes génétiquement modifiées, entre 1997 et 1999, 11 aliments ou ingrédients alimentaires pour la consommation humaine ont été mis sur le marché selon une procédure simplifiée telle que prévue par le règlement (CE) n°258/97 [2] : huiles de colza et ingrédients (farine, semoule, amidon, gluten, glucose, huile) obtenus à partir de maïs.

Au plan international, le Codex alimentarius a également élaboré un projet de lignes directrices pour l'évaluation des dossiers OGM (Guideline for the conduct of safety assessment of foods derived from modified plants), en se fondant, notamment, sur la consultation FAO/OMS d'experts internationaux (Safety aspects of genetically modified foods of plant origi.

Revenons aux différentes questions posées par les experts scientifiques de l'Afssa
 

  • Ainsi le critère d'équivalence substantielle, dont il est dit dans la plaquette publicitaire qu'il serait LE critère garantissant l'innocuité des actuels OGM. Qu'en est il dans les avis de l'Afssa ? 
"L' avis aboutit à plusieurs conclusions ou recommandations :  L'AFSSA estime que l'évaluation des risques tout en utilisant le concept de l'équivalence substantielle (c'est à dire la comparaison avec les organismes existants utilisés comme aliments ou sources d'aliments) ne doit pas exonérer de l'évaluation des produits OGM selon des protocoles expérimentaux complets. L'évolution en cours de la réglementation européenne qui supprime la procédure simplifiée reposant sur cette notion d'équivalence substantielle est donc justifiée. ".
" Le concept d'équivalence substantielle, caractérise une approche qui vise à comparer les caractéristiques analytiques d'un nouveau produit (alimentaire) avec celles d'un produit "conventionnel" (pour une plante OGM, par rapport à la lignée parentale de la même plante non modifiée). L'application de ce concept ne constitue pas une preuve définitive de l'innocuité d'un nouveau produit; le résultat de la comparaison est un des éléments de l'évaluation de risques d'un produit issu d'OGM ou en contenant " 

" Dans le cas d'un OGM, du fait de l'introduction, de la modification ou de la suppression d'un caractère l'organisme résultant est a priori différent ; l'évaluation du risque sur la seule démonstration de l'équivalence substantielle n'est donc pas suffisante et ne permet pas de s'exonérer de l'évaluation de la sécurité de tels produits". 

" Il convient de noter que cette notion d'équivalence substantielle pour les OGM étant très controversée au sein de l'Union européenne, le projet de nouveau règlement relatif aux aliments génétiquement modifiés destinés à l'homme et à l'animal prévoit de supprimer la procédure simplifiée . Ces tests peuvent être considérés comme nécessaires mais probablement pas suffisants. Toutefois, on se trouve dans l'incapacité d'appliquer aux aliments les mêmes tests que ceux définis pour évaluer la toxicité des substances chimiques, des médicaments et même de certains additifs alimentaires. Les aliments issus de plantes Génétiquement Modifiées peuvent en effet constituer jusqu'à 90% de la ration de certains animaux de ferme durant la plus grande partie de leur vie. On est alors amené à conclure sur la nécessité d'effectuer des tests sur de tels animaux, consommateurs primaires des plantes GM: feuilles, racines, tiges, graines. Ces tests permettent d'envisager l'évaluation de la toxicité éventuelle simultanément de l'ADN introduit, de la protéine exprimée, et des résidus des traitements des plantes par les pesticides lors de leur vie végétative". 

 
  • TRANSPARENCE SUR LA CONSTRUCTION GENETIQUE ET TRANSPARENCE DES DOSSIERS
" Il apparaît que les données habituellement fournies dans les dossiers décrivant les séquences d'ADN insérées ou supprimées devraient être complétées par la séquence du transgène et des régions faisant la jonction avec le génome. Ces données supplémentaires permettraient en effet :
- de vérifier si le fragment inséré est bien identique à celui qui avait été introduit dans le vecteur transformant ; 

- d'examiner l'environnement du gène inséré ; 

- de localiser l'insert dans le génome de la plante 

L'AFSSA estime que les dossiers devraient, en plus des données habituellement fournies, être complétés par les séquences du transgène et des régions faisant la jonction avec le génome de l'espèce hôte, afin de vérifier l'identité du transgène introduit et de connaître sa localisation et son environnement. Les nouvelles techniques qui se développent actuellement pour l'analyse de l'expression des gènes pourront être utilisées pour détecter d'éventuelles modification résultant de l'intégration du transgène. "

" Les plantes génétiquement modifiées, entrent déjà de façon massive dans les aliments des animaux dans de nombreux pays. En effet, plus de 50 Millions d'hectares de soja, de mais, de coton, de colza ont été cultivés en 2001 dans le monde. Les états ou les groupes d'états (La Commission Européenne) disposent d'informations précises et d'outils scientifiques adaptés pour l'évaluation des conséquences de leur utilisation pour la santé des animaux et de l'homme. Toutefois, ces informations utilisées pour délivrer les autorisations de diffusion ou de mise en marché des nouvelles plantes sont peu accessibles aux scientifiques et au grand public. " 
 

  •  PEUT ON EVALUER L'INTOXICATION CHRONIQUE telle qu'elle pourrait se produire avec une alimentation à base d'OGM ? 
" Alors que les seuls éléments disponibles concernent des essais de toxicité aiguë (administration unique du produit du gène), l'AFSSA considère que des études de toxicité subchronique devraient être exigées sur des animaux de laboratoire. Seules de telles études permettent de révéler des effets potentiels d'une exposition prolongée sur les systèmes vitaux, notamment immunitaires, hormonaux et reproducteurs. "
" En 1997-1999, dans le cadre de leurs réflexions pour la mise sur le marché de nouveaux aliments destinés à l'alimentation (effets délétères animals et humains), les experts de la CIIAA  et du CSHPF évoquaient l'importance des essais de toxicité à plus long terme sur animal de laboratoire afin de mettre en évidence des potentiels sur les systèmes vitaux, notamment immunitaire et reproducteur. " 

Difficultés de la mise en œuvre d'un essai de toxicité subchronique dans le cas des plantes : Au regard de ce qui est fait pour les médicaments et les enzymes utilisés en alimentation humaine ou animale, une toxicité subchronique pourrait être envisagée sur animal de laboratoire (rat, souris, cobaye). Toutefois, on se heurte à certaines difficultés dans le cas des plantes : 

- le produit du gène n'est pas consommé à l'état pur mais avec d'autres composants de la plante,

- il peut être difficile d'obtenir des quantités suffisantes du produit du gène et de s'assurer que la préparation soumise à l'essai après extraction est bien équivalente à celle qui sera effectivement consommée,

- l'administration d'une dose suffisamment élevée doit respecter l'équilibre alimentaire de l'animal. 

Eléments sur lesquels fonder le choix de la durée de l'essai 
 a / Administration orale réitérée pendant 28 jours. Certains experts estiment que la durée minimale d'exposition pour mettre en évidence des effets sur les organes sexuels chez le rat est de 28 jours, du fait notamment des caractéristiques du cycle de maturation des gamètes. 

Une étude de toxicité de 28 jours est généralement considérée comme préliminaire à une étude à long terme. Elle est acceptable lorsque le produit bénéficie déjà d'un historique et donc de données bibliographiques et/ou de pharmacovigilance attestant de sa bonne tolérance. Le corollaire de cette durée d'exposition courte est l'utilisation de doses fortes, qui peuvent être atteintes avec les médicaments ou les produits chimiques, mais pas avec un aliment. Celui-ci constitue généralement plus de 50 % de la ration, si l'on veut strictement respecter l'équilibre nutritionnel de l'animal.

b /  Administration orale réitérée pendant 3 ou 6 mois Le fait que l'exposition animale ou humaine aux OGM soit chronique, impose que l'on procède à des expositions, elles aussi, de type chronique. La durée d'exposition de 3 mois paraît être un bon compromis entre une étude de toxicité de 28 jours et une étude de 6 mois. Elle permet en effet de révéler, avec une meilleure probabilité, des effets potentiels sur les systèmes vitaux, notamment immunitaires, hormonaux et reproducteurs et de possibles effets liés à des phénomènes d'accumulation. C'est par ailleurs la durée d'exposition recommandée et habituellement suivie pour l'évaluation de la sécurité des enzymes utilisées comme auxiliaires technologiques en alimentation humaine ou comme additifs en alimentation animale. 

Protocole retenu pour l'évaluation de la toxicité subchronique du produit de gène sur animal de laboratoire (rat, souris, cobaye) 
 Durée d'exposition : 90 jours Cette étude vise à mettre en évidence de potentiels effets délétères sur le développement d'organes ou systèmes vitaux lors d'une exposition à long terme. Une durée d'exposition de 90 jours paraît appropriée. "

 Nous allons continuer à citer les conclusions de L'agence Française de sécurité Sanitaire des aliments concernant les risques et les avantages des OGM. Conclusions fort éloignées des louanges dont se parent les géants de l'agro-alimentaire dans une brochure qui va bientôt inonder les salles d'attente des cabinets médicaux - brochure dont nous avions parlé dans les deux Numéros  précédents du Chichois.
Les multinationales ne peuvent elles être poursuivies pour : 

-- publicité mensongère ( truquant les conclusions des experts scientifiques et s'abritant sous le patronage d'acteurs qui ne sont pas plus que d'autres qualifiés sur la question, mais sont les garants reconnus de la santé: les médecins. )

-- Publicité abusive ( envahissant un espace que l'on peut considérer comme privé : le colloque singulier médecin / patient) ?

Rappelons que ces publicité abusives et mensongères sont publiées par une association qui s'appelle " Déba " et dont les fondateurs sont Monsanto, Dupont, Aventis et Pioneer. !  Elles sont envoyées à tous les médecins généralistes afin qu'ils en mettent des paquets dans leurs salles d'attentes.

Donc voici les conclusions des experts de l'AFSSA aux questions posées par le gouvernement - ministère de la santé, de l'agriculture en particulier - sur les points sensibles de l'évaluation des risques et des bénéfices, tant pour l'homme que pour le bétail, des OGM. 

" DIFFICULTE DES ESSAIS EN TENANT COMPTE DE TOUS LES PARAMETRES
A quelques exceptions près, les seuls éléments disponibles relatifs à la toxicité ont été obtenus par des administrations uniques (toxicité aiguë) à des animaux de laboratoire, réalisées avec la protéine purifiée.

L'objectif de ces études, réalisées avec le produit OGM ou issu d'OGM (parties de la plante ou produits dérivés destinés à la consommation), d'abord sur animal de laboratoire, puis éventuellement sur animal cible est de mettre en évidence des effets potentiels d'une consommation régulière d'un produit par l'homme ou l'animal, et des effets toxiques inattendus ou non intentionnels qui ne se seraient pas révélés dans les études de toxicité aiguë ou subchronique.

Les essais sur animal cible, c'est à dire sur au moins une espèce d'animaux de ferme (monogastriques, ruminants), consommateurs habituels des produits désignés apparaissent nécessaires en raison : 

-- De la sensibilité différente des espèces à certains facteurs anti-nutritionnels, hormonomimétiques, 

--Aux particularités de leur physiologie digestive ; 

-- Du fait que leur ration peut contenir jusqu'à 90 % de la plante génétiquement modifiée durant la vie entière de l'animal ;

-- Du métabolisme particulier de certains animaux et du risque de stockage éventuel de produits potentiellement toxiques dans certains organes et tissus spécifiques (le foie par exemple). " 

Tous ces paramètres ne sont pas - loin s'en faut - pris en compte aujourd'hui dans les études, l'AFSSA conseille de ne pas se satisfaire de quelques études très partielles, qui de plus donnent des résultats très contradictoires. Arrêtons là pour ce qui est des incertitudes des tests prouvant l'absence de nocivité des OGM.
En guise de conclusion de ce sujet citons encore l'afssa : " Les dangers objectifs et potentiels concernant la sécurité sanitaire des aliments, peuvent naître essentiellement des faits suivants : 1) une plante transgénique peut synthétiser une protéine étrangère qui pourrait produire des effets toxiques aigus ou à long terme et/ou des effets allergéniques ; 2) l'extinction de gènes ou l'expression de séquences silencieuses propres au génome de la plante d'origine pourrait conduire à un effet inattendu. Dans le cas des plantes transgéniques, l'insertion du transgène pourrait induire de tels phénomènes dans la plante transformée ; 3) les interactions métaboliques, discrètes ou non, pourraient faire apparaître des métabolites non prévisibles et toxiques."

Voyons ce qu'il en est des bénéfices attendus et vantés par les promoteurs des OGM. 
En effet les géants de l'agro-alimentaire mettent en avant les avantages pour l'environnement de leurs nouveaux produits ! ( Signalons que les maîtres de l'agro-Alimentaire ne reconnaissent les méfaits des produits phyto-sanitaires utilisés souvent en excès que pour en proposer d'autres encore plus rentables pour eux, et plus incertains pour les consommateurs.) 

Pour 98% des 53 millions d'hectares d'OGM cultivées dans le monde. Il s'agit des plantes rendues résistantes à un herbicide ou à des insectes. Dans les deux cas, l'objectif était de faciliter la culture ou la conservation des végétaux concernés. Mais dans les deux cas, des bénéfices possibles pour la santé ont été allégués : une moindre consommation de pesticides et, dans le cas d'OGM résistants aux insectes, une résistance plus forte aux champignons, avec pour corollaire une moindre consommation de mycotoxines.

Après avoir rappelé les dangers de l'exposition aux pesticides l'AFSSA conclut : l'utilisation d'OGM peut diminuer les expositions professionnelles aux pesticides mais change les données de contamination des écosystèmes (pollution racinaire et diffusion éventuelle des séquences codantes pour des pesticides ou des enzymes de métabolisation) et d'exposition des consommateurs (ingestion accrue des matières actives ou des métabolites). Il est donc important de couvrir l'ensemble de ces aspects par des méthodologies adéquates d'évaluation des bénéfices et des risques. 

D'autre part il y aurait bien une diminution de l'utilisation de certains pesticides …mais une large augmentation d'un autre : le glyphosate ( c à d le " Round up " vendu par Monsando et auquel les semences OGM sont rendues résistantes !). Une discussion entre les experts scientifiques de l'AFSSA suit l'exposition des différentes études menées jusqu'à présent. Citons un avis, entre autres, sur l'interprétation de ces études :: J.F. NARBONNE " En matière de réduction de pesticides, il faut aussi observer que l'agriculture raisonnée entraîne également une réduction des pesticides utilisés. La quantité totale consommée n'a qu'une signification relative, dans la mesure où l'efficacité des pesticides s'accroît considérablement au fil du temps. En outre, le principe de l'agriculture raisonnée, conduisant à ne traiter que lorsque cela est nécessaire, engendre aussi en elle-même une réduction d'utilisation des pesticides. Il faudrait donc comparer aux OGM un type d'agriculture raisonnée et non l'agriculture conventionnelle "

. AVANTAGE ECONOMIQUE OU POUR LA SANTE ?
Il est utile de signaler que les modifications des semences ne répondent pas à une demande formulée par les agriculteurs mais sont une offre, un projet des seuls chercheurs et industriels. De plus les besoins quantitatifs et qualitatifs sont globalement satisfaits et les consommateurs, non plus ne sont pas demandeurs d'OGM. Il apparaît nettement que ce sont uniquement des critères de production, et non des critères de qualité que l'on cherche à atteindre.

" L'évolution depuis 1996 des caractéristiques des plantes est apparu, en particulier, que la notion de " bénéfice " pouvait avoir une signification divergente selon les intérêts en jeu et les points de vue adoptés ". 

Reste que les critères de production pourraient être primordiaux pour le tiers monde. Mais écoutons là aussi les experts : " Si dans les pays en voie de développement l'enjeu alimentaire des OGM paraît important, les avis divergent fortement sur les possibilités réelles d'application. Dans tous les cas il est nécessaire de bien évaluer la pertinence d'une part des objectifs nutritionnels identifiés et d'autre part du choix des techniques de transgénèse par rapport à d'autres solutions impliquant la sélection traditionnelle, les possibilités technologiques ou une réflexion sur les régimes alimentaires et leur formulation. "

" Les problèmes nutritionnels ( des pays en développement) sont aggravés par l'industrie alimentaire qui procède au raffinage des aliments. Plutôt que de mettre en cause les dérives de l'industrie agroalimentaire, les OGM permettent aux industries alimentaires de se livrer à une fuite en avant perpétuelle. Pour les pays en développement, il s'agit avant tout d'une question de planification du développement. Nous avons planifié leur dépendance alimentaire. Des cultures vivrières ont été sacrifiées pour des cultures à l'exportation permettant de nourrir notre bétail. Il s'agit d'une question politique. Les scientifiques doivent-ils servir de couverture pour ne pas dénoncer des dérives agro-industrielles et pour camoufler une non-responsabilisation des politiques concernant la planification du développement" .

. QUEL PEUT ETRE LE BENEFICE D'UNE ALIMENTATION A BASE D'OGM POUR LE BETAIL ? 
" Les résultats expérimentaux compilés à l'occasion de la présente revue arrêtée au 30 Octobre 2001 font apparaître peu de bénéfices directs liés à la modification génétique des plantes actuellement disponibles pour leur utilisation dans l'alimentation animale.

De plus et là aussi en totale contradiction avec les affirmations des publicistes de l'agro alimentaire , des études ont retrouvé la " présence d'ADN provenant des OGM ingérés, dans les contenus intestinaux. Il a été aussi mis en évidence la présence de fragments d'ADN végétal de maïs, d'origine chloroplastique dans les excreta ainsi que dans les muscles du poulet et dans une moindre mesure dans le lait de vache .
"

. AU TOTAL NI L'INOCUITE NI LES AVANTAGES DES OGM n'ont de preuves, on peut aussi bien affirmer l'inverse. La demande ne vient ni des consommateurs ni des agriculteurs.

Donc ATTENDONS. 

Les citations entre guillemets sont toutes tirées des dernières publications de l’Afssa.

  -- Géronime Glasgow


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