.
Une brochure est actuellement distribuée gracieusement
et d'office aux lecteurs du " quotidien du médecin ",
journal d'information destiné aux médecins généralistes,
elle peut même être commandée par paquets de
cent pour mettre dans les salles d'attente, toujours gratuitement
bien sur.
Cette brochure, sur papier glacé
et en couleur, est éditée par une association 1901
qui s 'est donné pour nom Déba, et a pour but l'information
et la transparence sur les Ogm , les biotechnologies en agriculture….
Quels sont les membres créateurs
et exclusifs de cette association ? …Ne vous posez pas trop de
questions métaphysiques, c'est sans surprise, il s'agit
des quelques firmes qui ont l'exclusivité de la fabrication
et de la commercialisation des Ogm au plan mondial : Monsanto,
Aventis, Pioneer Semences, Dupont, Dow Agrusciences, Syngenta.
S'agit il de promouvoir un véritable débat ou de
lancer une vaste campagne publicitaire sous l'égide des médecins
garants des bienfaits sanitaire de tout ce qui est lancé sur
le marché ? D'abord si ce sont les médecins qui doivent
répandre la bonne parole il serait logique que le ministère
de la santé soit impliqué, pour les autorisations de
mise sur le marché et de mise en culture des Ogm, comme le
réclame différentes associations de consommateurs, et
d'écologistes. Or c'est la commission du génie biomoléculaire,
liée aux ministères de la recherche, de l'environnement
et de l'agriculture qui délivre les autorisations d'expérimentation,
de mise sur le marché, et évalue les impacts sur la
santé et l'environnement. Pas trace de ministère de
la santé.
L'agence Française de sécurité
sanitaire des aliments est chargée de la surveillance des risques
alimentaires, et justement elle a épinglé plusieurs
fois les Ogm pour leur dissémination clandestine - indifférente
à la réglementation des états - et pour l'insuffisance
des expérimentations sur les risques à long terme.
La procédure réglementaire d'estimation
des risques appliquée par les experts scientifiques des organismes
internationaux (OCDE, OMS, FAO ) est basée sur le concept d'équivalence
substantielle, lequel est justement fortement contesté par
nombre de scientifiques, chercheurs dans le public : " Principe
selon lequel une fraise contenant un gène de poisson, un gène
marqueur de résistance aux antibiotiques et un promoteur de
préférence virale est " substantiellement " équivalente
à une fraise ordinaire à partir du moment ou elle a
une composition physico chimique similaire. L'équivalence en
substance n'est qu'un " jugement commercial et politique sous une
mascarade scientifique " permettant de court circuiter les essais
de toxicologie et organisant le viol du consommateur qui ingérera
des chimères génétique à son insu et contre
sa volonté. " ( " La guerre au vivant. " Textes écrits
sous la direction du professeur J.P.Berlan par quatre chercheurs reconnus).
D'autre part dans ces deux brochures ( l'une
pour les médecins a deux pages de plus que l'autre destinée
aux patients) il est dit que 50 millions d'hectares sont déjà
producteurs d'Ogm. On sait qu'il s'agit pour 30% de végétaux
résistants à un insecte par incorporation d'un gène
d'une bactérie - Bt - qui était jusque là utilisée
sans inconvénients par l'agriculture comme insecticide contre
la pyrale du maïs- en particulier en agriculture biologique -
et pour 69% par des végétaux résistants à
un herbicide. Ce sont ces derniers qui sont présentés
par " Déba " comme une alternative à l'agriculture
conventionnelle ! ! Alors que ce n'est aucunement une alternative
mais la même chose en pire puisque on n'aura pas à se
soucier de dose limite d'herbicide, on pourra y aller à grands
jets sans crainte de tuer les plants de maïs ! Les doses d'herbicides
seront quadruplées et qu'importe la terre et les nappes phréatiques
! C'est ce que les promoteurs appellent : simplifier la procédure,
gagner du temps et de la rentabilité ! Et n'oublions pas que
Monsanto produit l'herbicide et le maïs résistant, il
paraît que ses ventes d'herbicide stagnaient, voilà de
quoi les stimuler.
Dernier petit détail argumentaire de
cette brochure publicitaire dont les salles d'attente vont devenir
les panneaux publicitaires gratuits. Ils nous prennent vraiment pour
des andouilles : On apprend que les plantes transgéniques comprennent
des gènes et des protéines comme tous les aliments Ah
bon!) et qu'ils sont détruits par la digestion ( à quoi
ca sert de manger des protéines, alors ?) mais - Attention
- pas les bonnes protéines des ogm qui sont enrichies en "
protéines spécifiques essentielles " ou en protéines
vaccinales. Quel progrès , les biotechnologies rendent le corps
intelligent, capable de faire le tri entre bonne et mauvaises protéines.
N'importe quoi.
Pour
un complément d'information à l'article du dernier numéro
du Chichois, qui concernait des publicités faites par les industriels
de l'agro alimentaire - un peu abusivement - visant les consommateurs
via les médecins et leur salle d'attente, nous allons visiter
les instances juridiques et scientifiques qui gèrent les autorisations
de mise sur le marché et les contrôles ultérieurs
des produits alimentaires issus du génie génétique.
-Les autorisations de mise sur le marché dépendent
de la commission Européenne.
- Les décisions au niveau national sont
prises par deux instances : La Commission du Génie Génétique,
pour l'expérimentation en laboratoire, elle dépend des
ministères de la recherche et de l'environnement et a été
créée en 1989. La Commission du Génie Biomoléculaire,
pour les expérimentations en champ, elle dépend des
ministères de l'environnement et de l'agriculture et a été
créée en 1986
- Le seul organisme sous tutelle du ministère
de la santé - ainsi que des ministères de l'agriculture
et de l'environnement - est l' Agence Française de Sécurité
Sanitaire des Aliments. Créée en 1999, c'est à
dire après que les autorisations de mise sur le marché
aient été données. Elle est saisie par ces ministères
pour simple avis et non décision. Ce sont ces avis dans leurs
détails et incertitudes qui devraient seuls figurer sur les
plaquettes publicitaires pour les OGM de Monsanto et autres Aventis,
Dupont etc…destinées aux médecins alors que les industriels
les transforment en assentiments dithyrambiques et définitifs,
ce qui est à l'évidence mensonger.
Les
points principaux sur lesquels se sont heurtés les experts
scientifiques de l'Afssa pour évaluer les dangers et bénéfices
des OGM semées sont :
-
La totale nouveauté de ces plantes et donc l'insuffisance
probable des critères des tests - en particulier de l'équivalence
substantielle. Que rechercher exactement ?
-
L'absence de transparence des dossiers, en particulier sur la
construction génétique.
-
La difficulté de tenir compte en pratique de tous les paramètres.
-
Le bénéfice tiré de ces cultures dépend
fortement du point de vue choisi ( industriels, paysans ou consommateurs)
-
L'alimentation sous entend l'absorption d'aliments sur de très
longue périodes, alors que l'on ne dispose d'expériences
conduites, soit sur une prise unique, soit au maximum sur quelques
jours !
L'Afssa donne tout d'abord sa définition
des OGM (organisme génétiquement modifié)
: Organisme
= Toute entité biologique capable de se reproduire ou de transférer
du matériel génétique (cf directive 2001/18/CE)
[3]. Organisme génétiquement modifié
(OGM) =Organisme,
à l'exception des êtres humains, dont le matériel
génétique a été modifié d'une manière
qui ne s'effectue pas naturellement, par multiplication et/ou par
recombinaison (cf directive 2001/18/CE).
QUELS
SONT LES OGM AUTORISES en France ?
A ce jour, seulement quatre évènements de transformation
végétale sont autorisés pour toute utilisation
(culture, importation et transformation industrielle) :
- le tabac
" ITB-1000-0X " tolérant à
un herbicide, mais dont la commercialisation n'a pas été
développée ;
- le maïs
Bt-176 résistant à
la pyrale et tolérant à un herbicide ;
- le maïs
MON 810 résistant à
la pyrale ;
- le maïs
T 25 tolérant à un
herbicide.
Deux évènements de transformation
végétale sont autorisés seulement à l'importation
en vue de leur transformation industrielle (leur culture n'est donc
pas autorisée en Europe).
- le soja
40-3-2 tolérant à un
herbicide;
-le maïs
BT-11 résistant à la
pyrale et tolérant à un herbicide.
Concernant les produits issus de plantes génétiquement
modifiées, entre 1997 et 1999, 11 aliments ou ingrédients
alimentaires pour la consommation humaine ont été mis
sur le marché selon une procédure simplifiée
telle que prévue par le règlement (CE) n°258/97
[2] : huiles de colza et ingrédients (farine, semoule, amidon,
gluten, glucose, huile) obtenus à partir de maïs.
Au plan international, le Codex alimentarius
a également élaboré un projet de lignes directrices
pour l'évaluation des dossiers OGM (Guideline for the conduct
of safety assessment of foods derived from modified plants), en se
fondant, notamment, sur la consultation FAO/OMS d'experts internationaux
(Safety aspects of genetically modified foods of plant origi.
Revenons
aux différentes questions posées par les experts scientifiques
de l'Afssa.
Ainsi
le critère d'équivalence substantielle, dont
il est dit dans la plaquette publicitaire qu'il serait LE critère
garantissant l'innocuité des actuels OGM. Qu'en est il
dans les avis de l'Afssa ?
"L'
avis aboutit à plusieurs conclusions ou recommandations :
L'AFSSA estime que l'évaluation des risques tout en utilisant
le concept de l'équivalence substantielle (c'est à dire
la comparaison avec les organismes existants utilisés comme
aliments ou sources d'aliments) ne doit pas exonérer de l'évaluation
des produits OGM selon des protocoles expérimentaux complets.
L'évolution en cours de la réglementation européenne
qui supprime la procédure simplifiée reposant sur cette
notion d'équivalence substantielle est donc justifiée.
".
" Le concept d'équivalence substantielle,
caractérise une approche qui vise à comparer les caractéristiques
analytiques d'un nouveau produit (alimentaire) avec celles d'un produit
"conventionnel" (pour une plante OGM, par rapport à la lignée
parentale de la même plante non modifiée). L'application
de ce concept ne constitue pas une preuve définitive de l'innocuité
d'un nouveau produit; le résultat de la comparaison est un
des éléments de l'évaluation de risques d'un
produit issu d'OGM ou en contenant "
" Dans le cas d'un OGM, du fait de l'introduction,
de la modification ou de la suppression d'un caractère l'organisme
résultant est a priori différent ; l'évaluation
du risque sur la seule démonstration de l'équivalence
substantielle n'est donc pas suffisante et ne permet pas de s'exonérer
de l'évaluation de la sécurité de tels produits".
" Il convient de noter que cette notion d'équivalence
substantielle pour les OGM étant très controversée
au sein de l'Union européenne, le projet de nouveau règlement
relatif aux aliments génétiquement modifiés destinés
à l'homme et à l'animal prévoit de supprimer
la procédure simplifiée . Ces tests peuvent être
considérés comme nécessaires mais probablement
pas suffisants. Toutefois, on se trouve dans l'incapacité d'appliquer
aux aliments les mêmes tests que ceux définis pour évaluer
la toxicité des substances chimiques, des médicaments
et même de certains additifs alimentaires. Les aliments issus
de plantes Génétiquement Modifiées peuvent en
effet constituer jusqu'à 90% de la ration de certains animaux
de ferme durant la plus grande partie de leur vie. On est alors amené
à conclure sur la nécessité d'effectuer des tests
sur de tels animaux, consommateurs primaires des plantes GM: feuilles,
racines, tiges, graines. Ces tests permettent d'envisager l'évaluation
de la toxicité éventuelle simultanément de l'ADN
introduit, de la protéine exprimée, et des résidus
des traitements des plantes par les pesticides lors de leur vie végétative".
TRANSPARENCE
SUR LA CONSTRUCTION GENETIQUE ET TRANSPARENCE DES DOSSIERS
"
Il apparaît que les données habituellement fournies dans
les dossiers décrivant les séquences d'ADN insérées
ou supprimées devraient être complétées
par la séquence du transgène et des régions faisant
la jonction avec le génome. Ces données supplémentaires
permettraient en effet :
- de vérifier si le fragment inséré
est bien identique à celui qui avait été introduit
dans le vecteur transformant ;
- d'examiner l'environnement du gène
inséré ;
- de localiser l'insert dans le génome
de la plante
L'AFSSA estime que les dossiers devraient, en
plus des données habituellement fournies, être complétés
par les séquences du transgène et des régions
faisant la jonction avec le génome de l'espèce hôte,
afin de vérifier l'identité du transgène introduit
et de connaître sa localisation et son environnement. Les nouvelles
techniques qui se développent actuellement pour l'analyse de
l'expression des gènes pourront être utilisées
pour détecter d'éventuelles modification résultant
de l'intégration du transgène. "
"
Les plantes génétiquement modifiées, entrent déjà
de façon massive dans les aliments des animaux dans de nombreux
pays. En effet, plus de 50 Millions d'hectares de soja, de mais, de
coton, de colza ont été cultivés en 2001 dans le
monde. Les états ou les groupes d'états (La Commission
Européenne) disposent d'informations précises et d'outils
scientifiques adaptés pour l'évaluation des conséquences
de leur utilisation pour la santé des animaux et de l'homme.
Toutefois, ces informations utilisées pour délivrer les
autorisations de diffusion ou de mise en marché des nouvelles
plantes sont peu accessibles aux scientifiques et au grand public. "
PEUT
ON EVALUER L'INTOXICATION CHRONIQUE telle qu'elle pourrait se
produire avec une alimentation à base d'OGM ?
"
Alors que les seuls éléments disponibles concernent des
essais de toxicité aiguë (administration unique du produit
du gène), l'AFSSA considère que des études de toxicité
subchronique devraient être exigées sur des animaux de
laboratoire. Seules de telles études permettent de révéler
des effets potentiels d'une exposition prolongée sur les systèmes
vitaux, notamment immunitaires, hormonaux et reproducteurs. "
" En 1997-1999, dans le cadre de leurs réflexions
pour la mise sur le marché de nouveaux aliments destinés
à l'alimentation (effets délétères animals
et humains), les experts de la CIIAA et du CSHPF évoquaient
l'importance des essais de toxicité à plus long terme
sur animal de laboratoire afin de mettre en évidence des potentiels
sur les systèmes vitaux, notamment immunitaire et reproducteur.
" Difficultés de la mise en œuvre d'un
essai de toxicité subchronique dans le cas des plantes: Au regard de ce qui est fait pour les médicaments et les
enzymes utilisés en alimentation humaine ou animale, une toxicité
subchronique pourrait être envisagée sur animal de laboratoire
(rat, souris, cobaye). Toutefois, on se heurte à certaines difficultés
dans le cas des plantes :
- le produit du gène n'est pas consommé
à l'état pur mais avec d'autres composants de la plante,
- il peut être difficile d'obtenir des quantités
suffisantes du produit du gène et de s'assurer que la préparation
soumise à l'essai après extraction est bien équivalente
à celle qui sera effectivement consommée,
- l'administration d'une dose suffisamment élevée
doit respecter l'équilibre alimentaire de l'animal.
Eléments sur lesquels fonder le choix
de la durée de l'essai a / Administration
orale réitérée pendant 28 jours.
Certains experts estiment que la durée minimale d'exposition
pour mettre en évidence des effets sur les organes sexuels chez
le rat est de 28 jours, du fait notamment des caractéristiques
du cycle de maturation des gamètes.
Une étude de toxicité de 28 jours
est généralement considérée comme préliminaire
à une étude à long terme. Elle est acceptable lorsque
le produit bénéficie déjà d'un historique
et donc de données bibliographiques et/ou de pharmacovigilance
attestant de sa bonne tolérance. Le corollaire de cette durée
d'exposition courte est l'utilisation de doses fortes, qui peuvent être
atteintes avec les médicaments ou les produits chimiques, mais
pas avec un aliment. Celui-ci constitue généralement plus
de 50 % de la ration, si l'on veut strictement respecter l'équilibre
nutritionnel de l'animal. b /Administration
orale réitérée pendant 3 ou 6 mois
Le fait que l'exposition animale ou humaine aux OGM soit chronique,
impose que l'on procède à des expositions, elles aussi,
de type chronique. La durée d'exposition de 3 mois paraît
être un bon compromis entre une étude de toxicité
de 28 jours et une étude de 6 mois. Elle permet en effet de révéler,
avec une meilleure probabilité, des effets potentiels sur les
systèmes vitaux, notamment immunitaires, hormonaux et reproducteurs
et de possibles effets liés à des phénomènes
d'accumulation. C'est par ailleurs la durée d'exposition recommandée
et habituellement suivie pour l'évaluation de la sécurité
des enzymes utilisées comme auxiliaires technologiques en alimentation
humaine ou comme additifs en alimentation animale.
Protocole
retenu pour l'évaluation de la toxicité subchronique du
produit de gène sur animal de laboratoire (rat, souris, cobaye)
Durée
d'exposition : 90 jours Cette étude
vise à mettre en évidence de potentiels effets délétères
sur le développement d'organes ou systèmes vitaux lors
d'une exposition à long terme. Une durée d'exposition
de 90 jours paraît appropriée. "
Nous
allons continuer à citer les conclusions de L'agence Française
de sécurité Sanitaire des aliments concernant les risques
et les avantages des OGM. Conclusions fort éloignées des
louanges dont se parent les géants de l'agro-alimentaire dans
une brochure qui va bientôt inonder les salles d'attente des cabinets
médicaux - brochure dont nous avions parlé dans les deux
Numéros précédents du Chichois.
Les multinationales ne peuvent elles être
poursuivies pour :
-- publicité mensongère ( truquant
les conclusions des experts scientifiques et s'abritant sous le patronage
d'acteurs qui ne sont pas plus que d'autres qualifiés sur la
question, mais sont les garants reconnus de la santé: les médecins.
) ?
-- Publicité abusive ( envahissant un espace
que l'on peut considérer comme privé : le colloque singulier
médecin / patient) ?
Rappelons
que ces publicité abusives et mensongères sont publiées
par une association qui s'appelle " Déba " et dont les fondateurs
sont Monsanto, Dupont, Aventis et Pioneer. ! Elles sont envoyées
à tous les médecins généralistes afin qu'ils
en mettent des paquets dans leurs salles d'attentes.
Donc
voici les conclusions des experts de l'AFSSA aux questions posées
par le gouvernement - ministère de la santé, de l'agriculture
en particulier - sur les points sensibles de l'évaluation des
risques et des bénéfices, tant pour l'homme que pour le
bétail, des OGM.
"
DIFFICULTE DES ESSAIS EN TENANT COMPTE DE TOUS LES PARAMETRES
A quelques exceptions près, les seuls éléments
disponibles relatifs à la toxicité ont été
obtenus par des administrations uniques (toxicité aiguë)
à des animaux de laboratoire, réalisées avec la
protéine purifiée.
L'objectif de ces études, réalisées
avec le produit OGM ou issu d'OGM (parties de la plante ou produits
dérivés destinés à la consommation), d'abord
sur animal de laboratoire, puis éventuellement sur animal cible
est de mettre en évidence des effets potentiels d'une consommation
régulière d'un produit par l'homme ou l'animal, et des
effets toxiques inattendus ou non intentionnels qui ne se seraient pas
révélés dans les études de toxicité
aiguë ou subchronique.
Les essais sur animal cible, c'est à dire
sur au moins une espèce d'animaux de ferme (monogastriques, ruminants),
consommateurs habituels des produits désignés apparaissent
nécessaires en raison :
-- De la sensibilité différente
des espèces à certains facteurs anti-nutritionnels, hormonomimétiques,
--Aux particularités de leur physiologie
digestive ;
-- Du fait que leur ration peut contenir jusqu'à
90 % de la plante génétiquement modifiée durant
la vie entière de l'animal ;
-- Du métabolisme particulier de certains
animaux et du risque de stockage éventuel de produits potentiellement
toxiques dans certains organes et tissus spécifiques (le foie
par exemple). "
Tous
ces paramètres ne sont pas - loin s'en faut - pris en compte
aujourd'hui dans les études, l'AFSSA conseille de ne pas se satisfaire
de quelques études très partielles, qui de plus donnent
des résultats très contradictoires. Arrêtons là
pour ce qui est des incertitudes des tests prouvant l'absence de nocivité
des OGM.
En guise de conclusion de ce sujet citons encore
l'afssa : " Les dangers objectifs et potentiels concernant la sécurité
sanitaire des aliments, peuvent naître essentiellement des faits
suivants : 1) une plante transgénique peut synthétiser
une protéine étrangère qui pourrait produire des
effets toxiques aigus ou à long terme et/ou des effets allergéniques
; 2) l'extinction de gènes ou l'expression de séquences
silencieuses propres au génome de la plante d'origine pourrait
conduire à un effet inattendu. Dans le cas des plantes transgéniques,
l'insertion du transgène pourrait induire de tels phénomènes
dans la plante transformée ; 3) les interactions métaboliques,
discrètes ou non, pourraient faire apparaître des métabolites
non prévisibles et toxiques."
Voyons
ce qu'il en est des bénéfices attendus et vantés
par les promoteurs des OGM.
En effet les géants de l'agro-alimentaire
mettent en avant les avantages pour l'environnement de leurs nouveaux
produits ! ( Signalons que les maîtres de l'agro-Alimentaire ne
reconnaissent les méfaits des produits phyto-sanitaires utilisés
souvent en excès que pour en proposer d'autres encore plus rentables
pour eux, et plus incertains pour les consommateurs.)
Pour 98% des 53 millions d'hectares d'OGM cultivées
dans le monde. Il s'agit des plantes rendues résistantes à
un herbicide ou à des insectes. Dans les deux cas, l'objectif
était de faciliter la culture ou la conservation des végétaux
concernés. Mais dans les deux cas, des bénéfices
possibles pour la santé ont été allégués
: une moindre consommation de pesticides et, dans le cas d'OGM résistants
aux insectes, une résistance plus forte aux champignons, avec
pour corollaire une moindre consommation de mycotoxines.
Après avoir rappelé les dangers
de l'exposition aux pesticides l'AFSSA conclut : l'utilisation d'OGM
peut diminuer les expositions professionnelles aux pesticides mais change
les données de contamination des écosystèmes (pollution
racinaire et diffusion éventuelle des séquences codantes
pour des pesticides ou des enzymes de métabolisation) et d'exposition
des consommateurs (ingestion accrue des matières actives ou des
métabolites). Il est donc important de couvrir l'ensemble de
ces aspects par des méthodologies adéquates d'évaluation
des bénéfices et des risques.
D'autre part il y aurait bien une diminution de
l'utilisation de certains pesticides …mais une large augmentation d'un
autre : le glyphosate ( c à d le " Round up " vendu par Monsando
et auquel les semences OGM sont rendues résistantes !). Une discussion
entre les experts scientifiques de l'AFSSA suit l'exposition des différentes
études menées jusqu'à présent. Citons un
avis, entre autres, sur l'interprétation de ces études
:: J.F. NARBONNE " En matière de réduction de pesticides,
il faut aussi observer que l'agriculture raisonnée entraîne
également une réduction des pesticides utilisés.
La quantité totale consommée n'a qu'une signification
relative, dans la mesure où l'efficacité des pesticides
s'accroît considérablement au fil du temps. En outre, le
principe de l'agriculture raisonnée, conduisant à ne traiter
que lorsque cela est nécessaire, engendre aussi en elle-même
une réduction d'utilisation des pesticides. Il faudrait donc
comparer aux OGM un type d'agriculture raisonnée et non l'agriculture
conventionnelle "
.
AVANTAGE ECONOMIQUE OU POUR LA SANTE ?
Il est utile de signaler que les modifications
des semences ne répondent pas à une demande formulée
par les agriculteurs mais sont une offre, un projet des seuls chercheurs
et industriels. De plus les besoins quantitatifs et qualitatifs sont
globalement satisfaits et les consommateurs, non plus ne sont pas demandeurs
d'OGM. Il apparaît nettement que ce sont uniquement des critères
de production, et non des critères de qualité que l'on
cherche à atteindre.
" L'évolution depuis 1996 des caractéristiques
des plantes est apparu, en particulier, que la notion de " bénéfice
" pouvait avoir une signification divergente selon les intérêts
en jeu et les points de vue adoptés ".
Reste que les critères de production pourraient
être primordiaux pour le tiers monde. Mais écoutons là
aussi les experts : " Si dans les pays en voie de développement
l'enjeu alimentaire des OGM paraît important, les avis divergent
fortement sur les possibilités réelles d'application.
Dans tous les cas il est nécessaire de bien évaluer la
pertinence d'une part des objectifs nutritionnels identifiés
et d'autre part du choix des techniques de transgénèse
par rapport à d'autres solutions impliquant la sélection
traditionnelle, les possibilités technologiques ou une réflexion
sur les régimes alimentaires et leur formulation. "
" Les problèmes nutritionnels ( des
pays en développement) sont aggravés par l'industrie alimentaire
qui procède au raffinage des aliments. Plutôt que de mettre
en cause les dérives de l'industrie agroalimentaire, les OGM
permettent aux industries alimentaires de se livrer à une fuite
en avant perpétuelle. Pour les pays en développement,
il s'agit avant tout d'une question de planification du développement.
Nous avons planifié leur dépendance alimentaire. Des cultures
vivrières ont été sacrifiées pour des cultures
à l'exportation permettant de nourrir notre bétail. Il
s'agit d'une question politique. Les scientifiques doivent-ils servir
de couverture pour ne pas dénoncer des dérives agro-industrielles
et pour camoufler une non-responsabilisation des politiques concernant
la planification du développement" .
.
QUEL PEUT ETRE LE BENEFICE D'UNE ALIMENTATION A BASE D'OGM POUR LE
BETAIL ?
" Les résultats expérimentaux
compilés à l'occasion de la présente revue arrêtée
au 30 Octobre 2001 font apparaître peu de bénéfices
directs liés à la modification génétique
des plantes actuellement disponibles
pour leur utilisation dans l'alimentation animale.
De plus et là aussi en totale contradiction
avec les affirmations des publicistes de l'agro alimentaire , des études
ont retrouvé la " présence d'ADN provenant des OGM ingérés,
dans les contenus intestinaux. Il a été aussi mis en évidence
la présence de fragments d'ADN végétal de maïs,
d'origine chloroplastique dans les excreta ainsi que dans les muscles
du poulet et dans une moindre mesure dans le lait de vache .
"
. AU TOTAL NI L'INOCUITE NI LES AVANTAGES DES
OGM n'ont de preuves, on peut aussi bien affirmer l'inverse. La
demande ne vient ni des consommateurs ni des agriculteurs.
Donc ATTENDONS.
Les
citations entre guillemets sont toutes tirées des dernières
publications de l’Afssa.