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Société. N° 60 -- 01 / 05 / 2003
La mondialisation financière comme celle de la production ont accru les déséquilibres tant entre pays riches et pauvres qu'à l'intérieur des pays mêmes : le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) le rappelait dans son rapport de l'année dernière : les 1,3 milliard d'habitants des pays les plus pauvres sont 86 fois moins riches que les Nord Américains. Alors que les débats sur la mondialisation occupent de plus en plus de place dans l'actualité française, les petits producteurs et artisans du Sud restent soumis à une pression sauvage des lois du commerce.Pour les producteurs la pression des intermédiaires (multinationales, commanditaires, groupes industriels) est de plus en plus forte : les prix et les conditions d'achat sont imposés. Pression d'autant plus écrasante pour les petits producteurs qui n'ont pas d'accès direct au marché mondial. Dans ces conditions, un petit paysan ou artisan ne peut vivre dignement de son travail. Il est couramment obligé de travailler dans des conditions comparables à l'esclavage, faire travailler ses enfants, et renier son environnement social, économique, écologique et culturel. Développé depuis plusieurs années par différentes associations dans le monde et en particulier en Europe, le commerce équitable obéit à des principes élémentaires simples, afin de garantir aux petits producteurs du Sud des conditions de vie décentes, et la possibilité de prendre en charge eux-mêmes leur développement. Il concerne essentiellement les produits alimentaires ( riz, café, chocolat, jus .... ) et artisanaux produits dans le Tiers Monde, mais ses principes peuvent s'appliquer aux produits industriels. Le commerce équitable est une solution résolument moderne et efficace pour lutter contre les déséquilibres du commerce mondial et leurs conséquences. Visant à établir un rapport d'échanges satisfaisants pour tous - du producteur au consommateur - le commerce équitable est fondé sur les principes suivants : assurer une juste rémunération du travail des producteurs et artisans les plus défavorisés, leur permettant de satisfaire leurs besoins élémentaires : santé, éducation, logement, protection sociale· garantir le respect des droits fondamentaux des personnes (refus de l'exploitation des enfants, de l'esclavage... ) instaurer des relations durables entre partenaires économiques favoriser la préservation de l'environnement proposer aux consommateurs des produits de qualité. Les produits sont achetés directement aux petits producteurs, généralement regroupés en coopératives. Le prix d'achat est équitablement déterminé et constamment supérieur à celui du marché Des systèmes de pré-financement des récoltes sont mis en place, ce qui évite l'endettement coûteux auprès d'usuriers Les relations contractuelles sont durables, sur la base de contrats de partenariat à part entière et à long terme En contrepartie, les petits producteurs s'engagent sur la qualité des produits Les bénéfices sont affectés par la coopérative elle-même suivant des principes démocratiques, et servent à financer le développement local. Des chiffres. En octobre 2000 : 9 % des français ont entendu parlé du commerce équitable, en octobre 2002, ils sont 32% (sondages Ipsos). Le commerce équitable aujourd'hui c'est plus de 850 groupements de producteurs concernés, c'est aussi plus de 800 000 travailleurs qui font vivre 5 millions de personnes dans environ 50 pays. Juridiction...1997 : création de FLO (Fair Trade Labelling Organisations International). Il est chargé de coordonner les initiaitves en matière d'homologation au titre du commerce équitable, d'élaborer des critères internationaux de commerce équitable pour chaque produit et de coordonner la surveillance requise pour faire en sorte que ces critères soient respectés par les commerçants et par les producteurs. - 1997 : création de la Plateforme française pour le Commerce équitable, elle compte une trentaine de membres. Elle regroupe une dizaine de structures de commerce équitable en France : Andines, Artisans du Soleil, Artisal, l’Aspal, Artisanat-SEL, Fédération Artisans du Monde, Solidar’Monde, le CCFD et Max Havelaar France. D’autres organisations telles que des boutiques et des structures de solidarité internationale et d'éducation au développement sont également membres de la Plate-forme. Cette Plate-forme poursuit l’objectif général de promouvoir et de consolider le commerce équitable en France. - 1998 : Les principaux organismes internationaux du commerce équitable se sont regroupés pour constituer une structure informelle appelée FINE. C.D
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