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Scoop . N° 60 -- 01 / 05 / 2003
Du 14 au 21 Mai 2003 le navire Rainbow Warrior ( les guerriers de l'arc en ciel) de l'association Greeepeace sera de nouveau à Sète pour une semaine d'information. Le Rainbow Warrior II, 58 mètres, est le navire amiral de la flotte Greenpeace. Ce 14 Mai les journées organisées avec le Rainbow Warrior porteront sur la campagne de mobilisation pour la protection des forêts anciennes. Journées d'information sur la protection des forêts anciennes mer 14 à dim 18 mai 2003, à Sète. Stand Greenpeace avec photos, posters, documents, tronçonneuse de 18 m de long : - mer 14 de 14h à 18h, aux Pierres Blanches - jeu 15 de 10h à 18h, aux Pierres Blanchesprobablement au port de plaisance mais veuillez consulter la page de Greenpeace.fr régulièrement afin d'en être tout à fait certain - risque de changement en raison de discussion avec la municipalité ). Dates suivantes: probablement à une autre emplacement. Les membres de l'organisation Greenpeace répondront à toutes les questions posées.
L'an dernier c'était l'ancien brise glace russe " L'Esperanza " qui était venu accoster pendant plusieurs jours au quai du Midi. Son équipe organisait à l'attention d'un public nombreux des conférences sur les dangers industriels.
Le choix de Sète pour cette semaine d'information. Il faut noter que Sète est toute indiquée pour aborder ce sujet. En effet, le port de Sète est le portail sud de la filière bois et est un centre de négoce international de bois tropicaux pour la Méditerranée. Ainsi, le port de l'Ile singulière est classé 1er de la filière bois au niveau national. Par le port de Sète (Hérault), gèré par la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie) de Sète arrivent en France des bois tropicaux d’Afrique, des Amériques, et d’Asie. Chaque année environ 120'000 tonnes de bois tropicaux arrivent au port de Sète, dont les deux tiers sont sous forme de grumes (= de troncs) provenant principalement d’Afrique (80. 000 tonnes de grumes ( = de troncs) et 36.000 tonnes de bois sciés (= planches, carrelets, …). Pour la CCI de Sète, la filière des bois tropicaux est une activité importante, à preuve le nouveau parc à bois en cours de réalisation 2003, pour un coût de 710.000 Euros provenant de fonds publics, ou encore le futur Hangar de stockage pour bois sciés (5000 m2) pour un cout de 700.000 Euros, à réaliser vers 2005. Les acteurs de la filière « bois tropicaux » sont localisés en divers sites sur la place de Sète : dans le port industriel, dans la ZI des Eaux Blanches, près de Frontignan, dans certains quartiers de la ville. Ces entreprises qui vivent de l’exploitation et parfois de la destruction des forêts tropicales sont des importateurs, des scieries, des négociants en import-export, des revendeurs, et parfois cumulent plusieurs activités sous divers noms de sociétés. Tableau résumé de quelques sociétés de la filière « bois tropicaux » à Sète
Cette scie de 18 mètre sera exposée à Sète à Sète à partir du mercredi 14 / 05 Ces importateurs traitent directement avec les compagnies forestières exploitant sur le terrain en Afrique, en Amérique du Sud, ou en Asie, et aussi avec d’autres compagnies européennes qui elles ont des filiales dans les régions tropicales. Les importateurs de la place de Sète connaissent bien l’état des forêts anciennes, comme nombre d’entre eux effectuent couramment des voyages de prospection en Afrique ou en Asie ou encore en Amérique du Sud. Certains importateurs qui appartiennent à des sociétés multinationales (Indubois appartient au groupe danois DLH ; Sofrabois appartient au groupe néerlandais Wijma) ont des batiments, des hangars, des bureaux, à la fois dans le port industriel et dans la ZI des Eaux Blanches. Les principales scieries, qui traitent les bois de diverses sociétés d’importation et de négoce, ainsi que les bois tropicaux qu’elles peuvent acheter parfois directement aux exploitants forestiers africains, sont : La Scierie du Port, dans le port industriel La Scierie de l’Etang d’Ingril, près de la RN-112 Le complexe des installations de sciage Bois Nord Sud et Sud-Sechage (anciennement Scierie Vetter), dans la ZI des Eaux Blanches Le Comptoir Languedocien des Sciages (qui appartient à Sofrabois) , dans le port industriel La scierie de Bois Tropicaux du Midi, dans le port industriel.
D’où viennent des grumes africaines importées à Sète ? Les importateurs de bois tropicaux connaissent bien la situation des forêts anciennes exploitées présentement en Afrique occidentale. Parce qu’eux-mèmes ou leurs proches collaborateurs se rendent régulièrement dans les pays producteurs pour examiner certaines concessions forestières et conduire des négociations avec les exploitants et exportateurs. Les importateurs de bois tropicaux de Sète avec qui nous avons pu parler n’ignorent pas que la majorité des forêts anciennes sont exploitées – en Afrique - de façon brutale, sans respect ni pour l’écosystème ni pour les populations indigènes. Certains parmi les gros importateurs, lors de conversations que nous avons eues , ont confié leur inquiétude quant à la disparition progressive de la ressource « bois tropical » dans plusieurs pays où ils s’approvisionnent (Libéria, Gabon, Cameroun, Congo,...). Un importateur de Sète (qui souhaite garder l’anonymat) nous a confié les données d’une partie de son commerce de bois tropicaux africains, pour une courte periode de 10 mois. Pour un volume de 9993,9 m3 correspondant à 2676 grumes (troncs), qui sont arrivés à Sète transportés par 16 bateaux différents. Cet importateur a fait négoce de 20 essences différentes, dont les principales sont le niangon (36.5%), puis le fraké (9.6%), le sipo et le samba. Pres de 80% des grumes importées d’Afrique ne représentent que six essences différentes. Les dix essences les moins fréquentes ne constituent que 6% des quelques 10'000 m3 considérés. Pour un volume d’environ 7200 m3 (près de 1600 troncs) importé par ce négociant à Sète, nous connaissons l’origine géographique des arbres coupés. Six pays africains sont concernés, et il faut noter ici que le Liberia a été le principal fournisseur (56%) durant cette période concernant 2001 et 2002. Certaines essences proviennent de divers pays : ainsi les quelques 880 m3 de sipo proviennent du Cameroun (9,4%), du Congo (28,5 %), du Gabon (9,6%), du Liberia (31,5%), et de RCA (21,0%). D’autres essences ne proviennent que d’un pays : tout le samba (780 m3) provient du Libéria, tout comme le niangon (1143 m3) ou le framiré (628 m3). Quant à l’iroko (709 m3), 60% provient du Liberia et 40% de RCA. 56% des grumes importées à Sète par cette entreprise proviennent du Liberia, un pays en proie à de nombreux troubles civils, mené par un président autoritaire (Charles Taylor) en connivence avec de puissantes sociétés forestières, comme par exemple : OTC = Oriental Timber Company RTC = Royal Timber Company MWPI = Maryland Wood Processing Industry. Le commerce de bois africain à l'origine de conflits et de pauvreté. Durant ces 3 années, des bois tropicaux (grumes et sciages) ont été importés dans ces 5 pays européens pour une valeur de 3 milliards et 656 millions d’Euros. Le plus important importateur de bois tropicaux a été la France, pour une valeur totale (1999-2001) de 1 milliard et 165 millions d’Euros, soit 32% de la valeur totale pour les 5 pays européens. Plusieurs rapports publiés dans les trois dernières années par le Conseil de sécurité des Nations Unies et l'ONG britannique Global Witness ont souligné l'importance du commerce de bois dans les conflits armés de la région du fleuve Mano (Libéria, Sierra Leone, Guinée) et dans la République démocratique du Congo (RDC). Malheureusement, la communauté internationale, pour l'heure, n'a aucun pouvoir législatif autre que des sanctions de la part des Nations Unies visant à interdire l'exportation du bois-conflit Les tentatives récentes d'embargo sur le commerce de bois libérien se sont soldées par une puissante opposition politique de la part des principaux pays importateurs, à savoir la Chine et la France. Les débats à l'échelle internationale sur l'interdiction de la production et du commerce de bois-conflit sont étroitement liés au problème croissant de l'exploitation forestière illégale. Malheureusement, de nombreux négociants internationaux continuent à commercialiser le bois en provenance de sociétés connues pour leurs pratiques d'exploitation forestière illégale et/ou d'alimentation de conflits armés. Les négociants en bois nient souvent toute implication et renvoient la responsabilité aux pays producteurs. Reconnaître l'importance politique de l'exploitation forestière en Afrique, c'est comprendre pourquoi les solutions au problème génèrent tant d'opposition. La communauté internationale doit donc à tout prix se mobiliser pour faire contrepoids. EMBARGO SUR LES BOIS LIBERIENS ! New York/Paris, le 7 mai 2003 : Après deux ans de campagne de Greenpeace, les pays membres du Conseil de sécurité ont voté hier à New York une nouvelle résolution qui inclut un embargo sur toutes les exportations de produits bois du Libéria et à destination des pays membres des Nations unies. Cet embargo durera dix mois et prendra effet à partir du 7 juillet 2003. Greenpeace, qui fait pression sur le gouvernement français depuis 2001 pour que celui-ci pousse, au Conseil de sécurité des Nations unies, un embargo sur les bois libériens, se félicite de cette décision. Les Nations unies reconnaissent ainsi que ce commerce du bois ne profitait qu'à quelques membres du gouvernement libérien et aux milices qui lui sont rattachées et non pas aux populations locales qui souffrent depuis des années des guerres civiles. L'année dernière, en tant que deuxième importateur de bois du Libéria, la France avait entravé ces mêmes négociations au Conseil de sécurité des Nations unies. Greenpeace avait fortement réagi et poussé le gouvernement dans ses derniers retranchements en menant une action de blocage d'un navire transportant du bois libérien à Sète, en février 2002. Depuis le mois de janvier de cette année, Greenpeace informe et sollicite la Présidence de la République et le Ministère des Affaires Etrangères pour que la France change sa position sur les importations en bois libériens. Le premier signe d'évolution positive est venu de la conseillère de M. de Villepin, qui a reconnu les liens entre commerce de bois et trafic d'armes dans cette région d'Afrique. Mercredi dernier, Greenpeace a rencontré le Président de la République, Jacques Chirac, et l'a alerté du fait que la France n'exigeait toujours pas d'embargo au Conseil de sécurité des Nations unies. Le Président s'est dit proche de la position de Greenpeace et a admis les liens entre bois et armes au Libéria. Suite à l'intervention de Greenpeace, Monsieur Jacques Chirac a donné des instructions précises à ses conseillers pour que la France soutienne un embargo sur les exportations de bois libériens au sein du Conseil de sécurité. Ce changement de position quant au Libéria a permis aux Britanniques, appuyé par les Américains, de proposer un embargo sur les bois libériens dans le texte de la prochaine résolution."La France, en cessant de s'opposer à un embargo sur l'exportation des bois libériens, a permis de débloquer la situation. Il va maintenant falloir que le gouvernement s'assure que cet embargo soit respecté et que les compagnies qui ne s'y plieraient pas soient sanctionnées. Les compagnies importatrices devraient dès maintenant cesser leurs importations des grumes de la guerre " déclare Ludovic Frère, chargé de la campagne Forêts à Greenpeace France. Greenpeace continue de s'opposer à l'exploitation abusive et illégale des dernières forêts anciennes d'Afrique, d'Amazonie et d'Asie. L'embargo sur les " grumes de la guerre " du Libéria représente un pas décisif vers une prise de conscience des gouvernements concernant la valeur des forêts tropicales et l'urgence de leur préservation pour l'équilibre de la biodiversité terrestre. Greenpeace restera vigilante quant à son application et aux missions d'experts de l'ONU qui pourraient vouloir remettre en cause cet embargo. Louis Ernesto/ Greenpeace / hardwoodmarkets
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Tableau résumé de quelques sociétés de la filière « bois tropicaux » à Sète :
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