J.Chirac
veut relancer la lutte contre le cancer, comme Reagan l’avait fait, il
y a quelques dizaines d’années.
Pour
se donner du cœur à l’ouvrage on commence par quelques pub ultra
sentimentales à la télé, puis des articles chantant
déjà victoire comme celui de M. de Pracontal dans le nouvel
observateur, mais que disent les statistiques, que peut on leur faire dire
?
Nous
avons choisi comme source d’information :
-
Les Registres départementaux des cancers ( ils portent sur la totalité
des tumeurs dans 12 départements - dont l’Hérault - et sont
partiels, spécialisés dans telle ou telle autre localisation
des tumeurs dans 12 autres départements)
.
- Les publications du CIRC ( centre international de recherche sur le cancer).
-
Celles de l’INSERM (institut national de la santé et de la recherche
médicale).
-
Les études du 18ème congrès international sur le cancer.
-
La lettre du comité d’information des professions de santé.
-
Les études menées à l’INRA dans le laboratoire de
toxicologie alimentaire.
QUELLES SONT LES DONNEES CONNUES , ET LES TENDANCES PREVISIONNELLES DE
L’EVOLUTION DANS LES VINGT PROCHAINES ANNEES ?
Les
cancers en très forte augmentation sont : ceux du sein, de la prostate
(fréquence multipliée par 4 entre 75 et 95 ), de la thyroïde,
du poumon chez la femme, du cerveau.
Ceux
dont la fréquence diminue - sans que l’on ait la moindre explication
- sont les leucémies, la maladie de hodgkin.
D’autres
sont à peu près stables ou en légère diminution
: utérus ; poumon et voie aérodigestive supérieures
chez l’homme grace à la diminution ou, au moins à la stabilisation
de la consommation de tabac et d’alcool.
1995
(INSERM).
«
Un accroissement considérable des nouveaux cas de cancer de la prostate
dans la population (incidence) a été constaté au cours
de ces dernières années. Aux Etats-Unis l'augmentation de
cette incidence est de 80 % dans les 5 dernières années.
»
«
Il existe des disparités géographiques dans l'incidence
du cancer de la prostate qui est, en France proche des incidences européennes
; une incidence trois fois plus faible qu'aux États-Unis et 10 fois
plus forte que les pays asiatiques ou indiens. Ces différences suggèrent
le rôle de l'alimentation dans le cancer de la prostate. En fonction
de la race, l'incidence de ce cancer est plus importante chez les noirs
nord américains (1,5 à 2 fois plus que les blancs. »
«
Le cancer du sein progresse constamment de 1.5% par an. On prévoit
qu'en l'an 2000, au lieu d'une femme sur neuf comme actuellement, le pourcentage
pourrait atteindre une sur huit ! Cette augmentation vaut pour tous les
groupes d'âge incluant les jeunes femmes. De meilleurs moyens de
diagnostic ne suffisent pas à expliquer cette augmentation importante,
ni le fait que les femmes vivent plus longtemps. »
Pour
le cancer du sein « l’incidence en Europe fin 1999 :
En
Europe, la France occupe une place médiane tant pour le nombre de
nouveaux cas que pour la mortalité, entre les pays de l’Europe du
nord, à risque élevé, et ceux du sud, à risque
plus faible.
-
la plus élevée : 120 pour 100 000 aux Pays-Bas
-
la plus basse en Espagne et en Grèce : 61-63 pour 100 000. »
Cancer
de la thyroïde :
«
En France, les cancers thyroïdiens représentent environ
1,3 % des cancers incidents avec 3700 cas estimés en 2000. Cette
localisation tumorale est en augmentation depuis les années 1970....
On observe une augmentation de l’incidence des cancers de la thyroïde
dès le début de la période d'analyse avec une augmentation
moyenne annuelle de 3,1 % chez les hommes et de 4,9 % chez les femmes :
entre 1978 et 1997, l’incidence des cancers de la thyroïde a augmenté
de 70 % chez les hommes alors qu’elle a doublé chez les femmes.
Cette augmentation prend une forme exponentielle à partir de la
génération née en 1925 et est essentiellement due
au cancer papillaire qui s'accroît de 6,2 % et 8,1 % par an respectivement
chez l’homme et chez la femme sur toute la période. »
Heureusement
ces trois cancers surviennent sur un organe non vital - dont on peut donc
faire l’exérèse totale - et facilement observable, ils sont
donc dépistables à un stade précoce. Ainsi l’augmentation
importante de leur incidence aggrave dans une moindre mesure l’accroissement
de la mortalité. Ce qui n’est pas le cas pour les cancers du poumon
- relativement stables - les cancers du cerveau en très nette augmentation,
ni pour ceux du foie qui ne sont généralement détectés
qu’à un stade trop tardif où la chirurgie est impraticable.
Il
est certain que des chiffres statistiques sont souvent d’interprétation
délicate. Ainsi une augmentation en pourcentage des cancers par
rapport aux autres causes de mortalité peut être due à
une diminution de ces autres causes ( cardio vasculaires, infectieuses,
traumatiques...), à un meilleur diagnostic, à un vieillissement
de la population...