Le Chichoiscomment fonctionne un incinérateur  
 

 
 
 

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Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau . N° 56

COMMENT CA MARCHE UN INCINERATEUR ? 

Sète s’est doté d’un bel incinérateur dans les années 1980 . Depuis quelques années le débat est chaud pour évaluer ses éventuels effets nocifs sur la santé, sur l’environnement et pour savoir quels remèdes nous sommes à même d’administrer. 

Le premier problème est de connaître les toxiques qui sont libérés dans l’environnement, de savoir leur mode de dissémination pour juger où les chercher, et d’avoir une vague idée des doses de toxique que peuvent supporter la flore et la faune ( y compris l’être humain ) et donc des normes. Le second problème est de faire les dosages nécessaires et de les rendre publics. Enfin de discuter démocratiquement des solutions.  Avant de tenter d’aborder un débat contradictoire à propos de l’incinérateur de Sète, en interrogeant les acteurs locaux, faisons un état des lieux . Pourquoi et comment se débarrasser des ordures ménagères ? Quels sont les principes de l’incinération ? Quels en sont les avantages et les risques ? Qu’en est il des contrôles et de la législation ? 

POURQUOI L’ INCINERATION des ordures ? On a pensé pouvoir réduire la masse des ordures dites ménagères ( venant des ménages, entreprises, hôpitaux et cliniques) dans un rapport de 10 à 1, tout en récupérant de l’énergie ( électrique et thermique ) et des matières de remblaiement des routes ! belle affaire mais... pas tant que ça ! 
En attendant nous en produisons 8 millions de tonnes par an et 250 produits chimiques sont rejetés par l’incinérateur, produits chimiques dont nous ne connaissons qu’une infime partie des effets.
Il reste 3 millions de tonnes de cendres, mais aussi des particules solides dans les fumées et des matières de dépollution tout aussi encombrantes et toxiques et 3% de cendres volantes. Ces matières de dépollution sont de la chaux, de l’ammoniac, du carbone activé que l’on que l’on mélange aux gaz pour les neutraliser, et qui se retrouvent, à leur tour,chargées de toxiques. Nous produisons de plus en plus d’ordures (emballages, plastiques, piles électriques, peinture, produits chlorés) et elles arrivent non triées dans l’incinérateur. 

QUELS SONT LES DECHETS DE L ‘INCINERATEUR ? Les principaux, c’est à dire ceux que l’on a identifié, mesuré et rapporté à tel ou tel effet, sont : -Les dioxines. On commence à s’en méfier, mais les enquetes épidémiologiques - reliant une dose à des effets sont très rares.
      Les métaux lourds - on connaît les pathologies et les seuils de toxicité d’un très petit nombre d’entre eux. Donc on les dose peu, irrégulièrement et l’on ne sait pas quoi en dire. Ainsi sur le site internet d’IFREMER, les derniers dosages rendus publics datent de 1998 - les dosages dans les coquillages, en divers point de l’étang de Thau ne sont pratiqués que tous les deux ans ! 
Chez l’homme on peut les doser dans le sang, les cheveux, l’urine ou les fèces mais qu’en fait on puisque pour la plus part d’entre eux on ignore les seuils toxiques... donc on ne les dose pas... 
     des gaz nocifs tels : Le monoxide de carbone, l’oxyde d’azote. Selon la température dans la cheminée ce sera plus ou moins de ces gaz ou des dioxines qui se retrouveront dans les fumées et l’atmosphère. 

COMMENT LES DETECTER ? Dans la cheminée des incinérateurs sont insérés des détecteurs pour 5 ou 6 toxiques - alors que 250 autres toxiques ont été identifiés mais ne seront pas prise en compte.
Les dosages de dioxine - entre autre - ne sont pas notés en continu mais seulement de temps en temps, et donc des pics de présence, dans les fumées, peuvent passer inaperçus.
Il faudrait faire des dosages réguliers de tous les toxiques potentiellement présents. Mais qui et sur quels critères va déclarer que c’est toxique ... si une maladie n’est pas encore rattachée à un corps chimique ? 
Que faire d’un dosage, s’il n’y a pas de norme à laquelle le comparer ? Et pourquoi s’intéresser à un corps que l’on ne peut mesurer, ni comparer à une norme, ni relier à une pathologie ? 
Donc on ne dose que les corps chimiques que l’on connaît déjà bien, et même pour ceux là la norme est instable, variant selon les pays, les expériences au cours du temps et le prix des différentes solutions. Et donc varient aussi l’appréciation des mesures à prendre pour l’éliminer ou plutôt rester en deçà d’un certain seuil. 
Il a fallut plusieurs dizaines d’années pour reconnaître l’implication de l’amiante ou du plomb dans des pathologies avérées. 

OU LES TROUVER ? dans la terre, l’air, l’eau, les animaux, les humains (en particulier le lait et donc les bébés !) par l’intermédiaire des gaz et particules dans les fumées rejetées par l’incinérateur, des cendres, des machefers, des filtres et autres matières de dépollution qui tous restent après incinération et font s’effondrer l’illusion de se débarrasser - écologiquement - des 9/10èmes des ordures ménagères au sens large . Il en reste beaucoup plus, ces résidus sont toxiques et sont disséminés à l'échelle planétaire ( particules légères dans les fumées, « recyclage » des machefer- riches en métaux lourds et dioxines - dans les entreprises de travaux publics et polluant les terrains et les eaux, cendres toxiques mises en décharge ordinaires.) 

QUELS SONT LES SYMTOMES ? Encore une fois les enquêtes épidémiologiques sur la nocivité des produits rejetés par l’incinérateur sont rarissimes. Il faut noter qu’elles sont difficiles à interpréter car la circulation automobile - en ville - ou les pesticides - à la campagne - donnent des symptômes proches. 
L’une de ces enquetes a été menée, en 94 ; par des chercheurs de l’Inserm U 435 de Rennes, de l’ institut Européen des génomutations de Lyon, et de l’Afssap, sur les effets tératogènes repérables sur les nouveaux nés : Ils constatent " un risque élevé et significatif (...) pour les fentes orales, les dysplasies rénales, les mégacolons et les anomalies urinaires ". Il s'agit, entre autres, de malformations faciales, sexuelles, des reins, etc. Sur la période considérée, les incinérateurs de déchets auraient ainsi provoqué la naissance de nombre d'enfants malformés, par anomalies chromosomique ou par « autre malformations majeure ».
Une augmentation significative du nombre de cancers et une baisse de fertilité masculine ont aussi notées dans d’autres études.

QUELLES SOLUTIONS ? Certaines des substances toxiques sont connues avec une certaine précision, mais pas leur seuil de nocivité, ni le rapport dose/effet, ni leur effet cumulé avec d’autres sources de pollution. 
Il nous faut réduire notre production - la plus part du temps inutile - de cocktail chimique que nous libérons dans l’environnement, la réduire à la source et perfectionner le fonctionnement des incinérateurs, améliorer le tri, réfléchir à d’autres solutions .......... Si nous ne voulons pas mourir engloutis sous nos propres déchets.

A suivre .. Géronime Glasgow

 



 

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  10 / 02 / 2003
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