Le ChichoisThérapie génique

 

 

 

 

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2003




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Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau . N° 55

LA GRANDE AVENTURE DE LA THERAPIE GENIQUE.

Clonage, thérapie génique ou cellulaire…, autant de mots qui appartiennent à l’actualité. Porteurs d’immenses espoirs pour certains, pourvoyeurs de frayeurs, de perplexité ou d’indifférence pour d’autres, ces avancées médicales ont le mérite d’interpeller par leur complexité. Depuis 1998, l’Association française contre les myopathies (AFM) s’investit à fond dans ces avancées médicales en récoltant des fonds lors des célèbres Téléthons. En « planchant » sur les myopathies, les chercheurs ont ouvert la voie à une amélioration, voire guérison de plusieurs maladies génétiques.
Pour savoir de quoi il retourne, le Chichois a répondu présent à l’invitation de l’AFM) au Génopole d’Evry (Essonne). Cette percée au cœur de la génétique, qui commence avec « l’histoire » de l’AFM, se poursuivra dans notre prochaine édition.

Nouvelle frontière pour l’Association française contre les myopathies. Après 5 années (1998/2002) consacrées au développement des outils et des réseaux pour la mise au point de la thérapie génique et forte des 1e percées thérapeutiques obtenues pour des maladies considérées comme incurables, l’Association française contre les myopathies (AFM) est entrée de plain-pied dans l’ère de l’expérimentation des « génothérapies ». En 1998, l’AFM lançait la « grande tentative ». Elle consistait en un projet visant à la mise en place d’un réseau de collaboration nationales et internationales sur la mise au point des techniques de thérapie génique. Ces 5 ans ont uni les compétences, construit les réseaux, motivé les chercheurs, fédérer les ambitions, inventer. Durant ces 5 ans, d’importantes pistes ont été établies pour des maladies considérées comme incurables. Les réseaux et les outils sont d’abord Généthon III, fer de lance de la recherche en vectorologie. Depuis 1997, il se consacre à l’étude des vecteurs viraux et non viraux et de leurs capacités à transférer des gènes in vivo, à la mise au point de techniques de contrôle des gènes transférés, à l’étude des interactions avec le système immunitaire, à la mise en place de procédés optimisés et reproductibles pour la production et la purification des vecteurs. Entre 1998 et 2002, l’AFM a consacré 57 millions d’Euros à Généthon et attribué 196 subventions à la recherche des vecteurs dans le cadre de ses appels d’offres généraux. Dans le même temps, les chercheurs de Généthon ont sorti 151 publications scientifiques.

Un mariage de… santé. En 1999, l’AFM a créé un laboratoire de 120 m2 commun à Généthon et à la Harvard médical school à Boston (USA) Cette alliance porte sur le développement de procédés communs de fabrication de vecteurs viraux, la production de vecteurs pour répondre à la demande nord-américaine, la réalisation pour Généthon d’expérimentations pré-cliniques aux fins d’évaluation des stratégies de thérapie génique dans diverses pathologies (dystrophies musculaires, hémophilie, maladies cardiovasculaires, etc), le développement de la recherche sur le transfert des gènes dans le muscle.

Cette collaboration étroite et permanente entre les équipes du laboratoire français et de l’université américaine a pour but de favoriser le transfert des acquis technologiques vers des protocoles cliniques. L’AFM a investi 11,8 millions d’Euros pour ce partenariat. De son côté, Harvard a diffusé 300 lots de vecteurs aux chercheurs américains. Mis en place par l’AFM et piloté par Généthon, le réseau GVPN (gene vector production network) a pour objectif de rechercher, construire et produire de vecteurs innovants, de qualité et standardisés pour les travaux de thérapie génique. Les vecteurs sont gratuitement mis à la disposition des laboratoires publics et cédés à prix coûtant aux sociétés privées à finalité commerciale. Depuis sa création, GVPN a, entre autres, répondu à l’ensemble des besoins exprimés en la matière par les laboratoires de l’Inserm. Outre Généthon, ce réseau est constitué du laboratoire de thérapie génique du CHU, de la faculté de médecine et de UMR 533 Inserm de Nantes pour la mise au point des génothérapies (9,5 millions d’Euros investis par l’AFM sur ce site) et celui de l’Institut Paoli Calmettes à Marseille. Pour assurer le transfert des technologies de production de vecteurs vers les applications cliniques, ce réseau bénéficie des partenariats avec la Harvard médical school (USA) et la société Henogen (Belgique). En 5 ans, 2500 lots de vecteurs ont été délivrés par GVPN, 370 équipes ont bénéficié de ces recherches, 80 maladies ont été concernées.

Et dans les 5 ans à venir ?… Dans les 5 ans à venir, elle s’engage à tout faire pour multiplier les essais thérapeutiques sur l’homme, les adapter à un plus grand nombre de maladies concernées par ces avancées et, par là même à un plus grand nombre des malades soignés grâce à ces thérapies innovantes. En un mot, l’AFM entend franchir une « nouvelle frontière » pour faire reculer la maladie autour de 4 priorités :

Favoriser les génothérapies, combinant thérapies génique, cellulaire et cellules souches, toutes voies possibles issues de la connaissance des gènes venant à émerger, favoriser les équipes qui innovantes.

Décliner ces thérapies pour les maladies génétiques rares, complexes et incurables en soutenant, dès que possible, de développement d’essais cliniques sur l’homme.

Veiller à ce que tous les malades bénéficient des progrès accomplis en faisant des maladies rares une priorité nationale et en transformant les 1e percées en traitements durables et accessibles à tous.

Faire que les maladies neuromusculaires soient des modèles sur le chemin thérapeutique. Ainsi, que le mot guérison rime avec réalité.

Un bilan transparent. Aujourd’hui, la recherche est entrée dans l’ère du développement avec l’expérimentation de ces nouvelles thérapie sur l’homme. L’AFM, dont l’objectif reste la guérison, prévoit d’investir 160 millions d’Euros dans les 5 prochaines années. L’AFP soutiendra également une quinzaine d’essais de thérapies géniques ou cellulaire – qui devraient démarrer en 2005 - sur des maladies de la peau (épidermolyse bulbeuse jonctionnelle), maladies neuromusculaires (myopahties de duchenne et de Becker, sarcoglycanopathies), les maladies de la rétine, maladies neurologiques (adrénoleucodystrophie), maladies du sang (thalassémie, anémie de franconi, drépanocytose). Egalement, elle poursuivra son œuvre de soutien aux équipes tentant d’appliquer les résultats obtenus, dès 2000, sur certaines maladies rares (Huntington, déficits immunitaires) . Chaque année, et au terme des 5 ans de la « nouvelle frontière », l’AFM s’engage à faire le point « en toute transparence » sur les avancées ou reculs enregistrés de ces génothérapies et leur application à l’homme.

par Katy GOSSELIN

 

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20 / 01 / 2003